‹ Essai sur la conservation de la vieChapitre 14 sur 146 · LE GRAND OEUVRE · texte numérisé non relu

LE GRAND OEUVRE

« allongeant la vie, selon la permission de Dieu, jusques « au temps déterminé, en triomphant des misères de ce « monde (1). )»

Le manuscrit de Rennes s'élève à des pensées pins hautes encore, et les exprime dans ce beau français du dix-septième sècleyque l'on se prend quelquefois à regretter... a Cest un « secret réservé du bon Dieu pour ses esièves qui suivent ses a divins commandements et sont choisis selon la pureté de c< leurs cœurs. Cetty-cy est le grand et merveilleux secret des « secrets, auquel quiconque mettra son cœur, comme il ap- « parlient, jamais de santé, ni de richesses ne manquera, « ains joye et liesse, s'il marche en Dieu... Ce trésor n'est « pas pour les plus grands de ce monde, ains pour les plus « humbles de cœur qui sont charitables aux pauvres et à Force phelin... Icelui qui désire parvenir à l'art, doit marcher « droitèment, abandonnant tous vices, comme Font dit les « sages, et aimer Dieu de toute son âme.

a Vair où notre eau prend tant de force, n'est qu'une « terre spiritualisée et subtilisée, de sorte que c'est une ra* « réfaction de tous les esprits des corps naturels. y>

« L'oiseau d'Hermès qui vole nuit et jour et que le « philosophe prend à la pipée , la pluye d'or de Danaé, « la déesse des générations , c'est cette âme du monde.

« Les clefs de la maison de nature sont les premiers prin- « cipes.

« La nature opère simplement, commençant toutes choses a par un premier principe universel.

«cil se trouve une pierre de grande vertu, qui est dite • pierre et n'est pas pierre ; elle est minérale, végétale et ani- « maie et se trouve en tous temps, en tous lieux, en toutes « personnes.

a La pierre proprement dite n'est qu'une quintessence « très-pure qui abonde plus en l'or qu'en autre chose. L'or

(1) Trois Traictez de la philosophie naturelle, par Aiuiavld, sieur m la Chetallerie. Paris, 1612, p. 67.

52 GHAPITEE III.

<K vulgaire est mort et n'est que terre ; dans laquelle pour- « tant est caché For des philosophes qui est ladite quintes- « sence, qui est la vie et rame dudit or yulgaire.

« II faut noter qu'il y a une ime corporelle et une âme « spirituelle.

« Dans la pomme est contenu le pépin, qui contient la a semence vitale : ainsi l'or est la matière d'où se tire la <i matière des philosophes, c'est-à-<Kre la spiritualité susdite « de r&me corporelle. »

« La science des philosophes est la connaissance de la «c puissance tmiverseUe des choses. Au moyen d'icelle un « homme d'esprit subtil pourra faire des choses qui sont ré- « putées à miracle, comme faire naître raisins en mars, faire « tonner ou gresler, etc.y etc., etc., ce que i^orantsont <t cruestre œuvre de Sathan... (i). n

Uauteur du manuscrit de Rennes qui, par le langage et l'écriture, doit avoir, yécu au commencement du dix-septième siècle, avait excessivement généralisé son art : le but des alchimistes est réduit à un terme plus précis par un adepte du seizième siècle, qui dit positivement que <i les philosophes « travaillent à prolonger la vie et à différer la mort. » Multi enim priscorun/i philosophorum sic in hoc re laborarunt ut per eam hominis vitam nutrirentj foverent atque longissi-mam tribuerent : mortem differrent statutumque naturœ terminum attingerent (2).

Un auteur plus ancien résumait en ce peu de mots, la science:

a Omnia chindœ sécréta ab uno iantum artis centra, ni- <( mirum cœlù philosophorum dependere spiritu vide* « bitis (3).)»

c( Tous les secrets de la chimie découlent d'un seul qui est

(1) Manuscrit de Rennes, déjà cité, Pi, âO.et passim. (?) Phil. Ulstaoii. Cœlum philosophorum seu liber de secretis naturœ, Lugdanum, 1&&S.

(3) Tàeatrum ehitnicum, vol. H, fol. 648.

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