DURÉE NATURELLE DE LA VIE HUMAINE
la yie animale, puisqu'elle est fondée sur une yégétation. Mais s'il y a analogie entre les causes de cessation de vie chez la plante et chez l'animal, il n'y a pas identité parfaite ; et cela, parce que Tanimal f^re une organisation plus complète que celle de la plante.
Il résulte de toute? ces obseryations, qu'il est possible à la science de démontrer que la vie humaine doit cesser, quand les organes de circulation et de sécrétion ne font plus leurs fonctions, et que ces fonctions s*arrétent par l'excès de solidification de certains organes, qui, réagissant à leur tour sur d'autres, leur ètent leur élasticité et leur jeu mécanique.
Cette conclusion ne fait que confirmer nne triste vérité déjà démontrée par cinquante siècles d'expérience ; mais elle ne nous apprend pas combien de temps nous devons vivre*
La durée nécessaire de la vie humaine soulève nn nouveau problème qui n'a jamais, que je sache, été résolu à priori (!) : nous allons l'examiner avec quelque détail.
Ht. — La physiologie nous donne une connaissance assez exacte des phénomènes de notre existence. Nous ignorons les causes premières; mais nous savons, à peu près, quelles sont les fonctions nécessaires àla vie, leur mécanisme apparentet le ' rôle que joue chacune d'elles. Ces notions, ainsi qu*il a été dit plus haut, permettent de classer les phénomènes vitaux en trois catégories : la vie végétative, la vie active et la vie intelligente.
Nous savons de la vie végétative, que nos organes, composés plus ou moins solubles, à bases de sel et d'albumine, sont sans cesse alimentés par les produits de l'assimilation ; mais que, par leurs frottements réciproques et par l'action de certains acides , ils perdent continuellement des fragments de leur propre substance ; car l'analyse les retrouve dans toutes nos sécrétions. Si cette usure était plus rapide que la repro--
(0 Le lecteur ne doit pas oublier que les pages qui font suivre avaient déJA été imprimées et distribuées aux corps savants en avril 1S45.
ductioD, nous cesserions de vivre par l'amoindrissement et Textinction des organes internes; mais c'est le contraire qui a lieu. La reproduction des organes, chez l'homme sain, est plus puissante que leur décomposition. La cessation naturelle de la vie, ainsi que nous Tavons déjà vu, est plutôt occasionnée par un épaississementet un endurcissement des organes. Il parait même que ce que j'ai appelé l'usure des organes, c'est-à-dire la déperdition de la portion de leur substance qui est entraînée avec les sécrétions, au lieu d'être une cause de mort, facilite la vie, en donnant plus d* activité à l'assimilation et en favori* sant la reproduction de ces organes, au moyen des substances continuellement assimilées.
D'où il résulte, que, chimiquement parlant, le terme nécessaire et naturel de la vie humaine pourrait être indéfiniment reculé; il ne s'agirait, pour cela, que de prévenir les maladies qui, toutes, laissent après elles des prinl^ipes de lésions organiques, et d'entretenir le jeu constant des sécrétions et de l'assimilation.
Mais la vie de l'homme n'est pas seulement végétative ou chimique, elle est liée à des conditions d'activité et régie surtout par l'intelligence. Envisagée sous ces deux rapports, sa durée doit avoir des bornes naturelles et nécessaires.
Quand des causes accidentelles ou organiques viennent arrêter les mouvements du mécanisme vital, la vie cesse, parce que l'équilibre est détruit. Or, pour que ces mouvements fussent éternels et indétinis, il faudrait que -tous nos organes fussent doués, dans leurs rapports mutuels, d'une force d'action et de résistance parfaitement égale, c'est ce qui n'est pas; l'observation nous le démontre. ËnGn, la cause motrice de notre existence, cette force mystérieuse appelée par les savants Principe vital, est encore une autre cause de la cessation naturelle de la vie. L'amalgame des molécules de matière et de l'étincelle d'intelligence qui constitue l'homme est tellement intime, que, pendant toute la durée de l'existence, les facultés morales suivent le développement des organes. Elles aug-