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I^'OXYGÉNE, MOYEN CURATIF DES MALADIES

le faisant arriver à 1 -prgane malade ^yec des vapeurs de chlore, gaz dont Teffet irritât sur les organes est bien connu? Pourquoi, si Ton çraint|fet ^v^c i;aj^q, quel oxygène pur n'augmente momentanément Tinflammation des tubercules, ne pas envoyer ce gaz aux poumons avec les vapeurs de ces carbures d'bydrogèqe gazeux qui font la base des essences et des baumes? L'^périence.pous a appris Ta^t^oa favorable de ces substances sur tous les Ussus mous du corps humain et principalement sur les orgues de la respiration.

Ce n^estpas îcilelieudes'appQ^ptir sur ces considérations qui ùousentraineraientdans le domaine exclusif de la médecine pratique. Si nous avons dit quelques mots de Taclion thérapeutique de l'oxygène, c'e^t.pour faire voir qu'elle, est analogue à son action physiolpgique. La pathologie et la pbysiolologie sont deux sœurs que Ton ne devrait jamais séparer; chacune déciles lient à. h^ m^in un fjambieaU) qui ne brille que d'une lueur douteuse; mais, réunies, ces deux lumières jettent une vive clarté sur les profondfiurs delaçcience. L'analogie des phénomènes produits par l'oxygène sur l'homme malade, comme. sur Fhonime s^in^.ipdique admirablement cette connexité^ qui, elle-même, est liée à la connexité des forces qui ioflue&t sur la maladie elsuf*. la santé.

Le principe de la vjie est june forpe : les phénomènes^ physiologiques résultent toujours d' que, force; les maladies sont produites par des forces perturbatrices; et, quand les traitements m&licaux viennent rétablir l'équilibre, 0411 retrouve ce que les médecins appellept l'efiTet thérapeutiq9$ des médicaments, c'est-à-dire l'action d'une autre fo^ce sur la force vitale. Il est donc permis de den;iaQder à l'oxygène, ce puissant auxiliaire de tous les mouvements vitaux, une action dans le sens de la conservation de la vie. Toutes les expérimentations du gaz vital par excellence sur l'organisme humain, développent un redoublement de force et d'énergie, qui indique assez qu'il y a là un moyen de maintenir l'équilibre des fonctions et de prolonger la vie en conservant la santé.

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Mais avant de s'occuper de l'oxygène à ce point de vue prophylactique, il convient de l'étudier mêlé à ces gaz de l'atmosphère, qui nous pressent de toutes parts de leur masse élastique.

IV. — Quand l'homme entretient sa vie en aspirant l'oxygène atmosphérique, il obéit à une loi commune à tous les animaux. L'aigle aux puissants poumons qui s'élève dans les hauteurs de l'océan aérien, en remplissant les cavités de son organisme d'un gaz chaud et raréfié, va y respirer un oxygène plus pur et plus frais. Le poisson qui descend dans les aWmes de l'Océan, y respire aussi de l'oxygène, combiné ou mélangé aux diverses eaux, en proportions très-variables. Si nous n étions eflrayés, pour nos lecteurs, de l'ennui d'une nouvelledigression, peul-êtreentrerions-nous ici dans quelques détails sur la difierence de composition des diverses grandes masses d'eaux terrestres. Nous indiquerions pourquoi les poissons d'eaux douces ne sont pas les mêmes que ceux de mer, pourquoi ceux de la Méditerranée, diffèrent de ceux de l'Océan. Nous chercherions à expliquer comment le béton de la digue de Cherbourg résiste depuis près d'un siècle aux vagues de l'Océan, tandis que des masses de la même composition ont été dissoutes en quelques semaines, par les eaux de la Méditerranée dans le port d'Alger. Mais ces dissertations nous entraîneraient trop loin ; restons à l'oxygène.

Nous disons donc que l'homme, en le respirant, obéit à une loi qui lui est commune avec les animaux, nous pourrions peutêtre même ajouter, à une loi universelle pour tout ce qui a vie. Car la plante, comme Tanimal, respire ; il parait même assez probable qu'elle respire de l'oxygène, surtout la nuit. Pendant longtemps on a cru et beaucoup de savants pensent encore, que les plantes aspirent le carbone répandu dans l'air, à l'état gazeux, et rendent à l'atmosphère de l'oxygène pur. En sorte que, par un admirable mécanisme, les produits de la respiration animale servent à la nutrition des plantes, et qu'à leur

l'oxygène et l'atmosphébe. 147

tour, celles-£i restituent à Tair, l'oxygène qui entretient la vie animale. D'autres savants pensent avec M. Dutrochet, que lès choses ne se passent pas tout à fait ainsi et que les plantes, comme les animaux, respirent et s'assimilent l'oxygène, mais avec cette différence que, le jour, les feuilles le fabriquent, sons l'influence de la lumière solaire, et, la nuit, absorbent celui de l'atmosphère (1). C'est pendant ces actes de la vie végétale, que la plante s'assimile le carbone de l'acide carbonique et Thydrogène de l'eau, pour expulser, par les feuilles, un excès d'oxygène. Cette opinion est plus satisfaisante pour les esprits philosophiques, parce qu'elle est plus conforme à l'unité des lois de la création. Mais de quelque manière que l'on veuille expliquer les divers phénomènes liés à la respiration des plantes, toujours est-il que les végétaux entretiennent la pureté de l'air, en restituant continuellement de l'oxygène à l'atmosphère.

L'homme a donc là, toujours sous sa main, la possibilité de purifier l'atmosphère qui l'entoure ; les végétaux qui fournissent à son alimentation, les arbres qui, plus tard, lui livreront leurs troncs et leurs branches, élaborent, par les pores de leurs feuilles Toxygène qu'il respire. On ne saurait trop souvent répéter combien il est important de multiplier les ' plantations dans les grandes villes et combien la santé du pauvre a perdu à la destruction de ces jardins aristocratiques qu'il voyait peut-être avec envie, mais qui lui fournissaient un air balsamique et fortifiant.

Du reste, il semblerait que la divine Providence, prévoyant qu'un jour l'incurie des hommes déracinerait ces grands arbres, ornements et source de salubrité pour la terre, ait voulu assurer par d'autres moyens encore, la reproduction de l'oxygène atmosphérique. La décomposition lente et journalière des minéraux et l'agrégation de leurs éléments en nouvelles

<l) Comptes rendus de l'Académie des sciences, 2e semestre de 1836 , p. 499.

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combinaisoQS, fournissent continuellement à Tair des masses d'oxygène très-considérables ( 1 ).

Il n'est pas à craindre que, dans un sens générai» le gaz vital manque jamais à Fespèce humaine ; mais quwd on ea vient aux applications particulières, quand on veut examiner si Tair est {^us salubre , dans certaines localités que dans d*aa-. très, siFatmosphère des grandes villes, celle des habitations apportent à nos organes tous les éléments de vie, on est forcé de toucher à d'autres questions. 4

La composition de Tair atmosphérique a soulevé de graves controverses : deux systèmes divisent encore les savants*

D'après les uns, l'air est un composé chimique formé par la combinaison de 20 volumes d'oxygène contre 80 d'azote et, par<x)nséquent, tout à fait invariable.

Une autre école ne voit dans l'air qu'un mélange d'oxygène et d'azote en proportions à peu près invariables à la surface; mais où la quantité d'oxygène diminue à de très-grandes hauteurs*

De sorte que les savants sont d'accord sur le point essentiel, l'immutabilité de composition de la couche d'air qui sert à la respirationiles hommes. Il faut bien que cela soit, puisque la science le veut ainsi ; fprce sera donc de renoncer à ces désignations, un air lourd et un air léger, un air sec et un air humide, un air salubre et un air malsain. Peut-être cependant les ignorants sont-ils excusables d'avoir cru qu'il existait des combinaisons atmosphériques plus ou moins salutaires ; ils ne faisaient qu'exprimer leurs sensations.

Quel est celui de nous qui n*a pas éprouvé ce sentiment de bien-être et d'énergie qui se répand dans tous les organes, quand nous quittons ces labyrinthes de boue et de plâtre qu*on appelle une grande ville, pour respirer l'air pur d'une verte campagne ? Comment^ vous dira-tron, Tair qui circule sous les vergers fleuris de Sorrente ou d'ischia, celui qui s'exhale

[1} Comptes rendus de V Académie des sciences, t. XX, p. 1432; Mémoire de. M. Ëbelmen.

L'oXTGÂm KT l'atmosphère. 149

des berceaax d'orangers de Palerme ou de Gatane^ serait le même que celai des sables derArabie, des arides sieppes de la mer d'Âral^des marais glacés qui euvironnent Saint-Pétersbourg; ou de ces cloaques itnpufs qu'on appelle à Paris le faubourg Saint- Marceau et la Cité?

Absolument identique, répondent les savants. Peut-être i'aYOcatdes ignorants pourrait-il demander encore : Pourquoi les analyses sur lesquelles on se fonde différentielles senriblâment entre elles ; comment la science n'a-trelle pas pu s'accordet sur une formule rigoureuse de la composition de Pair ? On ne sait réellement s'il faut adopter celle de :

I 700 parties d'azote,

209 d'oxygène, 1 d'acide carbonique.

OU bien cette autre, qui ne tient pas compte de Tacide carbonique ; >.

20,81 d'oxygène, 79,19 d'azote.

Mais toujours- est-il que la proportion d'acide carbopiqu/e est fort variable. 11 résulte des expériences faites simultanément, en 1843, au^ collège de France à Paris et à ADdilly près de Montmorency, que l'air de Paris, au mois dVtQbce, renfermait plus d'acide carbonique que celui d'AndilIy^ dans le rapport de 100 à »4 (4).

Ainsi donc^ quç^e gaz délétère soit combiné avec l'air, ou bien qu'il y flotte, suspendu, comme la vapeur d'eau et quelques autres gaz, peu importe à l'effet produit sur les organes humains. L'essentiel pour la santé est de trouver, dans l'atmosphère qui nous entoure, des éléments de force et de vie et de neutraliser ceux qui pourraient être nuisibles.

De là, deux questions qui demanderaient peut-être d'assez longs développements, mais que nous devons nous borner à indiquer.

(1) Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. XVIII, p.,473.

150 CHAPITRE YIII.

Quelles sont les conditions atmosphériques les plus faTo* râbles au développement des forces humaines?

Jusques à quel point Thomme peut-il neutraliser les éléments nuisibles à sa santé que Tatmosphère met en contact avec ses organes?

V. — Forcé de nous en tenir aux généralités, nous dirons brièvement :

1** Qu'un air trop calme, trop humide, prédispose aux affections chroniques, et certaines affections putrides et aux fièvres pernicieuses ;

i° Qu un air où les courants atmosphériques se font trop vivement sentir, ou qui n'est pas suffisamment saturé de vapeur d'eau, expose aux maladies aiguës et nerveuses (1);

S** Que l'air le plus sain se trouvera dans des vallées ouvertes du nord au sud, abritées de Test et de l'ouest, où l'atmosphère sera constamment vivifiée par des courants modérés (2), la fraîcheur entretenue par des eaux rapides et l'excès d'humidité neutralisé par des terres et des roches d'une nature absorbante, et où enfin, de grands arbres renouvelleront sans cesse l'oxygène ;

4'' Qu'un bon système de ventilation peut corriger, dans l'intérieur des habitations, les inconvénients qui résultent d'une atmosphère viciée.

Ici tout le monde est d'accord à reconnaître l'utilité des appareils de ventilation qui remplacent un air devenu impropre à la respiration, par un air nouveau et plus pur : c'est une application devenue vulgaire des principes élémentaires de la physique. Mais il est une autre observation sur laquelle on n'a peut-être pas asseï insisté, c'est l'effet produit sur nos organes par l'agitation de l'air atmosphérique.

Quand les dames, oppressées par l'atmosphère suffocante

(1) Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences, t. XU, p. 981; Mémoire de M. Fourcaut.

(2) Pelletai, Physique médicale, 1. 1, p. 534.

l'air atmosphérique et la santé. 151

d'une salle de bal ou de théâtre^ ont recours à leur éventail, elles croient respirer un air plus frais et plus pur. Les savants leur démontreront, le thermomètre et Tendiomètre à la main, qu'elles sont dans Terreur, que la température n'a pas varié, que l'air est resté composé des mêmes éléments. Les savants peuvent avoir raison, mais les dames continueront à s'éventer, et elles feront bien.

La science explique à peu près les effets produits par l'agitation violente des grandes masses d'air atmosphérique, elle ne se rend peut-être pas un compte aussi exact de ce qui se passe quand on agite modérément l'atmosphère renfermée dans de plus petits espaces ; mais quoi qu'il en soit des théories, Tobservation démontre que l'air modérément agité devient d'une respiration plus facile.

 côté de ce fait important par les applications qu'il peut fournir pour la conservation de la santé (1;, nous placerons une autre observation. C'est que les effets produits sur l'organisme par l'éventail des dames sont semblables à ceux que Ton obtient par des aspirations d'oxygène, seulement ils sont moins caractérisés. Si par une chaleur d'août ou de juillet, vous vous enfermez, comme Ta fait àNaples, en 1843, l'auteur de ce livre, dans un petit cabinet hermétiquement fermé, vous éprouver un sentiment d'oppression el d'abattement insupportable, vous êtes baigné de sueur, vous étouffez ; faites alors arriver un courant d'oxygène mêlé à des vapeurs balsamiques, aspirez de larges bouffées de ce gaz, laissez le surplus se répandre dans l'appartement, et, aussitôt, vous respirez librement, la sueur s'arrête, et vous ressentez un sentiment général de force et de bien-être. Vous pouvez même demeurer plusieurs heures dans celte petite pièce, pourvu que vous ayez eu le soin de placer à côté de vous un

(() Le docteur Reid a employé, en 1845, la ventilation comme agent digestif. C'est une idée heureuse et féconde en applications utiles, mais peutêtre d'une exécution difficile. Il est plus aisé de dégager de l'oxygène d'un appareil.

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Tase contenant de la chaux et de la potasse, pour absorber l'acide carbonique de vos émanations ; vous sortirez de cette étuve frais et dispos, avec un excellent appétit et, la nuit suivante^ vous dormirez d'un sommeil profond et paisible. Cette expérience nous ramène à l'une des questions posées plus haut : comment employer l'oxygène à prolonger la vie, en conservant la santé ?

VI. — De digression en digression, nous sommes arrivé à une réponse nette et précise.

On approchera de la solution du problème en faisant arriver aux poumons des vapeurs oxygénées et balsamiques appropriées aux diverses organisations. .

Ici se présente une difficulté à éclaircir, une objection à réfuter par anticipation.

Les physiologistes et les médecins nous diront : a Si vous « accélérez les mouvements vitaux, vous userez' la machine. <c La respiration est une véritable combustion; l'oxygène de c< l'air atmosphérique brûle le carbone dégagé des aliments « parTacte de la digestion ; si vous augmentez la proportion « d'oxygène, vous brûlerez aussi les organes. »

L'objection est plus spécieuse que solide.

Les recherches ingénieuses d'un illustre savant (l)bnt assimilé les animaux et l'homme lui-même à un fourneau 'dans lequel on brûle du charbon ; de sorte qu'il évalue la combustion vitale par le carbone consommé, comme on évalue la puissance d'une machine à vapeur par le poids de la houille ou du coke qu'elle aurai dévoré dans un temps, donné. Cette comparaison manque d'exactitude, si on la prend dans un sens trop absolu. Il y a, entre l'homme et le fourneau^ une différence essentielle; l'homme vit et le fourneau est' inerte;, les organes de l'honpime se fortifient et même se reproduisent par le jeu de l'assimilation, phénomène qui e$t hé avec celui

(1) M* le proftsseur Dumas.

l'oxygène, moten de prolonger la vie. 153

•de la combustion vitale, taudis que les parois du fourneau sont usées par la flamme du foyer.

Il est incontestable qite si Ton augmente la quantité d^oxygène qui arrive auxpoumons, on facilitera la transformation du sang veineoxen sang artériel^ et,^ns douteaussi^ Ton activera les mouvements de là circulation, sanguine ; dans certains cas ces effets peuvent âtre un bien, quelquefois un mal ; mais on pourra toujours modérer cette accélération, en fournissante rassimilation une masse de carbone en rapport avec l'excès d'oxygène. On aura ainsi maintenu Téquilibre, seulement Tensemble des fonctions vitales sera plus actif et plus énergique.

Peut^tre, pour résoudre complètement le problème, faudrait-il ane expérience qui n«a jamais été tentée, qui ne le sera probablement jamais. 11 faudrait qu^un enfant fût dès sa naissance, placé dans une atmosphère d^oxygène pur et que, là, on lui toumtt, pendant toute sa jeunesse, toutes les conditions d'alimentation, d'exercice, de lumière et d'électricité nécessaires au développement de la vie matérielle. Si, comme tout pdrte à le croire, le sujet de cette expérience en sortait avec desorganeis plus fortement constitués et une vitalité plus énergique, on pourrait songer sérieusement à fortiGer les races hamaines, en multipliant les éléments de force et de vie libéralement dispersés, sur le globe terrestre, par le Créateur tout-puissant.

Mais ces spéculations humanitaires, qui demandent à être tempérées par une froide raison, sous peine de tomber dans des rêveries, comme celles des disciples de Fourrier, ne sont pas du domaine de ce livre ; il n'est ici, question que d'hygiène et de prophylactique, nous ne nous occupons que d'ar méliorer^ dans des limites possibles la santé des individus placés dans les conditions ordinaires de la vie civilisée. Or, nous le répétodS, l'oxygène est, sous ce i^apport, un utile auxiliaire dont on néglige trop souvent l'emploi.

Partout où, dans une enceinte fermée, un grand nombre

154 CHAPITRE YIII.

d'hommes sont réunis ; dans les cours de justice, dans les assemblées délibérantes, dans les salles de spectacleS| on éprouve les graves inconvénients de Finsuffisance de Toxygène et de l'excès d'acide carbonique expiré par la foule. On remédie à cet inconvénient par des ventilateurs qui apportent l'air du dehors. Nous pensons qu'on atteindrait plus utilement le but en plaçant, dans ces enceintes, des appareils absorbants et en y faisant arriver un courant d'oxygène.

De même, dans la vie privée, quand arrive l'heure de la convivialité, vos parents et vos amis sont venus s'asseoir à la table hospitalière : vous leur prodiguez les mets succulents, les vins généreux ; mais leur fournissez-vous l'oxygène qui fait respirer, qui aide à digérer ? Presque jamais. Les lumières qui éclairent la table ^ consomment une partie de l'air vital, le reste suffit à peine aux poumons des domestiques et des convives, et cette atmosphère est encore épaissie par les vapeurs lourdes qui s'exhalent des mets. De sorte que chacun, avant le dessert, se sent pesant et fatigué, et on attend avec impatience le moment de se lever de table et d'aller, dans une autre pièce, chercher un air plus pur. 11 est bien évident qu'on remédierait à cet inconvénient au moyen d'un appareil qui dégagerait de l'oxygène pendant toute la durée du repas. Cette conviction n'est ni une hypothèse ni une illusion ; elle résulte d'expériences plusieurs fois répétées.

Enfin, le savant et l'écrivain dans leur cabinet, l'employé dans son bureau, éprouventtrop souvent les inconvénients d'un air renfermé, augmentés, pour eux, par l'absence de mouvements musculaires ; ils voudraient aller chercher l'air et la vie dans une verte campagne ; mais le devoir les enchaîne. En posant, sur un coin de leur bureau, un petit appareil qui dégagerades vapeurs balsamiques et oxygénées, vousleur composerez une atmosphère semblable à l'air qui circule sous les bosr quets d'orangers de Sorrente ou d'Ischia ; et, tout en continuant les pénibles labeurs de l'intelligence, leurs organes seront vivifiés par une circulation sanguine accélérée par l'oxygène.

l'oXTGÉNE, MOTBIf DE PROLONGER LA VIE. 155

Ces conseils, 'ou plutôt ces vœux, nous les avons soumis, il y a bien des annéeS| aux savants, qui les ont dédaignés ; aujourd'hui, nous les adressons au public : seront-ils mieux écoutés? Nous ne savons; mais celui qui écrit pour propager des vérités utiles, remplit une mission et un devoir ; il fournit sa course, sans s'inquiéter de ce bruit qu'on appelle un succès. Quoi qu'il en soit donc de nos travaux sur l'oxygène, passons à l'étude des forces dont Taction influe sur la force vitale..

' 1. Le calorique et la tie. — II. Le calorique est une force

ET non pas un impondérable. — lU. Du calorique

VITAL. — IV. Gomment s'entretient le calorique vital. — V. Salubrité

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