‹ Essai sur la conservation de la vieChapitre 28 sur 146 · CUISINE SIMPLE ET CUISINE COMPOSEE · texte numérisé non relu

CUISINE SIMPLE ET CUISINE COMPOSEE

Or^ jasques à ces derniers temps ^ Faristocratie anglaise a mené la vie la plus active^ sans cesse aux champs ou à la chasse. On conçoit doncque lorsque des gentlemen rentrentàlamaison^ harassés de fatigue et Festomac creusé par les exercices les plus violents, ils recherchent la quantité plutôt que la qualité ; c'est ce quilesafait rester fidèles aux grossiers aliments de leurs barbares ancêtres. Mais toute cette chair bouillie ou rôtie s'arrêterait à l'œsophage, si Ton n'y ajoutait avec profusion du poivre, du piment, et l'infernal currie détestables stimulants qui irritent le système neryeux sans rien ajouterauxsucsgastriques. Enfin, malgré le poivre, le piment et le gingembre, la masse indigeste pèse encore sur Festomac; et il faut, au dessert, la noyer dans un torrent de vin d'Oporto [crusty old Port) , digne bouquet deces grossiers festinsquicommencent par la gloutonnerie, pour finir par Fivresse. Quel est, au bout de quelques années, le résultat d'un tel régime ?La goutte, Finappétence, les afiections bilieuses et intestinales. Telles sont, en effet, les maladies les plus communes en Angleterre.

Laissons enfin toutes ces mangeries.

La digression nous a ramené un peu plus loin que notre point de départ, et nous pouvons, maintenant établir^ l^'que la variété des aliments et leur bonne préparation en facilitent la digestion ; 2"" que des aliments bien digérés sont entraînés dans le torrent de la circulation^ fortifient toutes les fonctions vitales et apportent aux organes leurs éléments matériels ; 3"" que le but de Falimentation doit êlre de nous faire digérer et assimiler la plus grande dose possible de principes réparateurs.

Mais ces éléments réparateurs où existent-ils ? Dans les plantes, qui les empruntent au sol et à Fatmospbère, dans les animaux qui se sont nourris de ces plantes et en ont élaboré les sucs. De sorte que l'homme qui entretient journellement sa vie matérielle aux dépens des végétaux et des débris animalises, est maintenu dans un rapport constant avec ce limon terrestre où le Créateur a pris la matière de son corps. U y a

lày sans doute» quelque loi mystérieuse qui se rattache à ces . harmonies de la y\e unWerselle, dont la pensée humaine entrevoit toujours quelque reflet, sous quelque point de vue qu'elle considère les phénomènes naturels. Buffon a dit : « Il a existe un dessein primitif et universel où l'on peut suivre <c très-loin les transformations. » C'est qu'en effet tous les mouvements des choses sont gouvernés par des lois qui semblent compliquées, pour nos sens imparfaits, mais qui, pour Tintelligence suprême , constituent une unité. L'homme^roi de la création terrestre, ne conserve son corps qu'en le nourrissant des atomes matériels qui composent le globe sur lequel Fa jeté la volonté divine. Mais ces atomes sont inertes dans leur essence. Ils n'acquièrent des propriétés, que par leurs arrangements moléculaires et par Faction des forces interposées qui, tantôt les maintiennent unis «n vertu du principe d'agrégation, tantôt les sollicitent à des combinaisons nouvelles par l'effet de la loi des affinités. Il y a donc, dans les substances dont Fhomme fait sa nourriture, autre chose que la matière brute ; il y a des forces dont Faction est nécessaire aux phénomènes de fermentation et de combustion^ et à tous ces actes si multipliés qui constituent la vie organique.

La preuve que la nutrition apporte avec elle des forces qui développent d'autres foirces, pourrait être donnée scientifiquement. Mais à quoi bon? n'en avons-nous pas tous les jours le sens intime? N'éprouvons-nous pas l'effet produit par un bon repas» sur Forganisme^ sur l'ensemble des facultés, et même sur celles de Fintelligence?

C'est à ce point de vue élevé, que Fhygiène doit se placer pour envisager la nutrition, parce que c'est dans Faction journalière des forces apportées à l'organisme par les aliments, que la force vitale puise un de ses éléments les plus essentiels. Mais la machine est compliquée, les forces sont complexes; et celles que l'homme emprunte à Facte isolé de la nutrition seront insuffisantes, la plupart du temps, pour prévenir les

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maladies ou les infirmités et, par oonséquent^pour la conservation de la vie* .

L'hygiène le reconnaît; aussi nous ditrelle qa'U faut ajouter^ à une bonne alimentation, plusieuvs autres moyens dont Tensemble constitue, toutes les applications modernes de ce chapitre de la science. Noos ne suivrons, pas les traités d'hygiène dans l'examen des précautions recommandées pour la conservation de la santé; nous ne parlerons ni des cosmétiques, ni du choix des vêtements ; nous laisserons aussi de côté ce qui a rapport aux bains, ainsi qu'aux moyens de se garantir des influences atmosphériques ; peut-être trouverions-nous sur notre route quelques erreurs à réfuter, quelques observations curieuses à faire ressortir; mais nous risquerions aussi de tomber souvent dans les lieux communs, et nous avons h&te d'arriver. Bomons-4ious donc à quelques mots sur l'utilité de l'exercice.

VI. — Le célèbre Tronchin avait coutume de direàsesamis : « Toute l'hygiène se résume en deux préceptes : mâcher et (( marcher^ » maxime plus spécieuse que solide, et exprimée avec le cynisme dogmatique de l'école voltairieone : elle serait vraie, si l'homme n'était qu'une machine jetée sur ce globe seulement pour dévorer les substances assimilées parla plante et les animaux, et les rendre ensuite à la terre. Mais il y a, dans le phénomène de la vie humaine» autre chose que la digestion et le jeu des muscles.

11 ne suffit pas, pour, digérer, d'avoir bien trituré les aliments^ et d'aider ensuite à l'assimilation par un exercice modéré; mille causes physiques et morales sont là, toujours prêtes à apporter le trouble dans les fonctions vitales, même après SLyoir mâché et marché. Cependant, nous le répétons, le mouvement et l'exercice, au grand air, ; sont un complément essentiel de l'acte tout aussi nécessaire de ralimen-tation. Un bon repas, bien digéré, stimule l'ensemble de l'organisme ; mais,. en même temps, il dispose certains organes

iOO CHAPITRE V.

à un état de pléthore, qui amènerait de grades perturbations, si le mouyement des muscles ne venait pas dépenser cet excès de force : l'exercice agit ici comme une sorte d'électrisation négative qui rétablit l'équilibre.

Aussi Yoyons-nous tous ceux, qui ont écrit sur la santé s'accorder à recommander le mouvement musculaire comme le complément indispensable de toutes les fonctions vitales. Ceci est incontestable. Mais il ne faut pas s'exagérer l'importance de la gymnastique, art dont certains modernes, dans leur enthousiasme organicien, ont beaucoup trop vanté la puissance. On avait été jusques à se flatter de guérir le rachitisme par les exercices gymnastiques : illusion à laquelle il a bientôt fallu renoncer. Nous reviendrons ailleurs sur le traitement qui convient au rachitisme ; ici, nous ne nous occupons que d'hygiène. A ce point de vue, la gymnastique n'est pas sans quelque importance ; mais c'est encore une invention moderne renouvelée des anciens. Le moyen âge avait conservé toutes les traditions gymnastiques des Grecs et des Romains ; la preuve en est dans les vigoureux exercices des chevaliers bardés de fer. Nos contemporains fléchiraient sous le poids de leurs pesantes armures : mais, eux, les portaient légèrement et elles n'empêchaient pas ces grands coups dépée qui charmaient madame de Sévigné.

Il reste, du moyen âge, un traité de gymnastique cité quelquefois, mais fort peu lu de nos jours. Nous lui' emprunterons, à cause de son originalité, un bizarre exercice. L'auteur recommande de serrer le corps au moyen d'une bande de forte étoffe que Ton applique sur les épaules, que l'on fait passer sous les bras, pour presser en diagonale, les côtes et l'estomac et venir s'attacher en ceinture sur le basventre: le reste du corps est nu. Après avoir été ainsi em* maillotté, le patient s'exerce à aspirer fortement ; ensuite, à retenir son haleine aussi longtemps que possible (1).

(i) HiEROMYMUs Mercurialis, De arte gymnasttca, fol. 153.

DE l'exercice. fOf

Le bouquin en question yante les bons effets de cet exercice qui, assure-t-il, facilite toutes les sécrétions et aide puis* samment aux digestions.

Pourquoi pas ?

Scientifiquement parlant, il n'y a là qu'un moyen de faire arriver à l'intérieur un excès d'acide carbonique, et il est meilleur marché que le \in de Champagne et l'eau de Seltz.

Un dé mes amis a imaginé, pour se débarrasser d'un asthme qui l'étouffait, un traitement à peu pr^s semblable ; 6t quelquefois il se persuade qu'il ya guérir. Le fait est qu'il soulage souvent ses souffrances, en opposant à l'action morbifique, une force morale, dont nous nous occuperons bientôt, celle de la volonté.

C'est à cette force qu'il faut attribuer les effets les plus bienfaisants de Texercice sur l'organisme humain. Les mouvements musculaires ne sont qu'une fatigue pour le corps, s'ils n'exercent pas en même temps l'intelligence. La roue a marcher (Tread mill) des pénitentiaires anglais est considérée, par les condamnés, comme un supplice qui les exténue, tandis que les rudes travaux du chantier conservent leur santé, parce qu'ils laissent quelque chose à faire à la volonté intelligente. On a aussi observé (1) que, parmi les vieillards admis à Bicétre, les jardiniers, les pépiniéristes, les élagueurs sont en majorité. Pourquoi une plus grande longévité, parmi cette classe d* ouvriers, et non parmi les terrassiers ? Les uns et les autres travaillent au grand air, mais les travaux du jardinage exercent l'intelligence, en même temps que les muscles.

L'examen critique de l'hygiène, telle qu'elle est entendue aujourd'hui, démontre cette grande vérité que toutes les fonctions de l'organisme humain sont gouvernées par des forces. C'est donc à l'étude et à l'application des forces naturelles à la vie humaine, que doit tendre la science de sa conserva-

(1) Dictionnaire de médecine de 1825, art. Longévité^ t. XlII.

tion. Voilà aussi pourquoi les précautions de T hygiène laissent tant à désireri surtout si Ton rapproche cet étroit chapitre de la science moderne^ des espérances ambitieuses conçues par les médecins alchimistes.

Nous verrons bientôt que tout n'est pas illusion dans ces travaux du passé et qu'il reste quelque chose encore à Taire pour conserver la santé et prolonger la vie.

C'est dans Fétude des forces de la nature^ dans leurs rapports avec les. phénomènes vitaux, qu'il faut chercher la solution du problème, au moins autant qu'il est permis à l'homme d'en approcher.

Nous aborderons bientôt ces hautes questions ; mais, auparavant, il convient de jeter un rapide coupd'œil sur quelques systèmes qui touchent plutôt à la médecine prc^rement dite, qu'à l'art de conserver la vie. Ces systèmes se rattachent cependant à notre sujet, puisqu'ils sont fondés sur des théories de forces, plutôt que sur des combinaisons matérielles : il est important d'apprécier jusqu'à quel point ils ont fait avancer la science de la vie : cet examen va remplir le chapitre suivant.

L Multiplicité des systèmes curatifs. — II. L'homgeopatbie et les

PETITES DOSES. — III. Le MAGNÉTISME ANIMAL.

I. — La science moderne a fait de louables eCTorts pour systénfiatiser la médecine; elle n'y a réussi qu'imparfaitement, peut-être à cause d'une certaine tendance a se trop préoccuper de la matière et des rouages de la machine humaine, héritage que le dix-neuvième siècle a reçu de la mauvaise moitié du dix-huitième. Depuis quelques années, il se manifeste, dansles écoles, une réaction en sens opposé. Dieu veuille qu'elle nous débarrasse de Torganicisme et des organiciens ! En attendant, il n'est pas hors de propos de faire observer que jamais les systèmes bizarres et les traitements empiriques n'ont été plus nombreux que sous le règne du positivisme^ de l'organicisme et de la n^ecine rationnelle. Depuis les sanguinaires disci* pies de Broussais, qui ont dépensé énormément de science et d'esprit pour ravaler la thérapeutique à n'être plus qu*un calcul de sangsues et de coups de lancette, jusqu'à la secte dite chimique, qui assimile l'être humain à une cornue; de* puis la médecine Raspail, jusques à la méthode hydro-sudopalhiquede Prie3snit2, que de systèmes, grand Dieu! qui, tous, s'accordent sur un seul points à savoir que tous les autres sont absurdes et meurtriers. Chacun est plein de verve et de logique, quand il démontre la fausseté d^ systèmes opposés ; mais il est plus faible, quand il arrive à prouver Texcellence de sa propre doctrine. On ne l'appuie guère (fue sur une énumération de cures merveilleuses, qui ne manquent jamais aux

nouvelles méthodes médicales. Argument de peu de yaleur, pour les grands médecins, et qui faisait dire au spirituel Alibert : « Hâtez-vous d'essayer de ce nouveau traitement « pendant qu'il guérit encore. »

Nous n'entrerons point dans Texameu de tous ces nonibreux systèmes ; cette critique nous mènerait trop loin ; et ce livre, d'ailleurs, n'a point la prétention d'être un traité de médecine ; notre but est de chercher dans l'art médical, comme dans les autres sciences naturelles, seulement ce qui a rapport à la conservation de l'homme et d'étudier les forces qui agissent sur le phénomène de la vie. Nous nous bornerons donc à jeter un rapide coup d'œil sur deux systèmes, remarquables l'un et l'autre, par l'enthousiasme de leurs adeptes et Facharnement de leurs détracteurs, et qui se rattachent aux études qui nous occupent, par l'emploi des agents imperceptibles, substitués aux moyens mécaniques et aux combinaisons chimiques des substances médicamenteuses.

II. — ^Qui n'a ouï parlerde la méthode homœopathique ? L'engouement avec lequel elle a été accueillie par le public n*a été égalé que par la violence des médecins à proscrire cette hérésie ; et peut-être les colères des médecins ont-elles quelque peu contribué à jeter une partie du public dans les bras des homoeopathes. La science parle une langue particulière qui n'est entendue que dans les écoles et les académies et pour laquelle il a déjà fallu composer un dictionnaire (1) ; bientôt il lui faudra une grammaire. Cette langue se traduit, pour les malades, en potions nauséabondes, en sangsues, vésicatoires^ sinapismes, sétons et tous les autres supplices de la médecine révulsive : faut-il donc s'étonner, si certains malades ont éoouté d'autres médecins prêchant une théorie un peu moins obscure que beaucoup d'autres, l'appliquant avec des eu* lerées d'eau sucrée et des globules, et guérissant quelq^uefois ?

(1) Dictionnaire des termes de médecine.

l'bomœopathib et les petites doses. 105

Aujourd'hui, trente ans d'expérience ont passé sur le système fondé par Hahnemann, et il subsiste encore ; c*est l)eancoup pour une doctrine médicale, Exanrrinons impartialement s'il est aussi absurde que le prétendent ses adversaires. . 11 faut distinguer la théorie des moyens d'application.

La théorie, nous l'avons déjà fait observer, peut être rattachée, par ses points principaux, aux doctrines hippocratiques professées par les grands médecins de tous les siècles. Le principe thérapeutique similia sirmlibus est universellement reconnu comme applicable à un grand nombre d'affections. Deux savants professeurs de Paris, qui, certes, ne sont pas favorables aux homoeopathes , l'admettent formellement.

— a De toute évidence, les phlegmasies locales guérissent « souvent par l'application directe des irritations qui causent ce une inflammation analogue, inflammation thérapeutique «c qui se substitue à l'irritation primitive (1). » Sur ce point, les disciples d'Hahnemanq sont donc d'accord avec leurs adversaires et les reproches qu'on leur adresse peuvent se réduire à un seul chef, d'avoir trop généralisé leur théorie et d'avoir touIu rappliquer à des affections internes spéciales, qui demandent des traitements spécifiques.

Peut-être ce reproche est-il fondé ; peut-être aussi a-t-on raison d'objecter à l'homœopalhie de ne pas constituer une véritable doctrine médicale, et d'être seulement une méthode de traitement? Peu importerait^ si cette méthode avait plus d'efficacité que les autres? mais c'est précisément l'utilité de ces moyens d'application qui est contestée. A quoi servirait alors de démontrer que les deux camps rivaux ont à peu près les mêmes théories?

Hahnemann n'était pas organicien ; il était vitaliste jusqu'au mysticisme peut-être ; il était persuadé que tous les actes vitaux, dans l'état de santé comme dans l'état de maladie,

(1) Trovssbau et Pidoux, Traité de thérapeutique, t. I,p. 460.

pésiiltent de raclion d'une force ; il avait aussi remat^iué les grands effets produits par une très-petite force agissant sur les forces vit^^^ phénomène qui réellement se représente souvent dans les maladies ; il était convaincu que Faction des substances médicamenteuses n'est due qu'à des forces interpo-^ sées entre leurs molécules ; enfin, habile manipulateur, il avait observé que la trituration de ces substances poussée jusques à complète porphyrisation augmente excessivement leur puissance d'action (!)• De tous ces faits» il avait tiré la conséquence que Ton peut guérir les maladies avec des doses infiniment petites ; et de syllogisme en syllogisme, de controverse en controverse, il est arrivé jusquesà ses globules imprégnés d*nn quatrillionième de grain de sel, à ses dilutions, comparées par un bel esprit de l'école rivale, à une goutte de médicament jeté dans la Seine au Pont-Neuf, pour la repuiser au pont Royal . Les académies n'ont pas eu assez de mépris, les écoles assez d'indignation, les médecins assez de sarcasmes, pour proscrire cette méthode, qui cependant a survécu aux critiques. Peut-être les homoeopathes ont-ils trop généralisé ; peut-être l'effet des petites doses, inccmtestable dans certains états de Torganisme humain, est-il contrarié ou inappréciable dans d'autres ; peut-être aussi les médecins ont-ils tort de ne pas préférer, dans certains cas, l'action vitale et dynamique des petites doses, à l'action perturbatrice des révulsifs. La machine humaine est trop compliquée, elle est soumise à l'influence constante d'agents imperceptibles trop multipliés, pour qu'il soit possible de garantir ou de proscrire d'une manière absolue l'effet d'un seul agent curatif, d'une seule méthode thérapeutique.

Après que les controverses auront cessé, quand les jalou-

(1) Ici, j'aurais peut-être dû citer les ouvrages d'Hahnemaim; mais j'ai plutôt consulté des souvenirs que des livres» Honoré de quelque amitié par le vénérable fondateur de Thomœopathie, je ne crois pas avoir manqué au respect dû à sa mémoire, en puisant, dans des entretiens confidentiels, une ImpArtiale appréciation de sa doctrine. {Note de l'Àutenr.)

MAGI^ISMB ANIMAL. 107

des scientifiques auroat perdu de leur âcreté, l'homœopathie deiriendra peut-être un des chapitres de la science de la vie. Les théoriciens^ après y avoir plus mûrement réfléchi, reconnaîtront quMl n^y a rien d^absurde à croire aux effets des petites doses ; ils diront^ avec un savant professeur de Técole de Montpellier.^.. «Quand des atomes peuvent engendrer un 4 être tout entier, avons-nous le droit dfiles taxer d'impuis* m sanee, alors quUl ne s'agit que de le modifier ? Si un atome « donne la vie, est-ril plus difficile de concevoir qu'il puisse a en changer les conditions (1)? » Les praticiens, de leur côté, daigneront expérimenter sans prévention, et ils reconnaîtront qu'il y a quelque utilité à retirer de ces globules qui produisent des effets appréciables sur des vaches et des chevaux.

Quel que soit l'avenir réservé à la méthode homœopathique, elle n'ï)ffrey telle qu'elle est aujourd'hui pratiquée, que des moyens de guérir les maladies, mais on ne l'a pas encore appliquée à l'hygiène, telle que nous l'entendons, c'est-à-dire à la conservation de la santé par le complet développement des forces vitales. Examinons donc si nous ne trouverons pas mieux dans un système qui consiste tout entier dans l'effet d'une force, et jetons un coup d'ceil sur ces bizarres phénomènes, dont l'ensemble constitue ce que Ton appelle assez improprement le magnétisme animal.

liL — ^Ici encore, nous nous trouvons placé entre des adep-^ tes enthousiastes qui font du magnétisme une puissance surnaturelle, et des adversaires qui nient les faits, qui qualifient les magnétiseurs de charlatans ou d'imposteurs et qui divi* sent tous ceux qui osent croire au magnétisme, en dupes imbéciles^ ou en complices d'un vaste système de fourberie. Quelquefois, en présence de ces dénégations formelles, l'observateur impartial se prend lui^mêmie à douter. Il se de-

(1) RistiENO d'Amabor^ Mémoire sur i action des agents imperceptibles.

mande si sa raison n'est pas dupe d'une illusion des sens et s'il existe réellement, pour Tbomme, un état mystérieux qai n'est ni la yeille ni le sommeil, ni la maladie ni la santé, qui tantôt, suspend tous les mouvements vitaux jusques à Tinsensib'dité cataleptique, tantôt surexcite à volonté toutes les forces musculaires et fait maîtriser trois hommes robustes par une faible jeune fille! État bizarre qui semble dépasser les limites reconnues jusqu'ici aux facultés humaines et renverser momentanément les lois de la vie, pour permettre à notre essence immortelle de se dégager des liens de l'oi^nisme, de voir par l'intelligence, de sentir par la pensée, d'éprouver des sensations, par le seul efiet de la volonté d'un autre et de lire, comme dans un livre ouvert, toutes les impressions qui se gravent sur les organes cérébraux de celui qui vous interroge ! Puissance que Ton serait tenté d'appeler surnaturelle, car- les magnétiseurs prétendent réaliser et réalisent en effet, quelquefois, tous ces merveilleux phénomènes que l'antiquité attribuait à ses Pythonisses ; que le moyen âge appelait des sorcelleries et que T Ecosse reconnaît encore aujourd'hui sous le nom de seconde vue.

Il y a réellement une apparence de surnaturel dans quelques-uns de ces phénomènes somnambuliques. Tous ceux qui ont eu la patience de magnétiser et de suivre des expériences de magnétisme sérieux (1 ) ont vu des somnambules haletants, agités, obéir avec des mouvements automatiques à une volonté qui leur est transmise par un geste ou une pensée et, souvent , d'une assez grande distance. D'autres somnambules sont plongés dans une rigidité cataleptique ; mais il semble que leur être immatériel a quitté le lieu où leur corps est immobile, pour assister, invisibles, à des scènes qui se passent ailleurs ; ils en décrivent les incidents, et ils en ressentent les émotions. Enfin, des témoins dignes de foi at-. testent qu'il en est certains qui peuvent, en touchant la main

(1) On ne peut appeler expériences sérieuses, ces séances publiques où Ton paye à la porte, et où le somnambule est soumis à des exercices de bateleur.

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