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LA VIE ET LES MÉDICAMENTS

nous serait un guide souvent infidèle, plus souvent encore insuffisant.

On a dit avec raison que le corps de l^bomme n'est pas une cornue; les réactions du laboratoire ne donnent qu'une idée bien imparfaite de ces mystérieuses transformations, de cette incessante combustion pulmonaire, de ces fermentations vitales, qui apportent aux organes les globules matériels qui reconstituent leur substance, à la vitalité elle-même, la réparation* des forces, dont chaque acte de la vie entraîne une déperdition constante. L'analyse chimique peut quelquefois venir en aide à Tart de guérir : il peut être utile de vérifier jusques à quel point la maladie a modifié la composition du sang, de rechercher, dans les déjections humaines, quelques indices des perturbations intérieures ; il n'est pas sans intérêt, non plus, de connaître tous ces corps nouveaux dont les chimistes modernes ont enrichi leurs collections : quand M. Pelouze, par exemple, a fait Phistoire des acides gras, et quand il nous a appris que Facide butyrique attaque et désorganise la peau comme les corrosifs les plus puissants, il a révélé un fait curieux pour Thygiène : de même, quand M. Bouchardat a reconnu que « les matières albumineuses peuvent se transit former spontanément, dans quelques circonstances rares et « indéterminées, en globules organiques d'une belle couci leur bleue » (1), il a probablement ouvert à la science un nouveau champ d'expériences et de découvertes. La cause première de la coloration des corps, sa counexiié avec les lois qui président aux arrangements moléculaires, et avec celles qui dirigent les fonctions vitales : tout cela est encore bien peu connu. jCependant la science a déjà enregistré des expériences curieuses par leurs rapprochements. Toutes les personnes qui s'occupent de chimie ont constaté l'action des alcalis et des acides sur les teintures de tournesol, de violettes et de curcuma ; il n'est pas démontré que les mêmes phéno-

(1) BoccHAïkDAT, Annuaire de thérapeutique, année lS4a, p. 140.

mènes dans la coloration soient produits par des courants électro-positifs ou électro-négatifs; mais on sail que d'autres phénomènes organiques sont produits indistinctement par des alcalis, ou par un courant positif, par des acides ou par utt courant électro*négatif; on sait aussi que certaines plantes dégagent de Télectricité positive par la surface verte et an*> térieure de leurs feuilles, négative, par la surface rouge et postérieure. 11 y a^ dans ces analogies, de qnoi faire réfléchir aux mystérieuses connexités de cette trinité de forces qu'on appelle électricité, lumière, calorique.

Quoi qu'il en soit des découvertes de la chimie moderne et de celles qui lui restent à faire, il ne faut pas s'exagérer leur importance en médecine, il faut surtout bien répéter qu'au point de vue de la connaissance des maladies, la clinique en apprendra toujours beaucoup plus que le laboratoire. Les plus savantes analyses des tubercules fourniront bien peu d'indications pour guérir la phthisie. Ceci tient à deux causes qu'il est bon d'indiquer en passant.

L'incertitude des analyses chimiques en ce qui touche à la composition des matières organiques et à leur état moléculaire;

Les modifications profondes apportées parles forces vitales aux combinaisons des divers corps et à leurs réactions dans l'organisme vivant.

II. — Nous ne citerons ici qu'un seul exemple de Pincer* titude des analyses chimiques. MM. Danger et Flandin (1) ont démontré, en 1843, qu'il n'existe, dans le sang humain, à l'état normal, ni un atome de cuivre, ni un atome de plomb. Leurs analyses étaient exactes à un cent-millième près ; on a donc admis le fait, et, déjà, les médecins chimistes s'apprêtaient a en tirer des conséquences ; on aurait pu, entre autres, s'en servir pour expliquer comment les préparations de j^omb et de cuivre sont vénéneuse? : on aurait dit : « C'est

(1) Comptes rendus de fÀcadémie des sciences, t. XVU, p. tSS.

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