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AFFECTIONS DE LA RATE ET DU FOIE

à peu près incurables : ou du moins la médecine ne leur oppose aucun traitement spécifique.

Cependant nous avons cité plus haut l'obseryatiou remar* quable d'une hydropisie générale guérie par le cérébrate d*or et de fer associé à la poudre de cloportes, au genêt odorant et à d'autres médicaments. Il nous serait possible de citer quelques cas semblables ; mais celui-là est bien suffisant par la netteté des phénomènes; nous nous appuierons donc sur cet exemple, pour conclure quMl n'est pas impossible de dccouyrir, si ce n'est un médicament, au moins un traitement spécifique contre les hydropisies. La promptitude avec laquelle des symptômes, indicateurs d'une dissolution imminente, ont cédé devant cette médication, démontre qu'elle était spécifique. Maintenant on demandera quel est, parmi les médicaments employés^ celui qui agit spécifiquement : est-ce le cérébrate d'or, est-ce la poudre de cloportes? Est-ce le genêt d'Espagne? Si l'un ou l'autre avaient été administrés isolément, s urtout à hautes doses, il est plus que probable qu'ils auraient fatigué le malade, excité des accidents locaux sans produire le rétablissement général des fonctions qui amena la guérison. Si on les eût administrés, chacun à son tour, ils auraient produit une augmentation des sécrétions cutanées et urinaires, mais peut-être avec quelques accidents nerveux, quelques troubles dans les fonctions. Ces désordres ont été, dans le cas qui nous occupe, conjurés par la petite dose d'aloès et de stomachiques nervius employés comme véhicules et adjuvants. De sorte que c'est bien réellement la médication tout entière et non pas l'un des médicaments qui ont agi spécifiquement. Par conséquent aussi, et en attendant que la science parvienne à découvrir un spécifique plus efficace dePhydropisie, la médication complexe que nous indiquons pourra fournir un nouveau moyen d'obtenir des guérisons nombreuses.

Vil. — Les hypertrophies de la rate sont généralement considérées comme des affections incurables, et Ton n'oppose

guère à celles du foie que des palliatifs. Ces deux maladies sont liées entre elles par d'intimes connexités encore mal définies^ mais qui se révèlent par des sympathies de souffrances et une identité de symptômes. 11 est bien rare, en effet, que, lorsque la rate est attaquée, le foie n'éprouve pas quelques désordres, et réciproquement. Par conséquent, tout spécifique contre les hypertrophies de la rate devra agir favorablement sur le foie, el réciproquement. Or la science possède un corps découvert, il y a déjà plusieurs années^ par un illustre chimiste, substance indiquée, parce savant lui-même, comme spécifique des afifectionsdu foie. Nous ne voyons pas que les médecins aient encore bien sérieusement essayé Talloxane, c'est le nom de ce corps, comme spécifique de l'hypertrophie des viscères abdominaux ; peut-être aussi, si quelques tentatives ont été faites, sur la renommée du célèbre professeur de Giessen^ aurontelles échoué, parce que l'on aura employé l'alloxane pure qui est difficilement tolérée; mais combinée avec quelques stomachiques appropriés, et aussi avec quelques-uns de ces médicaments rangés par les anciens thérapeutistes dans la classe des fondants, l'alloxane pourrait former la base d'un traitement spécifique des affiections dont nous parlons. Voilà donc encore une classe de maladies à efifacer de la liste des incurabilités. Notre conviction, à cet égard, se fonde sur quelques cures remarquables opérées par ce moyen et dont nous supprimerons le détail, parce que ce n*est pas ici le lieu de les énumérer (1 ]. Arrivons à des maladies plus graves : examinons si l'école moderne a raison de les considérer comme incurables.

VIll. — Pourquoi, par exemple, a-t-on rangé l'asthme dans cette triste catégorie? — Quelques journaux prétendent, il est vrai, que certains médecins sont parvenus à guérir cette maladie. Nous le croirions volontiers ; car, depuis plusieurs années, nous avons eu le bonheur d'indiquer à des médecins et

(I) Voir à Tappendice, pour la formule et les observations dîDiques.

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à de nombreux asthmatiques, un traitement qui a souTent guéri radicalement, el toujours modifié l'asthme véritable, l'asthme essentiel, l'asthme suffocant. Le mérite de cette découverte, s'il y a réellement découverte, est fort mince : tout médecin imbu des doctrines que nous venons d'exposer et qui voudra prendre la peine de les appliquer, en fera tout autant. En effet, qu'est-ce que l'asthme? On peut considérer cette maladie comme une affection essentielle et spéciale de la vie, qui se manifeste par des désordres nerveux et par certaines perturbations de l'organe même de la respiration. Que faut-il pour aider la force médicatrice dans ses efforts de guérison? Combiner les médicaments dont l'effet est de régulariser les mouvements nerveux, avec ceux qui portent plus spécialement leur action sur le poumon ; harmoniser ce traitement de manière à ce qu'il produise « ces alternatives assidues d'excitation « et de relâchement, » qui, suivant l'expression de Barthez, <c constituent tout le traitement des affections chroniques. ^ Voilà la théorie du traitement de l'asthme : l'applicalion en est si simple, si évidente, pour tous les bons praticiens, qae nous n'insisterons pas davantage sur des détails purement techniques. Laissant donc de côté la question pharmaceutique, nous terminerons ces rapides considérations sur la possibilité de guérir l'asthme par un fait assez curieux qui nous semble en donner une démonstration plus évidente encore.

Un cheval de voilure de 12 ans était devenu, après un service assez pénible, tellement poussif, que l'excellente bête, malgré sa bonne volonté, n'était plus capable d'aucun service. Les efforts d'un habile vétérinaire furent impuissants à le soulager et ranimai était déclaré incurable. Il y avait là, pour nous, un sentiment d'affection pour un vieux serviteur et une question scientifique. La pousse des chevaux est sinon identique à l'asthme des hommes, au moins une maladie de même nature : par conséquent, si le traitement que nous indiquons, contre l'asthme, était véritablement spécifique, il devait, avec certaines modifications, guérir la pousse. Le vétérinaire par-

tagea cette opinion : on administra donc tous les matins, au pauvre poussif, une poudre béchique et balsamique, tous les soirs une autre poudre antispasmodique, nervine et sédative. Au bout de quinze jours, Tanimal était sensiblement mieux ; un mois plus tard , il reprenait son service ; il fallut environ un an pour obtenir une guérison. Ceci ne veut pas dire qu'il faille assimiler la médecine vétérinaire à la science d'Hippocrate ; mais s'il est incontestable qu'il existe des analogies entre la vie humaine et la vie animale, c'est une preuve de la possibilité de guérir l'asthme (1).

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