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Médecine prétenteve. — II. Médicaments prophylactiques

LONGUE VIE. — V. Traitement et régime des prédispositions maudives.

I. — Existe-t-il réellement une théorie pour cette branche de l'art médical que la science appelle prophylactique et à laquelle nous laissons le nom plus modeste ou plus vulgaire de médecine préyentiye ? Cette théorie peut-elle aider à trouver, dans les forces naturelles, des moyens de prévenir les maladies, en conservant Féquilibre et l'énergie des fonctions?

Telles sont les questions qui nous restent à traiter.

La conséquence logique des idées que nous venons d'exposer sur les phénomènes de la vie, la nature des maladies et leur traitement, nous conduite une réponse affirmative; mais ici, encore, nous aurons à lutter contre des opinions assez généralement établies. La plupart des auteurs modernes qui ont traité cette question, et^ soit dit en passant, presque toujours un peu légèrement, font consister toute la médecine préventive dans les précautions hygiéniques, le genre de vie, la sobriété et le choix des aliments. Les malades eux-mêmes, les futurs malades si Ton aime mieux, ne comprennent guère que l'on puisse avoir besoin de remèdes quand on est censé se bien porter, et c'est à peine s'ils veulent accepter les obligagations d'un régime, que le plus grand nombre observe fort mal.

Il y a donc, sur ce point, intelligence tacite entre le public et les médecins, ce qui arrive assez rarement. Mais ici, savants

et ignorants sont d'accord pour peu réfléchir et mal raisonner : c'est ce qu'il nous sera tr^facile de démontrer.

•Et d'abord, en ce qui touche le public, il a tort, mille fois tort, de ne pas suivre les ordonnances des médecins, quand ils prescrivent un régime ou même un traitement préventif. C'est fort ennuyeux, dit-on ; je ne peux m*y assujettir, il faut que j'aille planter mes arbres, courir après mon avoué, ou mon agent de change. Mais le médecin n*est-il pas autorisé à vous répondre que vos affaires iront encore plus mal, quand vous serez cloué dans votre lit par la maladie, et qu'il vaut mieux se priver, pendant quelques mois, de certains aliments, que de se condamner plus tard à une diète absolue et forcée? Il faut le dire : si quelques individus se rendent ridicules par une trop constante préoccupation de leur santé, s'ils importunent leurs médecins pour qu'on leur précise combien de grains de sels à mettre dans leur œuf, le plus grand nombre néglige les soins intelligents à donner à la santé. On oublie trop souvent que c'est là le plus précieux des biens et que, sans la santé, tous les autres deviennent inutiles. Pourquoi, dans toutes les langues, la formule de salutation est-elle une interrogation sur l'état de la santé : How do y ou do? Wie gehfs? Comment vous portez-vous? Serait-ce donc qu'au moment où les langues se sont formées, on attachait un plus grand prix à la santé, qui, dans nos époques de haute civilisation, n'est qu'un accessoire de la richesse et del'élégancefFaudra-t-il remplacer le vieux, Comment vous portez-vous y qui n'a pas plus de sens aujourd'hui que le très-humble serviteur du bas d'une lettre, par cette autre question : « Comment vont vos affaires ? )» Pour beaucoup de gens, il y aurait plus de sincérité; leur vie est absorbée par les soucis des affaires ; il ne reste pas un instant à donner chaque jour aux soins de la Mnté.

Ces soins, cependant, réclament des moments bien courts ; et s'ils suffisent pour prévenir les maladies, personne ne de* vrait les regretter. Mais^ ici, la science s'est posée sur un terrain qui n'est pas assez solide pour persuader les gens du

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