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CURABILITÉ THÉORIQUE DE TOUTES LES MALADIES

cette plus haute expression des forces naturelles, agit tantôt positivement, tantôt négativement ; par attraction ou par répulsion ; mais toujours pour rétablir l'équilibre électrique. De même, nous le répétons, puisqu'il existe des causes spéciales de perturbation de la vie, il doit aussi exister des causes dont le but et l'essence sont de rétablir l'équilibre ; force perturbatrice, force conservatrice. Mais, comme, d'un autre côlé, nous savons que les forces de cette nature, c'est-à-dire les propriétés des corps, sont interposées entre les molécules qui constituent les corps, nous arrivons nécessairement à l'existence des médicaments spécifiques.

La médecine en connaît quelques-uns ; si elle les connaissait tous, elle pourrait établir théoriquement la possibilité de guérir toutes les maladies. 11 n'en résulterait pas que tous les malades seraient toujours guéris. Ceci est malheureusement impossible : d'abord parce que l'homme est devenu mortel ; ensuite parce que la force perturbatrice sera quelquefois plus intense que la force médicamenteuse ; souvent, enfin, parce que la dose de vie du malade sera insuffisante pour soutenir la lutte. Le quinquina est un spécifique bien reconnu de la fièvre maligne, mais beaucoup de malades meurent de cette maladie, malgré le quinquina.

Cependant, et sous toutes ces réserves, la science aurait fait un pas immense, si, à chaque maladie, elle pouvait opposer un spécifique.

Ce progrès dans la science de la vie est-il impossible?

Nous ne le pensons pas ; mais, pour faire passer nos convictions dans l'esprit de nos lecteurs, il nous faut jeter un coup d'œil sur la question prise de plus haut et généralisée.

V. — Existe-t-il réellement, dans un sens absolu, des maladies incurables?

Dans l'ordre d'idées et de faits que nous nous efforçons d'exposer, il ne devrait pas y en avoir. On pourra trouver des malades qui n'ont pas assez de résistance vitale pour surmon-

ter la maladie; d'autres que leurs médecins n'auront pas su guérir ; mais soutenir qu'il existe, dans l'être humain, une force contraire et supérieure au souffle divin qui le fait vivre, c'est énoncer un non-sens philosophique qui équivaudrait à dire que la vie n'est pas la vie.

Ce n'est pas ainsi que l'entendent nos modernes organiciens. Us ne voient^ dans les maladies, que des perturbations de la machine ou des désordres matériels ; toutes les fois que l'on ne pourra pas raccommoder le rouage dérangé^ ou bien agir chimiquement sur la matière, la maladie sera pour eux incurable. Telle est la doctrine officielle de l'école que nous combattons. La pensée est on ne peut pas plus clairement formulée dans un livre élémentaire qui était, il y a encore bien peu d'années, entre les mains de tous les étudiants : « La nature des maladies consiste dans les diverses altérations des tissus et des fluides (1). » Pour ceux qui professent une aussi énorme hérésie, il doit nécessairement y avoir un grand nombre de maladies incurables : aussi le catalogue des maladies incurables va-t-il tous les jours en augmentant. Je ne veux pas en consigner, ici, la douloureuse énumération; mais je n'hésite point à affirmer, avec la certitude de n'être pas démenti, que recelé moderne a déclaré incurables un beaucoup plus grand nombre de maladies que n'en reconnaissaient les anciens. C't'st, dit-on, que les anciens étaient des ignorants qui ne connaissaient rien aux maladies. Soit : mais, sic est là ce que Ton appelle le progrès, c'est un triste progrès.

Laissons là les polémiques et entrons franchement dans la question. Nous en avons assez dit sur les généralités; il est temps d'arriver aux détails : c'est le seul moyen d'expliquer clairement toute notre pensée sur la marche à suivre par la science pour découvrir des spécifiques nouveaux et, par conséquent, diminuer le nombre des maladies incurables.

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