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MALADIES AIGUËS ET AFFECTIONS CHRONIQUES

hôtes incommodes, auxqnek on finit par s'habituer et qui accompagnent Thomme jusqu'au terme d'une longue carrière.

De ces rapprochements et de œs différences on peut dé* duire des conséquences applicables aux méthodes curatives.

La maladie aiguë sera, en général, plus facile à traiter et à guérir que l'affection chronique, parce que, dans l'une, les symptômes sont évidents et bien tranchés ; dans l'autre, souvent complexes et obscurs ; parce que, dans la maladie aiguê^ le médecin n'a qu'à seconder ou modérer les efforts naturels qui tendent à la guérison, tandis qu'au contraire, dans l'affection chronique, il lui faut souvent exciter la vitalité qui a peine à suffire, en même temps, à régir l'ensemble des fonctions et à suppléer à l'organe affecté. Enfin des malades retenus dans leur lit, et préoccupés seulement du désir de vtvrOt sont plus faciles à soigner que ceux qu'une infirmité n'empêche pas de vaquer à leurs affaires et qui se fatiguent d'un traitement qui ne leur apporte pas un soulagement immédiat.

On le voit, les difficultés, en médecine, ne tiennent pas seulement aux imperfections et aux incertitudes de la science ; souvent aussi elles viennent des malades eux-mêmes : et cependant le praticien n'a pas des maladies à traiter, mais des malades à guérir.

^rtons enfin, par une dernière observation, de ces gêné-* ralités fastidieuses pour le plus grand nombre des lecteurs,

et les lois qui gouvernent la Tîe. La science moderne repousse ces rêveries pytfaagorictennes, 'parce qu'elle ne peut las expliquer; mais, parmi ces foits mexpUcables, quelques-uns sont curieux. Pourquoi, par exemple, I4 périodei de sept Jours du mois lunaire gouveme-t-elle en même temps les mouvements des marées de TOcéan et Thyperbémie mensuelle de nos femmes? Il y a là, dixa-t-on, un- phénomène de pression et de pesanteur. Pour l'Océan, peut-être; certainement non» pour les dames ; leurs veines et leurs artères sont les mêmes que celles de leurs maris, et il serait impossible que la pression lunaire agît ainsi sur leur circulation sanguine , sans produire des effets analogues sur le système veineux et artériel des honmies. Toi^jours et partout des mystères 1

banales peut-être pour les médecios qui daigneront ouvrir ce livre.

La différence la plus tranchée entre le traitement des maladies aiguës et celui des affections chroniques, doit découler non-seulement de l'essence même de ces deux modes d& per* turbationde la vitalité, mais aussi de l'étude et de Timitation des moyens qu'emploie la vie elle-même pour rétablir cet équilibre des fonctions que nous avons appelé la santé. Pour guérir artificiellement, il faut donc voir comment se passent les choses dans les cas de guérison naturelle, c'est-à-dire, sans remède et sans médecins.

La maladie aiguë finit par un état particulier de l'organisme qui n'est plus maladie^ qui n'est pas encore santé et que Ton appelle convalescence. L'affection chronique guérit quelquefois à la suite d'une maladie aiguë, quelquefois par un concours de circonstances qui ont profondément modifié l'organisme ; changement de climat, de profession, d'habitudes ; quelquefois aussi, par une autre affection qui se substitue à la première.

D'où il résulte que, pour les maladies aiguës^ le traitemeat sera tantôt modérateur, tantôt adjuvant de la force médicatrice ; pour les affections chroniques, au contraire, il faut toujours relever et soutenir l'ensemble des forces, chercher à rétablir les fonctions troublées, par des crises favorables ; et souvent exciter des diversions par l'emploi de ces méthodes curatives que la médecine appelle perturbatrices.

IV. — Ce rapide coup d'oeil, jeté, en passant^ sur la nature des maladies et les méthodes curatives, serait incomplet, si nous n'y ajoutions pas quelques mots sur les maladies essentielles et les médicaments spécifiques.

Dans Tordre d'idées que nous nous efforçons d'exposer, une maladie est essentielle quand la vie elle-même est altérée, dans son principe, par une cause spéciale, qui produit toujours les mêmes troubles^ soit dans Tensemble des fonctions,

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