BASE DES THEORIES MÉDICALES
elles existent, aura, pendant sa vie, marché, digéré, respiré comme tout le monde. Mais qu'une opération chirurgicale devienne nécessaire, et les anomalies vont offrir mille dangers au bistouri du chirurgien. Si c'est un nerf qui se trouve là où ils ne doivent pas se rencontrer, le malade peut demeurer estropié ; si c'est une artère, il peut survenir une grave hémorrhagie ; si enfin, l'artère que l'on cherche passe ailleurs, ou même n'existe pas, on aura ajouté les douleurs de l'opération aux souffrances de la maladie, sans avancer d'un pas vers la guérison.
La chirurgie a donc ses incertitudes, comme toutes les branches de la médecine. Si l'on vous a coupé le bras, vous demeurez manchot : il n'y a que cela de positif ; tout le reste est sujet à mille erreurs, et le bistouri de l'opérateur est tout aussi dangereux que les poisons de la boutique du pharmacien.
Doit-on en conclure qu'il faille renoncer aux opérations et proscrire la chirurgie? Non, sans doute : mais seulement que la médecine opératoire doit être modeste et que, pas plus que sa sœur aînée, elle ne doit prétendre à l'infaillibilité. Il ne faut surtout jamais oublier que la machine humaine est animée du principe de vie et que l'art de guérir, soit qu'il emploie des forces mécaniques, soit qu'il emprunte les forces physiques et chimiques des substances médicamenteuses, ne fait autre chose que venir en aide aux forces médicatrices dont rhomme a été doué par son créateur.