ACTION DYNAMIQUE DBS MÉDICAMENTS
d'un apparteioent. Deux jours après, M. Hoefer la répéta en plein air, sur la butte Montmartre, par un temps serein et dans un équilibre électrique parfait : les mêmes symptômes se reproduisirent, mais excessivement affaiblis et sans gravité (1). N'est*il pas évident que l'action de la lumière, la pression atmosphérique, et Tétat électrique avaient modifié l'action du poison ? Mais tout cela, ce sont des forces, et puisque ces forces ont modifié une certaine action , c'est que cette action était produite par une autre force. Du reste, le même: phénomène se reproduit toutes les fois que Ton adpiinistre une poMon fortement antispasmodique, composée de narcotiques et d'acide pmssique diluée à une personne sous l'empire d'une violente émotion. Ici, c'est une force morale qui apporte la perturbation organique ; la force stu-> péfiante agit dans un sens de conservation , en rétablissant l'équilibre.
Celte digression sur Taction des poisons va abréger notre tâche en ce qui touche à Tàction des médicaments. Nous pouvons désormais établir avec certitude que cette action n'est pas produite par la matière inerte en elle-même, mais par une force.
Les médecins, même ceux qui demeurent encore dans les ténèbres de Torganicisme, reconnaissent implicitement cette vérité, quand ils divisât l'action des «ibstances médicamenteuses en deux graâdes cai^ories :
Action physiologique sur les organes ; Action thérapeutique sur la vitalité.
Classification qui est adoptée dans tous les livres modernes qui traitent de la matière médicale et qui, en effet, éclaircit bien des difficultés.
Nous n'avons point à entrer ici dans le détail des médicaments, mais en demeurant dans les généralités, nous pouvons tirer des conséquences utiles des faits déjà établis.
(1) Gazette médicale, n» du 28 novembre 1840. ^
On conçoit, par exemple^ comment, en médecine, ii est possible de guérir la même maladie par des remèdes trèsdifférents les uns des autres^ par exemple, avec de TaloèSy qui est rangé parmi les excitants, échauffants, disent les bonnes femmes, ou bien avec du sirop d'asperges qui est sédatif, c*est-à-dire rafraîchissant dans l'acception vulgaire. C'est que l'un des agents pharmaco-dynamiques a agi d'abord physiologiquement sur le tube intestinal en y apportant une utile révulsion, et ensuite thérajpeutiquement sur la vitalité elle-même en stimulant son énergie médicatrice, tandis que l'autre a produit une révulsion sur la vessie et, ensuite, a aussi agi thérapeutiquement sur la vitalité elle-même, en modérant ce qu'il pouvait y avoir d'exagéré dans la réaction et rétablissant Téquilibre entre les fonctions. Cette observation est rassurante pour les malades ; elle leur laisse des chances d'échapper aux bévues des médecins.
On peut aussi s'expliquer» en quelque manière, l'utilité et les inconvénients des révulsifs : ils agissent d'abord physiologiquement sur un organe ou un système d'organes et, en vertu de l'aphorisme hippocratique, du déplacement des causes morbides « Duobus laboribtis simul obortis^ non in eodem loco, vehementior obscurat alterum », ils viennent en aide aux forces vitales; et un peu plus tard, ces forces réagissent d'après cette autre loi générale qui veut qu'il n'y ait pas d'action sans réaction, mais la réaction produite par les révulsifs est plus souvent fâcheuse qu'elle n'est utile. L'action physiologique du révulsif n'est donc que le premier pas vers son action thérapeutique qui est compliquée par la réaction physiologique et par la force propre de l'agent révulsif. Un médecin suppose, d'après certains symptômes, qu'il existe une irritation sur un point de la muqueuse, il applique un vésicatoire : qu'en résulte-t-il? Au bout de quelques heures, l'action désorganisatrice des cantharides sur la peau, a dégagé la muqueuse, cette doublure du tissu cutané ; c'est un effet physiologique. Mais bientôt, une petite dose de