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GOUTTE ET RHUMATISME

inilatioD, de nutrition et de sécrétion, qui se manifeste par des sécrétions anormales et des efforts douloureux de la nature pour expulser ces produits morbides, efforts qui, tour à tour, occasionnent l'irritation des articulations et celle des viscères.

Cette manière de concevoir la goutte, hypothétique diront les organiciens, mais qui, cependant, n'a rien de contraire aux faits, cette hypothèse, strictement logique dans nos idées, étant admise, peut-elle aider à découvrir un spécifique ?

11 est évident que le médicament ou le traitement de la maladie, ainsi envisagée, devra, en même temps, surexciter légèrement les forces radicales^ aider les fonctions assimilatrices et celles de sécrétion. Par conséquent, ici encore, il devra être composé, parce que la science ne connaît aucune substance qui réponde en même temps à ces diverses indications.

Par conséquent, Sydenham était dans le vrai, lorsqu'il composait ses poudres contre la goutte; mais ce grand médecin ne pouvait les rendre complètement efficaces, parce qu'il ignorait le rôle des phosphates et des benzoates dans les fonctions de nutrition et de sécrétion. Notre génération scientifique, plus avancée en expériences, si ce n'est en théorie, peut opposer à la goutte le phosphate d'ammoniaque, cet énergique diaphorétique, qui, seul, ne guérira probablement aucun goutteux, mais qui, associé à d'autres substances répondant aux diverses indications thérapeutiques de la maladie ou du malade, constituera la base d'un véritable spécifique (1).

C'est ainsi que l'auteur de ce livre est parvenu à se déli-

(I) En I8i8, feu M. Atoche, médecin à Labastide, avait inventé un spécifique contre la goutte qui opéra plusieurs guérisons ; entre autres celle de M. Dubernard, médecin en chef de l'Hôtel-Dieu de Toulouse, Un mémoire, contenant la formule du spécifique, fut adressé à l'Académie de médecine par l'inventeur ; et son ami. M. le docteur Rouzet, se chargea de le présenter. Mais la mort vint enlever ces deux médecins, à la fleur de leur âge, dans la même année, et jamais on n'a pu retrouver la formule du spécifique. — Je tiens ces curieux détails de mon excellent ami, M. le docteur Atoche qui, lui, a tourné toute son habileté vers l'applicaUon de l'ophthahnologie.

vrer, il y aura bientôt quinze ans, d'une goutte héréditaire et intense ; quelques centaines de goutteux, sur divers points de la France et de l'Europe, ont essayé du même traitement : beaucoup ont été guéris^ tous ont été soulagés. — L'expérience a donc, pour nous du moins, et en ce qui touche nos propres convictions, démontré Tefficacité du spécifique contre la goutte, mais, pour le plus grand nombre des médecins^ la démonstration ne sera complète^ qu'autant qu'ils auront expérimenté eux-mêmes. Leurs doutes n'ont rien de déraisonnable ; et^ ici, comme à propos de la phtisie, nous ne pouvons qu'appeler de tous nos vœux des expériences consciencieuses.

Un mot maintenant des rhumatismes.

Certaines gouttes, dites erratiques, ont beaucoup de symptômes communs avec le rhumatisme ; réciproquement, certains rhumatisme sont appelés goutteux par leur analogie avec la goutte essentielle, podagre des anciens. De sorte qu'il est bien difficile de se refuser à admettre une parenté ou affinité quelconque entre ces deux afifections ; si elles ne sont pas sœurs, elles sont, du moins, cousines germaines. Dans les cas de cette nature, on trouvera que le spécifique contre la goutte agit utilement, mais son action sera beaucoup plus^efficace, si on lui associe l'usage longtemps continué de la conyza ambiguay plante qui n'a pas encore été employée en médecine et que nous considérons comme ayant une vertu, peu prononcée il est vrai^ mais cependant spécifique des afifections de cette nature.

XI. — Terminons enfin cette excursion beaucoup trop prolongée dans le domaine de la médecine pratique. Nous en avons dit assez pour démontrer que, dans un sens théorique et général, il ne devrait pas exister des maladies incurables ; nous avons indiqué la route où les médecins devraient entrer pour découvrir des spécifiques nouveaux. C'est maintenant aux princes de la science qu'il appartient de répondre à ce défi, qui leur est porté par un néophyte inconnu. Bonnes ou

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