EFFETS DES HAUTES TEMPÉRATURES SUR JA VIE
fia l'excès d'électricité négative lui est soutiré par le mouvement et les transpirations.
Résumons toutes ces observations.
Les fortes chaleurs énervent, les forces digestives dimi-^ nuent ; les transpirations sont trop abondantes , et, par certains vents, on éprouve un redoublement d'abattement et d'oppression que l'on exprime par ce mot pittoresque, <x Le ft temps est lourd. »
Il résulte de ces symptômes extériem:^, que la circulation des fluides est troublée, que leur sécrétion est trop rapide, que les sels basiques qu'ils tiennent en suspension se trouvent en quelque sorte à sec et peuvent produire des irritations locales ; enfin que certains vents chauds nous arrivent trop chargés d'électricité et dépourvus d'une suffisante quantité d'oxygène.
Ces effets ont une curieuse analogie avec ceux que produit le grand froid ; mais le résultat est bien différent. Les accidents produits par l'excès du froid coûtent presque toujours à rhommeun de ses membres, souvent la vie. Ceux du grand chaud n'excitent, en général, que des indispositions qui ce* dent au premier changement de température et qu'il serait possible de prévenir par de sages précautions. Les Anglais établis dans l'Inde, ces princes du commerce, ces nababs en épaulettes,ces vizirs de la compagnie^qui rapportent en Europe leurs lacs de roupies, leurs visages jaunis par la bile, leurs obstructions et leurs regrets de ces splendeurs orientales, où ils n'ont pu vivre, ceux-là peut-être ne seront pas de mon avis (1). Cependant il est permis à la philosophie médicale de croire que s'ils eussent adopté les précautions hygiéniques et les habitudes des indigènes, ils auraient supporté tout aussi bien qu'eux le soleil vivifiant de Calculta et de Delhy .
Quoi qu'il en soit de l'hygiène observée à Calcutta, il résulte de tous les faits que nous venons de grouper autour de la question, qu'un certain degré de chaleur intérieure assez
[i] n est bien évident que cette page était écrite longtemps avant les troubles de l'Inde. c
élevé , est nécessaire au développement et à la conservation de la vie et que cette chaleur dont nous portons en nous le principe, peut être augmentée ou diminuée par là forcé calorique dégagée par des agents extérieurs. Ici donc. Comme à propos des éléments, nou^ trouvons un notiveau lien entt^ l'homme et ce monde terrestre dont h divine ProVîdehce loi a accordé la royauté viagère. Tout s'enchafine, dans la nalture^ par des gradations insensibles ; les effets et lès tanses réagissent sans cesse Içs uns sur les autres et intervertissent' leurs rôles ; la matièk'e humaine, identique à la matière tèrrfeft^ë, se renouvelle continuellemerit aux dépens des atomes dé poussière que naguère nous foulions à i^os pieds '; les fbreés humaines, causes des fonctions- vitales, s'assimfilent lés fbrbês naturelles, qui, elleé-mémes, sontsauK cqsse dégagée'^ jpar les combinaisons de la matière. , ^ ' ■
. Ceci bien établi, si, d'un autre côté, nons^ rèpdribûtfê nos méditations sur la merveilleiise organisation de là machine humaine, où rien n'est inutile, où tout sert à desfonctions et se reconstitue par des fonctions, nous arriverons à coâdcire que, puisque le calorique est un des principes de la vi^ il doit, exister, dans le corps humainf, une éorte d'agent spéckJ du calorique, un organe ou un système d'orgaties, chargés de le produire et de le répandre ; une substance qiû, par son énergie de combustion, contienne en elle-même une sorte dé Ceu concret, et qui ait la pro|[)riété de conserver la chaleur mieux que tous les autres corps. '• ^ •
Ces organes sont les poumons etrestdmac ; cette ëubstairce ne peut être que le phosphore. •
VIll. , — Nous nous garderons, en traitant du phosphore, d'exprimer notre pensée sur la nature de cette curieuse substance; car nous serions conduit à énoncer des pak'adoxesj jsans posséder assez de science pour les défendre. Du reste, il importe peu au sujet que nous traitons, que le phosphore soit un corps simple ou un composé ; les faits admis, les