I. L'gsprit et la matière. — II. Constitution des corps
m. Vie minérale. — IV. Vie végétale.
V. Vie animale. — VI. La force vitale est une résultante. — VII. Triple
NATURE DB l'ÊTRE HUMAIN. — VIII. CONNBXITÉ ENTRE
LES DIVERSES FORCES. — IX. La FORCE
VITALE EST SUSCEPTIBLE DE S'aSSIMILER LES FORCES HOMOGÈNES.
1. — Quand l'homme tourne ses méditations vers les causes de sa vie, la constitution de son être et ses rapports avec tout ce qui Fentoure, il aperçoit des complications infinies. Cependant il est possible à sa pensée de saisir ces relations*, en les généralisant sous la forme d'un grand dualisme. Dieu créateur et les choses créées, Tesprit et la matière. La Genèse nous Ta dit: Le jour où la Tolonté suprême a voulu que le monde existât, la parole de Dieu a retenti dans les abîmes de Tespace, et les choses ont commencé.
L'étude des phénomènes lumineux et la loi des analogies autorisent à supposer, que les sphères qui se meuvent dans les profondeurs du ciel^ sont composées de la même matière que celle qui est foulée à nos pieds. Nous ignorons si les combinaisons de cette matière sont identiques à celles qui existent sur notre globe^ si les causes d'action et de vie sont autres ([ue celles qui ont été données à la terre ; la matière est la même, les forces peuvent être diverses.
Autour de nous, là où il nous est permis d'observer des phénomènes avec l'aide de nos sens, de les comparer par le raisonnement, nous retrouvons un autre grand dualisme :
la matière et les forces qui en varient les combinaisons. La matière primitive est inerte dans son essence. Il doit en être ainsi par cela seul que notre esprit le comprend. Supprimez par la pensée le mouvement, la matière ne cessera pas pour cela d'exister^ seulement elle sera immobile.
II. — La science a posé une hypothèse impossible à démontrer en établissant ce qu'on appelle les propriétés de la matière. Il n^existe, en réalité, que des diversités de phénomènes suivant que la matière est soumise à l'action des diverses causes qui modifient ses combinaisons.
Les corps cependant ont des propriétés^ mais ce n'est pas à leur composition atomique quMls les doivent, c'est à leurs arrangements moléculaires. Quelques savants ont cherché la cause de ces arrangements moléculaires dans des éléments qu'ils appellent impondérables, interposés à l'état latent, entre les atomes constituants des molécules. Mais, nous l'avons déjà dit, ces impondérables ne sont pas une matière, on ne peut les comprendre que comme des forces, c'est-à-* dire des causes d'action. L'ivoire de la dent de l'éléphant et l'os de son tibia ont la même composition matérielle, cependant leurs propriétés sont différentes. Pourquoi? Ici» la physiologie vient au secours du chimiste et du physicien; elle nous apprend que la formation de l'ivoire dentaire est centripète, celle des os centrifuge (!]. Voilà donc deux corps composés des mêmes atomes, mais soumis à des forces différentes; c'est pour cela qu'ils n'ont pas le même état moléculaire, ni par conséquent les mêmes propriétés.
Cette diversité dans les propriétés des corps nous montre toujours des causes supérieures à la matière même dans les phénomènes produits en apparence par des combinaisons de matière, c'est-à-^dire par l'action de certains corps sur d'autres corps.
(1) Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. IX, p. 788. Mémoire de M Oven.