‹ Essai sur la conservation de la vieChapitre 18 sur 146 · PATRIARCHES VIVAIENT PLUS LONGTEKPS · texte numérisé non relu

PATRIARCHES VIVAIENT PLUS LONGTEKPS

L— Dès Torigine de cet essai, nous avons établi une distinction entre le phénomène de la yie considérée chez l'homme en particulier^ et la vie animale et végétale. La supériorité de rintelligence humaine et son union intime à la matière^ suffiraient seules pour établir des différences essentielles ; mais, en tenant compte de ces différences, il suffit d'ouvrir les yeux pour s'apercevoir qu'il est des conditions communes aux trois règnes.

La chimie moderne a peut-être établi une ligne de démarcation trop absolue entre les corps qu'elle appelle inorganiques et les corps organisés ; les uns et les autres obéissent à Faction des lois du mouyement et des affinités. Ne commence-t-on pas, par exemple, à s'apercevoir d'une certaine . identité dans l'action des rayons lumineux, et de la force électrique, soit sur des plaques métalliques, soit sur les végétanx ? Les combinaisons des acides organiques avec les alcaloïdes, ne donnent-elles pas des sels analogues aux sels minéraux ?

Mais c'est surtout entre les corps organisés que les analogies sont nombreuses.

Tout ce qui a yie aspire certains gaz pour en expirer d'autres ; l'homme, les animaux et les végétaux sont également doués d'un système de circulation ; des fluides analogues circulent sans cesse dans des canaux destinés à régénérer les parties solides.

Pour le chimiste, ce n'est pas la faculté locomotrice qui distingue la plante de l'animal ; c*est la cellulose^ base des tissus végétaux, élément essentiel de la trame qui relie toute leur structure. Ici, la science moderne a peut-être raison : certains animaux inférieurs sont privés de la faculté locomotrice, tandis que les graines, les spores et les sporules, qui contiennent tous les éléments rudimentaires des plantes et en offrent une image microscopique , sont continuellement transportés à de grandes distances par les courants atmosphériques.

Mais la cellulose elle-même , ainsi que les autres bases de l'organisme v^étal, ne diffèrent chimiquement de la taurine, de la protéine et des bases de l'organisme animal, que par des arrangements moléculaires. La charpente de l'animal, comme celle de la plante, laisse, en dernière analyse» dans le creuset du chimiste, du carbone, de l'azote, de l'hydrogène et de l'oxygène avec quelques atomes métalliques. « C'est « ainsi, dit M. Payen, que l'on est conduit à reconnaître une « immense unité de composition élémentaire dans tous les « corps vivants de la nature (1). i»

Cette magnifique simplicité du plan de la création serait altérée, si l'unité <ne s'étendait pas à la force qui préside aux fonctions végétales, comme aux fonctions animales ; et ici, nous pourrions nous appuyer de l'opinion de M. Dutrochet (2).

Mais à quoi bon multiplier les citations, quand tous les grands faits de la science nous révèlent une admirable, connexité entre les anneaux de cette vaste chaîne qui rolie l'on à

(I) Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. XVIII, p. 275. ; W /W(/., t. XII.

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