‹ Essai sur la conservation de la vieChapitre 59 sur 146 · ACTION DU GERVEAU SUR LES FONCTIONS · texte numérisé non relu

ACTION DU GERVEAU SUR LES FONCTIONS

nuer le gaz qui lui est nécessaire pour s'élever ou pour des^ cendre.

Sous quelque point de vue que Ton envisage les phénomènes de la vie, il est impossible de remonter à leur cause, sans rentontrer la nécessité d'un principe agissant sur les molécu* les matérielles et dominant même les Corces physiques et chimiques ; aussi la science officielle admet-^Ue des forces vitales, thais comme une abstraction, ou comme des rois fainéants qui régnent et ne gouvernent pas.

Toutes les fois que l'on arrive à la pratique et que Ton entre dans les détails, on se laisse aller, par une sorte de tendance irrésistible, h vouloir tout expliquer par la matière^ par le mécanisme, par les lois physiques et chimiques. De là, fausse direction de la science en général, de Part médical eu particulier.

1(1*. — .C'est sjiirtout à propos du rôle joué par Tenoéphale et le syat^me. nerveux, dans les phénomènes vitaux, qm se manifestent ces tendances des orgsmicieo^ «t. des anatomo* patMogistes.

<( Dans j'homme, tout.vit par le cerveau et pour le cer- « veau : il n'est pas une seule de nos molécules qui ne soit « pén^tréfs par quelqu'une de ses ramifications (1) ; » c'est aiasi^Mc s (exprimait, il y a vingt-cinq ans, un des maîtres d^ la science parisienne ; et. cette proposition est, tous, les jours, dé^ssée par les disciples de son école.

Si l'oQ se borne. à dure que l'encéphale et ses ramifications servent d'instrument pour percevoir les sensations, ou poui transipettre, aq)( i^qtres organes» les délibérations de U volonté» on aura seulement énoncé un fait physiologique incontestaiible; mais en voulant seller plus Ipia, on tombe. dons des ercèjirs. L'homme ne peut vivre sans cerveau çd'aooord*; mais il ne vivrait pas non plus sans cœur ou sans poumons ; ce n'est dans aucun organe, en particulier, qull faut faire

(1) RoflVAN, Diciiannaire de médecine de 1825, volume XIU, p. 451.

résider la vie, mais dans Fétre. Les anciens, qui anatomisaient un peu et qui réfléchissaient beaucoup, ne considéraient pas la Tie isolément. Pline a dit : « Quelle que soit la causeyitale, (( elle ne réside certainement pas dans les membres, mais « dans tout le corps. Qiujecunque est ratio vitalis, non « certè inesse membris^ sed toto in corpore (1). » C'était déjà un pas vers la vérité, et peut-être Tillustre auteur de la Législation primitive s'en est-il rapproché encore plus près sans y arriver, quand il a défini l'homme, (l une intelligence servie a par des organes. » 11 est incontestable que le cerveau de l'homme est beaucoup plus compliqué, beaucoup plus perfectionné que celui jdes animaux les plus intelligents. Suivant l'expression d'un savant contemporain, «à mesure que Cl l'on s'élève dans l'échelle des êtres, le cerveau acquiert une « prépondérance plus grande ; à mesure que Ton descend, il c( perd cette prépondérance, et la vie végétative prendledessus : tt la vie végétative appartient au système nerveux ganglionce naire (2). i» On voit bien, dans cette expression, appartient ^ la tendance contre laquelle nous nous élevons ; la vie végétative n'appartient pas plus au système ganglionnaire, quela vie intelligente à l'encéphale ; les organes sont ici des instruments de deux causes différentes.

Un idiot ne cesse pas d'être un homme, parce que sa triste maladie le renferme dans Pexercice de la vie végétative et instinctive : c'est un homme malade, dont les organes sont sains, dont quelques-unes des forces vitales sont intactes, mais dont les forces intelligentes sont troublées. Certains anatomistes diront que son encéphale n'est pas complet, que ses circonvolutions cérébrales sont imparfaites. Ceci n'est pas prouvé le moins du monde ; mais quand bien même on arriverait à le démontrer, on n'aurait rien gagné. Les vitalistes, à leur tour, pourraient établir, d'une manière tout aussi probable, quec'est

(1) PuN., Histor, natur.f lib. Il, sect. m.

(2) Comptes rendus de V Académie des sciences, t. XXI, p. 1 106 ; Mémoire de M. Brachet.

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