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INCERTITUDE DES ANALYSES DE CHIMIE ORGANIQUE

« parée qu'elles apportent au corps humain des éléments qui « lui sont étrangers, i» C'eût été une grande Tictoire pour les organiciens et les matérialistes.

Mais voici arriver M. Milon (1) qui a trouvé, en 1848, dans le sang humain, du plomb, du cuivre, et une assez forte proportion de manganèse. Il a extrait ces métaux des globu* les sanguins et les a montrés à tous venants, à leur état pal^ pable, métallique.

Que conclure de ce fait? que MM. Danger et Flandin ont fait de fausses analyses ? 11 y aurait impossibilité morale à le supposer ; que M. Milon s'est trompé? C'est tout aussi im* possible.

Peut-être quelques-uns verront-ils là un nouvel indice de l'unité de la matière, ils supposeront que, dans le procédé d'analyse employé) par M. Milon, les métaux en question se sont formés de toutes pièces pendant l'opération et que MM. Dauger et Flandin, ayant opéré autrement, n'ont rien trouvé. Hypothèse qui renverserait toutes les théories chimiques fondées sur la classiâcation des corps simples de Guy ton- Morveau et de Lavoisier. Ce n'est pas ici le lieu de discuter ces hautes questions : bornons-nous à faire observer qu'en présence de cette discordance dans les résultats de deux analyses qui offrent les mêmes caractères d'exactitude, il est permis de ne pas s'en rapporter exclusivement à l'analyse chimique dans l'appréciation des phénomènes vitaux.

Cette considération nous conduit à une autre, qui^ ellemême, se rattache à la seconde proposition établie plus haut.

La science reconnaît que a les réactions chimiques ne cona stituent pas une loi de la nature, dans l'acception rigoureuse « du mot^ car elles sont subordonnées à divers phénomènes de (K température et dépression (2). » Elles ne sont donc causes que dans un sens restreint ; si on les envisage au point de vue deTharmouie générale, elles ne sont plus que des effets.

(1) Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. XXVI, p. 4 1 .

(2) Ibid^ t. XX, p. 193.

120 GHÂPiTRB YII.

Écoutons UD autre savant : « Il faut reconnaître que Taffinité a est subordonnée à des conditions dans lesquelles on a tou- « jours opéré, sans se rendre exactement compte de leur in- « fluence (1). » Cette remarque de M. Fremy à l'occasion de ses travaux et de ceux de M. Pelouze, prouve que la chimie de Lavoisier a eu tort d'ériger en loi générale TafOnité des acides pour les bases ou le déplacement des acides faibles par les acides forts. Ces phénomènes ne se reproduisent avec régularité, quelorsque l'on opère dans les mêmes milieux, dans Feau, par exemple » ou dans l'air et sous la même pression; mais si Ton dissout les substances dans l'alcool, ou dans un autre liquide, les réactions sont différentes; elles sont aussi modifiées, si l'on opère dans le vide, ou sous des pressions autres que la pression atmosphérique.

On ne doit donc pas considérer les petites lois des chimistes et des physiciens comme des lois générales delainsLlurey tout au plus d'étroits chapitres do la science, des anneaux isolés de cette vaste chaîne qui réunit l'un à l'autre, pour n'en former qu'un seul tout^ les atomes élémentaires de la matière primitive et les forces qui modifient sans cesse leurs combinaisons.

Mais quand la volonté suprême anima ces atomes de matière d'un souffle d^intelligence et de vie, elle modifia leurs combinaisons plus profondément encore. Tous les physiologistes sont d'accord à reconnaître que les fermentations intérieures qui accompagnent l'acte de la digestion, ainsi que les phénomènes compliqués qui constituent l'assimilation, sont le résultai d'autres forces que celles dont dispose le chimiste opérant avec. des cornues et des capsules. Ceci est démontré par une expérience que chacun répète tous les jours. Vous avez fait votre repas d'une demi-livre de pain, fécule et gluten; de quelques onces de viande et de poisson, albumine et phosphates alcalins ; plus enfin quelques légumes et quelques

(J) Comptes rendus de l'Académie des sciences, l. XVHI, p. lOH.

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