VIE VÉGÉTATIVE ET VIE ANIMALE
l'autre tous les êtres créés et constitue le phénomène de la vie universelle.
Voilà pour les similitudes : quant aux différences , elles sont familières à chacun.
Peut-être généraliserait-on ces rapports et ces différences, en disant que tous les corps doués d'organes végètent, que les animaux végètent, agissent et sentent ; et que Thomme, réunissant en lui-même^ par un don magnifique du Créateur, tous les attributs de la matière vivante à une étincelle d'intelligence, peut à la fois végéter, sentir, réfiéchir, agir et exprimer ses pensées.
D'oii Ton conclut, qu'il est des lois vitales communes à tous les corps organisés et qu'il en est de spéciales propres à chaque espèce. Supposer que la vie des êtres n'est pas soumise à des règles fixes et invariables, ce serait méconnaître le principe qui gouverne les mondes, et ne voir, dans l'ordre admirable qui nous entoure, qu'un chaos en proie à un aveugle hasard.
Mais il résulte encore des distinctions qui viennent d'être établies, que les lois qui gouvernent la vie animale, et surtout la vie humaine, doivent offrir une certaine complication ; car les animaux ne sont point des machines simples et, chez l'homme en particulier, l'union de l'intelligence et de la matière vient encore compliquer les difficultés.
L'étude de ces lois, c'est la physiologie ; leur application aux phénomènes de la vie devrait constituer la science de l'hygiène, considérée sous un point de vue philosophique. Mais cette branche des connaissances humaines n'ayant pas encore été traitée dans les livres, d'une manière aussi large, on ne peut arriver à un résultat qu'en recherchant ça et là, dans les diverses sciences, des théories et des faits.
Si l'on veut essayer d'appliquer cette méthode à l'étude de notre existence, une première question se présente.
II. — L'homme vit, mais sa vie peut-elle durer indéfiniment ? Pourquoi doit-elle cesser ?
66 CHAPITRE lY.
Ce problème considéré sous un point de vue purement philosophique , serait insoluble ; car Thomme est un composé de matière et dUntelligence ; et, si les lumières de notre seule raison nous pei;;}nettent d'établir ayec quelque certitude Féternité de l'intelligence, elles nous laissent dans le doute sur celle de la matière. 11 faudrait, pour que la question pût être résolue àpriorij pouvoir démontrer si la matière a toujours existé, ou si elle a été créée ; et si, un jour, elle doit être annihilée. Vaste chàn^p d'arguments philosophiques, qui est sans cesse labouré par la pensée humaine, et qui demeurera éternellement stérile.
Mais la difficulté disparait, si Von applique à la question la loi des analogies , celle des affinités et les principes de la mécanique.
La base de la yie animale étant une yégétation, il ne s'agit plus que de savoir si la végétation des plantes est fondée sur un principe d'éternité. Or, la raison s'accorde avec Fexpé* riénce pour nous démontrer le contraire.
La plante s'assimile certains gaz et certains sels ; il se fait des composés, ces composés circulent dans des conduits, déposent un résidu qui grossit les organes, et les gaz en surabondance sont exhalés. 11 est évident que les organes, arrivés à un certain point de développement, qui est déterminé dans le germe même de la plante, ne reçoivent plus qu'imparfaitement les sucs nourriciers et les rendent plus imparfaitement encore ; alors la végétation languit ; enfin, elle s'arrête et la plante est morte.
A cette explication fondée sur les lois de la mécanique, on en peut ajouter une autre toute chimique. Les fluides circulants répandent dans toute la plante des dépôts de sels et de diverses matières organiques; ces dépôts, par la loi des affinités, s'amalgament et se durcissent. De là des obstacles à la circulation végétale, et, dans un temps donné, la cause de sa eessation totale.
11 est évident que cet ordre de raisonnements s'applique à