‹ Essai sur la conservation de la vieChapitre 89 sur 146 · IDÉES PATHOLOGIQUES £T THÉRAPEUTIQUES · texte numérisé non relu

IDÉES PATHOLOGIQUES £T THÉRAPEUTIQUES

genêt d'Espagne, associé à d'autres médicaments de même nature. Enfin on ajouta des èmbrocations avec un cérat composé dans* lequel on ayait combiné la ciguë, le genièvre et le galbanum avec quelques gouttes d'huile de croton tiglium.

Vingt-quatre heures de cette médication suffirent pour amener uneaméliofatioh. Peu à peu, les urinesvsans être démesurément abondantes, devinrent normales et limpides, toutes les fonctions se rétablirent, l'enflure disparut; et, quinze jours aprèë, le malade, juché sur un mulet, venait remercier celui qu'il appelait son sauveur. Le brave homme ignorait dans sa reconnaissance, l'adage des anciens : « Medicat physicus, sanat Deus. » Au moment où ces lignes sont jetées sur le papier, six années se sont écoulées, aucune rechute n*a eu lieu, la santé de l'honnête cultivateur ne laisse rien à dédrer. *

A ce fait assez remarquable, que nous avons cité pour lelucidation de nos théories et non pas pour prouver l'excellence de tel ou tel médicament, nous pourrions ajouter beaucoup d'autres observations de même nature; mais ce n*estpasici lent place. Bornons-nous seulement à déduire quelques conséquences applicables à Tessence même des maladies, et aux méthodes de traitement.

Dé cela même que la machine humaine se compose d'un frès-grand nombre d'organes, résulte la possibilité des afifectioQS simples ; un seul organe peut être lésé, ou seulement troublé dans ses fonctions par beaucoup de causes diverses; dans ces cas, la médication, chirurgicale ou pharmaceutique, devra s'adresser seulement à l'organe affecté; elle sera essentiellement simple. Mais, la plupart des maladies propremedt dites sont composées, parce que les ravages sont nombreux et les forces qui les font agir multiples ; pour les traiter rationnellement, il faudra donc leur opposer une médication composée. La plus simple des maladies, l'irritation, est, pour tous les pathologistes, composée de quatre éléments : douleur, cha-

leur, rougeur, tuméfaction. Mais^^nousne saurions trop souvent le répéter, l'irritation d'un organe demeure bien rarement un fait isolé ; toujours elle se complique de troubles dans les fonctions qui, eux-mêmes, entraînent la fièvre et d'autres désordres généraux. C'est aussi pour cela qu'il faut presque toujours employer les médications complexes et les médicaments composés. Ce principe«est tellement absolu, que lorsque l'on applique ces héroïques médicaments appelés spécifiques, on en obtient des effets plus puissants, si l'on a recours à des combinaisons de plusieurs préparations de la même base. Tous les praticiens éclairés le reconnaissent.

III. — Ici, nous devrions peut-être traiter la question des maladies dites essentielles, qui se rattache à celle des spécifiques ; mais l'ordre logique exige qu'auparavant nous exposions rapidement nos idées sur les affectioift chroniques considérées à leur point de vue le plus général.

Et d'abord on se demande : Quelle différence entre la maladie aiguë et la maladie chronique ?

Quelques-uns répondront par un chiffre : « Toute mac( ladie qui dure plus de quarante jours, a passé à l'état chro- « niquei »

Cette affirmation d'un fait très-contestable , n*est pas une définition ; elle ne donne aucune idée sur la nature des affec* tions chroniques ; elle est même radicalement fausse, en laissant supposer que toutes les affections chroniques ont commencé par une maladie aiguë, ce qui est bien loin de la vérité.

Si l'on veut arriver à caractériser nettement ces deux grandes divisions des maladies, il faut revenir aux idées [physiologiques exposées dans le chapitre précédent et au commencement de celui-ci; idées qui, suivant nous, devraient dominer toutes les théories médicales.

Quand l'harmonie régulière des fonctions est troublée, soità la suite d'une perturbation des forces physiques et chimiques,

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