‹ Essai sur la conservation de la vieChapitre 106 sur 146 · LA VIEILLESSE CONSIDÉRÉE COMME MALADIE · texte numérisé non relu

LA VIEILLESSE CONSIDÉRÉE COMME MALADIE

choisis ne pouvaient pas la troubler. Cet élixir ayant réveillé Fappétit et facilité la digestion et Fassimilation, Texercîce devenait plus facile ; le mouvement , à son tour, entretenait le jeu des articulations , ainsi que la sécrétion cutanée ; heureux résultats qui ralentissaient les progrès de Finduration sénile des organes.

Ce traitement de Faffaiblissement sénile était, on le voit« parfaitement rationnel : pourquoi Fa-t-on abandonné? pourquoi a-t-on frappé d'un même anathème les alchimistes et leurs élixirs de longue vie ? Ce n'est pas seulement par suite du discrédit, injuste à notre avis, dans lequel sont tombés les médicaments composés, c'est aussi à cause des tendances générales de la science.

Ces tendances ont réduit Fhygiène à n'être qu'une applicationdu précepte: Abstenez-vous : théorie fausse, nous pensons l'avoir suffisamment démontré dans le cours de cet ouvrage, mais qui est surtout funeste , lorsque Fon veut l'appliquer au régime des vieillards. Le décadence de leurs forces et les altérations de leurs organes ne les garantissent malheureusement que trop contre les excès : il ne s'agit pas, pour les faire vivre, de les empêcher de trop manger ou de trop agir, mais de les aider à digérer et à marcher. Si les alchimistes s'étaient renfermés dans ce cercle modeste, ils ne se seraient pas discrédités; mais quand ils ont prétendu guérir toutes les maladies et même rajeunir le vieillard le plus décrépit avec quelques gouttes d* élixir, ils n'ont pu soutenir les critiques railleuses des disciples de Fécole de Bayle, et Fon s'est moqué d'eux et de leurs drogues. Mais des moqueries ne sont pas des raisons ; le procès entre les adeptes et leurs sceptiques adversaires reste indécis pour la génération de ce siècle, qui, ballottée entre les révolutions etles chemins de fer, trouve à peine le temps de vivre, rarement celui de soigner sa santé.

C'est donc aux ministres de Fart médical qu'il appartient de soumettre à des études nouvelles les questions que nbus venons

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de poser. Encore doivent-ils se dire quUIs travailleront dans l'intérêt de la science et de l'humanité plutôt que dans le leur.

Nous ne prétendons point apporter une solution complète du problème ; mais nous pensons en avoir approché d'assez prèSy pour encourager les médecins qui oseront entrer dans celte voie.

Voici le résumé de nos idées thérapeutiques sur le traitement de la vieillesse considérée comme une maladie et indépendamment des infirmités ou des affections chroniques léguées à la décrépitude par les excès de lâ'ge adulte.

V. — Hygiène et régime. — Aliments nutritifs sous un petit volume ; combiner la nourriture de manière à ce que les deux tiers environ consistent en matières animales et le reste en substances féculentes, afin de fournir à la combustion vitale une masse suffisante de carbone. Aux repas, user modérément d'un vin généreux ; une fois par jour, du thé ou du café, suivant la constitution individuelle : supprimer Teaude-vie ou le rhum ; et, si c'était une vieille habitude^ remplacer ces boissons purement alcooliques par un petit verre d'une bonne liqueur sucrée (alkermès de Florence, crème des Barbades, etc.). Tous les jours, exercice à pied ou en voiture, mieux encore l'un et l'autre. Porter des vêtements amples, chauds et moelleux ; enfin entretenir, dans l'appartement des vieillards, un air pur, souvent renouvelé, et ne pas craindre, dans les villes, d'augmenter^ par un dégagement de gaz, la proportion d'oxygène atmosphérique.

Hygiène pharmagedtique. — Le but, avons-nous dit, doit être d'entretenir les sécrétions, d'aider toutes les fonctions essentielles. Pour cela, d'abord, entretenir la liberté des capillaires de la peau par des bains, quand la saison le permettra ; au moins par des lotions ; ajouter à Feau de ces bains ou de ces lotions, une légère proportion de sels de soude ou de potasse et quelques teintures aromatiques. Après ces lotions, des frictions à base de cérat ou d'alcool, dans lesquelles on

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