CLASSIFICATION DES MALADIES
Maladies essentielles par perturbation des forces instinctives ou radicale (fièvres ataxiques^ fièvres hectiques, fièvres d'accès, névroses, podagre, rhumatisme, diathèses cancéreuses, rachitisme, scrofules, phthisie, etc., etc.) ;
Maladies mentales par perturbation des forces intellectuelles ou psychiques (hallucinations, manies, passions et peut-être marasme et hypocondrie).
11 serait, sans doute, rigoureusement possible de faire entrer toutes les infirmités qui affligent la pauvre humanité dans l'une de ces trois catégories, comme Procuste étendait ses victimes sur son lit de fer ; mais ces sortes de classifications, qui aident la mémoire des étudiants, servent peu dans la pratique, surtout si elles sont trop scientifiques, si elles s*écarteht trop des dénominations généralement admises. Enfin il ne faut pas perdre de vue, que si les trois ordres de forces qui agissent sur la matière humaine sont distincts dans leur essence élémentaire, ils ne forment, pendant la vie, qu'un seul faisceau ; de sorte que leur action simultanée, c'est la santé; le trouble de l'un de ces*éléments ou sa prédominance sur les autres, c'est une maladie, ou tout au moins un commencement de maladie.
Voilà ce qui explique les complications des maladies; c'est dans ce sens, que Bordeu a pu s'écrier : « Il y a autant de maladies que de malades ! » C'est aussi dans cet ordre d'idées que plusieurs grands médecins ont admis la doctrine des éléments morbides, bypotbèse théorique qui ne peut être rigoureusement démontrée , mais qui est souvent utile, dans la . pratique, pour aider le médecin à préciser la nature du mal et à lui opposer un traitement curatif .
Il serait peut-être plus rationnel encore d'adopter, pour les maladies, une classification, qui se rattachât plus directement aux méthodes curatives : cette division faciliterait beaucoup la pratique de la médecine, parce que la première pensée du médecin qui s'approche d'un malade, est de chercher le médicament approprié aux symptômes qu'il aperçoit;
parce que très-souyent aussi c'est le traitement qui l'éclairé sur la mdadie ; enfin parce que tous ceux qui ont étudié Tart de guérir, savent qu'il existe des médicaments spécifiques de telle ou telle afiTection, en rétablissant telle ou telle foocttoii trotfblée. Mais jusqu'à ce que Ton ait trouvé des spécifiques pour toutes les maladies, et résolu le difficile problème des affections incurables, question que nous allons bientôt aborder, enfin jusqu'à ce que la médecine ait été codifiée par ce législateur que, tout à l'beure, nous appelions de nos vœux, il serait bien difficile de rattacher à une seule et même clas^ sification les maladies et les traitements : il y aurait encore trop de lacunes.
En ce qui nous concerne, nous en resterons d<»ic a la grande division de la perturbation des trois ordres de forces^ qui est la plus générale, parce qu'elle est la plus vague, la plus rapprochée de la réalité des faits ; parée qu'elle embrasse, en même temps, les troubles des fonctions et les désordres des organes, les maladies d-une nature simple, et celles d'une nature complexe. . '
IL — Cette classification, du reste, n'«3t que la consé* quencedes idées exposées dans le premierchapitre- de «e livre ; et c'est l'ensemble de ces idées, qui peut servir à l'explication des phénomènes morbides» aussi bien qu'à éclaircir certains points obscurs de la thérapeutique et de l'action des substances médicamenteuses.
Ici, il faut quelques exemples. '
Trois amiâ causent ensemble, sous une porte cocbère, par un temps froid et humide : deux n'en éprouvent aucun im convéni^nt ; le troisième, en rentrant chez bi, se pkint d'un malaise général ; son visage est rouge, sa peau sèche et brû* lante, les extrémités froides, le pouls dur et tendu. Qu'indi^ queraient ces symptômes au médecin habile, si on l'appelait sur-le-champ, ou bien s'il se trouvait là par hasard? Il verrait une perturbation des forces caloriques et électriques, qui