RÉGIME ET TRAIT. MÉDICAL DE LA VIEILLESSE
dissoudra des baumes-résines associés à quelques nervins, et une préparation de phosphore, si la susceptibilité au froid est trcS'Caractérisée. A Tintérieur, tantôt le cérébrale d'or, combiné avec des médicamentsslomachiques et névro-slhéniques, tantôt le succino-phosphale d*or combiné avec des stomachiques et des diffusibles généraux (or potable des alchimistes).
Enfin et par-dessus tout, engager les vieillards soumis à ce traitement à ne pas abuser de leurs facultés intellectuelles, mais à se bieq garder d'en interrompre T usage. On a souvent remarqué les graves dangers d'un repos absolu de l'esprit dans un âge avancé. Si les affaires abandonnent un vieillard jusque-là occupé, si les révolutions le repoussent, c'est à sa famille et à ses amis à lui créer des occupations douces et peu émouvantes, mais qui soient des occupations. Le vieillard est un être raisonnable » en même temps qu'une machine organisée ; le faire passer brusquement des travaux de la pensée, à un repos total, c'est risquer Je marasme ou la démence sénile.
Tel est le résumé des indications thérapeutiques qui, à notre sens, doivent servir de base au traitement de la décadence sénile ; mais il ne faut pas perdre de vue qu'il y a là tout un traitement, qu'il nécessite l'emploi de substances énergiques et que, par conséquent, il doit être dirigé par un médecin expérimenté. L'erreur de beaucoup de personnes fort instruites du reste, mais peu familiarisées avec la science de la vie, est de croire qu'avec une certaine intelligence, on peut se passer de médecin et se traiter soi-même. Nous avons assez souvent, dans le cours de cet ouvrage, attaqué ce qui nous semble fautif dans les tendances de la science médicale, assez souvent aussi nous avons rompu en visière aux médecins, pour avoir maintenant le droit de dire aux malades qu'ils doivent suivre scrupuleusement les conseils du médecin dont ils auront fait choix, et ne jamais se traiter eux-mêmes.
Mais dans la question qui nous occupe, il s'agit de savoir si les vieillards consentiront à braver des idées généralement
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admises et à appeler un médecin pour combattre une maladie incurable ; enfin si le médecin lui-même aura assez d'abnégation, ou assez d'amour de son art j pour consentir à traiter, là où la guérison radicale est impossible. Ici, nous ne pouvons qu'émettre un vœu, après avoir formulé une idée. Cette idée est déjà, pour nous, appuyée sur des faits incontestables et des déductions rigoureusement logiques. Elle doit donc trouver quelqu'un qui s'en emparera et lui fera faire son chemin.
Si l'on admet la possibilité de conserver, jusqu'à l'extrême limite de la vieillesse, l'exercice des fonctions les plus essentielles , en résultera-t-il que tout le monde doive revenir à la longévité des patriarches? Non, sans doute : mais un plus grand nombre de vieillards arriveront au terme de leur longue carrière sans souffrances, sans infirmités graves et s'éteindront , par impuissance de vivre, entourés de leurs nombreux descendants^ comme le vieux chêne qui a peuplé le vallon de ses verts rejetons, qui a, tour à tour, abrité, sous ses vastes rameaux, les comtes et les chevaliers , les huguenots et les ligueurs, les seigneurs galonnés de la cour des Bourbons et les conscrits partant pour les guerres de la révolution et de l'empire : vient enfin un printemps où la force manque à la sève pour gonfler le bourgeon et le vieux doyen de la forêt s'éteint.
Mais- jusqu'ici, nous avons raisonné dans l'hypothèse du vieillard exempt d'infirmité, ou de maladie organique grave; et il est évident que, pour atteindre ce but, il faudra s'y prendre d'avance. Celui qui dans la jeunesse et l'âge adulte aura su le mieux conserver le trésor de la force et de la santé, sera dans les meilleures conditions de vie sénile. Cette vérité incontestable nous amène tout naturellement à jeter un rapide coup d'œil sur la médecine préventive aux divers âges de la vie. Ce sera le complément de notre œuvre.