‹ Essai sur la conservation de la vieChapitre 12 sur 146 · THÉORIES KABBALISTIQUES · texte numérisé non relu

THÉORIES KABBALISTIQUES

a Te deffendons sous peines d'anathématisement et malédic- « tion divine, que ce secret ne veuilles révéler à nul homme « yivant, ainsi comme à nous a été en charge de qui nous le « tenons... si vous laissez, par négligence, tomber ces écrits « des mains des méchants, malheur sur vous viendra et, « à mon grand péril , j'en répondrai devant le juge sou- « yerain. i>

Empruntons encore un passage à un bouquin de 1612 qui est une compilation des traités plus anciens d'Artéphius, de Nicolas Flamel et de Synésius, par le sieur de la Chevallerie (1).

<c Les conceptions les plus subtiles des philosophes, très « envieux, ne sont écrite que pour ceui qui savent déjà les ic principes, les sacrées et secrètes interprétations du premier « agent, lesquelles ne se trouvent jamais en aucun livre, « parcequ'ils les laissent à Dieu qui les révèle à qui luy plaist, « ou bien les faict enseigner par un maistre par tradition « cabbalistique, ce qui arrive très rarement I » Et un peu plus loin... a Les docteurs juifs, pour ayder leur captive « nation à payer les tributs, lui enseignaient la transmutation « métallique, sauf le premier agent, aucun ne les eût sçu « comprendre sans être fort avancé dans la cabbale tra- « ditive !••• x>

A chaque page des bouquins et des manuscrits alchimistes on trouve de semblables allusions à la kabbale. Notre revue rétrospective des doctrines scientifiques des alchimistes, ne serait pas complète, si nous ne jetions pas un rapide coup d'oeil sur la science des kabbalistes.

XIII. — L'ensemble des théories de ces adeptes formait un système qui a autorisé un savant moderne à considérer a la « kabbale comme la base de cette philosophie hermétique dont « Raymond Lulle a été le premier et Van Helmont le der-

(I) Trois Traietez de la philosophie naturelle, traduicts par P. Arnauld, lieiir DE LA Ghevallerie, Poietevin. Paris, 1612.

tt nier représentant (1). » Les kabbalistes croyaient à la possibilité de communiquer avec les intelligences supérieures à rhumanité ; ils cherchaient des rapports entre les lois de k nature et les yertus secrètes qu*ils attribuaient aux nombres et. aux mots ; ils espéraient même arriver à dominer les forces naturelles par la puissance du saint nom de Dieu, branche de leur science qu'ils appelaient la gématrie et qui a été condamnée par la loi divine elle-même : Tu n'invoqueras pas en vain le nom de Dieu (2). Enfin les kabbalistes étaient poussés par leur mysticisme vers des extases pen* dant lesquelles ils se flattaient de converser avec les anges et s'imaginaient apercevoir les splendeurs de la lumière céleste (3) . 11 ne faut donc pas s'étonner si, entrés dans cette voie périlleuse, quelques kabbalistes étaient tombés dans des erreurs superstitieuses, que les illuminés de l'école de Swe^ denborg ont inutilement cherché à rajeunir : mais les protestations contre cette tendance sont déjà bien anciennes. Un des plus vieux commentateurs de ces sciences occultes, Wulfer, reste stupéfait et sans parole, devant les miracles des kabbalistes, jeux du démon. Obstupescocerte et vox faucibus hœret, si animo mecum ea, ut appellant^ kabbaHstarummi" reunila volvo, diabolilusus (4).

11 n'est pas besoin d'une étude bien profonde pour s'expliquer ces anomalies de la kabbale qui nous apparaît tantôt comme une doctrine philosophique de l'ordre le plus élevé, tantôt commç un ramassis de honteux sortilèges et des plus grossières superstitions. Tous les auteurs anciens qui ont traité dogmatiquement de cette science, établissent deux grandes divisions :

Kabbale théorique, Kabbale pratique.

(1) La Kabbale, par Ad. Fbank. Paris, 1843, p. 387.

(2) WoLFFii Bibliotheca hebrcaca, t. II, p. 491 et seqq.

{%) J. Reughun, Dearte cabbalistica. Tubiogae, 1528, fol. 24, recto (4) WiiLFERii Theriaca Judaka, p. 67 (Bibliothèque du Vatican).

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