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ACTION DU PHOSPHORE SUR L'ORGANISME HUMAIN

expériences constatées suffisent à Tordre de nos raisonnements ; et nous voulons d^autant moins notis permettre des hypothèses, que nous allons arriver à des applications positives et pratiques.

La chimie nous démontre que le phosphore est le plus éminemment combustible de tous les corps, et par consé^ quenty celui qui a le plus d'affinité avec le calorique, celui enfin qui a la propriété de le conserver le plus longtemps.

La physiologie nous apprend que cette substance est répandue sous diverses formes dans tout notre corps, qu'elle y joue un rôle actif ; car elle est sans cesse expulsée dans nos sécrétions. Enfin, l'analyse Ta retrouvée dans le cerveau, cet organe qui semble à quelques-uns le siège de la pensée et la source des mouvements vitaux. Et là, le phosphore n'est pas déguisé sous forme de phosphate (1), il est à l'état de simple amalgame (2).

Il semble qu'en voilà assez pour établir que le phosphore, ce combustible par excellence, doit être l'agent de ta chaleur vitale ; car si tel n'est pas le rôle qu'il joue dans nos organes, on pourrait demander ce qu'il y vient faire. Une substance aussi énergique ne saurait être passive dans notre organisa-^ tion ; car il ne s'y trouve rien d'inutile.

Ainsi, soit que, suivant notre opinion^ le phosphore agisse sur l'organisme humain en conservant et développant la chah leur vitale, soit qn'il serve de lien intermédiaire entre la subr stance grise du cerveau, le nevrilemme des nerfs et les solides les pins importants de notre machine, on ne peut se refuser à le considérer comme un des éléments les plus essentiels du principe de vie.

Malheureusement, la science n'a étudié le phosphore que

y (1) RiCHERAND, Éléments de physiologie, t. II , p. ï\0, — Liebîg, Chimie lyrganique, appliquée à la physiohgiey p. 330. . *

(2) On pourrait aussi inférer des travaux les plus récents des cljmistes, qne le phosphore se trouve, dans la pulpe cérébrale, à Tétat de cérébrale, ou même, comme dans le jaune d'œuf, d'acide phosphatoglycérique : peu importe à Vordre de nos raisonnements.

eomme un de ces mille médicaments qui encombrent les pa« ges des livres de thérapeutique. On a essayé de l'appliquer à certaines maladies presque toutes désespérées ; les guérisons n'ont pas toujours eu lieu et les médecins sont revenus à leurs habitudes. Un peu plus tard, quelques imprudents s'étant brûlés par des doses de phosphore^ ou trop fortes, ou prises mal à propos, on a déclaré le phosphore poison, et on Ta condamné à ne paraître que dans des pommades destinées k frictionner des membres déjà atteints de paralysie ; il est donc aujourd'hui en quelque sorte à Tindex.

Une analyse un peu sévère des expériences cliniques faites sur le phosphore prouverait, peut-être, qu'elles n'ont élé ni plus rationnelles, ni plus concluantes que celles relatives à l'oxygène.

Un médecin (1) avale un beau malin trois grains de phosphore mêlés à de lathériaque ; il éprouve une assez grave indisposition, qui, du reste, cède à de nombreux verres d'eau fraîche; et on a conclu qu'il ne fallait jamais administrer le phosphore à l'intérieur. Il semble que la seule conséquence logique eût été que la thériaque est un mauvais véhijcule du phosphore et que trois grains en une pilule sont une trop forte dose. Le même médecin a ranimé le flambeau de la vie près de s'éteindre chez un vieillard, au moyen du phos<phore. Bayle cite de nombreux exemples d'affections diverses guéries par l'usage du phosphore; enfin, en Angleterre, plu* sieurs médecins ont essayé avec succès cet héroïque médicament. 11 semblerait qu'après de tels résultats le phosphore aurait dû prendre rang parmi les agents thérapeutiques les plus utiles, surtout comme moyen prophylactique, destiné à conserver les forces vitales. Cependant, au moment ou nous écrivons, on en fait fort peu d'usage. Pourquoi ? Seraitee parce que l'empire delà mode s'étend jusques aux mér dhcaments i ou bien parce que la Faculté, dans sa passion

fl) Alphonse JLeroy.

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