‹ Essai sur la conservation de la vieChapitre 90 sur 146 · MALADIES AIGUËS ET AÏTECTIONS CHRONIQUES · texte numérisé non relu

MALADIES AIGUËS ET AÏTECTIONS CHRONIQUES

OU de ces forces que nous avons nommées instinctives, soit enfin par de violentes émotions morales; quand l'ensembledela machine humaine semble un champ de bataille où des forces opposées se livrent à une lutte dont l'issue doit être la guérison ou la mort; quand Thomme est dans cet état qui n'est plus la vie normale, mais qui, cependant, est soumis à des lois régulières ; quand il passe, suivant le langage médical^ de l'état pfaysiolc^que à l'état pathologique, alors la maladie est aiguë.

Quand, au contraire, une, ou même quelques fonctions, étant troublées, les autres demeurent intactes ; quand les désordres généraux sont le résultat d'un travail de la vie qui a pour but de suppléer à la fonction troublée, ou bien d'aider Torgane malade ; quand l'état de perturbation d'une ou de plusieurs forces ne soustrait pas l'ensemble aux lois générales de la vie; quand enfin, comme disent les médecins, le malade demeure dans l'état physiologique, alors la maladie est chronique.

Plusieurs conséquences importantes peuvent être déduites de cette distinction entre les maladies aiguës et les affections chroniques.

D'abord le petit nombre de caractères communs aux unes et aux autres; les différences, au contraire, sont très-multi«

Que la maladie soit aiguë ou chronique, l'harmonie de la vie est troublée : ceci est incontestable; mais comme, d'un autre côté, cette vie est le résultat de l'action de certaines forces ; il y a, dans l'un et l'autre cas, perturbation de forces ; et comme toutes les forces qui constituent la vitalité sont liées entre elles, il en résulte nécessairement que les problèmes à résoudre, par le médecin, dans l'état aigu, comme dans l'état chronique, sont des problèmes de forces; il en résulte aussi que, dans l'un comme dans l'autre cas, les perturbations seront rarement simples; d'où l'on peut tirer une conséquence générale, c'est que la médication doit être complexe.

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Mais aussitôt que l'on sort de ces généralités pour entrer plus intimement dans lés faits spéciaux, l'on aperçoit des différences bien tranchées.

L'invasion de la maladie aiguë est brusque ; l'affection chronique , d'abord inaperçue, se développe peu à peu et n'est, en général, appréciable que lorsqu'elle est tout à fait confirmée.

La maladie aiguë est presque toujours liée à une crise générale ; crise qui résulte d'un travail de cette force médicatrice que l'homme porte en lui-même. Ce travail se révèle par un ensemble de mouvements violents, qui tendent soit à éliminer des matières impropres à la vie, soit à rétablir les fonctions. La maladie aiguë n'a pas une longue durée ; elle se juffe, comme on dit en médecine, c'est-à-dire qu'elle arrive à une solution, favorable ou funeste, dans Fespace d'une ou de plusieurs périodes de sept jours.

Dans Faffection chronique, au contraire, le travail est latent, obscur, difficile à constater par les symptômes extérieurs ; il aboutit à suppléer à la fonction troublée, soit par voie de résolution, soit autrement; et à harmoniser, autant que possible, l'organe affecté avec l'ensemble de la machine. Par exemple, dans les hypertrophies, les artères qui apportent le sang à l'organe démesurément accru en volume, les veines qui en ramènent le liquide réparateur, acquièrent, les unes et les autres, une dimension plus considérable que dans l!état normal : les autopsies cadavériques ont constaté ce fait curieux. L'affection chronique peut arriva à une solution favorable ou funeste, soit par les seuls efforts naturels, soit avec l'aide de traitements ; mais ce n'est qu'après une durée toi^ jours très^ongue (1) : il y a même des affections chroniques,

{1) Quelques auteurs ont prétendu que les maladies chroniques se jugeaient par une période septénaire, comme les affections aiguës, mais en prenant pour unité le mois lunaire, lui-môme composé d'un multiple de sept jours, au lieu du jour solaire. 11 serait à désirer que ce remarquable phénomène pût être bien constaté; il laisserait entrevoir une des harmonies de la création, la relation entre la loi mathématique, représentée, pour nous, par des nombres,

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