VIE VÉGÉTALE
tentés de chercher un sens dans cette trinité matérielle. Peutêtre même, à la rigueur, pourrait-on l'étendre à la matière animale plus compliquée encore: il serait possible d'en rattacher la composition à une formule doublement ternaire (G. H. 0. + N. S. P.). Mais ces rêveries sont indignes des esprits sérieux. Ce n'est pas dans l'organisation matérielle qu'il faut chercher un reflet bien imparfait sans doute de la divine trinité^ mais dans les facultés immortelles dont Phomme a été doué par son créateur.
La plante n*est donc qu'une matière organisée par des forces, dont les unes sont identiques, les autres supérieures à celles qui régissent les minéraux.
Donnez à un chimiste un certain nombre de molécules de soufre, d'oxygène et de calcium, il pourra faire du plâtre; peut-être n^ême, en manipulant du carbone dans de certaines conditions, pourra-t-il voir sortir de son appareil des cristaux de diamants ; mais il aura beau tourmenter la matière, jamais il ne fabriquera une feuille d'arbre : c'est que l'organisation de la plante est le résultat d'une force spéciale liée à son germe. Le chêne qui doit un jour couvrir le vallon de ses vastes rameaux, existe déjà, sous la loupe du botaniste, dans la pulpe du gland; son accroissement sera le résultat de la force d'assimilation, concourant avec l'action des autres forces naturelles et les modifiant.
C'est donc dans les fonctions assimilatrices qu'il faut chercher le secret de la vie végétative^ et c'est en assimilant, que la plante remplit le but qui lui a été assigné sur ce globe. Comme tout ce qui existe ici-bas, le végétal est soumis à l'empiredes lois physiques et chimiques, mais il en modifie l'action par certaines forces qui lui sont propres et qui lui permettent d'assimiler certains principes que les plantes sont chargées d'élaborer, soit pour la nourriture des animaux, soit pour les innombrables besoins de l'homme social. Tout ce qui n'est pas nécessaire à ce but, la plante le repousse, par les césrétions.
270 CHAPITRE XIIÏ.
V. — Si de la vie végétative, on s'élève à la vie animale, cette hiérarchie des forces apparaît encore mieux.
La matière animale, beaucoup plus compliquée/ dans sa composition atomique et moléculaire, que la matière végétale, exigeait, par cela même, le concours d^un plus graoâ nombre de forces. En effet, l'animal ressent, comme la plante^ Faction des forces physiques et chimiques ; comme la plante^ il a été doué de la vie végétative : les ongles, les poils, les cornes sont soumis aux lois delà végétation; l'ammal, tout aussi bien que la plante, s^assimile les matières nutritives nécessaires à Tentretien de sa substance matérielle; mieux que la plante, il rejette au dehors ce qui n'a pas été élaboré^ pour l'entretien de la vie, ainsi que ce qui est devenu impropre à la soutenir. Enfin, machine plus parfaite, il est doué de la sensation, de la locomotion^ de l'instinct de reproduction et de conservation ; et les espèces supérieures ont reçu de l'artisan suprême, une faculté plus relevée encore, Tinstinct de sociabilité, qui touche presque à la faculté d'aimer, et l'instinct de domesticité, qui rapproche l'animai de l'homme, son maître et son roi, son tyran trop souvent.
Toutes ces fonctions multipliées sont régies par des forces spéciales, qui, jusques à un certain point et dans certaines linaites, modifient l'action des forces physiques et chimiques sur la matière animale.
Ceci est prouvé par l'observation.
Le suc gastrique de certains animaux dissout les substances animales, même les os.; cette propriété est le résultat d'une force chimique inhérente à jce composé ; mais, pendant la vie de l'animal, comment ses propres intestins peuvent41s résister à l'action corrosive de ce liquide qui opère, dans l'acte de la digestion, la déconxposition de matières animales exactement semblables aux intestins ; il faut nécessairement que ce soit en vertu d'une force ^éoiale et d'un ordre supérieuc, force que les physiologistes appellent résistance vitale. Cela est tellement vrai, que, très-souvent, après une mort violente,