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VII. Action de la lumière sur la vie. — VIII. Effets

DES HAUTES TEMPÉRATURES SUR l'hOMME.

ÏX. Action do phosphore sur l'organisme humain. — X. Application DU phosphore a la conservation de la vie.

1. Les rapports intimes entre le calorique et le principe vital avaient été devinés longtemps avant que la science moderne eût étudié les effets généraux de la chaleur^ et eût osé mesurer avec un instrument les degrés de son intensité.

Hippocrate définissait le principe de vie^ une chaleur innée ; Aristole a déclaré hautement que Ton ne pouvait séparer la vie de la chaleur ; Vita in calido consistit^ suivant l'expression d'un de ses commentateurs. La plupart de ceux-ci ont considéré le calorique comme cause de longévité.

Un de ces docteurs dont s'enorgueillissait notre vieille Sorbonne^ Jean Buridan, a posé cette question : « La chaleur qui est la cause de la longévité, est-elle une chaleur ignée ou aérienne ? » Utrum calidum quod est causa longœvitatis, sit calidum igneum, aut calidum aerium ? etil déduit d' une suite de syllogismes très-subtils , cette conséquence : a Que la c( chaleur vitale n'est ni absolument ignée, ni absolument « aérienne^ mais qu'elle possède des propriétés semblables « aux propriétés du feu et à celles de l'air. »

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« Iste calw: vitrtlis non est sùnpliciterdgneus autaereus ; c< sed un aalQ^i cç^ve^i^ni, .fu(^4am',pr^prietates similes « proprietatibm ignis, et qua^m alt%iB$v(fiiU^ proprietatia Sus œrù (1), » , . - . . . . .'..,'

llsemblâm^q^utMtiaiirç BMrida^.ait ea une sorte de prescience dçs[ imppodé|'â{)le$ et de Jeurs efiets. 11 y a dans ce peu demoiQ qp(^l(|ue indication des phéaonoènes produits par Télecirioiié, la calorique et Toxygène dansleurs rapports avec la vie ; .nùaÎB ces noti<>ngpétaient vagues ;:et.le vulgaire les matérialisait sq(i$ toroie d^ feu. qui se voit <et qui ^e sent. De là, ces nioiâ eacpre ueités a^j(^rd'hui, Wchaleur de la jeunesse ei les glaces de t âge y expressions pittoresques et exactes, parce qu^elies représentent un fait.

La.pliy^olQgie nooderne, partait de b^es opposées, est arrivée, aprèç ^Jjrois siècles de dissections, jçt, de recherches, au même ir^su^at, , ] ....

On admet uncaloieique^vital^ on démontre que son intensité Vjarie .suivant les âgeset qçi'^Ue^stplus élevée chez Tadulte que ebça^jk vieilbrd ; on établît aussi ^ par des expérienceSi que la chaleur, hifms^ino, est moindre) dans les membres et qu'elle augment(9 à m^ure que Ton s« rapproche des organes essentiels à la vie. La science en a même fixé le maximum aux environ^ d^.36 degrés ; mais Von ^rait tenté de supposer que souvent les viBcères iiaîlécieurs sent doués d'one température] plms élevée; lies analogies duvlaboratoire conduiraientàieompareriii une sorte de fournaise ardente Tofficine où s'élaborent 4es,pa<erveU}euses, opérations de la chimie vitale, qui ne peovènt s* effectuer sans un dégagement de calori-*que. Cette byipothès^, qu'il serait difficile d'appuyer sur des expériences , car nos physiciens n*ont pas encore plongé, Dieu merci, le thermomètre au fond des entrailles vivantes ; cette hypothèse, disons-nous, devient un fait, aussitôt que l'on observe l'homme malade. Pendant la chaleur de la fièvre,

(I) Joh. BuRiDANi, De longœvitate et brevitate vitœ quœstiones, Latetiae Parisiorum. MGCGGCXVIU.

SOUS l'empire de cette cause morbide que ron appelle irritation, le corps de l'homme est élevé à une température qui lui serait intolérable en état de santé.

L'homme cependant peut supporter unegrandè intensité de calorique extérieur et résister à des températures élevées dont Faction est mortelle pour les petits animaux. Banks, Blagdenet Fordycesont restés quelques instants exposés à une température de + 125**. M. Blagden est demeuré sept minutes dans une chambre chauffée de, + 92 *»à + 99* (1). M. de la Roche est resté pendant 16 minutes dans une étuve à -{- 90'' (2). Les filles de service du four banal de La Rochefoucauld, supportent pendant dix minutes, dit M. Fillet, une chaleur de

La science admet donc, suivant l'expression de M. Becquerel dans le mémoire que nous venons de citer, que «( l'homme « peut vivre dans une atmosphère ayant une température « qui diffère de la sienne de près de 80*". n

De savants observateurs embarqués à bord de la Bonite^ ont constaté que la température humaine s'abaisse ou s'élève suivant les variations de l'atmosphère; mais dans une faible proportion : 1 degré contre 40 de variation extérieure.

Ën6n tout le monde sait que les habitants des régions polaires résistent à un froid de — 45'' à — 55**. Il est vrai qu'ils sont frottés de graisse et vêtus d'épaisses fourrures pour arrêter le rayonnement du calorique intérieur. Ceux des régions équatoriales qui vivent sous une température de-}- 40* à -f- 50% sont aussi, en général, barbouillés de corps gras: mais c'est, comme protection contre les moustiques et pour arrêter Tévaporation des liquides.

(i; Comptes rendus de V Académie des sciences, t. XX, p. 797. Mémoire de M. LeteUieT.

. (2) Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. VI, p. 435. Mémoire de M. Becquerel.

(3) Histoire de l'Académie des sciences, année 1764. (Citation de M. Lelellier.

LE CALORIQUE n'EST PAS UN IMPONDÉRABLE <59

Nous pourrions pousser beaucoup plus loin ce résumé de l'état actuel des connaissances humaines en ce qui touche la chaleur et la vie; nous trouverions de curieuses expériences, des investigations savantes, mais nous arriverions toujours au même résultat, une intime connexitéentre ces deux principes ; la science aura beau faire, elle ne pourra jamais em* pécher que Ton n*énonce un fait en disant le froid de la mort, la chaleur de la vie. Aussitôt que la vie a abandonné le cadavre, la chaleur disparait aussi; et si plus tard, cette dépouille mortelle, revenue sous l'empire des lois physiques et chimi* ques, éprouve des décompositions et des fermentations d'où résultera un dégagement de calorique, qui oserait soutenir que cette chaleur soit identique dans ses propriétés et ses effets au calorique vital? L'association de l'idée de flamme ^i de vtefait en quelque sorte partie du sens intime du genre humain ; et ces mots sont synonymes dans presque toutes les langues. Cette remarque n'a pas échappéà un écrivain qui a essayé de résumer la doctrine de l'illustre école de Montpellier (1). En général, les médecins vont plus loin que les physiciens et les chimistes dans l'appréciation du calorique vital. Un des oracles de la médecine moderne appelle la chaleur humaine une faculté pyrétogénésiqtAe et la considère comme la puissaàce vitale par excellence (2). Telle n'est point notre pensée assurément; pour nous le calorique humain ne constitue pas la vie, mais il est un des modes d'action de la force qui nous fait vivre.

11. — Pions voilà donc amenés, d'induction en induction, à considérer le calorique comme une force et à repousser cette bizarre et vague dénomination des physiciens et des chimistes, les impondérables, La science moderne, avec ses tendances matérialistes, en voulant tout peser, tout disséquer, tout décomposer, est arrivée à imposera la foi des jeunes bacheliers des mystères bien autrement incompréhensibles que

(I) Alqvié, Précis de la doctrine médicale de Montpellier, p. 9Z. {2) 1 ROUSSEAU et PiDOiix, Thérapeutique, t. II, p. 601.

160 CHAPITRE iX.

ceux qu'elle reproche au catéchisme. Nous Toyons^ nous sentons la matière, notre esprit^ quand il se replie sur lui-même parla contemplation, peut conceyotr Texistence de l'intelligence pure; mais il se refuse «à /comprendre un corps qui n'aurait aucune^des propriétés de la matière, une substance qui ne serait pa&un corps, une sorte d'esprit matériel ^ assimilé aux fluides et composé de molécules et d atomes à tout jamais impossibles à saisir. Il y a là un mysticisme scientifique, que Ton ne parvient à faire entrer dans les jeunes intelligences, qu'à Taide de certaines fictions caractérisées par un< savant professeur de l'école de Paris « d'heureuses suppositions )> (1). Pour les hauts conseils de Tinstruction publique, a la cause de la chaleur est le principe qui produit lesphé* nommes caloriques, une matière propre » (2), Les médecins de Molière expliquaient tout aussi clairement la puissance soporifique de l'opium. Certains savants ont revêtu leur théorie d'une forme plus élégante et plus aérienne, mais au fond de leur pensée, on trouve toujours la matière. Pour eux le calorique, comme la lumière et l'électricité, dérive ce cTun seul principe de nature éthérée^ répandue dans « l'espace et dans tous les corps » (3). L'éther ! voilà donc le dernief mot de cette superbe science qui ridiculise les atomes crochus de l'antiquité, tout comnie la matière tour* billonnante de Descaries ! Mais^ qu'appelez-YOtis éther? Je corn-' prends parfaitement celui qui est là dans mon flacon,' liquide à une certaine température, gazeux ou cristallisé, suivant qu'il obéit aux lois imposées par la volonté toute-puissante aux mouvements de la matière ; mais votre éther qui n'est ni esprit ni matière, qui serait, à la fois une cause du mode d'être des substances, tout en étant lui-même une substance; celui-là, je ne le conçois pas, parce qu'il est incompréheo*

(1) Pelletan, Physique médicale, t. II, p. 2.

(2) Manuel Mu baccalauréat es sciences. Paris, 1850, p. 202.

(3) Comptes rendus de V Académie des sciences, t. VII, p. 368; Mémoire de M. BecquereL

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