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ANTIQUITÉ DES INVENTIONS MODERNES

sphère était un mélange de sec et d'humide, de froid et de chaud, comme on disait alors, un corps ^i generis: la dis* cussion était donc à peu près identique.

Le père François Lana, Jésuite (1)» a indiqué comment on pouvait fabriquer un bateau qui se soutiendrait en l'air et marcherait à voiles et à rames. Son principe est au fond le même que celui des frères Montgolfier. Longtemps auparavant, Rc^er Bacon avait eu la même idée (2).

On considère le docteur Gall comme l'inventeur de la pbrénologie : ce système a cependant été imprimé à Lyon en 1519. Je cite le titre de ce bouquin à cause de son originalité (3). Quelques bibliomanes le connaissent, mais personne ne Ta lu. Si quelqu*un avait pris cette peine, on y aurait trouvé toute une pbrénologie illustrée d'une estampe sur bois indiquant le siège des sensations et des facultés mentales. C'est bien le système de Gall, mais jeté incidemment et comme conséquence d'une pensée plus large, la division des facultés humaines en trois grandes catégories dont l'ensemble constitue une sorte de trinité , image imparfaite du Créateur qui forma l'homme à son image et l'anima de son souffle divin.

Un auteur allemand déjà cité, Vicker (4), nous apprend à

wm, ann. Dom. MCCCCCIIL Die 3. aug. Fol. 53. Recto. Ce livre est une des éditions précieuses de la petite, mais très-riche bibliothèque des RR. PP. Bénédictins de la Gava.

(1) Prodromo ail' arte montra,

(2) R. Bacon, De instrumentis mirabilibus.

(3) Philosophis, medicis

ac theologis, perae-

cessariam opusculû

de tribus virtuti-

bus aie : nusq

ante hac im-

pressum.

Liber Joh. Balgenciasensis

Edit. ab Ant. ToLEDO,med. doct lugdunensi. Lugd. 1519.

(4) ViCEERUM, De secretis. Basile», 1542.

Le lecteur excusera ces cItaUons d'auteurs inconnus; elles n'ont pas pour

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faire parler le démon, ut diabolus respannan dore videatur.

a Vous fabriquez, dit-il une statue avec cornes et griffes vernissées en noir. Vous lui mettez dans la main un sceptre de fer doré^ tous posez la figure sur un socle de cuivre poli : et ce socle, sur une base de verre ; puis, vous tenant en dehors du verre, vous interrogez la statue avec une baguette de fer magnétisée, le sceptre vous répondra, » dit Tauteur.

Ceci commence à ressembler à une machine électrique. Allons plus loin.. . « Il m'a été assuré qu'on avait fabriqué une Ci telle statue qui tenait dans sa main une pomme dorée ; et, c< si quelqu'un touchait cette pomme, il se sentait aussitôt a frappé comme de plusieurs dards.... Quodcùm quisqiuan c< tetigisset, statim quasi multis jaculis confossm. » C'est bien la machine électrique tout entière, sauf le mouvement que Ton peut supposer.

Certes, ce passage d'un auteur obscur n'ôte rien à la gloire des physiciens et chimistes modernes, et ne prouve pas que Télectricité ait été utilement appliquée dans le moyenàge ; mais il parait incontestable que nos pères en savaient plus que nous ne le supposons et, peut-être, gagnerions-nous à étudier encore ces auteurs trop méprisés des siècles passés. On peut y trouver des formules oubliées et qui, dépouillées du jargon mystique de Fépoque, et préparées avec les ressources de la chimie moderne, deviendront des médicaments utiles à la conservation de la santé (1)

XL — Tel était le but principal de Técole des Arabes et de la première école de Salerne. On faisait alors de la médecine

but un étalage d'érudition, mais elles sont peut-être plus adaptées à démontrer la pensée des temps anciens. Les grands écrivains imposent leur idée à leurs contemporains; les auteurs du second ordre ne sont, pour la postérité» qu'un miroir qui a conservé l'empreinte des opinions de leur époque.

(1) On trouvera, dans l'appendice de cet ouvrage, quelques formules dont l'idée a été empruntée aux bouquins et aux manuscrits des alchimistes. L'efficacité de ces poudres et de ces élixirs semble démontrée par une expérience de plusieurs années.

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préTentive plus encore que de la médecine curatiYe. Par exemple, plusieurs des éiiurs de cette époque sont recommandés comme devant fortifier la santé et empêcher Teifet des empoisonnements.

Quelqu'un de nos docteurs imberbes se récriera, et dira que chaque substance vénéneuse a son action spéciale et aussi son antidote ; qu*il faut appliquer, si on le peut, cet antidote, et que tout le reste n'est qu'illusion.

Mais n'est-il pas évident que des préparations dont l'effet était d'augmenter la force vitale, pouvaient, dans beaucoup de cas, préserver de l'empoisonnement en donnant aux organes assez d'énergie pour éliminer la substance délétère.

G'«st ainsi que l'on voit la morsure d'une vipère, mortelle pour un enfant ou une personne délicate, ne produire sur un homme robuste, qu'une maladie plus ou moins grave. Il faut encore ajouter, à propos de ces antidotes mithridatiques des anciens, que leur effet étant une surexcitation du système nerveux, de la circulation et des sécrétions, ils pouvaient neutraliser la plupart des poisons' usités alors, qui appartenaient à la classe des narcotiques.

Aujourd'hui, nous avons moins à redouter les empoisonnements ; mais l'usage habituel des préparations de nature à soutenir les forces vitales, ne nous aiderait-il pas à surmonter les mille et un dérangements de santé occasionnés par les influences atmosphériques, les embarras gastriques, etc. , etc. ? Voilà la question.

Quoi qu'il en soit, on ne peut parcourir les vieux livres de médecine et de philosophie, sans y trouver à chaque page une distinction entre l'art de guérir et celui de faire vivre. Suivant Texpression du Tolosan, la médecine a pour but de préserver, de conserver et de rétablir la santé ; le médecin n'arrive qu'après le physicien. « Triplex medicina est, prœservatrix, cofnr « servatrixet restauratrix sanitatis : ubi desinet physicus^ « ibi medicus incipit (1 ) .» Écoutez encore Zwinger : Medicina

(t) ToLOSANi Syntaxe On Venettifl. 1588.

nihil aliud est quam particularis quœdam et sensibilis objecta philosophia naturalis (1).

XII. — Mais, nous Favons déjà clit> les adeptes allaient plus loin ; ils prétendaient arriver à découvrir les secrets de la vie, le moyen de rajeunir et de conserver presque indéfiniment Texistence. Cette étude du grand œuvre, de la panacée universelle, de For potable, F Alchimie enfin, a occupé, pendant plusieurs siècles, les plus beaux génies et les hommes les plus graves. Aujourd'hui, alchimiste ou chercheur de pierre philosophale, sont synonymes d'insensé. Mais savons-nous réellement quel était le but et la théorie des alchimistes? J'en doute. Et^ quoi qu'il en soit, un coup d*œil rapide jeté sur cette science, ne sera pas sans intérêt.

Il faut d'abord prévenir que la lecture des alchimistes présente quelques difficultés; leurs livres ne sont pas seulement écrits dans un latin barbare, mêlé de mots empruntés à toutes les langues, les auteurs se croient toujours obligés de s'entourer de voiles et de ne parler que par allégories. Peut-être étaient-ils forcés à cette réserve pour échapper aux persécutions contre la magie : peut-être ne faisaient-ils que continuer les traditions d'un savoir mystérieux qui rattacherait les études du moyen âge aux sciences sacrées des plus vieilles civilisations, à la philosophie des Chinois, au mysticisme des Indiens, aux mystères des sanctuaires égyptiens? Souvent aussi leur discrétion était une conséquence nécessaire de leur affiliation à quelque société secrète. C'est ce qui ressort de la lecture des deux manuscrits fort curieux de la bibliothèque de Rennes (2) sur lesquels nous avons à revenir : citons ici seulement ces passages où l'auteur s'adresse à son fils.

(1) ZwiNGER, Theairum vitœ humanœ. Basilea, 1571.

(2) Traictez de la pierre, etc., etc., etc., par Nicolas Grosparkt, auteur des comtes de Fiers eo Normandie, et ses compagnons, Pierre de Vicot, prêbtre, Noëlle Vallois, gentilhomme; manuscrit in-folio du dix-septième siècle: autre in4o, plus récent et moins complet. Les annotations latines, d'une autre xnain, sont aussi curieuses que le texte.

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