Graphite. Yoyez le §. 64 , article
8. Et enfin des couches de fer oligiste^ fer spatkique , etc. Yoyez le §. 68.
§. 67. Le granité présente dans les Pyrénées , Fi,9urc« comme ailleurs, de nombreuses fissures, qui le ^^°*
' ' j. . ce granité
traversent en tous sens. *•* traversé.
Plusieurs paraissent être très peu postérieures à la formation de la roche. De ce genre sont celles dont les parois sont tapissées de tourmaline , comme à la Maladeita et à Heas, ( §. 64.)» c^ir ces rosettes de tourmaline sont trop intimement liées avec la roche pour qu'on puisse les croire le résultat d'une infiltration, d'autant plus que le même minéral se retrouve dans l'intérieur de la roche.
Le croisement de plusieurs fissures donne lieq à une espèce de séparation en masses prismatiques ou pyramidales , plus ou moins régulières : quelquefois cependant ces fissures affectent un certain ordre et une constance apparente. La régularité des blocs , qui en sont le résultat , avait engagé H. Ramond à attribuer leur forme à une sorte de cristallisatioa '. Mais Tinconstance dans la gran-
* Voyages au MorU^Perdu, pag. 19.
i5o IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, deur des angles de ces blocs ; leur surface raboteuse , semblable à celle que produit une simple cassure ; et enfin la diversité des formes m6mes , me les font regarder comme dues au hasard.
liinu dans g. gg. Le granité des Pyrénées est très peu riche granité, en mincs. Je n'y connais que deux formations métalliques, Tune de minerai de plomb, et l'autre de minerai de fer.
Le plomb, à l'état de sulfure, ou très rarement de carbonate , se trouve à plusieurs endroits , mais toujours en filons. Ces filons sont très peu étendus, et de bien peu d'intérêt sous le rapport de l'utilité. Le quarz est leur gangue ordinaire , plus rarement la chaux fluatée (compacte , d'un blanc quelquefois assez pur ) , comme on l'observe au pied du Coumelie^ entre Gedre et Gavamie , dans la vallée de Baréges. Le seul filon qui mérite d^être cité est celui qui se trouve à la hauteur d'environ i45o toises , dans les rochers granitiques de l'enceinte septentrionale du bassin , qui renferme le lac Glacé du pott d'Oo. H consiste en galène ou plomb sulfuré à petits grains , un peu de plomb carbonate , et du quarz , parmi lesquels on remarque assez souvent des fragments de granité '.
* On a autrefois exploite cette mine; mais à l'époque où je visitais cette contrée , les travaux , abanciomiés depuis plusieurs années y étaient recouverts -pét des éboulements. Je ne pouvais donc voir que l'affleurement du filon , qui consistait en plusieurs veines de plomb sidfuréy de un à un demi-pouce d'é-
TERRAINS PRIMITIFS. Graniie. i5i
Les minerais de fer paraissent ne se rencontrer
dans le granité que sous la forme de couches courtes
et épaisses, ou d'amas et de rognons. Je n'en con^
nais que trois dépôts.
Deux se trouvent dans la vallée de la Cinca ou de BieUa en Aragon : l'un dans la montagne de Mener j au nord-est de Bielsa; et l'autre dans celle de Parletto , à l'est de la même TîUe. Ils consîsrtent l'un et l'autre en fer spathique ^ à lordinaire très altéré , d'un rouge brunâtre et noirâtre , et d'une cassure compacte. Il est accompagné de fer oligUte, d*oxide de manganèse argentin ^ et d'un peu de pyrite martiale et cuivreuse. Cette mine forme des rognons ou des couches courtes et épaisses dans ces deux montagnes. Le volume de ces masses varie beaucoup » car on en trouve depois quelques pouces jusqu'à ao toises de longueur et 3 toises d'épaisseur. Le granité dans lequel ces masses sont intercalées est à petits grains et peu cristallin.
Le troisième dépôt est une couche de fer oligisie laminaire passant au fer oligiste écailleux, mêlé d'un peu de fer oxidé pulvérulent. Elle se rencontre dans le quartier de montagne nommé la Caumme de la RaiXf au sud du village de Castet , dans la i?a/lée de Soulan , vallée latérale de celle de Sallat. On y avait fait une fouille qui, étant trop peu avancée ,
I>aisseur, dont la direction cftait h. 1 1. On m'a assure que Ton avait trouve un semblable filon à quelque distance à Test de celui-ci , dans la montagne du Portiflon d'Oo.
iSa IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, ne permettait pas de déterminer l'étendue de cette couche, ni de juger si elle ne renfermait pas d'autres espèces de mines de fer. Le granité dans lequel elle est intercalée est fort abondant en feldspath, et si altéré qu'il est devenu tout friable.
Je n'ai pas pu examiner suffisamment les riches mines de fer d'Escarou et de Filbls, au sud-ouest de Pradesy en Conflem, au pied du Canigou , ni celles de Lapinouse et de Tour de Batère^ au nord d'-^rles^ dans le Roussillonj pour pouvoir décider si ce sont des couches ou des filons , et si elles appartiennent à cette même formation ».
AitértUon g, 69. A beaucoup d'endroits des Pyrénées on
spoDUnée ? , . . , .
da rencontre du granité qui a perdu sa consistance et gramtc. ^^ goHdité Ordinaire, et qui est devenu tout friable et graveleux. Ce phénomène , si commun dans toutes les montagnes granitiques , et en général dans toutes celles où on rencontrede roches à base de feldspath, est dû principalement à la décomposition de ce minéral. Cette altération provient, d'après l'opinion générale, d'un dégagement de la potasse combinée arec le feldspath. Les divers accidents que l'on y remarque font croire que la potasse est répandue dans le feldspath d'une manière très
1 Ces mines consistent principalement en fer spathique et fer oxidé brun, fibreux et compacte. Le fer spathique dans celles de Fillolsetd'Escarou est très décomposé. Elles i^h'mentent toutes les forges catalanes du département des Pyrénées orientales^ et une parUe de celles du déparlement de l'Aude.
TERRAINS PRIMITIFS. Granité. i55
peu égale , de sorte que celui qui en renferme en plus grande quantité résiste bien moins à cette décomposition que celui qui n'en contient que peu. De cette manière il est facile de se rendre compte pourquoi cette roche s'altère non seulement à la surface, mais jusqu'à une profondeur de plusieurs toises, et pourquoi l'on trouve au milieu du granité friable des masses de cette même roche parfaitement consenrées.
Je n'indiquerai pas tous les lieux où j'ai observé cette altération. Elle est assez commune dans toutes les contrées des Pyrénées ; cependant il m'a paru qu'elle l'était davantage auTç extrémités de la chaîne et au pied des massifs granitiques que dans le ctsktre et sur les sommités ; mais je répète que ce n'edt point une règle généralement établie.
On trouve beaucoup de granités ainsi décomposés dans les Pyrénées orientales y à SainP-Laurent de Cerda ; au Pla de Guillème , col , ou espèce de plateau fort élevé à l'ouest du Canigou ; auprès du village de Teck vers Prats de MoUo, où on remarque fréquemment des masses de granité parfaitement frais au milieu d'un granité tout-r à-fait friable; à plusieurs endroits de la vaUée de la Barguillèrey près de Foix ; de celle de Vicdes$o$9 de Massât^ de Caslitlion , etc. , etc. ; dans le ci-devant comté de Paix et le Couserans. Le granité des montagnes du Labourdj dans les Pyrénées occidentales , est en grande partie décomposé, et présente, en beaucoup d'endroits, de la très belle terre à porcelaine. On y
i54 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, a établi, auprès des yillages de Mendtande, de Lek^ hurrun, et de Guercietta^ pour Tentretien du grand chemin de Bayonne à Saint-Jean-Pied^e-Port^ des carrières de grarîer, dans lesquelles on trouve cette roche tout aussi friable , dans une profondeur de dix-huit à yingt pieds, qu'à la surface du terrain. Sur le versant méridional de la montagne nommée Ursavia-Mendia^ au nord de Maecaye , j'ai observé du gneiss parfaitement conservé , alternant en couches avec du granité tout-à-fait décomposé.
Passages S* 7^* Avaut de parler de la place que le granité granité à occupc daus Ics Pyréuécs, je croîs convenable de roScT.* rapporter les observations que j'ai été à même de faire sur ses passages à d'autres roches.
Ces passages, si fréquents dans ces montagnes , peuvent toujours être rapportés à une des modifications suivantes :
l^ A un autre mode de cristallisation, ou plutôt d'agrégation des parties composantes ;
â^. A la surabondance ou à l'absence d'une ou de deux d'entre elles ; enfin ,
S"". A l'association d'un autre minéral non essentiel à la nature du granité, mais essentiel à la roche qui en résulte.
Il est bien rare que l'altération des caractères qui constituent le granité ne soit l'effet que d'une seule de ces causes ; au contraire, on reconnaît le plus souvent que deux d'entre elles y ont concouru en même temps^ et quelquefois toutes les trois.
TERRAINS PRIMITIFS. Gmnke. i55
Ainsi, lorsque le feldspath,. le quarz et le mica soDt réunis par bandes sous une texture schistetise au lieu d'une texture grenue , il en résulte du gneiss. Ce changement ne provient donc que d'un autre mode de cristallisation. Lorsque le mica prend la place du feldspath , le résultat est du schiste mt* caeé. Lorsqu 'enfin le mica surabonde , et que sa cristallisation devient si confuse que l'œil ne peut plus distinguer ses feuillets , la roche sera du schiste argileux primitif. Quant au contraire le feldspath devient dominant , et que «a cristallisation est si confuse que sa texture lamelleuse disparait, et qu'en même temps des cristaux de ce même minéral, ou de quarz, ou de mica, sont isolément implantés dans cette pâte de feldspath, la roche devient un forpkjrre à base de feldspath compacte ou commun , selon que ce minéral a perdu plus ou moins sa texture lamelleuse.
Lorsqu'enfin l'amphibole s'associe avec le gra* nite, cette roche passe à l'état de siénite ou de grunstein^ selon que le feldspath ou l'amphibole domine; et, dans ce dernier cas, le granité est un grunstein commun , un grunstein compacte , un grwutein schisteux^ ou même un porphyre à base de grunstein^ selon que sa texture grenue s'est conservée, ou qu'elle est devenue compacte ou schis^ teuse.
Par l'effet de ces trois causes , il peut encore résulter plusieurs autres roches que je n'indiquerai point , parce que je ne les ai pas rencontrées dans
i56 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, les Pyrénées , m'étant interdit tout ce qui est étranger à laconnaissance de ces montagnes \
Ainsi le gneiss, le schiste mipacé, le schiste argileux primitif , la sîénite, le trapp primitif , etc., lorsqu'ils se trouvent intercalés et contemporains avec le granité , doivent être considérés comme de simples anomalies de cette roche. Alors ils ne doivent pas être confondus avec leô roches du même genre , qui ailleurs se trouvent indépendantes et en masses si considérables qu'elles font partie de la charpente du globe , en masses dont le gisement indique une tout autre époque de formation , et qui n'ont de commun avec les anomalies du granité dont nous venons de parler, que les éléments et le mode d'agrégation.
Le plus souvent on peut suivre à l'œil le passage du granité à chacune de ces roches ; mais dans un grand nombre d'endroits ce changement se fait de la manière la plus brusque ; et ce qu'il y a de plus remarquable, c'est qu'il a lieu quelquefois sur la longueur d'une même couche, ce qui prouve que le mode de précipitation , ainsi que le mode d'agrégation, n'a pas été uniforme dans le même moment dans toute la masse. Les amas de gneiss au port d'Oo, et ceux de grunstein schisteux et d'amphibole schisteuse dans la vallée de Ger , et celle de
^ M. d*Aubuisson a traité, de la manière la plus ingénieuse et la plus détaiUée, des différents passages du granité dans d'autres roches , dans son Mémoire sur les roches primitives , homogènes en apparence» {Journal des Mines ^ no 172, pag. 3o8. )
TERRAINS PRIMITIFS. GmnUe. 157
YArriégc (§. 66. ), etc. , etc. , fournieseot des exemples de cette vérité.
J'ai déjà Dommé plus haut les lieux principaux où OQ peut observer ces roches intercalées dans le granité.
J'ajouterai encore la description d'une autre roche associée au granité, laquelle, par sa localité et par son gisement, mérite d'être nommée.
C'est un porphyre à base de feldspath compacte, coloré en vert clair par des parties très fines d'amphibole ; au milieu de cette pâte principale , on observe des cristaux, petits ou de moyenne grosseur, de feldspath, d'amphibole et de mica ( tenant le milieu entre le brun de bronze et le rouge de cuivre), implantés isolément, et assez écartés les uns des autres. Ce porphyre se trouve en masses informes dans le granité ordinaire ( S* ^^* )) ^" ^^^^ ^^ ^^ vallée d'Ossau^ dans le ci - devant Jîeam. On remarque très souvent un passage insensible du granité à cette roche ; mais d'autres fois ce changement se fait de la manière la plus brusque. Ces masses sont ordinairement d'un volume fort considérable. L'énorme rocher connu sous le nom du Pic du Midi d'Ossau , dont on distingue si bien le sommet fourchu de la ville de Pau (qui l'a même choisi pour son Pic du Midi) , est composé presque en entier de cette espèce de porphyre'.
Voyez la relation d'un voyage fait à celle montagne par M. VdiasaovL} Mémoires sur ks Pjrrénées > pag. 1 etsuiv.
Petites masses irré-
gulières de
granité micacé à petits graios y
et de grunstein
commun
eni
dans 'le granité.
i58 III- PARTIE. DESCEIPTION BBS TBERAINS.
§. 71. Aux anomalies de cette roche se rapportent encore les petites masses de granité micacé à très petits grains , et de grunstein commun , que Ton rencontre dans tout le terrain granitique des Pyrénées. Ces masses présentent ordinairement une forme irrégulière , arrondie, et même anguleuse , dont le volume varie depuis quelques pouces jusqu'à plusieurs pieds cubes. Elles consistent dans un mélange de mica (passant souvent à Tétat de talc etdechlorite) ou d'amphibole, de feldspath et de quarz , d'une texture grenue et à très petits grains. Le mica ou l'amphibole sont la partie dominante. Ces masses sont implantées isolément dans le granité. Il est rare d'observer un passage insensible de l'une dans l'autre; au contraire, ces masses forment des taches noirâtres très bien limitées sur la surface blanche des rochers graniti-* ques. Lorsque leur dégradation est plus ou moins rapide que celle du granité , elles forment à la surface de la roche, ou des cavités, ou des protubérances. Ces masses, qui incontestablement sont contemporaines avec le granité, ajoutent donc encore une nouvelle preuve à ce que nous avons dit plus haut, que le mode de précipitation et de cristallisation de la roche a été mo.difié partiellement sur des étendues très peu considérables , et pendant u|i temps plus ou moins limité.
rdonsdegra- §. 7^. Je dois cucorc rapporter ici un autre accile granité, dcut qu'ou obscrvc daus la roche dont nous traitons.
T£]CRAINS PRIMITIFS. GmnUe. iSg
et qui n'y est pas moins fréquent que celui dont je Tiens de parler. Ce sont des filons de granité dans cette même roche , qui le plus souvent ne se distinguent d'elle que parce qu'ils sont toujours moins altérables qu'elle par le contact de l'atmosphère, ou bien qu'ils contiennent quelquefois plus de feldspath et moins de mica et de talc , et que leur grain est ou plus gros ou plus petit que celui du granité qui les entoure. Ces filons ne s'étendent pas à des distances bien considérables , et leur épaisseur n'excède guère deux ou trois pou-* ces. Il est rare de n'en trouver qu'un seul dans une masse de granité ; au contraire , on en observe communément plusieurs assez rapprochés les uns des autres, qui, tantôt parallèles entre eux, tantôt se croisant sous des angles variés , présentent, à la surface des rochers exposés depuis long-temps i l'action de l'atmosphère , des bandes saillantes en forme de réseau. M. Ramond a donné , dans ^h Voyages au Mont^PerdUjpL /, fig. 3, le dessin d un bloc de granité où cet accident est très bien représenté. Quoique ces filons ne se dérangent presque jamais en se croisant, on ne peut pas s'empêcher de croire qu'ils doivent leur origine à un retrait du granité, très peu postérieur à la formation de cette roche , de manière que le fluide duquel elle s'était précipitée renfermait encore des éléments granitiques, qui se sont déposés dans ces fentes et les ont remplies.
Ces filons de granité sont si communs dans le
i6o IIP PARTIE. DESCWPTION DES TERRAINS, terrain granitique des Pyrénées, qu'il est inutile d'en indiquer des localités. Jç remarquerai seulement qu'ils sont en général plus fréquents dans le granité bien homogène que dans celui qui renferme beaucoup de substances étrangères, et qui, par une trop grande abondance de mica , passe à l'état de gneiss ; je n'en ai point observé dans les Alpes.
Formation da granité
et son ancienneté
relative.
§. 73. Le granité supporte ici , comme partout ailleurs, toutes les autres roches qui composent ces montagnes. 11 est donc la roche la plus ancienne des Pyrénées. Mais , en considérant le grand nombre de couches étrangères que le granité des Pyrénées renferme, ses passages si souvent répétés au gneiss et au schiste micacé ; son mélange fréquent de talc, d'amphibole, de graphite; enfin sa texture, qui en général est un peu moins cristalline qu'elle ne l'est dans d'autres pays, on est porté à croire que ce granité est le moins ancien du globe, c'est-à-dire que la formation du granité, au moins dans la période primitive *, s'est terminée par celui-ci. On verra même dans la suite que tout le terrain primitif de ces montagnes parait être aussi plus nouveau que celui de beaucoup d'autres couturées, et notamment de celui de l'Allemagne. Je ne veux cependant pas
1 Cette restriction est indispensable, car les granités que l'on a observés dans quelques autres pays, faisant partie du terrain de transition , sont , par^conséquent , plus modernes que ceux des Pyrénées.
TERRAINS PRIMITIFS. Granité. 161
JDsinuer par là que le granité des Pyrénées fasse partie du terrain de transition, et je ne donne cette idée que comme une simple présomption, qui attend encore beaucoup de recherches bien dirigées a?aDt d'obtenir quelque degré d'assurance. Mais il est toujours remarquable que les recherches de M. Brochant sur la constitution géognostique des Alpes ont engagé ce savant minéralogiste à conce- Toir une semblable opinion sur le terrain primitif de ces montagnes '.
§. 74. Nous avons déjà dit (§. 39.) que le granité, Sû quoiqu'il se trouve presque sur toute l'étendue des ^gSTrâie? Pyrénées, ne constitue pas ordinairement le faite de la chaîne, comme on aurait pu le présumer ; qu'il n y existe qu'à un petit nombre d'eùdroits ; qu'il est frai que sur les versants il est toujours plus rapproché du. faite que du pied de la chaîne ; qu'il est moins commun du côté de l'Espagne que du côté de la France , comme on le verra plus bas ; et qu'il semble former lui-même une chaîne irrégu- Hère , dont la direction est parallèle à la direction générale de toute la chaîne des Pyrénées.
Cette chaîne granitique, pour me servir de cette expression, jette de nombreux rameaux de chaque côté. La chaîne elle-même, ainsi que les rameaux, sont interrompus à tout moment par les vallées, ou par des excavations bien plus anciennes, qui main-
' Journal des Mines , vol. î5, pag. 378.
i6ii IIP PAKTIE. DESCRBPTTON DES TERRAINS, tenant sont remplies par des roches postérieures au granité.
On pourrait comparer la disposition du granité dans les l?yrénées à une suite de monts ou de protubérances qui ne se touchent que par leurs bases , et qui souvent ne sont liées ensemble que par des roches, lesquelles, en les recouvrant, ont rempli les gorges ou les intervalles qui les séparaient. Ces protubérances présentent presque toujours une forme plus ou moins alongée dans le sens de la direction de la chaîne.
L'élévation que la crête de la çhaîoe granitique atteint est en général bien inférieure i celte du fafte de la chaîne centrale ; mais quelqties unes des protubérances dont elle est composée sont terminées par des so^afimets 4ont la hauteur sur* passe celle du faîte« £â effet , tes cimes les phi s •ékvéesdes l^jrrénées, à Vexceptimiàu Mont-Perdu, sont gram'tïques ,' comme on le verra ci-après.
Son §. 75. À l'extrémité orientale de la ohaioe , le gra*
et luux où 'fiite forme plusieurs grandes protnbéranoes. La plus oniobicrve. considérable est terminée par le Cardgou ( 144* toises) ; wne autre forme 4e faîte de la chaîne dans le Roussîlbn, à BtUegurde^ Satnt'Laurent'-de' Cerdans, etc. , et n'est séparée du Catugou que par la •vallée du Tech; une troisième enfin, extrêmenaent ^teftdue , et sillonnée par de nombreuses vallées , occupe l'espace entre la vallée de la Teta ou du cidevant ConfUns et celle de VAude y en formant les
TERRAINS PRIMITIFS. Grtuute. i65
montagnes de Moliig, de Mosseî, le col de la Marguerite y les montagnes de Puyvaladorj et de Que^ rigutj etc. Ces diverses protubérances se joignent à Mont-Louis pour former le faite de la chaîne.
Depuis MonP-Louis , le granité se prolonge dans la vallée deTArriëge, et compose en grande partie les montagnes des environs à^Ax^ de la petite vallée d*Ortu et de celle de Merem : les eaux sulfureuses chaudes d*Jx sortent de cette roche.
Au-dessous à^Jx le granité se cache sous le schiâte micacé et sous le terrain de transition , et ne reparait pas plus tôt qu'au nord- est du bourg nommé les Cabanes, où il forme un autre vaste massif 9 connu sous le nom de Tabe, qui borde la Tallée de VArrihge au nord , et dont le sommet le plus haut est le Pic de Saint-Barthélémy ( 1 186 1. ). Il s'étend de là jusqu'à Tarascon , Amave^ Mercusj et Bonpas , ayant sa base constamment recouverte par le calcaire de transition.
Plus à l'ouest de Tarascon^ ce terrain d'étend considérablement ; on le trouve dans les vallées de Vlcdessos s de Sac^ de Goufbit et de Saurat.
Dans la vallée de Vicdessos, le granité sort de dessous le calcaire de transition auprès de Junac , et forme les hautes montagnes, qui, depuis ce village, bordent la vallée jusqu'à peu de distance au-dessou; de la ville de Vicdessos. Plus haut, dans la même ▼allée , on reconnaît une autre énorme protubétance granitique , la montagne des étangs de Bas^ «V« , qui , d'un côté , étend ses bases jusqu'auprès
i64 III* PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, du YÎllage d' A usât dans la même vallée , et , de l'autre côté, dans la partie sqpérieure de la vallée d*Erce. Le granité qui , depuis le village de la Pège jusqu'à celui d*JrconaCj forme le côté occidental de la vallée de Vicdessos , passe de là dans celles de Suc et de Gourbit, entre lesquelles il s'élève, à Ih Pique deTreS'Seignous ^ à une hauteur d'environ lâoo toises ; mais il est en grande partie schisteux et présente un gneiss, à fejuillets souvent très minces; comme on l'observe , par exemple , aux environs de VEtang-Biaouy au col de la CouUade , aux montagnes de Crêtes^ à'Embans , etc. , etc.
Ce vaste massif se lie au nord à un autre également fort étendu , qui sépare la vallée de Saurai de la petite vallée de la Barguillière ^ en aboutissant sur celle de l'Arriège , dont il forme le côté occidental depuis le village à'Aurignac jusqu'auprès de Foix. Puis il passe dans la vallée de Massât , et occupe presque tout l'espace entre celle-ci , la vallée à'Erce^ et celle du Sallat; ce n'est qu'à un petit nombre d'endroits qu'il y est recouvert par des roches plus nouvelles , comme à Jlleu dans la vallée de Massât ^ et à Oust dans celle d'Erce.
Aussi est-il très répandu dans la vallée du 5a/lat; les montagnes de chaque côté de cette vallée, depuis le village de Lûc^art jusqu'au-delà de iSiifn^ Seminj sont granitiques; on le trouve encore à Seix, et enfin au-delà du hameau de Sallau, où il forme la montagne nommée la Hourque; il doit se trouver encore dans la partie supérieure de la
TERRAINS PRIMITIFS. Granité. i65
Tallée d^Ustou ; car , en allant au port d'I/^^^ci^ j'ai rencontré des blocs de cette roche, notamment sur les hauts pâturages nommés Villamorte et £scourgats ^ et il m'a paru qu'ils s'étaient détachés du Pic de Bonrepaux.
Depuis la vallée du Sailat, on peut le suivre dans la vallée de Castiilon ; il y forme aussi un vaste massif, au pied duquel se trouve Castilbn^ et dont le sommet est la montagne de Bottirex, au nord du col de la Quore d'Alos , qui , ainsi que la petite vallée d*E$bint et celle de Betmaie ^ est creusée dans cette roche. Ge massif s'étend vers l'ouest dans la petite vallée nommée le Biverot de Bordes j où il sert de base au Pic de MontvaiUer , et même jusque dans celle à'Orle.
A l'ouest de la vallée de Castiilon^ le granité se cache sous d'autres roches, sur une étendue d'environ quatre ou cinq lieues. Je ne l'ai retrouvé qu'entre Couledoux et Sengoaignet^ dans la vallée inGerSf de laquelle il passe dans celle*de la Ga-ronne, où il est assez répandu auprès de Saint-Béat et de Cirep , à l'entrée de la vallée de Luchon.
Nous rappelons qu'une ligne tirée depuis le Canigou jusqu'entre Couledoux et Sengoaignet, passera par toutes les contrées que j'ai nommées pour être occupées par le granité. Cette ligne sera la ligne de direction delà chaîne granitique ; et elle est , à peu de chose près , paral^le à la direction de toute la chaîne des Pyrénées.
On a déjà fait remarquer (§. 6.) qu'auprès de la
166 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, tallée de la Garonne i la chaÎDe priacipale recule de 16000 toises vers le sud} nou^avops ditaussi (§• 39.) qii^ la chaîne ^nitique suit le méEue coude , eu se tournant brusquement au sud , mais, qu'au lieu de 16000 toises 9 elle recule de 19000. C'est pour cda que le granité» dans la moitié occidentale des Pyrénées» non seulement compose à plusieurs endroits le faite de la chaîne , mais même se trouve aussi sur le versant méridional.
Ainsi» le granité se tourne» à SainuBéat^ tout d'un coup au sud^ en formant plusieurs protubérances dans la vallée à'Arran, qui n'est que la partie supérieure de celle de la Garonne. L'un des plus considérables de ces massifs est à l'est de Bo^ soite et sur le côté droit de la vallée » son sommet est le Pic d'Arrê$; un autre , sur le côté opposé , s*étend jusqu'à SaintrMamet et Bagnèreide Lucbon. Ce qu'il 7 a de plus remarquable est que le coude de la chaîne granitique n'influe pas sur la direction des strates de la roche» laquelle passe le plus souvent à l'état de gneiss.
Auprès du Port de Caldeêj peut-^tre déjà à celui à'Eepoty au sud-est de Viella, chef-lieu de la vallée ^Arran, le granité s'élève non seulement jusqu'au faîte de la chaîne centrale » mais il forme même sur le versant oiéridional de vastes monta* gnes. Car depuis le Port de Caldes jusqu'^au Mail de Pouis ( énorme mcher isolé , inaccessible, connu par les chasseurs de chamois ou d'isards de Bagnèfes de Luchon y som le nom de la Pique Four-
TE&RAINS PiaUITIFS. Grof^. 167
canaia , à cause de sop sommet foujcchu ) 9 non seulement le farte est de granité» mais aussi les hautes moatagi^çs qui s'élèyeat sur le versant méridional» et ds^ns lesquelles la Noguera Ribagçr^ana prend ses sources, Sur le versant septentrional > le terrain de transition ^ la grauwacke , le schiste argileux » et le calcaire « recouvrent cette roche presque jusqu'à la crête, comme on Tohaervç très bien au Part de VieUa.
On voit s'élever dai^s cette contré^ , «ur le versant méridiQual» une énorme prot^hérance ^ alongée dans la direction de Test i l'ouest, qui parait séparée de la chaîne oeptrale , mais qyi est lié<ç avec elle par \yxK appendice entre le Port de VieUa et le Mail de Pouis. C'est la Maladetta ( 167 1 t. ), SjQmm^t granitique le plus élevé apr^a VignemaU.
Au Qord * ouest de la Maladetta, \\ s'élève uoe autre énorme masse de granité* Elle forme ici le faite de la chaîne , et elle n*est séparée de la Maladetta que par la vallée de ÏJ^ssçra ou de Bçna$que. Cetta immense protubérance comprend )^s ifaon-tagnes de Crabiçle^j, au fond de la vallée de Lys, petite vallée latérale de celle dç Luehouf celles dq Part d'Ooj au fond de la vallée dt^Larbomt; et celles de Cl^rabide, au fond de la vallée de l4furon.
Les cimes principales de ces montagnes sont le Pic de Crabtole$9 le Pic df Af âupai, le Pic Quairat, le PortiUi^H d'Oo, la Penna de àfipntarquéj, le Port d'Oo, etc.
A peu de distance au sgd de ces sommités , on
i68 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, trouve un autre énorme amas de montagnes granitiques , quî n'est séparé du précédent que par un col assez étroit qui descend d'un côté dans la vallée d*j4stos de Benasque-, et de l'autre dans une gorge latérale de la vallée de Gistain. Cette protubérance est immense, elle re^iferme plusieurs glaciers; et j'ai tout lieu de croire que le sommet le plus élevé, nommé la Punta de Lardana ou d'Erist, en face du Port d*Oo^ n'est pas de beaucoup inférieur à la Maladetta. Ce granité se prolongé au sud jusqu'auprès du Port de Sahun^ par lequel on passe de la vallée de Benasque dans celle de Gistain ou de Gistauj où il se cache sous le terrain de transition et sous le terrain secondaire , le grès rouge et le calcaire alpin.
De là, plus à l'ouest, le granité constitue une grande partie des montagnes qui séparent la vallée de Gistain de celle de la Cinca ou de Bielsa , et celles qui sont à la naissance de cette dernière vallée , sans cependant atteindre le faîte de la chaîne.
Ici , en continuant vers l'ouest , le granité disparaît entièrement sur le versant méridional , en se cachant sous le grès rouge et le calcaire alpin du système de montagnes dont le plus haut sommet est le Mont-Perdu; mais il reparaît sur le versant septentrional , entre le Port de Bielsa et celui de ^aroussetta^ comme je le dirai bientôt.
Quoique le granité , depuis le Port de Caldes jusqu'à la vallée de Bielsa, se trouve principalement surleversaut méridional, il ne manque pas non plus
TERRAINS PRIMITIFS. Granité. 169
sar le versant septentrional , et dans la partie inférieure des Tallées franjçaises ; mais il n 'y forme pas des montagnes comparables par leur étendue à celles dont je viens de parler. Presque toujours il n y a été mis à découvert que par l'excavation des vallées, ou il se montré le plus souvent dans le sol et le lit de la rivière. C'est ainsi qu'il se présente auprès de Bagnères^ de Saint-Mamet , Castelvielj etc., dans la rallée de Luchon ; auprès du village à^Ooy dans la vallée de Laboursi ; à Artique-Longue et à Brch dères, dans la vallée de Louron^ d'où il parait s'étendre dans la petite vallée de Bareilles ou Bartllos^ au sud -est à^Arreau^ où on le rencontre assez abondamment au-dessus du village de Gèdre % le long du chemin pour le Port de Peyrekitte.
Mais reprenons notre chaîne de protubérances granitiques, et suivons-la plus loin à l'ouest. Après avoir repassé, comme je Tai dit tout à l'heure, du versant méridional sur le versant septentrional, entre le Port de Bielsa et celui de Baroussetta, elle forme presqu'aussitôt le Pic de Piau^ au fond de la vallée d'Aure, et tout le massif sur lequel s'élèvent les hautes montagnes de terrain de transition , qui constituent les murailles du Vaste cirque de Trou-mousej le Pic des Aiguillons, la montagne de Camp^ long, de Liezaube, du Port de la Canau^ du Mani Herrant ou Pic d'Agudes; en un mot, ce granité
> U ne faut point confondre ce village avec celui du même nom dans la vaUée de Barrèges,
170 IIP PARTIE. DBSCRIPTIONDSSTE&RATNS.
suppcHTte tout le terrspn de transitioa doat la partie supérieure àes moatagues de la ?allée de Héa9 est composée. Ce n'est que le sol de la yallée dtfïéas et le pied des montagoes jusqu'à une hauteur assez considérable, qui est granitique.
i^U Dord du massif de Héas s'élèfe une autre protubérance granitique, sillonnée par un grand nombre de gorges et de vallons i son plus haut sommet est NiOuvieUe ( 1 6 1 9 1. ). La base de cet énorme massif est proportionnée à sa hauteur; elle eat ex^ trèmement étendue, car le granité de la yallée de Ba$tan^x dans laquelle se trouve Barrègesj. celui de la gorge de Uenz ou de LinSf ceux d'JEscoubotis, d'^tguecluse^ de Tramesaigue, à^Omary de Couplan^ et enfin celui de la petite vallée de Pragnères^ peuvent être considérés comme faisant partie du système granitique de Neouvielle.
Encore plus au sud de Neouvielle 9 presque au pied de la chaîne même , on trouve le granité auprès de Pouzao, sur la rive droite de TAdour, entre Labasihre et Bagnères de Bigorre , et à l^urcrup , où il est en général forj décomposé.
En revenant aux montagnes de Héas^ on trouYe, à peu de distance , à l'ouest de cette contrée , une autre grande protubérance de granité, qui en quelque sorte en fait partie , et qui sépare la vallée d'Estaubé de celle de Barrèges^ ou de Gavamie. Elle est connue sous les noms de Coumelie et du Pimené \ Le terrain de transition la recouvre en
* Ce dernier nom s'applique au sommet et à la partie mértdio-
TBa&AINS PAmiTIFS. Granitç. 171
grande partie » priûcipa}emeat du côté du sud » et les sommets easoot eomposés. Plus loin» à peu de distance , toute cette masse de granité et de terrain de transition va se perdre soui le dépôt immense de calcaire alpin du Marboré et du MonU Perdu, auquel elle sert pour ainsi dire d'appui*
De la vallée de Barrèges le granité pas3e dans celle de CatUçreZy où il constitue non seulement la majeure partie de la région supérieure de la Tallée^ à partir des bains de Cautère:^, mais aussi le massif compris entre la vallée de B((rrège$f celle de Cauierez et celle d*0»souë; telles sont les hautes montagnes qui environnent le lac. de Gaube, le lac d'Estonij les lacs glacés d^Estam-Soubirani la partie supérieure de la gorge de Trimbureillesj, de celle à'Atpets etCM etc. Cependant > n'ayant pas été au Port de PenticouUf au fond de la vallée de Çaate-rez , j'ignore si le granité 7 atteint le faîte de H chaîne centrale4
Une autre protubérance granitique e^trêmemept étendue est 5 en quelque sorte 9 attenante à cet montagnes* Elle consiste en plusieurs sommités très élevées, dont l'etisemble porte le nom de Fignemale , et la cime la plus haute celui de Cerbe-lona ( 1701 t )« La base de ce grand massif est en ^ande partie recouverte par le calcaire etle schiste argileux de transition, comme <m l'observe très
Baie de cette montagne , tandis que sa partie septentrionale toi- •me do village de Qèdre , est coanue sous le nom de CoumeHÈo.
1^2 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, bien au fond de la petite vallée dOssoué. Cette montagne forme le faîte de la chaîne.
De la yallée de Cauterez, le granité, en formant le Montr-Né ou Mounnéy à l'ouest des baios de Gaulerez^ se prolonge dans la vallée àtBun et dans celle à'Azun^ où M. Palassou Ta observé, depuis le SoMt d' Avadéyisqà*^\x--àé[ii du lac de Suyen.
Plus à Touest , il passe dans la vailée d'Ossau , où on le trouve depuis les Eaux Chaudes jusque derrière le Pic du Midi ( 1 47 1 t. ) ^ à peu de distance du faite de la chaîne , qui lui-même est formé en partie de calcaire et de schiste argileux de transition , et en partie de grès rouge et de calcaire secondaire.
La chaîne granitique , après avoir formé les hautes et vastes montagnes de la vallée d'Ossau^ s'abaisse tout d'un coup si considérablement, et se cache si profondément sous des roches plus nouvelles, qu'on n'en trouve plus aucune trace, même dans les parties les plus profondes des vallées à l'ouest de celle d'Q$$au. On le chercherait en vain dans la vallée d^Aspe^ dans celles deBarretons^ de Soûle, de Laurhibarre ^ de Cize^ et de Baigorry,
Mais à l'entrée de la vallée de Baigorry, à cinq ou six lieues de Bayonne , on trouve encore un petit système de montagnes granitiques très basses, dont j'ai parlé plusieurs fois sous le noiii de montagnes du Labourd. Elles sont déjà un peu avancées dans la plaine ; leur plus haut sommet, VUrsovia-
TERRAINS PRIMITIFS. Granùe. 175
mendia- au nord de Maccaye, est à environ centvingt toises au-dessus de la mer.
Tels sont les principaux lieux où j'ai observé des masses granitiques dans la chaîne des Pyrénées; j'ajouterai que M. Muthuon^ ingénieur en £hef des mines , a indiqué encore du granité dans Ja partie occidentale des Pyrénées , à Goicouette , aux montagnes de Kaya et de Handara , aux environs de Oyarsun et de Berha , dans la province de Guipuscoa. (Journal des Mines , n"*. XI, p. ^5 et suîv, )
§. 76. On se rappelle que la série des protubé- Direction
.^. i Ti r f • de la chaîne
rances granitiques des Pyrénées , ou , comme je granitique. l'ai appelée, la chaîne graniiiquej suit près de la vallée de la Garonne le même coude que la chaîne centrale, en reculant avec elle au sud. D'après cela , ayant nommé la partie des Pyrénées qui se trouve à l'est de la vallée de la Garonne, la chaîne orientale^ et celle à l'ouest, la chaîne occidentale, je me servirai de ces mêmes expressions pour distinguer les deux parties de la série des protubérances granitiques.
La direction de la chaîne granitique orientale est, comme il a été dit plus haut (§. 39. ) , bien plus régulière que celle de la chaîne granitique occidentale. Car une ligne tirée depuis le Canigou jusque entre Sangoaignet eXCouledoux se trouve ^ssezhien au milieu du terrain granitique; c'est-à-dire que le granité est distribué d'une manière à peu près égale au nord
174 m* PARTIE. DESCRIPTION DES TERJEUINS. et au sud de cette ligne ; la ligne elle-même ne passe par aucune contrée où cette roche manque absolument ; enfin , sa direction est parallèle à la direction principale des Pyrénées.
Quant à la chaîne çranhique occidentiJe , nous avons déjà fait remanjuer qu'elle est très peu régulière I car tantôt les protubérances avancent au nord , tantôt elles reculent considérablement au sud. J'ai essayé plusieurs fois de trouver une ligne droite qui passât au moins par la plupart des contrées où le granité se montre le plus k découvert; la ligne que M. Ramond avait indiquée pour Taxe granitique du département des Hautes-Pjrénées y m'avait paru d*abord être un peu trop avancée vers le nord, néanmoins j'ai reconnu depuis que c'est encore celle qui convient le mieux à la direction de l'ensemble de tous les massifs granitiques de la chaîne occidentale. Cette ligne passe par le Montîféy OU Mounnéy à l'ouest de Cauterez, et par le Pic de Bergonsy au sud sud-est de Luz. Ce qui est le plus Temarquable, est que son prolongement à Test est exactement parallèle à la direction de la chaîne granitique orientale , et par conséquent, de même que celle*-ci , parallèle â la direction principale des Pyrénées. La distance entre ces deu5t parallèles est de 19000 toises.
Cette ligne commence à l'est dans les montagnes du Port de Caldes , qui forment l'extrémité orientale de la chaîne occidentale , et se termine auprès de la pointe de Figuier ou de Figucra,
TERRAINS PRIMITIFS. Ùnmite. 1^5
c'cst-i-dire à Vextrémité <><ici(leQtale des Pyrénées proprement dites.
Depuis le Port de Caldts ^ elle passe sur.le^ montagnes ^anitiques du Port de Fietlu , 4*Oo , et de Clarabide; celles de la Maladetta et de \aPunta dtLardana sont situées à peu de distance au sud de cette ligne ; mais celles de Bosoiîe , de Bagnèresde Lttehâfi, de Brodèreê et autres , en «ont écartées au nord. Les massifs granitiques , entre la Tallée de GUtain et celle de la Cinca, se trouvent au sud de cette ligne. H en eSt de même de presque tous les granités des vallées de Hia$^ de Barrèges / d'Otoucy de Cauterez/et d'Ossau; au contraire, ceux de la vallée de VAdour , ou de Campan , de Lour^ cmp, et celui qu'on observe entre Lourdes et Sainte Pi 9 sont très éloignés vers le nord. Enfin , celui de Labourd est aussi au nord de cette ligne , mais la distance est moins grande.
§. 77* Les montagnes granitiques des Pyrénées , pormc lorsqu'elles njatteignent point une grande élévation, mon^c. présentent des formes arrondies , des pentes dou- 8"n"»'<!«c»ces , et un sommet plus ou moins aplati. Elles sont alors couvertes d'une couche de terre végétale , qui pourtant n'est pas d'une bonne qualité pour la culture.
Maris lorsque ces montagnes granitiques sont fort élevées , leurs pentes deviennent plus roides, et sont souvent interrompues par des plateaux et des escarpements. Ces escarpements sont
1^6 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, souvent très considérables , mais ils ne sont jamais aussi étendus et aussi réguliers que ceux des montagnes calcaires. Lorsqu'ils sont suivis d'un plateau , alors la montagne s'élève par gradins ou par étages.
Le sommet de ces hautes montagnes n'est plus alors ni aplati ni arrondi ; c'est un pic effilé , une véritable aiguille j quelquefois fourchue, et toujours inaccessible, ou du moins d'un accès fort difficile. Tels sont, par exemple, \e Pic de Pouis, le Pie Quairaty le Birij le Pic du Midi d'Ossau^ etc. Plus souvent ces montagnes se terminent en une crête étroite, tranchante , hérissée d'une multitude de pointes en forme de dentelures, et bordée par des précipices épouvantables. La Maladetia ^ le Crabioles , leNeouviellcs etc. , se présentent sous cette forme. Parmi ces dentelures dont nous venons de parler , il y en a ordinairement une ou plusieurs qui s'élèvent considérablement au-dessus des autres, en forme de pyramide ou de cône plus ou moins aigu.
Il est rare que les masses qui constituent le faite de ces crêtes granitiques soient des rochers solides. Elles sont au contraire presque toujours tellement fendillées, qu'on est étonné de nepas les voirs'écrou- 1er. Quelquefois même ce sont de véritables amas ou des murailles d'énormes blocs anguleux ; empilés les uns sur les autres. Ces blocs se sont détachés du roc solide qu'ils formaient sur le lieu même où ils se trouvent encore ; la plupart d'entre eux n'ont pas
TERRAINS PRIMITIFS. GranUe. 177
même changé de place ; ils se sont seulement séparés et isolés les uns des autres par le concours simultané de la décomposition et du tassement.
Aussi les pentes dont l'inclinaison n'est pas trop forte 9 et les plateaux au pied de ces crêtes granitiques, sont communément tout couverts de fragments anguleux dont les arêtes sont plus ou moins émoussées. Ces fragmens de roches sont quelquefois d'une grosseur prodigieuse , et entassés les uns sur les autres. Du gazon remplit ordinairement les espaces qu'ils laissent entre eux , et il en résulte une pelouse percée en beaucoup d'endroits par des blocs de granités.
Il n'est pas douteux qu'une grande partie de ces amas de rochers ne soit descendue de ces crêtes. Mais on est aussi forcé de reconnaître que plusieurs d'entre eux ne peuvent être autre chose que les débris de pics et de rochers isolés qui se trouvaient sur le lieu même , et qui se sont écroulés.
Pour expliquer cette destruction ^ on n'a pas besoin, ce me semble, d'avoir recours à des tremblements de terre, à des explosions volcaniques, à d'énormes courants d'eau, ou enfin à des soulèvements ou affaissements subits de montagnes entières; révolutions très rares, dont la supposition est le plus souvent inadmissible. Au contraire, ce phénomène parait être dû à une cause journalière bien plus tranquille , et par conséquent bien plus analogue à la marche lente que la nature suit ordinairement dans toutes ses opérations. C'est seulement
1^ UV PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS. à TactioD combiDé6 de Tair et de l'eau de pluie et de neige, et aux alternatives de température qu'il faut attribuer ces destructions. L'eau s'infiltre dans les fissures de la roche , et , en s'y gelant , elle la fait fendre davantage; dès-lors le rocher n'est plus aussi solide ; la glace tient j il est vrai , ses différentes parties comme soudées entre elles ; mais à chaque dégel il se fait un tassement , un déplacement plus ou moins considérable. L'air ensuite 9 entrant dans ces fentes , y produit des décompositions superficielles ; l'eau , qui y pénètre aussi de nouveau , entraine à chaque pluie les parties décomposées ; les fentes s'élargissent ; de nouvelles gelées écartent davantage les masses les unes des autres ; elles éprouvent successivement des tassements plus destructifs, et cette désagréga* tion devient enfin telle , que le massif entier perd tout^-à^fait son équilibre , s'affaisse sur lui-même , s'écroule et ne présente plus qu'un amas informe de débris.
Plusieurs cols qui se trouvent sur les montagnes granitiques des Pyrénées orientales, soit sur la chaîne centrale, soit sur des rameaux détachés, présentent des plateaux d'une grande étendue. Les plus remarquables de ce genre sont le col de la Marguerite au nord de Prades ; le col du Pla de Guilleme entre Vertut et PraUdeMalb; le col de la Perche, sur lequel se trouve Mont^Louis, etc. Ces plateaux ont plus de 3ooo toises de longueur et de largeur. Ils sont jonchés d'une quantité in-
TERRAINS PRIMITIFS. Granité. 179
croyable de gros blocs de granités, dont les arêtes sont fortement émoussées. On y trouye aussi des tertres isolés , dont la forme ne permet pas de douter qu'ils ne soient les débris de quelque pic écroulé ; car , dans plusieurs , les débris ont encore leur ancienne position, et ne sont séparés entre eux que par des fissures très-peu ouvertes.
§. 78. Je vais résumer ici en peu de mots les ob- Résumé serrations géognostiques que j'ai exposées dans ce obierrations chapitre sur les terrains granitiques des Pyrénées- ^^w
1 . Le terrain.primitif.en général ne constitue que ^^Sans la moindre partie de toutes lesPyrénées; il est plus à ^** ****"* découvert sur le versant septentrional que sur le versant méridional de la chaîne, et il ne forme le faite de la chaîne qu'en un petit nombre d'endroits. (§. 540
a. Sa composition est d'une très grande simplicité (§.55. )
3. Les roches qui le composent sont en général distinctement stratifiées; leur direction est de l'est-sud-est à l'ouest-nord-ouest , comme celle de la chaîne; leur inclinaison est absolument indépendante des versants de la chaîne. ( §. 56. )
4* Le granité est la roche primitive la plus commune des Pyrénées ; il présente de nombreuses variétés, dont la plus ordinaire est un granité à petits grains , dans lequel le mica est fréquemment mélangé de talc ; il arrive même quelquefois que le talc remplace entièrement le mica. §. 57, 58, 59, 60,61 et 6a.
la.
i8o Iir PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS.
5. Les parties constituantes essentielles du gra* nite des Pyrénées éprouvent plusieurs modifications particulières. ( §• 63. )
6. Il est souvent mêlé de minéraux non essentiels à sa nature, tels que Tamphibole , la tourmaline , le grenat, l'épidote, la paranthine, la prehnite , la chlorite , le fer oligiste , le fer sulfuré , le zinc sulfuré et le graphite. ( §. 64* )
7. Cette roche parait être stratifiée en strates ordinairement fort épais, dont la direction est en général de Test -sud -est à Touest- nord -ouest, comme celle de tout le terrain primitif des Pyrénées. ( §. 65. )
8. Elle renferme beaucoup de couches étrangères , telles que des couches de gneiss , de schiste micacé, de quarz,de feldspath, de calcaire^ d'amphibole , de grunstein commun , de grunstein schisteux, de graphite, de fer oligiste, de fer spathique. (§. 66.)
9. Le granité des Pyrénées est fréquemment fendillé et traversé par des fissures , dont plusieurs paraissent être peu postérieures à la formation de la roche. ( S* 67- )
1 o. Il est très peu riche en substances métalliques; il ne renferme que quelques minerais de plomb en filons , et quelques minerais de fer en couches. ( §. 68. )
1 1 . Le granité de certaines parties des Pyrénées est très susceptible de s'altérer. Cette altération est plus marquée aux extrémités de la chaîne et au
TERRAINS PRIUITIFS. Gmitàe. 181
pied des montagnes granitiques que dans leur centre. (5.69. )
lâ. On observe souvent dans les Pyrénées des passages du granité à d'autres roches , que Ton doit considérer dans cette circonstance comme de simples anomalies du granité, parce qu'elles sont contemporaines avec lui , et composée!» à peu près des mêmes éléments. (§• 70. )
1 3. Quelques granités des Pyrénées offrent encore des accidents particuliers : les uns contiennent de petites masses arrondies irrégulières d'un granité micacé à plus petits grains que la masse principale , ou de grunstein commun ; d'autres sont traversés par des filons, dont la masse également granitique résiste toujours mieux à TiSK^tion de Tair que la masse de la roche elle-même. Le premier phénomène est dû à une modification partielle de la précipitation et de l'agrégation delà roche , et l'autre à une retraite du granité très peu postérieure à sa formation , et à une époque où elle continuait encore. ( S* 7 * ^^ 7^* )
i4- Le terrain granitique supporte toutes les autres roches des Pyrénées ; il est conséquemment la roche la plus ancienne de ces montagnes ; mais il a plusieurs caractères particuliers qui font présumer qu'il appartient à la dernière époque de toute la formation granitique. ( S* 73- )
1 5. 11 se trouve presque sur toute l'étendue de la chaîne ; il y est en général plus à découvert sur le versant septentrional que sur le versant méri-^
i8a IIP PARTIE. JDESCRitTION DES TERRAINS.
dional; il ne compose le fatte qu'à un petit nombre d'endroits ; et il semble former lui-même une chaîne particulière , ou plutôt une série de protubérances dont les sommets surpassent souvent en hauteur le faîte de la chaîne centrale. ( §. 74.)
16. Cette chaîne granitique est bien plus régulière dans la partie orientale des Pyrénées que dans la partie occidentale; dans celle-ci le granité est à la fois répandu sur les deux versants. (§.57.)
17. La chaîne granitique occidentale n'est pas sur le prolongement de la chaîne granitique orientale ; mais les deux chaînes forment deux parallèles éloignées l'nne de l'autre de 19,000 toises , et jointes ensemble par un coude situé à peu près à la naissance de la vallée de la Garonne. ( §. 76. )
18. Les deux chaînes granitiques, parallèles entre elles , sont paiement parallèles à la direction principale delà chaîne entière des Pyrénées, prise sur la réparation des eaux entre la France et l'Espagne. ( §. 76. )
19. Enfin , la forme des montagnes granitiques de^ Pyrénées dépend beaucoup de leur hauteur ; les montagnes basses y présentent ordinairement des pentes douces et des sommets arrondis ou aplatis, tandis que les hautes oiontagnes granitiques ont des pentes rapides souvent interrompues par des escarpements et des plateaux, et qu'elles se terminent en pic ou en aiguille, ou enfin en une crête tranchante et dentelée. ( §. 77. )
TERRAINS PRIMITIFS. Gneiss. i83
a*. Terrain de gneiis.
Le gneiss se rencontre très fréquemment dam i^ gnuM les Pyrénées. Mais , malgré «a grande étendue , il rabordonné n'est pas le résultat d'une formation indépendante, *" ^"^ comme il parait l'être dans'beaucoup d'autres pays, n y est toujours subordonné au granité , et ne doit être considéré que comme une anomalie de cette roche. Nous le trouvons dans ces montagnes intercalé en couches dans le granité et alternant avec lui , et nous observons très souvent un passage insensible d'une de ces roches à l'autre. Ce qu'il y a de plus remarquable c^est que ce phénomène a lieu sur l'étendue d'une même couche. ( §. 70.)
Mais quoique le gneiss soit contemporain avec le granité , on ne peut pourtant pas méconnaître que sa formation appartient à la dernière période de celle du granité; car il est certain que le gneiss se trouve ordinairement sur les côtés de la bande granitique (§. 66.), c'est-à-dire dans la partie du terrain granitique qui a été formée la dernière et qui avoisine le terrain de schiste micacé. 11 est rare de rencon* trer du gneiss dans le centré des protubérances gra-^ nitiques; le granité qui en forme le centre est ordinairement beaucoup plus homogène et plus cristallin que celui qui se trouve vers les côtés. M. Rainond a fait la même observation dans les différentes protubérances granitiques de h vallée de Barèges.
Comme dans les Pyrénées le gneiss jTait partie
i84 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, du terrain granitique, j'ai rapporté dans la description de ce terrain tout ce qui concerne le gisement, rétendue et les localités de cette roche, ainsi que les diyers accidents qui raccompagnent. lime reste seulement à y ajouter la description de^ variétés les plus communes de cette roche. Je l'ai omise dans la description du terrain granitique pour ne pas trop la surcharger de détails, qui, au lieu de procurer de l'intérêt, ne font souvent que détourner l'attention du lecteur de l'objet principal.
Variété S' ^^* ^ gneiss présente dans les Pyrénées des ^iïïlna™" ^^^^^*^? nombreuses, dont je n'indiquerai que ^^J^« celles que l'on rencontre le plus fréquemment.
Le gneiss des Pyrénées le plus ordinaire est composé de beaucoup de mica d'un brun noirâtre, ou d'un brun de gérofle foncé, de quarz blanc jaunâtre ou gris de fumée , et d'un peu de feld- 9path blanc jaunâtre , très souvent mêlé d^oxide de fer jaune. Le quarz et le feldspath sont réunis ensemble , non sous forme de petites plaques , mais sous celle de petits grains anguleux qui s'engrènent les uns dans les autres. Ce mélange, qui renferme encore quelques paillettes de mica , alterne en couches très peu épaisses avec de minces couches de mica pur, de manière que la roche présente sur sa cassure en travers un dessin strié ou rubané ; aussi le nom de granité veiné lui convient parfaitement. Le mica, quoique disposé par couches, ne présente point de grandes lames unies ; c'est plutôt un
TERRAINS PRIMITIFS. Gneiss. i85
assemblage d'une multitude de petits feuillets très courts, analogue à celui de certaines- variétés de schiste micacé, auquel au reste ce gneiss ressemble souvent, surtout dans sa cassure en longueur qui se fait ordinairement sur Tune des couches micacées. Cette ressemblance est d'autant plus grande que les couches du mélange de quarz et de feldspath sont plus minces , et leurs grains plus serrés.
Cette variété de gneiss est peut-être la plus commune des Pyrénées. Je n'indiquerai que quelques localités.
Elle se rencontre fréquemment dans la gorge de Gourbity petite vallée latérale de celle de VArriege. On Yj trouve auprès du hameau de Garnies , et dans toute la partie supérieure de ce vallon; au Pie de Saint-Barthélemy, surtout aux environs des lacs Maies 9 et du Lac -Noir, sur le versant septentrional de cette montagne; dans la vallée de Soûlant 9 en allant de Saint-Martinèi Massai; dans la vallée d* Arran , surtout aux environs de Bososte et du Pont du Château; au P^ort d'Oo, au fond de la vallée de Larboust ; au Coumélie et dans les environs de Gavamie, dans la vallée de Barèges ; dans les montagnes granitiques du Labourd ^ entre Mendiande et Guereietta , etc. , etc.
§. 8i. Une autre variété de gneiss, presque Antrefariété aussi commune que la précédente, consiste dans un mélange de parties à peu près égales de feldspath grisâtre ou rougeâtre et de quarz jaunâtre au gri-
i86 III* PARTIR. DESCRIPTION DES TERRAINS.
sâtre réunis, comme dans la variété précédente, sous forme de grains anguleux entrelacés les uns dans les autres; des feuillets de mica plus ou moins isolés et parallèles entre eux donnent à cette roche une texture schisteuse. Elle peut être considérée comme un passage du granité à l'état de gneiss. J'ajouterai encore que le mica y est très souvent talqueux.
Elle se rencontre dans presque toutes les contrées granitiques des Pyrénées , comme dans la vallée de Vicdessos; dans celles du Sallat, d'Iléoê, Barèges , etc.
Troisième §. 8a. Une troisième variété de gneiss , qui est de gneiss, également très commune dans les Pyrénées, notamment dans la vallée de Ficdèssos, consiste en beaucoup de mica, brunâtre, grisâtre ou argentin, mêlé de très petits grains, quelquefois même de très petits feuillets de quar^ et de feldspath. Elle ressemble singulièrement au schiste micacé et passe souvent à «ette roche.
On la rencontre particulièrement dans la vallée de Soulan et dans tout le massif granitique qui sépare cette vallée de celle A*Erce.
Le gneiss présente encore un grand nombre d'autres variétés , mais qui étant moins communes, et n'offrant rien d'intéressant, ne méritent pas de nous y arrêter : je passerai donc de suite à la description du terrain de schiste micacée
TERRAINS PRIMITIFS. Schiste micacé. 187
3*. Terrain de sehùte micacé.
§• S3« Le terrain de schiste micacé des Pyré- Composition nées n'est point formé d'une seule espèce de roche , de schiste même en faisant absfraction des nombreuses cou- ™'*^**^ * ches étrangères qu'il renferme. Il est au contraire composé de trois espèces de roches qui , à la yérite, ont beaucoup d'analogie entre elles» et peu- Tentméme éfrc considérées coriinie de simples modifications d'une seule. Ce sont le $chi$te micacé proprement dit , le $chi»te argileux primitif, et le $cki$te talqueux. Ces trois roches alternent entre elles soit en couches d'une épaisseur médiocre , soit en masses d'un grand yolume. Gomme c'est le schiste micacé ' proprement dit qui constitue la masse dominante de ce terrain , je l'ai nommé terrain de schiste micacé. Néanmoins on trouYe des conrtrées où tantôt l'une , tantôt l'autre de ces roches domine.
On observe ordinairement un passage insensible de l'une de ces roches à l'autre 9 non seulement entre plusieurs couches , mais aussi sur l'étendue d'une même couche. Le schiste micacé que Ton trouve auprès des villages de Lasbardes et de Benous^ dans la vallée d*Arran, devient du schiste argileux dans la vallée de Luchon, au-dessus de Castelviel; en le suivant plus loin à l'ouest dans le sens de sa direction, on observe , aux environs du lac de Secaléjo^ etde celui d'Et^m^adans Xîivallée deLarboust»
i88 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, que ces mêmes roches présentent principalement les caractères du schiste talqueux.
Ce fait confirme l'opinion de M. d'Âubuisson ( voyez la note page 1 26) que le schiste argileux n*est qu'un schiste micacé très peu quarzeux» dans lequel le mica est si confusément cristallisé que l'œil ne peut plus distinguer ses feuillets.
En étudiant le terrain de schiste micacé des Py-» rénées, on a souvent occasion de suivre à l'œil ce changement, et de reconnaître que dans des schistes lûicacés qui ne contiennent que peu ou point de quarz , les lamelles de mica diminuent peu à peu de dimensions ^ et , devenant de plus en plus serrées ( peut-être par l'effet d'un trouble survenu dans leur cristallisation), elles font passer la roche à l'état de schiste argileux.
Le schiste argileux me parait être au schiste micacé ce que le calcaire compacte est au calcaire ^renu ; le grunstein compacte, au grunstein commun; le porphyre à basé de feldspath, au granité, etc. ( §. 70. ) Il y a même une analogie plus particulière avec le porphyre. On sait que le feldspath est. disséminé en cristaux parfaits dans cette roche, dont il forme également la pâte , mais à l'état compacte ou au moins dans un état de cristallisation des plus imparfaits ; le même phénomène se rencontre aussi dans une partie du schiste argileux des Pyrénées , car le schiste argileux du Port de Lapez, surtout celui qu'on rencontre en descendant la montagne vers la vallée de Gisfain » coo-
ÏEREAINS PRIMITIFS. Schiste micacé. 189 tient une multitude de petits grains de mica laminaire , d'une à deux lignes d'épaisseur , dispersés en tout sens dans la roche , et qui paraissent être de yéritables cristaux 9 quoiqu'on n'en puisse pas déterminer la forme , parce qu'ils sont trop adhérents au schiste argileux ou plutôt au mica cornpacte ( pour me servir de cette expression ) qui les entoure'. •
Lorsque le mica passe à l'état de talc, il en résulte du schiste talqueux. Cette roche se rapproche tantôt du schiste micacé, tantôt du schiste argileux, selon que le mica est combiné avec une plus ou moins forte dose de magnésie, et selon que sa cristallisation a été plus ou moins troublée.
Chacune de ces roches présente des variétés nombreuses , dont cependant je ne déc/irai que celles que l'on rencontre le plus communément.
§. 84- Le $chiste micacé le plus ordinaire de ces Sobifte
micAcé
montagnes contient très peu de quarz ; ce miné- Je plus comral manque même souvent totalement , et est quel*
* Le schiste argileux de Bretagne, qui renferme les cristaux demacle, contient également de semblables grains de mica laminaire. Au reste le schiste argileux du Pçrt de Lapez a la plus grande ressemblance avec celui de Bretagne , et il renferme comme lui des cristaux de made , qui surpassent encore ceuxlà en beauté et surtout en grosseur. ($. 89.)
Les schistes micacés et argileux des glaciers de Griés et de la Nuffene, dans le haut Valais, renferment également des cristaux de mica. Mais je ne suis pas assuré que ces roches soient primitives.
190 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, quefois remplacé par une quantité prodigieuse de cristaux de mucle dont je donnerai la description plus bas. ( §. 89. )
Sa couleur présente différentes nuances de gris et de brun parmi lesquelles on rencontre le plus sou?ent le brun noirâtre, tirant sur le brun de bronze.
Les feuillets de mica sont généralement très courts et plies ou courbés en différents sens. Ils forment quelquefois de petites ondulations qui, lorsqu'elles sont alongées et très rapprochées les unes des autres, donnent à la roche un tissu fibreux sur sa cassure en longueur.
Cette variété de schiste micacé est si commune qu'il est inutile d'en indiquer les localités ; le fameux Pic du Midi en Bigorre est composé en grande partie de cette roche.
BMutt S* ^^* ^^^ autre variété de schiste micacé con-
qûm^. fiîste en beaucoup de quarz et peu de mica. Le quan d'un blanc grisâtre est disposé en forme de grands feuillets ou plutôt de plaques, quelquefois assez épaisses, qui alternent avec de minces feuillets de mica argentin ou d'un gris verdâtre clair, passant communément à l'état de talc.
Cette variété est moins commune que la variété précédente. On la trouve en abondance au fond de la gorge qui depuis la vallée de Louron conduit au port de Lapez, et dans la petite vallée d'Ascou^ qui près A'Ax aboutit à celle de YArriège.
TBBRAINS PRIMITIFS. Schiste micacé. 191
§. 86, Je tenAinerai parla description d'une i?a- Schiste riété de schiste micacé qui mérite d'être citée à compacte. cause de la singularité de sa structure.
Elle ne contient point de quar^, au moins en parcelles visibles. Elle est formée de la réunion de très petites paillettes de mica brun noirâtre, si intimement mêlées ensemble que la roche n'est point fissile, et que sa cassure, au lieu d'être schisteuse, est inégale et raboteuse. Elle renferme ordinairement une quantité prodigieuse de macles. Cette roche alterne en couches avec la variété précédente, à la montagne nommée le Pen de Brada, près dePrûg^nères, dans \^ vallée deBarèges, et auprès de BenouB et de Lasbordes dans la vallée d*Arran.
S. 87. Le schiste arW/ei/x primitif est ordinaire- Schiste
•^ ' or argiieuxordi-
ment d'un gris clair; les nuances de gris verdâtre naire. et gris de cendre sont les plus communes. W est à feuillets très minces , communément plissés et onduleux ; il ne se fend pas en dalles grandeset minces , comme beaucoup de variétés de schiste argileux de transition; il a toujours un certain éclat qui varie du peu éclatant à V éclatant, surtout lorsqu'on l'expose à la lumière directe du soleil. J'ai déjà indiqué plus haut ( §. 83. ) qu'il renferme quelquefois des grains ou peut-être des cristaux de mica laminaire.
Lorsque je traiterai de l'étendue et des localités
iga III- PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, du terrain de schiste micacé , j'indiquerai les lieux où on trouve principalement le schiste argileux {$.9^ bis.)
Cette roche présente encore beaucoup de variétés qui cependant ne méritent point d'être citées. Elles dépendent soit de sa couleur , soit de divers acci* dents peu retnarquables dans sa structure et qui la font passer tantôt à l'état de schiste micacé, tantôt à celui de schiste talqueux; soit enfin de Fassociation avec d'autres minéraux que nous aurons soin d'indiquer plus bas. ( §. 89. )
Schiste §. iS8. Le schiste talqueux ordinaire des Pyrénées
ordinaire, cst d uu gns clair, tirant tantôt au gris de cendre, tantôt au gris jaunâtre et au blanc argentin. Il renferme comme le schiste micacé très peu de quarz ; et ce minéral lui nianque quelquefois tout-à-fait. Le talc est à feuillets très courts et serrés les uns à côté des autres , de manière que la roche prend la structure du schiste argileux. Il est peu éclatant , passant à Véclatant d'un éclat soyeux , qui paraît être dû à la disposition des feuillets de talc. Il ne se fend pas non plus en dalles , et il est rarement aussi onctueux au toucher que le schiste talqueux de plusieurs autres pays.
Cette roche , de même que les deux autres qui constituent avec elles le terrain de schiste micacé , présente encore de nombreuses variétés , mais dont la description serait sans intérêt.
TERRAINS PRIMITIFS. Schiste micacé. iqS
§• 89. Les minéraux mélangés accidentellement dans les roches qui composent le terrain de schiste micacé des Pyrénées sont en petit nombre. Je yais indiquer ceux que j'y ai observés.
l^ La macte ou le hohltpath de Wemer. C'est le minéral qui se rencontre le plus communément dans toutes les roches du terrain de schiste micacé, surtout dans le schiste micacé proprement dit et dans le schiste argileux. Il se trouve même dans certaines couches étrangères intercalées dans ces roches , comme nous le dirons plus bas ; et il y a plusieurs contrées où il est si abondant qu'on pourrait le considérer comme étant une partie constituante essentielle de. la roche qui le renferme.
La macle présente différentes variétés dans ces montagnes 9 mais il est rare d'en rencontrer plusieurs à la fois dans la même couche , ou bien , si cela a lieu , il y en a toujours une qui domine.
Celles que j'ai observées sont :
a. La macle tétragramme de Haûy. C'est un prisme à quatre faces, presque rectangulaire , qui , sur sa coupe transversale , présente au milieu un petit rhombe noir, dont les angles correspondent à ceux du prisme ; de chaque angle du petit rhombe part une ligne également noire vers chacun des angles du prisme.
La couleur des cristaux est le blanc jaunâtre ou le blanc rougeâtre sales , tirant quelquefois au rouge de chair. La substance noire qui forme le dessin , pî^raît être de la même nature que la roche
Minértoz mèléf accidentellement arec les rochef qui compofent le terrain de fchifte
194 in* PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, qui les enveloppe ; cependant elle est mêlée ordinairement a?ec la matière blanche qui constitue le prisme ; la cassure est lamelleuse, à double clivage, parallèle avec les faoea du prisme.
Les'cristaux sont de moyenne grosseur ; on en trouve qui ont plus de deux pouces de longueur sur trois lignes d'épaisseur.
Ils se rencoptrent en grande abondance dans le schiste argileux au p<?rt de Lapez^, principalement sur le côté méridional de la montagne.
h. Macle fetUarhamhique. Elle a la même cristallisation que la précédente ; mais elle présente de plus quatre petits rhombes noirs placés aux angles du prisme.
La substance blanche et la substance noire y çont de la même nature et de la même couleur que dans la variété tétragramme.
Les cristaux sont ordinairement fort nets et quelquefois d'une grosseur considérable. Dans la gorge qui conduit du port de Lapez dans la vallée de Gistain, j'en ai trouvé qui savaient de six à huit pouces de longueur sur neuf à dix lignes d'épaisseur; mais, par suite des fissures qui traversent ces macles perpendiculairement à l'axet, elles sont si fragiles qu'il n'est guère possible At les détacher de la roche sans les briser.
Cette variété se trouve abondamment dans la contrée que je viens de nommer. Oa l'observe encore dans la goi^e qui conduit au pjoi^t de Clara-bide et dans la vallée de Praguères où je l'ai ren7
TERRAINS PRIMITIFS. Scfiistfi micacé. 195 contrée en petits cristaux , engagés dans des blocs détachés de schiste ooiicaoé , et associés ayec des cristaux de là yariété suivante.
e. Mode citxonscriîe. La cristallisation de cette ▼ariété est, comme celle des autres, le prisme quadrangulaire à bases presque rectangles ; mais tout le prisme est noir, et seulement ses quatre, faces latérales sont recouTertes d'une pellicule blanche.
Le substance noire est plutôt d'un gris de cendre foncé , et quand elle est réduite en petits fragments minces , sa couleur passe au blanc grisâtre. Elle paraît être absolument de la même nature que la substance qui forme la pellicule blanche. Toutes les deux ont une casêure lamelUuêehien prononcée, dont le clivage est parallèle aux faces du prisme. La cassure perpendiculaire à Taxe est e$quilleu$e^ passant quelquefois à la conehoïde. A l'intérieur la substance blanche et la substi^nce noire sont ^atantes d'un éclat vitreux, filles sont toutes les deux durée (rayant le verre) eV aigres. Les cristaux sont petits et de nwyenne grosseur^ les phis gros que j'aie vus avaient un pouce et demi de longueur sur trois lignes d'épaisseurw
L'épaisseur de la pellicule blanche est très variable. On trouve, quoique rarement, des cristaux dans lesquels la substance blanche forme la ma^ jeure partie du prisme , tandis qu'on n'aperçoit qu'un très petit rhombe de la substance noire au centre du cristal. Le dessin de cette macle est plus facile à observer sur la surface usée des blocs de la
ig6 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS. roche qui la renferme que sur la cassure fraîche.
Cette variété de macle est extrêmemept commune dans la vallée de Baréges aux environs de Pragnères , et dans la gorge qui, auprès de ce village, aboutit à cette grande vallée; on y trouve une quantité extraordinaire de ces cristaux empâtés dans un schiste micacé qui se rapporte à la variété décrite (§. 86.), et dans un schiste argileux très quarzeux, comme aussi dans des couches calcaires qui alternent avec ces roches.
d. Macle monochrome. J'appelle ainsi une variété de macle qui n'a qu'une seule couleur et qui par conséquent ne présente aucun dessin.
Sa couleur est ordinairement d'un gris foncé, tirant très peu sur le brun , rarement d'un gris clair, tirant sur le blanc grisâtre, ou le blanc jaunâtre. Elle ne se trouve que cristallisée en prisme à quatre faces^parfait^presque rectangulaire. Les cristaux sont petits ou de moyenne grosseur; ils sont peu éclatants à l'extérieur passant au brillant. A l'intérieur ils sont peu éclatants passant à Vécla-tant; la cassure est lamelleuse à double clivage parallèle aux faces du prisme. Elle est dure (rayant le verre), aigre; pesanteur spécifique, 2,899. Traitée au chalumeau, elle blanchit et s'enduit d'une fritte peu sensible.
Cette variété de macle paraît avoir beaucoup de rapport avec la macle circonscrite; on trouve en effet, parmi cette dernière, des cristaux dans lesquels la pellicule blanche s'aperçoit à peine, et qui ainsi passent à l'état de macle monochrome.
TERRAINS PRIMITIFS. Schiste micacé. 197
Cette Tariété est toujours très adhérente à la roche, et comme sa couleur ressemble très souTcnt à celle du schiste dans lequel elle est empâtée , on ne la reconnaît pas aussi bien sur la cassure fraîche de la roche que sur la surface usée et altérée des blocs épars , où elle est toujours plus ou moins saillante par suite de ce qu'elle résiste à la décomposition beaucoup mieux que la pâte qui l'enveloppe.
La tnacle monochrome est la variété la plus commune des macles des Pyrénées. On la rencontre dans presque toutes les roches du terrain de schiste micacé, mais particulièrement dans le schiste micacé proprement dit. Elle s'y trouve ordinairement en très grande quantité. Lorsque les cristaux ne sont pas trop petits» les feuillets de mica 9 en se contournant autour d'eux , forment ces sortes de schistes que M. Ramond désigne très bien sous le nom de schistes glanduleux.
Je nommerai seulement quelques uns des lieux où OD observe le plus fréquemment la macle mo* Dochrome. Ce sont le pic du midi de Bigarre ; le fie de Montaigu au fond de la petite va//^^ de COussouet ou de Labasserre , près de Bagnères de Bi-gorre^ et à l'ouest du pic du midi; la montagne de Labasets^ celle de Campsaure^ et le port de la Glère dans la vallée de Luchon ( les cristaux y sont ordinairement très altérés ) ; les environs de Lasbordes et de Benous dans la vallée d'Arran; etc.
Beaucoup de schistes argileux et talqueux de la partie supérieure de la vallée de Louron , mais sur-
ig6 III* PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, tout le beau schiste talqueux i petits feuillets et d'un blanc argentin qu'on trouve sur le bord occidental du gouffre ou de l'étranglement qui précède le bassin du lac de Séculéjo dans la vallée de Lot" bâuBtj renferme une substance en forme de petits nœuds ^ dont la petitesse ne permet pas bien de reconnaître la nature , mais qui cependant me parait être de la macie manochrome.
2"*. Le grenat. "Ce minéral, si comttiuù dans les schistes micacée des autres pays, est très rare dans le schiste Micacé des Pyrénées. Moi-même je ne l'y ai jamais rencontré ; mais M. Picot de Lapeyrouse l'a découvert dans les montagnes de schiste micacé des environs du port de Paiilères vers Mijanes au nord-ouest de Guérigut. La collection du conseil des mines à Paris possède plusieurs échantillons de schiste micacé , renfermant des petits grenats d'un beau rouge et assez transparents , de la vallée de Luekûn, envoyés par M. Sîret, ingénieur des ponts etchatissées. L'étiquette n'indique pas le lieu précis où ce kninéral se trouve , maiï» , d'après tout l'en* semble d€S Câftictères de ce schiste micacé grenatlfère, Je crois quil provient des environs de Sainir Mafnet^ ou des nàontagnes^qui entourent la cascade de MùfitAubaii^ ou bien de la petite gorge de Gou^ roun près de Bagnères.
3*. Le graphite. En allant de Vhdpitat de Plan dans la vallée de Gistain au port de Lapez, on rencontre à l'entrée de la gorge sauvage qui conduit au pied de ce port» du schiste micacé mélangé intimement de
TERHAINS PRIMITIFS. Shiste micacé. 199 graphite. Cette roche ne renferme presque pas de quarz ; elle n'est qu'un mélange de mica et de graphite. La couleur brune rougeâtre de Toxide de fer dont elle est enduite à sa surface , la fait distinguer fecilement de loin.
4*. Le fer sutfaré ordinaire et le fer sulfuré fer-rifere.
Les pyrites martiales sont quelqtiëfbis disséminées dans le schiste micacé ; le fer sulfuré ferrifète ou pyrite magnétique s'y rencontre également ; on en trouve dans quelques schisVes micacés du pic de Moniaigu et du pic du midi de Bigùrre.
§. go. Les schistes micacés, argileux et talqueux, stn^fication sont toujours très bien stratifiés; leurs strates ont loches depuis six pouces jusqu'à trois pieds d'épaisseur. «<^*«"W'>. Ceux du schiste talqueux, surtout lorsqu'il abonde en quarz, sont les plus épais.
Les strates et les feuillets sont fréquemment ondulés et plissés de la manière la plus variée et la plus extraordinaire. Lorsque difiTérentes variétés de ces schistes, d'une dureté inégale, alternent ainsi entre elles i on voit sur la tranche de leurs couches des bandes saillantes bizarrement courbées et tortillées; les schistes micacés de la vallée de Baréges^^nnci" paiement ceux qu'on rencontre entre le pont de Sia et le hameau de Pragnères, présentent très souvent cette disposition.
§. 90 bis. Toutes les rdches qui codstitueilt couches le terrain de schiste micacé, renferment plusieurs **'^'*"
soo III* PARTIE. DESCaiPTION DES TERRAIN S.
le uania couchcs étraogères. Voici celles que }'y ai obser-
t^ 'ées.
> 1 . Calcaire- Le calcaire est extrêmement com-
mun dans ce terrain. Tantôt il y est intercalé en masses d'une grosseur et d'une étendue prodigieuses» tantôt il alterne avec les schistes en couches très peu épaisses.
Il est d'un blanc grisâtre ou d'un gris de cendre, grenu, à petits et très petits grains, et passant même à l'état compacte.
Il alterne quelquefois avec le schiste micacé, en feuillets si minces qu'il prend une texture schisteuse; et il n'est pas rare de trouver des schistes micacés ou des schistes argileux dans lesquels on ne reconnaît la présence du calcaire que par l'effervescence qu'ils font avec les acides.
Une partie des schistes micacés des montagnes qui bordent au sud la gorge de Burbe dans la vallée deLuchon sont de cette nature; on en trouve aussi au pic d'Ereslids et en général dans toutes les montagnes qui bordent au sud la vallée de Bastan, celle où est situé Baréges.
Le calcaire du terrain de schiste micacé renferme du quarz et des. cristaux de macle comme les roches dans lesquelles il est intercalé. On voit auprès du hameau de Pragnères, dans la vallée de Ba-^ réges, de gros blocs d'une roche calcaire toute criblée de petits cristaux de macle qui se rapportent aux variétés circonscrite etmonochrome. Les couches calcaires du schiste micacé de la gorge de Méda^
TEREÂIÎ4S PRIMITIFS. SehUte micacé. aoi $ole$ dans la vallée de Larboust et de la montagne de Labazetz en contiennent également.
Le quarz est extrêmement commun dans ce calcaire. Il s'y trouve de différentes manières ; tantôt il est répandu si imperceptiblement dans toute la masse 9 qu'on ne peut constater sa présence que par la plus grande dureté qu'il communique à la roche , et par le sable ou la terre siliceuse qu'elle dépose en la dissolvant dans l'acide nitrique ; tantôt il y existe en grains amorphes, qui sont dispersés dans toute la masse , et qui la rendent étincelante sous le choc du briquet ; tantôt des couches ou veines de quarz de quelques ligues ou même quelques pouces d'épaisseur alternent avec des couches minces de calcaire. Ces veines ou couches quarzeuses sont souvent plissées en zigzags , ou recourbées sur elles-mêmes, ou roulées en spirales, etc. , et quelquefois elles sont rompues et fracturées par l'effet du retrait, et les intervalles entre les fragments sont remplis du même calcaire qui environne la couche. Mais il est très remarquable que ces couches contournées , quoique parallèles entre elles par rapporta leur direction principale, ne présentent nullement le mémeparallélisme dans leurs contournements. On voit très souvent que l'une de ces couches présente des inflexions tout-à-faît différentes de celles de la couche adjacente, comme il a été dit ailleurs. (S- 5 1 . )
Le quarz qui compose ces couches singulières est rarement pur ; il est ordinairement sali par de
%o% IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS. Toxide de fel* ou du carbone^ et passe tantôt i Tétat de honutein j tantôt à celui de kiesêlschieferj et de pierre lydienne. Comme sa couleur est fréquemment identique arec celle du calcaire qui le renferme , on ne le reconnaît pas bien sur la cassure fraîche de la roche ; mais on le distingue parfaitement sur la surface dès rochers expc^ésdq^uis longtemps à Vaciiôn de l'atmosphère, où il forme des bandes saillantes. Il renferme rarement des petits cristaux d'épidote, du grenat amorphe (comme on l'observe au pic du midi en Bigarre)^ du talc et du mica.
Comme ces couches quarzeuses se rencontrent dans presque toutes les contrées où on trouve du calcaire dans le schiste micacé , il est inutile d'en citer les localités.
Le calcaire du schiste micacé des eUvirons de BarégeSj contient quelquefois des cristaux d'amphibole grammatite, d'épidote et peut-être deprehnite.
On rencontre des couches calcaires dans presque toutes les contrées occupées par le terrain de schiste micacé.
s. Quarz. Dans la partie supérieure de la vallée deLouronj soit auprès du port de Lapez, soit auprès de celui de Clarabide^ on rencontre fréquemment des couches de quarz dans un schiste micacé, qui passe tantôt au schiste talqueux, tantôt au schiste argileux. Mais ce n'est pas un quart put , c'est plutôt une variété de schiste micacé dans lequel ce minéral surabonde; il est Composé de plaques
TE&RÂINS PRIMITIFS. Sdùsie micacé. bo5
miaces de quarz , séparées les unes des autres par une pellictile de mica ou de talc argentin , <|ui, en te détruisant à la surface des blocs, donne à la roche une apparence homogène.
5. jàmpkibole. On trouve de Tamphibole commune à petits grains formant de petites couches de huit à dix pouces d'épaisseur dans te schiste micacé des montagnes qui fennent au nord la gorge dite le val de Rouge , qui , auprès du laô d'Eêpmgo, aboutit à la vattée de Larbouêî. Parmi les débris de schiste micacé et de calcaire, dont la pente méridionale du fie du midi en Bigorre est jonchée^ j'ai remarqué égalendent des fragments d'amphibole analogue à celle du val de Rouge.
4. Graphite. J'ai déjà dit plus haut (S-^- ) que ce minéral se trouve mêlé avec k schiste argileux 019 le schiste micacé; mais il forme aussi des couches intercalées dans cette roche. On en voit une sur la pente occidentale de l'enceinte du bas^sin qui renferme le lac d'Oncet auprès du pie du midi en Bigorre.
Ce graphite. est très peu dur; il est mêlé iJt substances terreuses et de quelques grains de pyrites ftiartiales. Le schiste ftiiôacé qui l'avoisine est très earburé , et il semblerait qu'il existe un passage entre ces deux roches.
5. Granité. Un phënorûèue géognostique asseï remarquable se présaite auptc du midi en Bigorre. Ce pic ainsi que tout le système de montagues dont il fait partie consiste en schiste micacé et calcaire
2o4 III* PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, primitif; le schiste micacé se rapporte à la variété décrite §. 84. Sur le côté méridional de cette montagne 9 à peu prés depuis la Hourquette de Cinq Ours jusqu'aux deux tiers de sa hauteur, on trouve de grandes masses de granité en place , dont je n'ai pas pu reconnaître le gisement. Mais , d'après les observations de M. Ramond , ce granité forme des couches dans le schiste micacé et dans le calcaire. Un fait analogue à celui-ci s'observe encore sur le versant méridional du port de la Glère^ dans le lieu nommé Gargouttés , où j'ai reconnu une couche peu étendue d'un granité à gros grains intercalée dans le schiste micacé.
Le granité du pic du midi en Bigorre présente plusieurs variétés , dont la plus belle » et peut-être en même temps la plus commune , est un granité à gros grains ; le feldspath d'un gris de cendre et d'un éclat vitreux vif constitue la plus grande partie de cette roche; il est mêlé de grains irréguliers de quarz , de beaux cristaux de tourmaline noire et de petites paillettes de mica argentin.
6. Grunstein commun. Une puissante couche de grunstein commun est intercalée dans le schiste micacé au fond de \^ plaine d^Astos d*Ooj dans la vo/lée de Larboust. Il est formé de parties égales de feldspath blanc compacte et d'amphibole confusément cristallisée; du talc lamelleux d'un vert jaunâtre est disséminé en assez grosses parties dans ce mélange.