ACTION DE LA LUMIÈRE SUR LA VIE
« éclairant, dans nne chambre parfaitement obscure, un « buste en plâtre avec la lumièrp des pointes de charbon plate eées entre les pôles d'une forte pile deGrove, a obtenu une « empreinte du buste au daguerréotype (1). »
Par conséquent, si la lumière d'un brasier ou d'une lampe ne produit point, sur l'organisme vivant, les effets du rayon solaire, on les obtiendra par la lumière électrique. Ceci es! précieux et pourra mener à des applications importantes ; car l'action du rayon solaire sur la vie est incontestée et incontestable. La plante qui a germé à l'abri de la lumière perd le vernis verdoyant de ses feuilles et les brillantes couleurs de ses fleurs ; et les sucs essentiels sécrétés par ses organes intimes n'ont plus les mêmes propriétés. L'homme aussi, dans^ l'obscurité d'un cachot, blanchit et s'étiole : les longues nuits des régions polaires contribuent, autant que le froid , à la dégradation de la race chétive des Esquimaux et des Lapons.
Les maladies développent quelquefois cette susceptibilité de l'organisme aux rayons lumineux. Mademoiselle X... phthisique, frêle, nerveuse, impressionnable, a observé que son état s'aggravait, même avec une température douce, toutes les fois que les nuages voilent la lumière; quand, au contraire, le soleil brille de tout son éclat sur un ciel pur, elle se sent mieux, ses forces reviennent ; et elle tousse moins.
Si la science voulait diriger dans ce sens ses recherches et ses observations, peut-être arriverait-elle à trouver dans l'action des rayons solaires un utile auxiliaire au traitement de. plusieurs affections chroniques ; mais au moins on ne peut nier une connexité quelconque entre les progrès du soleil sur notre horizon et les symptômes qui se développent dans certaines maladies. C'est une preuve incontestable des rapports qui doivent exister entre la lumière et la vitalité.
Reconnaissons donc la puissance du calorique lumineux et
(1) Comptes rendus de r Académie des sciences, t. XII, p 910;
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$e$ rapports avec le principe même de la vie; mais, en même temps, Qe pégligeoos pas une. distinction essentielle. Les rayons du Soleil de mars et d^avril> dans nos dimate tempérés, produisent sur Torganisme humain un effet qui n'est pas celui du soleil de juillet. Dans l'état actuel de la sdence, il est fort difficile d*expHquer ce fait incontestable cependant et 4'expéri^nce vulgaire, peut-être la question s^éclaircirait-elle si rpn approfondissait les phénomènes produits par le rayon violet. Une petite barre de fer doux soumise à son action est magnétisée pendant la canicule, elle ne l'est pas sous le plus brillant soleil de rbiver du Languedoc, même de Naples (1). Nous aurons bientôt à. revenir sur cette action du rayon violet sur l'organisme vivant ; en attendant, bomons-noos à constater qu'il existe des connexités, mal définies par la science, eptre la chaleur qui nous éclaire et celle qui nous fait vivre, et, de même, des connexités plus intimes encore, entre le calorique, la lumière, l'électricité et ce grand mouven^ent de tous les corps animés que quelques-uns ont appelé la vie universelle»; ,,
Arrivonsjeafi.nàja seconde question poséç plus haut, Faction des hautes températures sur le corps humain.
VIL — L'excès du calorique produit un effet délétère sur nos organes ; c'est incontestable. Mais à quel degré précis, la chaleur extérieure commènce-t-elle à être nuisible 1 Voilà ce qu'il est bien difficile de préciser, parce que les effets varient suivant l'intensité de notre propre chaleur et suivant diverses autres circonstances/
Par exem|)Ie, renfermez un animal dans un four chauffé seulement à 40 degrés ; il sera d'abord asphyxié et bientôt décomposé. Cependant ce même animal s'accommodera parfaitement au Sénégal d'une température semblable, et il n'é-
(I) Eipériences de Fauteur , à Naples, en 1843 et 1844; en Languedoc, en ISiCet 1847.
EFFETS DES HAUTES TEMPÉRATURES SUR LA YIE. 17t
proQYera aiicua accident dans.uné atmosphère de forge ou de Tfixrerie tout aussi éleTée..
Mais ehacua de nous n'a4-il pas quelquefois ressenti en entrant dans des usines taux ardentes fournaises, un malaise marqué ? Les femmes, les.pet*sonnés faibles, ne peuvent sup^ porter cette atmosphère brûlante ; cependant les ouTriers y Tirent, ^ "agietsent ; il est marne certaines industries où leur santé n^)^ est pass^isibiement aflfectée* ' On dira que ces Ouvriers sont plus robustes^ Sans doute ; et de cela qoîils Éo^t plus robustes, il résulte aussi qu'ils ont une chaleur naturelle plus intense. Mais comment ont-ils pu demeurer robiistes à ce* pénible métier ? Par habitude ; mais si Ton peut^s'y: habituer, c'est que la chaleur n'a rien en ellemême de délétère aux organes humains. Voilà pourquoi les ^uropéeiifi «^'acclimateraient* an Sénégal,s'i]s n'avaient pas à y lutten contre las maladies. Us y meurent de la fièvre et non pas du chaud, à côté des andigènes qui y vivent et y vieillissenl^ ' ^
Eoiiore* quelques motssnries effets de la chaleur des usine s
Les. impressbns délétères qu* on y ressent paraissent occasioonéQS pao Tinsulikance de ventilation ; souvent aussi, par le&éifipocatibns des matières élaborées» plutôt que par le -calorique. Cette assertion pourrait, au besoin, se démontrer jMtrlaplus simple des egqpériences.
; Ëntrelz,- un éhermomètre à la main, dans quelqu^un de ces laboratoires, que les nécessités de la fabrication obligent à t^nir clos, vous éprouverez un malaise marqué, à 25 ou ntême 20 degrés ; tandis que, dans une usine bien aérée, une iaminerie de fer, par exemple, vous pouvez vous approcher sans inconvénient des masses incandescentes, et supporter une •chaleur radiante de plus de 40 degrés indiquée par votre thermomètre.
Le docteur (Jre a jeté un grand jour sur cette question «dans un curieux article de son ouvrage sur les arts. Que l'on* me permette d'en citer un passage ; il exprime ma pensée
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mieux que je ne saurais la dire. « Quand une colonne d'air, « balaie avec fureur les déserts brûlants de l'Afrique, et c( forme ce phénomène que les indigènes appellent sirnouny a cet air ne devient pas seulement très-chaud et très-sec, a mais il est fortement électrique, ainsi qu'il est démontré « par les éclairs et le tonnerre. »
. tt When a column of air smeeps furiously across the bumiîig désert ofAfrica, constitiiting thephenomen called^ si^ moon' by the native, this air becomes not only very hot and dry y but highly electrical, as is evinced by lightning and thunder{i).y>
Ce n'est donc point, je le répète, le calorique qui est nuisi» ble à r homme dans les pays chauds; mais certaines combinaisons atmosphériques.
Pendant que les belles dames et les élégants en gants jaunes, de Naples ou de Palerme» languissent sur des coussins et succombent sous le poids du sirocco, on voit le robuste ouvrier de ces contrées extraire de la pierre sur les flancs de la montagne voisine. Le bonnet de laine rouge ou violet des Phrygiens protège seul jsà tète contre les rayons du soleil réverbérés par la carrière ; son corps à moitié nu est ruisselant de sueur; il prend haleine quelques instants, vide d'un seul trait une cruche de vin et se remet à l'ouvrage.
Cet ouvrier résiste mieux que les classes aristocratiques aux. ardeurs du soleil , parce qu'il a de bonne heure fortifié ses nerfs par le travail, parce qu'il laisse un libre cours aux transpirations, parce qu'il remplace par des bains de mer fréquents Teau et les sels basiques évaporés, et parce qu'il vit toujours au grand air. Cette absorption constante. d*oxygene entretient dans son intérieur un calorique humain qui fait équilibre avec celui de l'atmosphère ; et si l'ardeur du soleil brunit et écaille sa peau, elle lui communique, par un excès d'électricité positive, une force qui lui permet de soutenir'le $hoc des gaz électrisés, que le sirocco chasse devant lui ; en- (I) Ure; Dktionafnfof Arts and, mana factures , Art Stove,:p, II8T. .