APPLICATION DU PHOSPHORE A LA VIE HUMAINE
l'applîcatioQ du phosphore à la conservation de la vie humaine.
Il s'agira, par conséquent, de faire arriver à nos organes le phosphore toujours à Tétat de combinaison, ou, pour mieux dire, d'association et divisé en molécules infiniment déliées ; car il serait fort imprudent d'exposer les' organes internes à des combustions spontanées. Sous ce rapport, nous doutons beaucoup que l'éther ou l'alcool, ou l'huile, dissolvants ordinaires du phosphore, soient des véhicules convenables. Nous pourrions, au besoin, nous appuyer de l'opinion du sage Alibert qui, dans une sorte de prescience des services que le phosphore pourrait rendre à la santé des hommes, s'est écrié : « 11 ne faut, pour l'appliquer sans danger à Tintérieur, que trouver un dissolvant (1)1 »
Du reste, les difficultés seront beaucoup moindres, si, au lieu de s'obstiner à employer le phosphore en bâtons,les médecins se bornent à essayer les combinaisons du phosphore. Les beaux ti*avaux de M. Paul Thenard ont fait connaître plusieurs de ces composés qui seraient susceptibles d être utilement employés dans la thérapeutique. Citons entre autres les sels de ce curieux liquide nommé par le savant qui l'a découvert, le cacodyle du phosphore. Ses effets sur l'organisme humain sont très -caractérisés et n'ont rien de dangereux (2).
Laissons enfin toutes ces applications matérielles, pour revenir aux théories. 11 est déplorable que, là où l'on voudrait demeurer dans le domaine de la pensée et ne calculer que des forces, on soit toujours conduit à parler de drogues ! C'est que l'intelligence humaine, obscurcie par son union intime avec la matière, ne peut apprécier les causes que par les
(1) Alibert, Éléments de thérapeutique, 1. 1, p. 199.
(?) L'acétate de cacodyle du phosphore, versé dans un bain, produit un peu d'irritation à ia peau, et, dans tout l'organisme, une sensation de force et de bien-être. Des chiens et des cabiais ont supporté des doses élevées de cette substance, sans en paraître incommodés. (Expériences de l'auteur.)
effets matériels qu'elles produisent. Résumons cependant les principes établis dans ce trop long chapitre.
La yie de Fhomme n'est entretenue que par des forces ; le calorique est une des plus essentielles de ces forces, et elle se lie au principe même de la vie, par des connesités tellement intimes, que Ton peut modifier les conditions de TexistencCi en agissant sur la chaleur yitale. Cette action peut être dirigée dans deux sens opposés : ou bien on cherchera à tempérer Texcès de chaleur vitale^ ce qui n'est nécessaire que dans quelques cas de maladies aiguës ; ou bien^ au contraire, on voudra développer l'énergie de vitalité, en conservant et développant le calorique humain, ce qui conduira à de nombreuses applications. Ces applications, si elles sont conformes aux lois de la vie, auront pour résultat, de régulariser les fonctions, en leur donnant plus de force et d'activité ; par conséquent, d*éviter beaucoup de maladies et de prolonger la vieillesse sans infirmités.
Mais, ainsi que nous l'avons déjà dit, les phénomènes caloriques ont eux-mêmes d'étroites connexîtés avec ceux produits par la lumière et par Télectricité ; il nous reste donc, pour compléter l'étude de l'action des forces physiques et chimiques sur l'organisme humain^ à envisager l'électricité dans ses rapports avec la vie. Cet examen sera l'objet du chapitre suivant.