‹ Essai sur la conservation de la vieChapitre 110 sur 146 · PROLONGATION DES DIVERS AGES DE LA VIE · texte numérisé non relu

PROLONGATION DES DIVERS AGES DE LA VIE

de son être : quelles sont les conditions à remplir pour conserver sa santé et arriver le plus tard possible à la décrépitude sénile? .

Ici, nous n'avons pas à innover ; la réponse se trouve dans tous les livres d'hygiène et de physiologie. Nous la formulerons en peu de mots.

Exercer modérément, mais conlinuellement, toutes les facultés physiques et intellectuelles dont l'homme a été doué, pour s'en servir ;> se garder des passion^ dévorantes, comme des fatigues excessives ; dépenser tous les jours, dans une sage limite, les forces en excès, et réparer, toutes les nuits, leurs déperditions, par le double bienfait du sommeil et de l'assimilation : vmlà tout le secret.

1^ le jeu réguUer des fonctions ou leur équilibre est momentanément troublé, ce qui constituera tantôt une maladie tantôt une prédisposition maladive, rétablir la santé par les moyens qu offre ou que peut offrir l'art médical. Nous avons ailleurs exposé notre pensée à cet égard, il serait inutile d'y revenir ici.

Quelques mots seulement sur une question qui pourrait nous êjtre adressée et que nous allons poser nettement suivant notre coutume.

a S'il est possible, par des moyens à la disposition de l'intelli- « gence humaine, de réparer chez radultemalade,la décadence <i accidentelle des forces et d'y suppléer chez le vieillard, ne <i pourrait-on pas, en employant les mêmes moyens chez « l'adulte en parfaite santé, augmenter la somme totale de « ses forces et lui permettre ainsi d'échapper à la triste con- «c dition de la décrépitude, en demeurant doué de toutes les « facultés de l'âge adulte ? »

Ainsi posée, la question de longévité aboutit à une négation ou bien à une violation des lois de la vie ;. c'est-à-dire aune impossibilité.

L'adulte pourrait peut-être supporter les daugers d'une semblable expérience avec moins d'inconvénients que l'en-

376 CHAPITRE XVIll.

fant ; mais s'il échappait à quelque maladie inflammatoire^ l'excès de forces qu'il aurait ainsi ajouté à celles qui animent son organisme, se dépenserait en'pure perte, et la durée de la vie n'y gagnerait rien.

Nous ne pensons donc point que dans la plénitude de la santé et des forces, il y ait lieu de recourir à l'usage des élixirs de longue vie, autrement que dans les cas que nous venons de mentionner ; maladies, prédispositions maladives, décadence accidentelle des forces : malheureusement ces exceptions sont plus nombreuses que Tétat physiologique qui devrait être la règle ; c'est-à-dire la santé parfaite se soutenant par le seul efiet de l'action des forces vitales. Mais de quelque manière que cet équilibre se maintienne, par la nature seule^ ou par la nature aidée de l'art, l'essentiel» pour l'adulte, est d'en entretenir le jeu conslant et régulier. C'est ainsi qu'il prolongera son état viril et arrivera plus tard que d'autres, et par des dégradations insensibles, à la décadence sénile des forces. C'est alors seulement que devrait commencer, dans un sens rigoureux, l'application des théories que nous nous sommes efforcés de développer, si elles sont aussi vraies dans une application générale, que nos convictions le conçoivent, que nos expériences le démontrent^ plus la vieillesse sera arrivée tard, plus l'âge adulte sera prolongé et plus il sera facile de prolonger aussi la dernière période de l'existence humaine, en soutenant les forces et atténuant les infirmités de la décrépitude.

Résumons enfin toute notre pensée.

Possibilité de prolonger l'enfance par l'hygiène et l'éducation ; l'âge adulte, par l'exercice régulier de l'ensemble des fonctions ; la vieillesse, par une sage et savante assimilation des forces naturelles : la somme de ces trois additions donnera la prolongation totale de la vie humaine.

Telle est, à notre avis, la seule solution raisonnable du problème que ce livre a cherché, si ce n'est à résoudre complètement, au moins à éclaircir.

Page 1