‹ Essai sur la conservation de la vieChapitre 74 sur 146 · V. — Telle est la seule base solide de la médecine · texte numérisé non relu

V. — Telle est la seule base solide de la médecine

Les hommes même les plus intelligents et les plus instruits d'ailleurs, s'ils n'ont pas étudié la science de la vie, n'attachent pas une grande importance à ces questions de principes et de théorie. Ils ont tort ; quelques exemples le feront comprendre.

Un malade a été frappé d'apoplexie : 11 faut le saigner, s'écriera-t-on ; et le vulgaire des médecins saisira sa lancette.

Écoutez cependant un professeur qui certes n'est pas suspect de Yitalisme :

a Les auteurs (Andral, CruTeilhier, etc.) citent des exemples « d^apoplexie où la saignée a para hâter la mort des sujets. « Toutefois, il faut distinguer les simples congestions céré- (( braies: la phlébotomie est souvent un moyen héroïque (( qui les enlève comme par enchantement (1). »

Là où la saignée a hâté la mort, il est évident que Tapoplexie avait sa cause dans une lésion des forces essentielles et probablement par déperdition ; au lieu de saigner, il eût fallu administrer des stimulants. Au contraire, dans les cas de congestion où la saignée a réussi, c'est parce que les forces que Barthez appelle radicales, étaient encore entières. L'épanchement sanguin comprimait le cerveau ; de cette compression, résultait une perturbation des forces motrices : on a enlevé l'obstacle, et les forces ont retrouvé leur jeu et leur équilibre.

Vous avez un enfant louche, ou bègue, ou affligé de la difformité du pied bot : l'anatomie vous explique très-clairement la cause de l'infirmité : c'est une rétraction de certains muscles ; la chirurgie arrive et vous offre de rétablir la 11-^ berté des mouvements par une section sous-cutanée, opération très-ingénieuse sans doute et qui guérit souvent. Mais cette opération est-elle exempte de dangers ; pourrait-on, comme l'espèrent les disciples de l'école que nous combattons, la généraliser à plusieurs autres affections? Ici encore nous laisserons parler un savant anatomiste. M. Malgaigne pense que « chez les divers individus de la race humaine, comme a chez les animaux de diverses races, les nerfs n'ont con- « stamment, ni la même origine, ni la même distribution, a et par une conséquence nécessaire^ ni des fonctions exac- « tement semblables » (2;.

Nous ne pousserons pas plus loin ces citations et ces

(1) Petreouin, Anatomie médico-chirurgicale, p. 76.

(2) Malgaigme, Anatomie chirurgicale.

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