ALIMENTATION RATIONNELLE
aux organes destinés à l'élaborer. Or, la digestion se compose au moins de deux actions: une décomposition chimique et une trituration opérée par le mouveme nt périslaltique des intestins. Ces deux opérations demandent une masse alimentaire suffisante ; sans quoi, il y aurait dans l'estomac suri^ bondance de sucs gastriques, et les intestins mâcheraient pour ainsi dire à vide. Quelques auteurs prétendent même que l'irritation produite par la faim n'a d'autre cause que Taction corrosiye des sucs gastriques sur le pylore ; et c'est ainsi qu'ils expliquent un phénomène assez commun. L'heure de votre repas a été retardée, vous souffrez ; si un ami trop officieux vous offre quelques aliments légers en attendant le diner^ tous ne pouvez plus ensuite rien prendre. Ce peu de nourriture vous a, suivant l'expression vulgaire, coupé F appétit. Ce qui, soit dit en passant, prouve combien est absurde le préjugé trop généralement répandu, surtout en Angleterre, que pour se bien porter, il faut manger peu et souvent. Ces petits repas fréquents ne conviennent qu'aux convalescents ou aux orga^nisations qui (mt perdu le jeu intestinal, conséquemment à un état df3 maladie.
Venons à l'assimilation.
Cette distillation vitale a pour résultat d'enlever à la masse alimentaire, déjà réduite par la digestion, les sucs nourriciers qui sont ensuite répandus dans la circulation et^ peu à peu, apportés à chaque organe. Admirable mécanisme qui répare ainsi la déperdition matérielle produite par le mouvement, tes sécrétions et les autres causes de l'usure vitale 1 Ainsi, quand l'équilibre des fonctions vitales n'a pas été troublé par quelque dérangemait, plus la masse du chyle contient d'éléments réparateurs ^ plus les organes y puisent de force et d'action. Ces organes, à base de sels et d'albumine, languissent s'ils ne sont pas suffisamment alknentés par. l'assimilation ; ou bien encore, ils se durcissent, comme un savcm trop chargé de sels, faute d'une quantité suffisante d'albumine, et Ton vieillit avant le temps. Enfin, il ne faut pas perdre de vue
que rassimilation apporte continaelleroent aux organes de Fencéphale leur aliment ou plutôt leur stimulant. La masse cérébrale, instrument essentiel de la force qui nous fait vivre, est entretenue par Tafflux du sang. artériel; et le sang lui-même puise ses éléments dans les produits de la digestion.
Peut-être objectera-t-on qu'une assimilation désordonnée peut apporter et apporte quelquefois un excès surabondant de matières sur tel ou tel organe : de là, une perturbation qui serait évitée par une diète sévère.
Nous répondrons:
Ces désordres, dans Téconomie animale, ne peuvent provenir que de trois causes:
Un état maladif;
Une mauvaise nourriture ;
Un manque d'air et d'exercice.
Sur la première, on pourrait faire observer que ce n'est pas la quantité des aliments, qui a produit les amas de matières qui gênent tel ou tel organe, mais un dérangement dans l'équilibre des fonctions vitales. Prenons pour eiemple la goutte et l'obésité ; la cause de ces maladies est identique, bien que tes effets soient différents. Dans l'une, il arrive que certains sels qui devraient, soit être entraînés par les sécrétions, soit plutôt aller s'incorporer aux nerfs ou aux membranes, sont, au contraire, apportés dans les articulations. Pour les obèses, même phénomène. Les atomes ou globules albumineux, au lieu de se répandre également dans le système nerveux et la chair musculaire, viennent former des amas de matière adipocireuse, qui pèsent sur les organes voisins.
Daos l'un ou l'autre cas^ le malade a beau se soumettre au régime le plus sévère» tout ce qu'il peut espérer est de dimi« nuer les douleurs, mais le mal reste stationnaire ; souvent même les dépôts se durcissent. Si, au contraire, vous guérissez la goutte par un traitement rationnel en rétablissant peu à peu les opérations de l'assimilation, le malade est bientôt en état de se livrer à tout son appétit/ sans craindre de nouvel-