MALADIES ESSENTIELLES ET MÉDICAMENTS SPÉCIF
comme dans la fièyre maligne, soit sur certaines fonctions, comme dans la goutte.
Cette cause est-elle inhérente au principe même de la vie, ou bien est-elle une force distincte venant de Textérieur ?
Il serait bien difficile, dans Tétat actuel de la science, de répondre d'une manière absolue à la question ainsi posée.
Sans nul doute, on peut faire remonter l'origine de certaines maladies essentielles à des causes venant de l'extérieur. La morsure d'un chien enragé inocule incontestablement à un homme en parfaite santé le principe de la terrible maladie contre laquelle la science n'a encore découvert aucun spécifique. Mais comment cette maladie s'était-elle développée chez l'animal qui l'a communiquée ? Ici l'on est d'accord à reconnaître que la rage peut très-bien se déclarer spontanément chez un chien qui n'aura jamais été mordu. Par conséquent le virus rabifique, arrivé à l'homme par inoculation, a commencé par être une perturbation spéciale de la vitalité du chien ; elle se développe chez l'homme, pendant les six semaines de la période d'incubation, par des fermentations internes et mystérieuses, absolument comme la goutte ou la phthisie se développent Torcément, à un certain âge, chez ceux qui en ont reçu les germes de leurs parents. — De même aussi certains miasmes peuvent occasionner, ici, des fièvres malignes ; là, le choléra ; sur les bords du Tigre et de TEuphrate, ce mal bizarre appelé le bouton d'AIep. Dans toutes ces affections graves, la perturbation aura été occasionnée par une cause extérieure ; mais le point essentiel et que le médecin philosophe ne devrait jamais perdre de vue, c'est que cette perturbation a commencé par être vitale, c'est qu'elle a attaqué le principe même de l'existence, avant d'agir sur les organes* A plus forte raison aussi faut-il qualifier de troubles de la vitalité elle-même, les affections essentielles qui se développent spontanément ou par hérédité. Dans toutes ces maladies essentielles, soit aiguës, soit chroniques, les lésions matérielles des organes sont le résultat du trouble des fonctions.
et comme ces fonctions sont, elles-mêmes, gouvemées par ce faisceau de forces qui constitue la \îe, c'est à la perturbation de ces forces qu'il faut faire remonter la causO' du mal.
Voilà, nous ne saurions trop souvent le répéter, le grand principe ; peu importe ensuite , pour la guérison, que la science connaisse la nature de c^te cause immatérielle qui a occasionné la maladie.
Nous ignorons^ et nous ne connaîtrons certainement jamais la nature même de la vie, et nul de nous ne s'en porte plus mal ; de même, il n'est pas besoin de connaître Tessence intime d'une maladie, pour en observer les symptômes et appliquer le médicament spécifique.
Les SPÉCIFIQUES, c'est-à-dire des médicaments dont l'action toute spéciale concourt à aider la force médicatrice naturelle dans le travail de guérison d'une maladie déterminée : médicaments qui agissent, non pas par voie de révulsion sur un organe ou sur une fonction, mais sur le principe même de la maladie ; telle est, pour le médecin pratique, Tidée qui se Ue à celle des maladies essentielles. C'est qu'en efiet la vie est la loi générale et dominante de notre monde, et si la mort est devenue, pour l'homme, une nécessité, elle ne doit arriver, dans un sens général, que par l'extinction des forces dont l'équilibre anime l'être humain.
Par conséquent, à côté de la cause qui trouble l'équilibre vital, il doit exister une autre cause pouvant neutraliser la première et aider la force conservatrice de la vie à rétablir réquilibre troublé. Cette hypothèse philosophique est une conséquence nécessaire des harmonies de la création* La vie oniverselle ne s'entretient que par des forces opposées ai apparence les unes avec autres. Le soleil vivifie la végétation, et le repos de la nnit tempère ce que cette action pourrait aToir de trop brusque ; certains vents dessèchent la surface de nos campagnes tout en enlevant l'excès d'eau qui croupirait sui^ le sol et qui est nécessaire dans les nuages ; d'autres vents arrivent aux plantes chargés d'une douce moiteur : l'électricité,