‹ Essai sur la conservation de la vieChapitre 57 sur 146 · III. Gomment doit-on comprendre le fluide · texte numérisé non relu

III. Gomment doit-on comprendre le fluide

NERTEDx ? — - lY . Action du cerveau et des nerfs danç les fonctions

vitales. — V. L'instinct et l'intelligence.

VJ. Les hallucinations. — VII. Les rêves. — VIII. Le sommeil

MAGNÉTIQUE. — IX. LeS PASSIONS.

X. Action de la parole. — XI. Force de la volonté concentrée. XIL L'exercice

DE L^INTELU0BNCE> MOTEN DE CONSERVER LA SANTÉ.

I. — Plus on s*enfonce dans Tétude des forces pures et plus on cherche à remonter vers les causes premières, plus on est arrêté parles incertitudes delà science, par les assertions contradictoires des écoles rivales. Les savants modernes, tout aussi bien que les philosophes de l'antiquité, sontdiyisés en deux camps : d'un côté, la nombreuse armée des matérialistes, orga* niciens, solidiëtes, anatomo-pathologistes, grands expérimentateurs qui ont inscrit sur leur drapeau le mot dénature^ abstraction vague et tant soit peu païenne^ personnifiée par quelques-uns comme une sorte de sibylle aux puissantes mamelles, sans cesse occupéeà entretenir ou à renouveler la vie ; aidant, ici, des insectes microscopiques à élever des montagnes de silice ou de corail; ailleurs, façonnant la trompe de l'éléphant, or gane merveilleux qui fera du colosse un ouvrier intelligent ; un peu plus loin, pétrissant, sous le crâne d'un Guvier, ce fécond cerveau qui, un jour, disent-ils, sécrétera sa pensée. Dans l'autre camp, les spiritualistes, les animistes, les vitalis-

les, tous ceux qui comprennent que la matière doit êlre dominée par quelque chose de supérieur à la matière, tous ceux pour qui la nature n'est pas un être abstrait, une sorte de ministre constitutionnel d'un roi fainéant, mais un grand Hyrc ouvert, où la volonté toute-puissanle a inscrit, dès le premier jour, les miracles de la création et continuera, jusquesà lafin des siècles, à graver ses décrets immuables.

Voilà donc deux grandes divisions fondamentales bien tranchées, autour desquelles viennent se grouper tous ceux qui écrivent, professent ou expérimentent pour l'avancement des sciences naturelles, et surtout pour la connaissance de l'homme, science qui résume toutes les autres. Mais, si l'on veut entrer dans les détails, on trouvée peu près autant de systèmes qu'il y a d'écrivains ou de professeurs ; chacun établit ses propres classifications, d'où résultent des modifications essentielles dans les théories. S'il nous fallait exposer tous ces systèmes, les apprécier et, par conséquent, les discuter, nous tomberions dans des longueurs etdes répétitions, sans beaucoup avancer vers le but que nous nous proposons. Nous nous bornerons donc à établir quelques faits, en les choisissant parmi ceux qui sont le plus généralement admis. De ces faits, découleront des conséquences qui nous permettront d'envisager les forces pures sous le rapport de leurs applications à la conservation de la vie. - Peut-élre serait-il plus rationnel de se borner à énoncer des axiomes. Ainsi que l'a dit Fillustre Barthez^ ce il est nuisible « aux sciences de vouloir appuyer par des dénionstrations « vaines, des choses qui sont claires et évidentes par elles- <c mêmes (1). » Mais notre époque, essentiellement sceptique, aime l'entassement des preuves et n'essaie de généraliser, qu'après avoir multiplié les analyses : il faut bien nous conformer à ces habitudes de la science : nul ne peut vivre en dehors de son siècle ; celui qui aujourd'hui irait se promener, sur le boulevard des Italiens, en pourpoint, en canons et en

(I) Nouveaux Éléments de la science de Vhommey 1. 1, p. 15 des notes.

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perruque à la Louis XIV, celui-là serait insensé : suivons donc la méthode analytique.

Les savants démontrent, le scalpel et le microscope à la main, que le corps des animaux et même celui de l'homme, commence par un germe d'une extrême petitesse, mou, gélatineux, presque informe ; mais, bientôt, cette masse con* fuse se développe et s'organise ; le tronc s'élargit, pour laisser place aux viscères, les membres s'ajustent aux vertèbres, et les organes commencent leurs fonctions ; fonctions qui seront modifiées, après que l'embryon sera sorti des entrailles de sa mère, pour devenir être complet ; mais qui, déjà, sont régulières et constantes. C'est là ce que la science appelle viefœtaie ou intra-utérine; ov 'a e%\ évident que ces fonctions et cette vie sont sous l'empire d'une cause, car il ne peut y avoir d'effet sans cause ; il est bien évident, aussi, que cette cause n'est pas, comme on le dit dans une certaine école, le résultat de l'organisation, puisqu'elle préexistait aux organes, qui se sont formés sous son influence ; enfin il est tout aussi évident que cette cause n'est pas une propriété de la matière organique, car, pour qu il en fût ainsi, il faudrait que l'atome chimique constituant le germe fût différent des atomes constituant les substances inanimées; et ils sont parfaitement identiques. La matière de l'embryon se décomposera, dans le creuset du chimiste, en atomes de chaux, de phosphore^ de carbone, d'azote, d'hydrogène, etc., etc., tout comme un morceau d'apatite ou un échantillon d'acide ulmique. Je demanderai, à mon tour, aux chimistes pourquoi les atomes élémentaires de l'embryon se sont organisés en globules, en veines, en artères et en. nerfs, au lieu de demeurer une masse amorphe ou de former une pierre ?

La science n'a pas de réponse à ces sortes de questions; mais elle nous permet 'de croire que la cause des fonctions vitales préexiste à l'organisation et aux organes. C'est une grande indulgence de MM. les savants, et le public pensant fera bien d'en user largement.

Mais Fenfant est né; il a jeté son premier cri, aimonçant ainsi son entrée dans l'hamanité, par un fribnt payé à la doalear. Les fonctions se multiplient et se compliquent, aussi bien que les agents mécaniques nécessaires à ces actes si dirers et si variés. Certains organes, tels que le thymus, se flétrissent et disparaissent ; d'autres, qui n'existaient qu'à l'état rudimentaire, se développent rapidement et prennent bientôt tout leur accroissement. C'est encore une cause et nécessairement la même, qui a produit ces phénomènes ; plus l'homme approche de son complet développement, plus cette cause devient active, plus ces effets sont manifestes !

Enfin, l'homme est adulte; et cette force^ qui ne s'était jusqu'ici employée qu'à des accroissements, va maintenant être chargée de fonctions plus compliquées encore. Elle entretient les organes par l'assimilation ; elle veille à l'accomplissement des actes vitaux, pendant que Tâme pensante réfléchit, délibère, ou fait agir les membres sous l'impulsion de la volonté. Nos plaisirs, nos affaires, nos devoirs exigent de chacun de nous des mouvements qui occupent toutes nos pensées, qui ont besoin de l'action des nerfs, des muscles, des articulations et des os, et ces actes de l'être complet ne suspendent pas le travail intérieur de la machine humaine; pendant que Thomme pense et agit, la respiration, la digestion, la nutrition continuent à s'opérer avec une admirable régularité.

Toutes ces fonctions, que la science nomme involontaires, doivent donc nécessairement être gouvernées par une force, et cette force qui préside à la santé, agira différemment quand surviendra la maladie ; elle devient alors essentiellement médicatrice, « morborum curatrix », elle répare, par de nouveaux tissus, les lésions des organes, elle isole les torps étrangers, par la formation *de fausses membranes (1); dans les affections chroniques, elle cherche à suppléer roi*gâne malade, par d'autres organes (2) ; enfin, dans les affections aiguës,

(1) Leçons orales du professeur Estor, Montpellier, 1861.

(2) Leçons orales du professeur Dubreuil. Montpeflier, 186f .

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elle excite des môuTements Tiolents, quelquefois suffisants à la guérisoo, souvent aussi perturbateurs, parce que cette force est un principe aveugle et inintelligent (1).

Quelle que soit sa nature, c'est ce principe qui entretient la vie et la constitue.: c^est aussi ce principe qui est attaqué par certains poisons, certaines perturbations morales, qui occasionnent la maladie et la mort sans lésion apparente des organes (2). Enfin, celle force qui fait vivre, après être arrivée, dans rage adulte, au complet développement de sa puis* sance, commence à décliner ; alors, aussi , commence la décrépitude.

Les organes se flétrissent^ s'atrophient, se durcissent, d'où résulte, au dire deTÉcole organicienne, la diminution des forces; taudis que, pour les vttalistes, cVst le contraire 'qui a lieu. En effet; si une saine physiologie nous démontre que les or* ganes, dans la jeunesse et l'âge adulte, sont i^ns cesse nourris et renouvelés dans leur substance, par des fonctions qui s'opèrent sous Fempire de certaines forces, quaâd ces actes pe s'exercent plus aussi régulièrement, c'est qu'il y a eu diminution de forces. Ceci est prouvé par la décrépitude anticipée qui, chez certains individus, est la conséquence de l'abus des plaisirs, c'est-à-dire d'une trop grande déperdition de forces. Nous reviendrons ailleurs sur la physiologie et la thérapeutique de la vieillesse ; ici, bornons-nous à dire, que ce qui caractérise cet âge, c'est la décadence du principe vital, qui n'a plus assez d'énergie pour dominer les forces physiques el chimiques qui lui étaient, auparavant^ subordonnées. Les faits démontrent cette assertion : citons seulement celui qui est le premier à frapper les regards. Dans la vieillesse, les os, les^ cartilages, les nerfs, la tunique jaune des artères, ont une tendance à se soUdifier, pendant que les parties molles, le poumon et la pvXfe cérébrale ont, au contraire, une tendance au

(1) Barthez, Science de l'homme, vol. I,p. 89. . (2j Barthez, Science de V homme y t. II, p. 194. ' Groselle, Traité de pathologie interne, i. 1, p. 172, â« édition.

ramollissement ; dans l'un et l'autre cas, la loi des affinifés chimiques a déjà pris le dessus sur la force d'assimilation; le corps du vieillard commence à ressembler à celte terre qui l'attend, pendant que son âme immortelle se souvient et se repose, pour se préparer au grand voyage.

II. — En présence de cette multitude de faits qui pressent les observateurs, et dont chacun de nous a le sens intime, s'il veut rentrer en lui-même et réfléchir, beaucoup de savants admettent des abstractions ; peut-être pour échappera la nécessité de reconnaître, dans la cause première de la vie^ une origine divine. La plus célèbre de ces abstractions est celle qui suppose aux organes certaines propriétés nommées vtialeSj pour bien indiquer que c'est en vertu de ces propriétés, que les organes s'acquittent des fonctions de la vie. Mais dans la classification de ces propriétés vitales, personne n'est d*accord. Les uns, avec Brown et Broussais, n'en admettent qu'une seule, rincitabilité; d'autres, tels que Bichat et Richerand, en comptent deux qu'ils appellent sensibilité ei contractilité ; M. Chaussier est arrivé à trois en y ajoutant la caloricité; M. Gerdy en admet dix-huit, et un autre professeur, Dugès, trouve que, dans un sens, ce n'est pas assez. Nous n'essayerons pas de débrouiller ce chaos ; ce livre s'appuie sur les faits physiologiques^ mais n'est pas un traité de physiologie. Bornons-nous donc à apprécier l'hypothèse des propriétés vitales et, pour cela, nous empruntons l'opinion et irâ raisonnements d'un jeune philosophe qui a bien voulu nous autoriser à puiser dans ses manuscrits. — Nous citons textuellement.

« Je ne conteste nullement que, pour exécuter les foncc( tions vitales, il ne soit nécessaire, que les organes aient « certaines aptitudes que l'oa appellera, si l'on veut, proprié" (c tés vitales; cependant, outre que la conscience de ce qui « se passe dans nos oi^anes ne peut, pas plus que la volonté, « être une propriété de ces organes, il faut remarquer,

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