IDÉES PATHOLOGIQUES ET THÉRAPEUTIQUES
a entraîné une répercussion de la transpiration insensible, refoulée, au dedans, par le froid, contre la loi qui Teut qu'elle soit sans cesse sécrétée au dehors. Le malaise général, la perturbation de la circulation sanguine,, lui démontreraient on travail de la force médicatrice pour rétablir les fonctions et élîminei: les matières qui les gênent. Il prescrira, dans ce cas, des moyens appropriés pour aider le travail de la vie ; la matière médicale lui en fournira à choisir. Cependant en sortant, il se dira : ce Peut-être le traitement que j'ai indiqué c< suffira-t-il à faire avc^rter la maladie, peut-être aussi, de- « main, serai-je appelé pour traiter une bronchite, ou une « fièvre catarrhale, ou une pleurésie. » Mais nous avons supposé un cas fort rare, celui où le médecin est appelé au début de la maladie (période prodromique, disent les savants). Il est beaucoup plus probable que le médecin n'a pas été appelé et que le malade n'aura rien fait. Supposonsnous maintenant au lendemain ; un point de côté s'est dé* claré ; la respiration est difficile, la fièvre intense ; le médecin arrive ; il reconnaît une pleurésie, ou même une pneumonie ; l'auscultation et la percussion, ces deux admi- IBbles moyens d'investiga^on, lui révèlent l'état des poumons et de leur enveloppe ; si, par malheur pour le malade, il est imbu des théories de l'organicisme, c'est dans Tétat de l'organe que consistera, pour lui^ toute la maladie : Tirritation générale, la perturbation de toutes les fonctions ne seront à ses yeux que ^es conséquences de l'inflammation pulmonaire, et il prodiguera, outre mesure, les émissions sanguines, au risque d'enlever au malade les forces nécessaires pour traverser les deux septénaires qui lui restent à subir^ peutn être même de se trouver, à la fin de la maladie aiguë, en face d'une affection chronique. Si, au contraire, le médecin est un vitaliste habile et prudent, il ménagera ses ressources; il appliquera, dans une juste réserve, la médication antiphlogistique^t les émollients, en les combinant, suivant les symptômes, avec des sudorifiques el de légers diurétiques ;
il attendra les complications bilieuses ou nerveuses qui ne manquent guère de se présenter en pareil cas, parce qu4l sait que^ dans ce grand travail que Ton appelle une maladie, la force médicatrice excite, tour à tour, tous les organes, toutes les fonctions, pour dégager l'organe attaqué, poor suppléer aux fonctions troublées ou les rétablir. Bientôt, en effet, la respiration devient plus difficile, la toux plus douloureuse, en même temps que des symptômes bilieux se manifestent. Alors il emploie les préparations stibiées, parce qu'il sait, par expérience, qu'elles sont héroïques en pareil cas, et parce que sa connaissance éclairée des lois de la vie lui en explique la raison ; si les phénomènes morbides indiquent, au contraire, une surexcitation exagérée du système nerveux et une recrudescence de l'irritation générale, il verra toujours là l'effet d'une force, mais d'une force aveugle et inintelligente qui tend tous les ressorts pour exciter des réactions ou des révulsions, et il aidera ce travail, en le modérant, par le musc associé, s'il le faut, au nitre et au camphre.
C'est ainsi que le véritable médecin secondera les efforts de ce souffle conservateur de la vie, principe de toute guérison, que les anciens considéraient comme une force curatrice (natura morborum curatrix), et auquel les modernes assignent un rôle moins actif, en l'appelant résistance vitale.
Mais nous avons supposé une de ces maladies communes, régulières dans leur marche, et que tous les praticiens savent traiter par une sorte d'habitude instinctive, une de ces mar ladies auxquelles on pourrait appliquer la naïve exclamation d'un savant professeur de l'école de Paris à propos d'une autre maladie plus effrayante que grave : ce Heureux le praticien à « qui le sort donne de rencontrer un cas de cette espèce sur « un personnage marquant! La cure est au fond très-face elle, mais elle est toujours brillante aux yeux du monde (1). »
(Ij Requin, Éléments de pathologie médicale, Hyperhémie encéphalique, 1. 1, p. 359.