ACTION DYNAMIQUE DES MÉDICAMENTS
vivre et ses rapports avec les autres forces qui gouvernent tous les mouvements des choôes. C'est ce qu'avait compris la haute intelligence de Platon, quand il a dit, après Hippocrate, que la science de Thomme est la connaissance de la nature entière.
Ces obscurités ne ressortent jamais avec plus d'évidence» que lorsque Ton veut essayer d'expliquer Taction délétère des poisons. Les expériences des laboratoires de chimie^ comme celles des physiologistes^ présentent, en lait de toxicologie, des contradictions apparentes, des anomalies bizarres qui démontrent la pauvreté de nos connaissances en tout ce qui touche aux causes premières.
Déjà, ailleurs, nous avons fait observer que la morphine et la strychnine, poisons violents qui tuent, l'un en stupéfiant, l'autre en surexcitant les mouvements vitaux, ont à peu près la même composition chimique et nous en avons tiré la con^ séquence, que les propriétés des substances ne dérivent pas des atomes qui les constituent, mais][de leur arrangement moléculaire. Les traités spéciaux, de toxicologie offrent, à chaque instant, des anomalies de cette nature et des faits à l'appui de cette hypothèse scientifique.
Le cuivre n*est pas vénéneux en lui-même^ et la preuve, c'est que les ouvriers qui sont exposés, dans l'industrie, à avaler continuellement des particules de ce métal en sont rarement indisposés. Le cuivre, ainsi aspiré en excès, donne quelquefois des coliques ; mais essentiellement différentes de la colique de^'plomb et sans beaucoup de gravité (1 ). Si l'on administre à un homme sain une dose modérée de limaille de cuivre, il n'en résultera aucun effet fâcheux. Au contraire, tous les sels de ce métal sont essentiellement vénéneux. Si 1^ médedne chimique veut essayer d'expliquer ce fait en diçant que les sels de cuivre sont. solubles ouïe deviennent, dans l'intérieur des organes^ tandis que le cuivre métallique n'est
(1) Comptes rendus de ^ Académie des sciences, t. XX, p. 443 ; Mémoire de M. Blandet
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pas assimilé et est repoussé intact dans les sécrétions, on lai répond par d'autres faits. On lui demande comment il est possible d'admettre que la limaille de cuivre, échappe à Faction des sucs gastriques qui décomposent l'or, métal bien moins facilement attaqué que le cuivre, et il est incontestable que l'or métallique ingéré dans l'estomac produit des effets analogues à ceux qu'auraient produits ses sels. Mais quand même les chimistes auraient démontré que le cuivre traverse nos organes sans être aucunement {attaqué, ils n'auraient pas avancé vers la solution du problème, ils ne pourraient pas expliquer pourquoi l'acétate de cuivre désorganise à la fois et si rapidement les organes et la vitalité : de quoi donc est composé ce sel ? De cuivre ; mais nous venons de voir que ce métal n'a en lui-même rien de vénéneux, on pourrait même dire qu'il nous est homogène, depuis que M. Milon en a retiré des parcelles du sang humain. D'acide acétique? Mais Vacide acétique est bien loin de posséder des propriétés délétères : on le retrouve au contraire dans certains liquides essentiels aux fonctions vitales.
Nous rencontrerions les mêmes anomalies dans d'autres substances vénéneuses. Comment se fait-il, par exemple, qu'en ajoutant à du sucre, aliment essentiellement ami de l'homme, quelques atomes d'oxygène, qui est un des principes de notre vie, on obtienne un poison, l'acide oxalique ?
Mais l'arsenic lui-même, ce métal si hautement vénéneux qui tue les hommes et les animaux, soit qu'on l'ingère à l'état métallique ou à celui de combinaison, qui frappe de mort les plantes arrosées d'une de ses dissolutions, l'arsenic n'a-t-il pas une végétation organique qui se forme dans les vases où on le conserve? Plante funèbre et mystérieuse que l'on serait tenté de comparer à celles dont l'imagination des poètes avait peuplé les fleuves de l'Enfer I
On pourrait aussi demander pourquoi certaines plantes, certains fruits, sont vénéneux pour quelques animaux, inoffensifs pour d'autres? Un perroquet mourra^ toutes les bonnes