‹ Essai sur la conservation de la vieChapitre 75 sur 146 · BASE DES THÉORIES MÉDICALES · texte numérisé non relu

BASE DES THÉORIES MÉDICALES

exemples : en voilà assez pour donner à penser aux esprits sérieux. En face de ces obscurités de Tanatomie, de ces incertitudes de la médecine opératoire , on se demande si réellement cette science peut-être appelée exacte. Les questions et les doutes se présentent de tous côtés. •

Comment se fait-il que ce soit précisément parmi ceui qui ont pris pour objet de leurs études le chef-d'œuvre de la création, le corps de Thomme, que l'on rencontre les tendances les plus prononcées aux systèmes matérialistes ?

Pourquoi, lorsqu'il est question de cet admirable mécanisme, les maîtres s'obstinent-ils à dire : «c La nature a fait, la

« nature a disposé » Qu'appelez-vous donc /a nature?

Est-ce pour vous le hasard, ou bien pensez-vous que les choses n'ont pas eu de commencement et qu'elles se sont arrangées d'elles-mêmes, ici, en masse de pierre, là en crâne humain? Croyez-vous réellement que Thomme sôit un orang-outang qui a perfectionné son instinct et que le singe préexistât, en germe, dans l'huître, de telle sorte qu'il n'a fallu qu'un déplacement dans les molécules, pour que des bras et des jambes se soient formés ? C'est peut-être là le fond de la pensée des organiciens ; mais depuis l'insuccès de Cabanis, on n'ose pas l'avouer, on a peur de tomber dans l'absurde et on se retranche dans ce vague ^ qu'on appelle la nature. Si cependant on voulait aller jusques au fond des choses, on trouverait un dilemme sans réplique : ou bien le globe terrestre, et les êtres animés qui se meuvent sur son écorce, ont toujours existé sous une forme ou sous une autre, ou bien il y a eu un Créateur. Et si l'évidence des faits vous force à reconnaître l'artisan suprême, pourquoi, dans le langage sciqntiGque, lui substituer une abstraction ? Le nom de Dieu vous écorcherait-il la bouche ? Dites donc hautement que c'est lui qui a fait l'encéphale pour recevoir les sensations et diriger les mouvements, les poumons pour respirer, les artères pour distribuer le sang réparateur ; et que chaque rouage est disposé avec une telle perfection, que, s'il était

autrement, l'homme cesserait d'être ce qu'il est. Allons plus loin encore et nous reconnaîtrons, dans cette disposition des organes, une prescience de tous les besoins futurs de l'être humain. Pourquoi, par exemple, les veines et les artères, au lieu de suivre en lignes allongées la forme des membres^ forment-elles des réseaux et des sinuosités ? Ce n'est pas seulement pour ralentir la circulation des. fluides, mais aussi pour augmenter l'élasticité de ces tubes, pour résister aux tiraillements et pour suppléer aux fonctions d'une artère qui pourrait être accidentellement oblitérée. Celui qui dit, en se moquant : ic Les nez ont été faits pour porter des lunettes , » celui-là ne voit dans ses paroles qu'une bouffonnerie ; dans un certain sens, c'est peut-être une vérité philosophique. Tout ce qui existe dans l'univers, le minéral comme la plante, l'être humain complet comme le moindre de ses organes ont des fonctions qui leur ont été imposées par la pensée suprême ; rétude des rouages nous ramène toujours à celle des causes, et les causes ne deviennent compréhensibles pour nous, que lorsque notre raison remonte jusques à la cause première, la volonté de Dieu ; et comme l'a dit un savant naturaliste de l'école de Paris : « La physiologie est une science vaine dès <( qu'elle ne commence pas par admettre un Dieu et une <( âme... 11 faut en venir à Dieu, raison primitive de tout ce <c qui est (1). »

Sur cette base, la médecine peut devenir tout aussi positive <]ue la plupart des autres branches des connaissances humaines, soit qu'on rapplique à guérir les maladies, soit que Ton cherche à les prévenir. En effet, si Dieu a créé l'homme et Ta placé sur cette terre, c'est pour qu'il y vive ; s'il l'a doué d'organes, c'est parce que ces organes doivent exercer des fonctions nécessaires à la vie ; s'il a soumis ces organes à l'empire de certaines forces, principes immatériels ; et si, en même temps, il a donné à l'homme une intellig^ee capable

<]) ACHILLE Ck>iiTE, Organisation et physiologie de Vhomme, p. 228.

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