‹ Essai, sur la constitution géognostique des PyrénéesChapitre 13 sur 36 · Porphyre à base de grunstein. La pâte de cette · texte numérisé non relu

Porphyre à base de grunstein. La pâte de cette

TERRAINS PRIMITIFS. Schiste micacé. ao5

roche est un mélange intime de feldspath compacte et d'amphibole , dans lequel sont implantés des cristaux de feldspath blanc de moyenne grosseur, et quelques grains de quarz et de pyrite martiale.

J'ai rencontré ce porphyre en blocs détachés parmi les débris de schiste micacé épars sur le flanc de la montagne qui ferme à Test le bassin du lac d'Oncet^ auprès du pic du midi en Bigorre.

Comme ces blocs présentent des arêtes vives , ils ne peuvent pas avoir une origine éloignée , et il est très vraisemblable qu'il en existe quelques couches dans le schiste micacé qui constitue cette contrée.

Parmi les pierres roulées du lit du Bastan , on trouve de nombreuses variétés de cette roche.

8. Feldspath compacte. Ce minéral alternant en couches avec des roches trappéennes ou amphiboliques , et avec du calcaire , du schiste micacé , du schiste argileux , etc. , forme un petit système de montagnes qui s'étend depuis la vallée d'Aure jusqu'à celle de Cauterez , et qui fait partie du terrain de schiste micacé. Mais comme cette association de roches donnera lieu à d'assez nombreuses observations, je crois plus convenable de faire de sa description un article particulier sous le titre trapp primitif. Voyez §. 1 29 et suivants.

Q. 01. A l'exception de quelques petits filons Minerait dan»

, f, . . . , . , r , le terrain de

de galène et de pyrite martiale , je n ai pas trouvé schiste micacé.

iio6 IIP PARTIE. DSSGRIPTI0I9 DES TERRAINS.

de gites de mioéraux métallifères dans le terraia de schiste micacé*

Formation

et

ftge relatif

da

terrain

de schiste

micacé.

§. 92. La formation de ce teirain a suivi immédiatement celle du granité ' ; car on observe que le schiste micacé est toujours superposé au granité, et on peut même reconnaître un passage insensible d'un terrain à l'autre , dans la gorge à!A%cou^ en allant de la ville à'Ax au pori de Pallières, et entre cette même ville et la forge de Castellet, surtout sur le côté gauche de TArriège. La superposition immédiate du schiste micacé sur le granité , peut être observée en plusieurs endroits , à la montagne de Maupas^ dans la petite vallée de LySj gorge latérale de celle de Luchon; à peu de distance au nord du pic de Montarouye, entre la vallée de Lys et celle de Larboust; auprès du lac d'E$^ pingo et dans la gorge nommée le val de Rouge dans la même vallée s vers Consaterre auprès du pic d^Azet , etc.

Le schiste micacé du pic du midi en Bigorre, et en général celui qui forme les montagnes au nord

' Les couches de schiste micacé que Ton trouve quelquefois intercalées dans le granité ( J. 66 ) ne doivent pas être considérées ici 9 parce que ce schiste est une simple anomalie du granité.

* Cette gorge élevée et sauvage est creusée sur la ligne de la superposition de deux terrains, de itaaniére que le granité forme son côté méridional , et que le schiste micacé compose les rochers qui la bordent au nord.

TEAEAINS PRIMITIFS. Schiste micacé. «07 de la petite vallëe où août situés les bains de Burégesj paraH être séparé du graoite par une masse considérable de trapp et de calcaire primitif ( S*. ^ ^9* ) » ^^^^ r\/oia avons déjà observé que ces roches font partie ^\x terrain de schiste micacé et doi*veut être rapportées à cette formation ( §. 90.).

§. 93. Le schiste micacé est, après le granité, la ÉiéTition roche primitive qui atteint la plus grande hauteur utel^iQ dans les Pyrénées. Le sommet du pic du midi en m^a^* Bigorre, dont la hauteur est de 1 5o6 toises au-des- i^ p*^^. sus de la mer, est tout formé de schiste micacé '. Au pic de Montaigu, cette roche s'élève à la hauteur de 1219 toises; elle compose le pic de Sacrouis àznsXdi vallée de Luchon, dont j'estime la hauteur d'environ i4oo toises. Enfin elle forme auprès du port de Lapez des montagnes dont la hauteur surpasse certainement celle du pic du midi; telles sont surtout le pic de Batoa et celui de Batsehimale.

§. 94. Le terrain de schiste micacé est non seu- DUposUion

lement beaucoup moins étendu dans les Pyrénées |*"*'***^

que le terrain granitique , mais il lui manque sur- <*« «chiite tout cette continuité qui caractérise en quelque

* Comme cette montagne élevée a une position tréf isolée , elle est exposée à être souvent frappée par la foudre. Aussi on trouve sur sa cime beaucoup de dates de schiste micacé sur lesquelles on reconnaît TefTet du tonnerre ; il a fritte la surface de la roche en une scorie jaunâtre y présentant un dessin ramifié.

u terrain le schiste micacé.

2o8 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, sorte celui-ci. Il forme seulement des masses isolées quoique considérables, placées de distance en distance sur le côté septentrional de la chaîne granitique. Méanmoins ces masses paraissent aroir formé dans l'origine une bande continue qui, par des révolutions postérieures , a été déchirée et en grande partie détruite, comme nous TaTons déjà dit plus haut. (§. 4o.)

Au sud de la chaîne granitique le schiste micacé est très peu répandu. Je ne l'y ai pas observé par moimême; mais le schistemicacé, trouvé parM.Ramond auprès de la Brèche d*AUanz^ prouve assez que ce terrain se rencontre également au sud de la chaîne granitique ; il est d'ailleurs très probable que primitivement il a formé aussi de ce côté une bande continue , laquelle a été ensuite encore plus dégradée que celle du côté du nord.

Ce terrain se rencontre principalement dans la partie occidentale des Pyrénées ; et comme dans cette partie de la chaîne, la bande de granité présente peu de régularité, ce même phénomène a lieu aussi par rapport à la bande de schiste micacé, ainsi qu'on va le voir par la description que nous en donnerons dans le §. suivant.

§. 94 bit. Dans la partie orientale des Pyrénées»

et /^ je ne connais qu'un seul dépôt de schiste micacé.

trouTc. Il est situé entre la vallée de l'Aude et celle de VAf'

riège. Il commence aux environs de Querigut, passe

au sud du Roc blanc, au port de Paillères (où il

Son étendue

TERRAINS PRIMITIFS. Sdiiste micacé. ïk>9

forme le pic de Trabettou ), de là dans la petite vallée d^Atcou et dans celle d'Orlu, et suit sur une certaine distance la nie droite de TArriége , où il se cache ensuite dans les environs des villages de Savignac et de Perles^ sous le schiste argileux et le calcaire de transition. Ce dépôt de schiste micacé est appuyé au sud contre le mas^f granitique de Llaurenti et à!Ax. La roche principale est un schiste micacé qui passe fréquemment à l'état de schiste argileux et renferme des couches calcaires d'une grande épaisseur, comme on l'observe entre autres sur la sommité du port de Pailler es.

Depuis la vallée de l'Ârriége jusqu'à celle de la Garonne je n'ai point trouvé ce terrain; ce n'est que dans la partie supétieure de cette vallée , connue sous le nom de la vallée d'Arran^ qu'il reparait auprès des villages de Benous et de Lasbordee. Ici ce terrain occupe déjà un grand espace et s'étend sans interruption jusqu'au-delà de la vallée de Souron. Auprès de Binour on trouve beaucoup de schiste micacé qui ressemble singulièrement à celui du pic du midi en Bigorre^ et qui comme lui renferme également des cristaux de macle monochrome.

Depuis Lasbordet ce terrain passe dans la vallée

de Luehon; il y constitue d'abord la partie supérieure des montagnes qui bordent la gorge de Burbcj telles que les montagnes de Campsae/r^, Guarderoy etc., ainsi que celles qui se trouvent au-dessous de Saint'Mamet jusqu'auprès de Montauban.

a 10 III* PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS.

Dans cette vallée, au port de ta Glère^ ce terrain atteint le faite de la chaîne ; il passe même sur le versant méridional, où on le trouve sur la détente qui conduit de ce port à l'hôpital de Bénasque.

Du port de ta Gtère il s'étend par leportd'Es^ taubas et le port F'ieit , jusqu'au mait Pindat qui m'a paru en être formé»

Entre le port de ta Gtère et celui d*E$tauba$j il s'élève à une hauteur fort considérable au pic de Sacrouts. (§. 93.)

Au pic nommé le mait Pindat , le schiste micacé quitte le faite de la chaîne centrale pour céder ia place au granité de CrabiouteSj des ports dVo et de Ctarabide, en contournant au nord cette énorme protubérance. Il passe donc dans la vatUe de Lyt où il est extrêmement répandu.

Les montagnes qui bordent cette jolie vallée au sud-est , ainsi que celles qui la ferment au nord , sont formées par ce terrain qui consiste en grande partie en schiste argileux , en schiste micacé proprement dit , et en calcaire, renfermant tous souvent des macles. Le schiste talqueux y est assez rare; mais on y observe fréquemment de puissantes couches d'un quarz grisâtre grossier. Les montagnes les plus remarquables que forme ce terrain dans cette vallée , sont celles de ^per- BagneroSf Labatetz ^ la Coumme du Bourg (vallon très élevé ) , la montagne de Maapas , etc. De la vattée de Ly$ le terrain de schiste ini-

TER&AINS P&IHdlTIFS. Schiste micacé. an cacé passe dans la vallée de Larboust^ où on le trouve depuis le petit bassin nommé Astos d'Oo, jusqu'au lac d^Espingo. Le schiste talqueux est fort commun dans cette contrée ; de là ce terrain se prolonge entre la gorge de Rouge et celle d*£«^ querry^ en formant le pic de Caumale et le pic de Nère , dans la vallée de Louron.

Ici il se retourne un peu au sud et forme de nou y eau le faite de la chaîne centrale et une partie du versant septentrional. ,ToutQ la région supérieure de la vallée de Lpuron , à l'exception, de la partie orientale des montagnes de Clarabide , est compo-^ sée de Schiste micacé , argileux et talqueux ^ alternant tantôt avec du calcaire, tantôt avec du quart. Les montagnes principales qui en sont composées, sont le pic de Batchimale^ le port de Lapez ^ le pic de BatoUj le pic du midi de Genos, la partie méridionale de la $erre d'Azei , etc.

Ce vaste dépôt de schiste micacé que nous avons suivi depuis la vallée d*Arran jusqu'ici , sur une étendue d'environ dix lieues en ligne droite , disparait dans la petite vallée de Rioumajou sous le schiste argileux et le calcaire de transition qui constituent les montagnes à l'ouest de cette vallée. Cependant je n'ai pas pu étudier assez cette contrée pour être en ^tat d'indiquer positivement la ligne de séparation de ces deux terrains.

Il nous reste encore à faire mention d'un autre dépôt de schiste micacé qui se trouve éloigné de la chaîne centrale , et qui parait être absolument

lia IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, isolé de celui dont nous Tenons d'indiquer la position.

Ce dépôt de schiste micacé s'étend depuis la vatUe d'Aure jusqu'à celle de Gaulerez; il commence à peu près au pic d'Arbizon et passe au nord de Néouviellej en décrivant un vaste contour autour de cette protubérance granitique. (§. 75.)

Il constitue le cou d'Espada^ le Tourmaletj le pic du midi en Bigarre^ le pic de Montaigu^ et toutes les montagnes qui bordent, soit au nord, soit au sud , la vallée du Bastan > où sont situés les bain$ de Baréges; car le schiste argileux et le calcaire, alternant avec du feldspath compacte et du quarz, lesquels composent les pics nommés le eau d'Espada j la campana de la Vaque j Caubère , pic d'Azéjpicd'EreslidSj pic d'Ayre et pic de Bergons, tous situés sur le côté méridional de la vallée du Bastan , font partie du teirrain de schiste micacé.

*De la vallée du Bastan ce terrain passe dans la ^Sinde vallée de Baréges^ où on le trouve depuis au-dessous de Luz jusqu'à la petite vallée de Pragnères. Il y est composé particulièrement de schiste argileux souvent quarzeux et de calcaire.

De cette vallée il doit se prolonger dans la vallée de Cauterez; je ne l'y ai pas vu moi-même ; mais, d'après les observations de M. Picot de Lapeyrouse , on trouve , dans le quartier de montagne nommé la Peyrère, près de Cauterez ^ les mêmes roches qui constituent les montagnes au sud de la vallée du Bastan.

TERRAINS PRIMITIFS. Schiste micacé. ai 5 Je ne l'ai pas rencontré au-delà plus à Touest; mais il est très probable qWil existe encore un dépôt de schiste micacé dans la vallée d'Ossau; car on trou?e dans le gave d'OléroUj qui arrose cette belle vallée ^ des blocs roulés d'un schiste micacé renfermant des cristaux de macle mono-* chrome et ressemblant parfaitement à celui du pic du midi en Bigorre. Ce fait a été également observé par M. Palassou.

Tous les dépôts de sehiste micacé que Ton vient d'indiquer sont situés sur le côté septentrional de la chaîne granitique. Le seul endroit où on trouve ce terrain au sud de la bande granitique , est auprès de la brèche d*Allanz dans la vallée de Baré^e$. (Voyez page 208.)

§. 95. Les montagnes formées parle terrain de schiste micacé n'offrent rien de remarquable dans leur forme extérieure. Elles n'ont point de caractère particulier et constant comme celles de plusieurs autres terrains. On en concevra facilement la cause , si on se rappelle que ce terrain est composé de roches très variées et d'une dureté et destructibilité très différentes , et si l'on réfléchit que la forme extérieure des montagnes dépendant principalement de leur composition et du degré et du mode de destructibilité de leurs masses, il ne peut y avoir de forme extérieure constante , lorsqu'il existe sur divers points une grande disparité dans les causes qui doiventla produire. Ainsiles

Fonne estérienre

des rnootagnei

que ce temîn compose.

ai4 m- PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, montagnes de sekiste micacé de la vallée de La-chon^ offirent des formes plus douces et plus arrondies que celles des environs du port de Lapez et de Baréges^ apparemment parce que la roche est plus homogène , et renferme moins de couches de quarz , de calcaire et d'autres pierres dures et peu destructibles.

Ré'ramé. §' 9^* Pour micux saisir l'ensemble des faits géognostiques que ce terrain présente, je vais donner un résumé succinct des observations que je viens de rapporter dans ce chapitre.

1 . Le terrain de schiste micacé est composé de schiste micacé proprement dit , de schiste argileux , et de schiste talqueux. Le schiste micacé proprement dit est la roche dominante , et il paraît que les deux autres n'en sont que de simples modifications. (§. 85.)

2. Le schiste micacé présente des variétés nombreuses , il est ordinairement à feuillets de mica très courts 9 renfermant peu de cristaux de mica, mais beaucoup de macles. (§. 84, 85 et 86.)

3. Le schiste argileux est communément à feuillets très fins , plus ou moins ondulés ; il est brillant et même éclatant , et passe tantôt au schiste micacé, tantôt au schiste talqueux. (§. 87. )

4- Le schiste talqueux est le plus souvent peu quarzeux, à feuillets courts et très serrés. (§. 88.)

5. Les minéraux mêlés accidentellement avec ces roches sont : la macle , le grenat , le graphite et le fer sulfuré. ( §. 89. )

TERRAINS PRIMITIFS. SchisU micacé. ai5

6. Ces roches sont ordinairement trèà distinctement stratifiées , et les strates présentent souvent des courbures et des plis très variés. (§. 90. )

7. Ce ^errain renferme des couches de calcaire, de quarz , d'amphibole, de graphite , de granité , de grunstein commun , de porphyre à base de grun* stein, et de feldspath compacte. {%. gofrti.)

8. Il renferme quelques petits filons de galène et depjrrites sulfureuses. ( §. 91. )

9. La formation de ce terrain parait avoir suivi immédiatement celle du granité, et on observe même un passage de Tune de ces roches à l'autre.

10. n s'élève à des hauteurs considérables , mais il n'atteint pas celle des cimes granitiques. (§. 93.)

11. Il forme de vastes dépôts isolés, situés sur le côté septentrional de la chaîne granitique, qui paraissent être les restes d'une bande continue et parallèle à la direction générale des Pyrénées; cette bande aurait été en grande partie détruite par des révolutions postérieures. Il est très vraisemblable qu'il a existé une bande semblable au sud de la chaîne granitique. ( §. 94* )

12. Les dépôts de schiste micacé les plus vastes se trouvent dans la partie occidentale, et tous sur le versant septentrional des Pyrénées. (§. ^[{bh.)

i3. La forme extérieure des montagnes de ce terrain n'a point de caractère particulier et constant. (S- 95)

ai6 III- PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS.

4®. Schiste argileux primitif.

Le schiste

•rgiletuc

primitif est

subordonné

an

schiste

micacé*

S- 97- ^^^8 a?on8 fait Yoirdans l'article précédent que les schistes argileux qu'on rencontre dans les Pyrénées paraissaient n'être qu'une modification du schiste micacé et qu'ils devaient être regardés comme subordonnés à ce dernier terrain; ils ne forment point dans cette chaîne un terrain particulier , comme on l'a observé dans d'autres contrées»

Nous n'avons rien à ajouter aux détails que bous avons donnés ci-dessus sur ces schistes argileux des Pyrénées.

5*. Porphyre et siénite.

^ §. 98. Le porphyre et la siénite, qui, dans d'autres

et u siénite pays , forment des terrains d'une grande étendue, et constituent qui sout le résultat d'une formation particulière des terrains plus modcme que Celle du granité et postérieure paiticu en. jj^g^^g ^ ^jjç j^ schistc mîcacé et du schiste argileux, paraissent manquer complètement dans les Pyrénées ; au moins je ne les y ai jamais observés. Ces roches ne se rencontrent qu'en couches subordonnées au terrain granitique et au schiste micacé , comme il a été dit dans la description de ces deux terrains.

TERRAINS PRIMITIFS. Calcaire primitif. 117 6'. Terrain de calcaire primitif.

§. 99. Outre le calcaire primitif que Ton observe ii existe intercalé en couches dans le granité et dans le pi^icuUe" schiste micacé , on trouve encore dans les Pyré- calcaire prinées du calcaire primitif qui , n'étant subordonné le^p^énéêtf. à aucune autre roche, doit être regardé comme constituant à lui seul un terrain particulier.

Nous allons indiquer les caractères qu'il présente.

§. 100. La roche calcaire qui est la base princi- Se* pale de ce terrain, quoique simple dans sa com-* principale», position , ne laisse pas néanmoins de présenter de nombreuses variétés, qui sont dues soit à des différences de texture , soit à des substances étrangères, qui, en se mêlant avec elle, altèrent et modifient son aspect de la manière la plus variée.

Ce calcaire est ordinairement d'un blanc grisâtre ou blanc jaunâtre, rarement d'un blanc bien pur; il passe du blanc grisâtre au gris de cendre le plus foncé , et même au noir grisâtre. On ne trouve pas souvent ces diverses couleurs réunies dans le même morceau ; le calcaire primitif rubané ou veiné est donc peu commun dans les Pyrénées. Cependant on trouve à peu de distance au nord du col de la Trappe j entre la vallée d*Erce de celle à'Ustous^ la variété de calcaire veiné que les marbriers nomment marbre cipolin.

ai8 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES. TERRAINS.

Le calcaire primitif noir grisâtre est assez commun. On en trouve en abondance sur les bords du Sallatj à une demi-lieue au-dessus de la petite ville de Seix ; au col de la Trappe ; à la montagne de Colas s au nord de Portet dans la Valbngue, etc.

Le principe colorant des variétés grises et noires, est du carbone vraisemblablement à l'état de graphite. Lorsqu'on dissout un fragment de ces marbres gris ou noirs dans Tacide nitrique, il reste au fond du vase une poudre noire indissoluble, qui, jetée sur du nitre en fusion, produit une détonation.

Sa texture est ordinairement grenue ^ à grains de moyenne grosseur et à petits grains; lorsque ces grains ou plutôt ces pièces séparées deviennent si petites que l'œil ne peut plus les distinguer, la cassure parait compacte ; mais elle n^est jamais aussi compacte ni aussi lisse que dans certaines variétés de calcaire secondaire, principalement dans celle dont on se sert pour la lithographie.

Quelquefois les pièces séparées sont si peu adhéreptes entre elles , qu'elles se désagrègent par la simple pression des doigts , et que la pierre se laisse facilement réduire en sablé.

Phosphores- §.101. Presque toutes les variétés du calcaire pridu calcaire mitif des Pyréuécs, réduites en poudre, et jetées **"""* sur des charbons ardents ou sur un fer chaud, sont phosphorescentes ; elles dégagent une lumière jaunâtre ou bleuâtre plus ou moins vive.

TERRAINS PRIMITIFS. Catcaim primitif. 119 Ce calcaire présente donc un fait qui , jusqu'à présent , n'avait été observé qu« dans un petit nombre de calcaires de quelques autres pays.

Néanmoins, cette propriété remarquable n'est pas répandue dans ces roches d'une manière uniforme. On trouve quelquefois du calcaire très phosphorescent, tandis qu'un morceau détaché de la même couche, du même bloc , l'est si peu^ qu'on a de la peine à reconnaître la faible lumière qui en émane, lors même que l'on fait l'expérience dans un endroit bien obscur.

Au reste, la phosphorescence n'appartient pas exclusivement au calcaire primitif. On observe également cette propriété dans beaucoup de calcaires de transition, et même dans le calcaire secondaire, comme il sera dit dans la suite ; mais elle n'y est pas aussi bien prononcée, parce que ces deirniers calcaires sont rarement bien homogènes , et renferment communément des parties argileuses et de l'oxîde de fer non combiné ; circonstances qui , comme on le sait, sont très défavorables à la phosphorescence. Je n'ai point observé de calcaire phosphorescent par le frottement.

Les lieux où j'ai trouvé du calcaire qui possède au plus haut degré la phosphorescence sur les charbons sont, entre autres : la montagne de Bouiche^ aux quartiers nommés le Planel d'Ax, et la Roque Porto-t'en-y j dans la vallée de Vicdessos; les quartiers de montagnes nommés le Planel de Traichinèdej le Tauzaly VEseourgat^ etc. , dans la pe-»

celte roche.

2ao IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, tite vallée de Suc; le Tue de Monbéas, auprès de V étang de LherZp etc. , etc.

odear §• lOâ. Uo autre phénomène non moins remar-

partic^ re q^g^j^j^ ^^^ y^^ observe fréquemment dans le calcaire primitif des Pyrénées , est Todeur qu'il exhale par Iç frottement. Cette odeur est souvent très forte et ressemble beaucoup à celle du gaz hydrogène sulfuré ; elle est, par conséquent, très différente de celle de certains calcaires secondaires , surtout de Todeur urineuse de la pierre puante (chaux carbonatée fétide).

Ce phénomène n'est point particulier à certaines variétés ; il s'observe dans le calcaire blanc aussi-bien que dans celui dont la couleur est grise ; celui qui en est privé ne se distingue par aucun caractère extérieur de celui qui la possède. Cependant j'ai toujours remarqué que cette odeur se rencontre plus fréquemment dans les variétés bien cristallines que dans celles qui s'approchent déjà de l'état compacté. Au reste , nous avons déjà vu (p. 1 46) que cette propriété singulière se reconnaît également dans le calcaire qui , dans les montagnes du Labourd , se trouve en couche dans le granltje, et qui par conséquent est beaucoup plus ancien que celui dont il s'agit ici.

Ce calcaire fétide est très commun dans ce terrain. Lorsqu'on parcourt les montagnes de calcaire primitif qui séparent la vallée de Suc de celle de Saleix , près de la vallée de Vicde$$os , on en trouve;

TERRAINS PRIMITIFS. Calcaire primitif . dai à chaque pas. Derrière le col de Passachets , sur la montagne de Colas , au nord du village de Por^ tel dans la Vallongue , il se trouve une espèce de plateau environné de rochers calcaires , qui de cette propriété a tiré le nom de roque^puo ou roche puante. Le heau marbre blanc que Ton extrait à Saint-Béat dans la vallée de la Garonne exhalé une odeur extrêmement forte.

§. io3. On trouve plusieurs minéraux acciden- Minéraux

, qui

tellement associés avec ce calcaire'. Je vais in- «e trouvent

, accidentelle-

diquer ceux que j j ai remarques. ment

K Quarz. Ce minéral est quelquefois disséminé calcaire pndans le calcaire sous forme de petits grains angu- ™**' * leux. Dans le calcaire lamellaire A'jirtiesy dans la vallée d'jérran , on trouve très rarement des cristaux de quarz qui se rapportent à la variété ;>mmée de Haûy ; ils ne sont ni aussi grands ni aussi transparents que ceux qu'on observe quelquefois dans le marbre blanc de Carrare.

2. Trémolithe ou amphibole blanche. Ce minéral est abondamment répandu dans cette roche , en prismes extrêmement comprimés et à sommets

* Je rappelle encore que je ne nommerai ici que les minéraux qui se trouvent dans le calcaire qui constitue un terrain indé* pendant, et que ceux qui accompagnent le calcaire, subordonné soit au granité soit au schiste micacé, ont été déjà cités lorsque nous ayons donné la description de ces roches. Ceux enfin qui se rencontrent dans d'autres calcaires alternant avec du trapp primitif, dans les montagnes au nord de la vallée du Bastan , seront indiqués dans Tarticle qui traitera de cette roche.

aaa III^ PARTIE. DBSCRIPTION DBS TERRAINS.

fracturés. Leur couleur est un blanc jaunâtre ou grisâtre , ou un gris de cendre plus ou moin^ foncé» Ici 9 comme au Saintr-Gothard , ces variétés de oouleur dépendent uniquement de la couleur de la pierre qui les renferme : dans les variétés blanches la trémolithe est blanche , et elle est grise dans les calcaires gris.

Les cristaux ne sont jamais aussi beaux que ceux des Alpes.

On en observe fréquemment à la montagne de Bouiche derrière Vicde$êos; dans le calcaire aux environs du port et de Vétang de Uierz ; dans la vallée d'Ercey auprès des granges d'Erce ; au col de la Trappe^ où on troqve quelquefois des cristaux assez beaux d'un gris foncé ; dans le calcaire de Saint-Béat; mais il n'y est pas commun, elles cristaux sont petits , etc.

3. Uipidote ou pistazite. Ce minéral se présente ici avec des caractères qui lui sont peu ordinaires. Il est ordinairement d'un gris de cendrje clair, et passe souvent par des nuances très variées au brun jaunâtre ; j'ai même trouvé quelques cristaux vio^ lets et d'un rouge fleur de pécher très pâle. Le vert, qui est la couleur ordinaire de cette substance, ne s'observe point ici. L'épidote est toujours cristallisé en forme de prisme à quatre faces rectangulaire ayant les bords latéraux tronqués^ et les sommets rompus^ Ces cristaux sont très allongés ; on en trouve dont la longueur surpasse deux pouces ; leur épaisseur varie depuis une demi -ligne jusqu'à

TEBAAINS PRIMITIFS. Calcaire primitMf. 323 deux lignes* Ils sont très éclataDts d'un éclat vitreux, et plus ou moins transparents ; ils sont engagés en grande abondance dans certains strates de la roche » en s'étendant tous à peu près dans le même sens. Lorsque ce calcaire est blanc et d'un grain bien cristallin , ces cristaux d'épidote le rendent fort agréable à Tœil, par leur éclat, leur transparence et les nuances variées de leur couleur.

Lorsque j'ai découvert ces cristaux^ je ne les aurais pas reconnus pour être une variété de l'épidote ; mais M. Haûy a bien voulu les examiner et les a reconnus pour appartenir à cette espèce.

Ce minéral est assez commun dans ce calcaire. On le trouve entre autres sur le côté occidental du fie de MonU-Béas près de Y étang de Lherz; auprès de la fontaine de Naupounts, au-dessous à!Aulu$, dans la vallée d'Brce\ On rencontre dans les murs de clôture des champs de cet endroit beau* coup de blocs de calcaire qui contiennent de très beaux cristaux ; au col de la Trappe et vers le picou de Geu , entre la vallée d'Erce et celle d'Usteu; mais les cristaux sont petits et d'un gris très foncé; à la montagne de Colas ^ près de Portety on le trouve souvent en cristaux si allongés qu'ils passent déjà à l'état de cristaux aciculaires, etc.

' La fontaine de Naupounts est un gouffre ou une caverne dans le calcaire primitif d'où sort un fort torrent , qui , suivant IV pinion commune , n'est autre chose que la décharge de Vétang de Lherzj lequel en est éloigné de moins d'une demi-lieue à vol d'oiseau.

aa4 m* PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS.

4. Couzeranite. Nom tiré de celui du CouzeranSj contrée dans laquelle j'ai découvert ce minéral. Je l'ai désigné ainsi provisoirement , jusqu'à ce qu'on ait réussi à le rapporter à une espèce connue , ou à constater si, comme je le présume, il doit plutôt former une espèce nouvelle.

Voici sa description oryctognostique :

Il est d'un noir grisâtre , tirant quelquefois au bleu d'indigo ; cette nuance ne s'aperçoit que dans des fragments minces lorsqu'on les regarde contre le jour.

Il est toujours cristallisé, savoir (1) , enprimie à quatre faceSj rectangulaire parfait, et (2) en prisme à quatre faces^ rhomboïdal parfait , ayant les bases fortement inclinées à l'axe, et reposant sur une arête obtuse du prisme.

Les cristaux sont petits et de moyenne grosseur. Les plus gros que j*aîe trouvés et qui se rapportent à la variété n* 2 , ont dix à douze lignes de longueur sur deux lignes d'épaisseur.

Ils sont plus ou moins éclatants à Vextérieur^ selon qu'ils sont plus ou moins dégagés de leur gangue; à ïintérieur^ ils sont éclatants passant au très éclatant , d'un éclat vitreux.

Les cristaux sont divisibles parallèlement aux faces latérales et aux bases d'un prisme droit rectangulaire. Dans la variété de cristallisation que nous venons d'indiquer sous le n*" 1, les clivages ou les joints sont parallèles aux faces et aux bases du prisme ; mais dans la variété n*" 2, deux clivages

TERRAINS PRIMITIFS. Calcaire primitif . aaS sont parallèles aux diagonales du prisme , et le troisième fait un angle aigu avec les bases.

La cassure est donc lamelleuse, à triple clivage^ se croisant sous des angles droits.

Ce minéral est opaque ; des fragments minces sont un peu transparents aux bords.

n est dur (rayant le verre), facile à casser^ aigre, donnant une poussière grise, et maigre au toucher.

Il est indissoluble A^ns les acides, mais néanmoins il y perd de sa dureté et en général de sa consistance, ce qui est dû sans doute i la dissolution des parties calcaires dont il est vraisemblablement mécaniquement mêlé. Il est infusible au chalumeau.

Cette substance , qui , par l'ensemble de ses caractères extérieurs,me parait se distinguer suf&sam* ment de tous les minéraux connus, ne se trouve qu'en cristaux, dont nous venons de décrire la forme. Ils sont toujours implantés dans un calcaire à très petits grains dont la couleur est d'un gris noirâtre , presque la même que celle du couzeraoite. Il résulte de là que l'on ne reconnaît pas aussi bien ce minéral sur la cassure fraîche de la roche calcaire qui le renferme, que sur les surfaces altérées sur lesquelles ces cristaux, résistant fort bien i l'influence destructive de l'atmosphère, forment des saillies très nettes et très prononcées. Lorsque les cristaux sont petits, ils sont ordinairement en grande quantité dans la roche , très rapprochés les uns des autres , et se croisant même en différents

226 m* PARTIE. DESCaimONIIESTEEaAlNS.

sens; mais quand leur volume est plus sensible, ils sont plus clair-semés dans le calcaire.

Ce minéral n'est point tare dans les Pyrénées. Les roches calcaires qui dominent au nord la partie supérieure de la gorge de Saleûn , petite vallée latérale de celle de Ftcdessos, en renferment abondamment ; on trouve beaucoup de blocs détachés qui en sont tout parsemés au long du sentier qui conduit de Saleix au port d'AuUu % mais les cristaux sont petits ; 1^ calcaire du col de la Trappe et du picou de Geu dans la vallée d'Erce, en contient également Le lieu où j'ai trouvé pour la première fois ce minéral , et où on observe les cristaux les plus beaux quoique en petite quantité , est sur la riv« droite du Sallat, à une demi^ieue audessus de Seiat^ dans les rochers calcaires qui se trouvent sur la gauche du chemin du pont de la Taule; le calcaire gris noirâtre à petits grains que l'on rencontre entre Sentenax et Seix dans la même vallée, en renferme une quantité prodigieuse , etc.

5. Macle. Je n'ai trouvé que la variété circon^ écrite dans le calcaire dont il: s'agit ici^

Auprès de l'exploitation déminerai de fer qui fut faite en 1809 pour le compte de la forge catalane à'Angoumer dans la montagne de Cola$^ au nord de Portety j'ai trouvé des cristaux de cette substance, de trois pouces de longueur sur deux lignes et demie

> Le port d^uàubis est un col au fond de la gorge de Saleix ^ qui sert de CQmmunicatibn entre la vaille de Vicdessos et celle

TEIRAINS PRIMITIFS. Calcaire primitif. %^^

d'épaisseur, engagés dans un calcaire gris presque compacte.

En allant de Couledoux à Aipet^ dans la vallée de Gevj on observe , sur la rive droite de la rivière , entre Lacu$ et Hennemorte^ du calcaire à petits grains qui en renferme beaucoup. La couleur des cristaux parait ordinairement dépendre de celle de la roche qui les renlferme.

6. Talc. Cette substance se rencontre très, sou^ vent en forme de lames disséminées dans le calcaire des vallées de Suc, d*Erce, de Ca$tillan^ etc.

7. Mica. Il est également très commun dans ce, calcaire. Aux environs de Portetj comme à la montagne de Colas , à Petra-^itCf EL-Cot-de^Portetr etc. , on trouve de petites lames de mica, tendant à prendre la forme hexagonale , disséminées en abondance avec des paillettes de talc dans le calcaire gris et blanc à petits grains , et très souvent presque compacte.

8. Fer sulfuré. Des cristaux petits et; très petits de cette substance sont disséminés fréquemment dans le calcaire.

9. Fer oxidé brun compacte ( ou fer oxidé hydraté). Ce minéral se trouve toujours en cristaux p ou plutôt en pseudo-cristaux 9 isolés, implantés dans le calcaire. Leur forme est ordinairement le dodécaèdre pentagonal, plus rarement le cube. Ils sont le plus souvent de moyenne grosseur , ma^ on en trouve quelquefois dans le calcaire de Portei qui ont plusieurs pouces d'épaisseur; je possède un

^ !ia8 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS.

dodécaèdre fort net , de trois pouces et demi de diamètre , que je dois à la complaisance de M. Gosas, receveur général des douanes à Saint-Lary; il ratait trouvé auprès de Portet.

Il est très vraisemblable que ces cristaux ne sont que des épigénies de fer sulfuré. Cependant il est souvent fort difficile de retrouver dans le voisinage des traces bien prononcées de ce minéral. Je citerai à cet égard la fouille que les maîtres de forge d'^ngoumer ont fait faire sur une couche presque verticale de fer oxidé brun compacte dans la montagne de Colas au nord du village de Portei; ctXXe couche se trouve dans le même calcaire primitif qui renferme les cristaux de fer oxîdé ; on rencontrait très souvent dans cette masse de fer oxidé, des cavités , dont les parois étaient tapissées d'assez gros cristaux de fer oxidé dodécaèdres qui formaient des druses fort nettes et très jolies, cependant cette mine ne renfermait pas plus de fer sulfuré que n'en renferme ordinairement cette espèce de minerai, comme on Ta reconnu par les essais que Ton en a faits à la forge d'Jngoumer.

stnitificatioii §. 1 04. Le calcaire primitif présenteordinairement primiH^ des strates très épais, et par cela difficiles à reconnaître. Il paraît alors être en masse, et divisé seulement par des fissures accidentelles en bancs et blocs irréguliers. Cependant on trouve du calciaire primitif très distinctement stratifié en beaucoup d'endroits, dont je nommerai seulement la monta-

TERRAINS PRIMITIFS. Calcaire primitif . 319 gne de la Bouiche près de Fiede$so$; les environs de PoniSanto dans la vallée d'Ustou; les rochers calcaires qui renferment les macles entre Laeta tt Hennemorte j dans la vallée duGer; etc.

§. io5. Le calcaire primitif des Pyrénées reo- coochei ferme plusieurs couches étrangères, mais elles sont *tifjng*re» moins variées que dans beaucoup d'autres pays. cetemiD.

Voici celles que j'y ai observées :

1. Roches de pyroxène ou d^augite. Comme ces couches présentent beaucoup de particularités qui exigent une description détaillée , je traiterai de tout ce qui les concerne dans un chapitre particulier. ( Voy. §. 1 1 5 et suivants. )

s. Grunstein commun ou diabase. Cette roche forme dans ce terrain des couches extrêmement épaisses , mais peu étendues en longueur. Il parait qu'elle ne se trouve en grande abondance que dans certaines contrées, et qu'elle manque absolument dans d'autres.

Le grunstein commun du terrain de calcaire primitif des Pyrénées est ordinairement à petits grains et à grains de moyenne grosseur. L'amphibole y dor* mine considérablement ; elle est très souvent cristallisée en prismes comprimés. Le feldspath est communément compacte et intimement mêlé de parties très fines d'amphibole qui lui donnent une teinte verdâtre.

Au reste cette roche présente des variétés très * nombreuses , qu'il serait cependant aussi inutile

a5o IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, qu'ennuyeax de décrire. Je remarquerai seulement que les variétés les plus belles se trouvent particulièrement dans le valbn d'Eup, près àt SainU Béats dans la vallée de la Garonne; à Couledoux dans la vallée du Ger.

Il renferme très souvent des pyrites sulfureuses , des parcelles de spath calcaire , des lames de micaj de talc et à'épidote ou pistazite^%\ toutefois la substance d^un vert de pistache disséminée dans plusieurs variétés de grunstein du valbn d'Eup , n'est pas une simple variété d'amphibole ; la petitesse des parties aciculaires ne permet pas de bien reconnaître leur nature.

On observe plusieurs couches de grunstein commun dans le calcaire de la montagne qui sépare la petite vallée de Saleix de celle de Suc , et dont une grande partie de la crête porte le nom de la Palère ou de Lebergail; lorsqu'on va de Saleix au port d^Aulus ou de Coumebière , on traverse une couche très épaisse de grunstein à petits grains , qui est intercalée dans la partie inférieure ou la plus ancienne du calcaire , car elle n'est séparée du granité qui supporte ce terrain que par une couche mince de calcaire; et dans quelques endroits elle repose même rmm^dîatemfent sur le granité. La sommité du port d'Aulas est en partie formée de cette roche qui yestcependanttrèsaltérée et décomposée ; dans la vallée rfe5ac, surtout au-dessous des aiguilles cal-, caires notaiméeslesTowrsrf^ Tainou, j'aîobservé également des couches de grunstein dans le calcaire.

TERRAINS PRIMITIFS. Caladre pHmidf. aSi

Entre les TîUages de Portet et de Saint-lary^ dans la FaUongue , on rencontre une quantité extraordinaire de grunstein» duquel cependant il m'a été impossible de bien constater le gisement. Il m'a paru néanmoins que ce grundtein, depuis le Talion nommé El-^otHie^Atoulinoê jusqu'à la descente de Saini^Lary, repose sur le schiste argileux et le calcaire de transition , et qu'il appartient à une formation beaucoup plus moderne , dont nous donnerons la description dans la suite; mais je ne suis pas éloigné de croire que celui que Ton obserfe entre le Cot'-ds^MouUnoi et Portet ^ ne soit un énorme amas intercalé dans le calcaire primitif.

Plus à l'ouest de Part^ on aperçoit de grandes masses de gronstein aux entirons de CouledovXy dans la vallée de Ger; la terre végétale ne permet pas de bien reconnaître son gisement, cependant il est très probable qu'il fait partie du terrain de calcaire primitif.

En allant de Cvuledoux à Sain^Béat^ on trouve, sur les hauteurs qui séparent la valiée de Ger de celle de la Garonne j surtout auprès du col de Mente, beaucoup de grunstein, mais qui Trafsemblablement est beaucoup plus nouveau que celui de CouledôuXy et appartient à la même formation que celui deSaint^Lary. Tous ces grtinstein renfertnent peu de feldspath , et l'amphibole y est commune* ment laméUeuse.

Mais aux environs de Saint^Béat, soit dans. le vallon d'Eup , sdit k la montagne caldaire isolée ,

aSd III* PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, nommée le Mont^ soit au-dessus de la penne de Saint^Martin , sur le chemin de Bouté, et vers le village de Les 9 on observe plusieurs couches ou grandes masses de grunstein intercalées dans le calcaire primitif.

3. Grunstein compacte. Cette roche est ordinairement d'un gris très foncé , tirant peu sur le vert; sa cassure est compacte, conchoide, passant quelquefois à la cassure schisteuse; alors la roche se fend par dalles épaisses, comme certaines variétés de schiste ai|;ileux ; elle est toujours brillante ( Schimmernd ) et parsemée de parties fines de pyrites sulfureuses et de pyrites magnétiques. -

On en observe une couche très puissante , mais peu régulière , dans la montagne calcs^ire qui domine le chemin qui conduit de Salêix au port d^Aulus.

On en voit également une énorme masse dans le calcaire de Portet, à une demi-lieue au sud-ouest du village , et dans celui de la gorge d*Eup , auprès de Saint-Béat.

Minet S' ^^^* L^ terrain de calcaire primitif des Py-

^°cJre^ rénées n'est point riche en mines ; je ne connais pnimtir. jjijjg çç^^^ roche que quelques filons et quelques couches de fer oxidé brun compacte ( dichter brauneisenstein ) , mêlé avec de Yocre de fer, et contenant souvent beaucoup de pyrites sulfureuses et cuivreuses. Ces gîtes sont tous de très peu d'étendue^ et les fouilles que l'on a faites sur plusieurs

TERRAINS PRIMITIFS. Calcaire primitif . a35 d'entre eux n'ont jamais donné un résultat avantageux.

Les plus remarquables SQUt aux environs de Portet; j'ai déjà parié de la fouille que la forge i'Àngoumer avait fait faire sur une couche de fer oxidé brun compacte dans la montagne de Colas ; je citerai encore les travaux abandonnés du minier de Portet , à un quart d'heure au sud du village. Od y avait travaillé il y a une quarantaine d'années sur un filon épais , mais peu étendu , de fer oxidé brun compacte , mêlé de cuivre carbonate bleu et vert pulvérulent et de pyrites cuivreuses , pour retirer le peu d'or que ces pyrites devaient contenir. Cette entreprise n'ayant pas réussi , a été aban* donnée , et on a laissé ébouler les ouvrages, qui , à en juger d'après la grandeur des haldes et des éboulements, doivent avoir été assez considérables.

§. 107. C'est une particularité fort remarquable ^j„^"^„ du calcaire primitif des Pyrénées que les grottes ou ^•"•. excavations naturelles qu'il recèle. Ce phénomène , si commun dans les calcaires de transition et les calcaires secondaires de toutes les montagnes , n'a été observé jusqu'à présent que très rarement dans le calcaire primitif d'autres pays ; mais celui des Pyrénées en fournit plusieurs exemples.

Une grotte très vaste dans ce calcaire est celle de PonuSanio , auprès de la chapelle >du même nom, sur la rive gauche de la rivière de la vallée d'Ustou^

!i34 m* PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, entre le iriilage de Trein et le hameau du pont delà Taule.

J'ai déjà observé plys haut (p. 225 9 note.) que le torrent de Naupounts, près d'AuluSf dans la vallée d'Erce , sort d'une caverne qui se trouve dans cette roche. Le torrent empêche d'y entrer ; mais à juger de la quantité d'eau qu'elle vomit , son étendue doit être fort considérable , quand même ces eaux ne seraient point la décharge de Yétang de Lherz , comme on le prétend.

Dans la partie orientale et sur la pente méridionale de la montagne de Meigut y existe également une grotte très grande dans cette roche.

Le gouffre ou excavation profonde connue sous le nom du PouU de PaluméroSj au pied du Tue de Lutens , sur la montagne de Colas ^ près de Poriet , est plutôt une énorme fente résultant évidemment d'un affaissement de la montagne, qu'une véritable grotte; mais il est très probable que cet affaissement a été occasioné par l'éboulement d'une grotte.

On aperçoit l'entrée d'une grotte sur les escarpements de la montagne calcaire qui se trouve à la gauche du chemin de Saint^Béat à Marignac<i dans la vallée de la Garonne.

Enfin , auprès de Cierp , à l'entrée de la vallée de iMchon^ ce même calcaire primitif contient plusieurs grottes, dont l'une, à ce que l'on m'a assurée est très spacieuse.

TERRAINS PRIMITIFS. Calcaire primiùf. a55 g. io8. Les sommités des moatagnes calcaires Brèchei

. • • * m • . ^ 11 calcaires

primitiTes présentent un fait très remarquable ; on y dont obserTC souvent que les crêtes et les plateaux qui mo^i^ terminent ces montagnes sont formés d'une brè- ^ ^aoa^ che calcaire ; les fragments sont de toutes les gros- '««>«^«^~seurs, anguleux, rarement arrondis , et offrent les différentes Tariétés de pierres calcaires dont la montagne qu'ils couronnent est composée; on y remarque encore quelquefois des fragments de pyroxène en roche et de grunstein , lorsque le calcaire environnant en renferme. Ces fragments sont parfaitement liés ensemble par un ciment calcaire blanc à petits grains. L'épaisseur de ces masses de brèches est ordinairement fort considérable ; elle est, dans certains endroits, au delà de cent pieds, n ne faut point confondre ces brèches avec, ces agglomérat» nouveaux que Ton trouve fréquemment sur les petites et surtout au pied des montagnes calcaires ; ceux-ci ne sont autre chose que des débris de roches amoncelés journellement par les ébonlements , et qui s'agglutinent peu à peu par les parties calcaires que déposent les eaux , en filtrant tu travers de ces débris. Je ne connais qu'un seul endroit dans la chaîne des Pyrénées où les brèches dont il s'agit ici paraissent reposer sur le flanc de la montagne ; c'est à la pierre ou penne de Sainte Martin , près de Saint-Béat ' ; mais on n'y peut

*Ia brèche calcaire de la Penne de Saint-Martin est composée de fragmeiits de calcaire blant grenu, agglutinés par un ciment calcaire jaune d'ocre. Elle est susceptible de prendre un beau

!i36 III* PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, pas non plus bien reconnaître le gisement de cette roche, et il serait possible qu'elle y remplit une énorme fente dont la paroi méridionale serait en partie détruite.

La disposition decesbrèches» et surtoutrabsence complète de fragments de roches étrangères au terrain calcaire primitif , portent à croire qu'elles sont extrêmement anciennes ; qu'elles ont été formées ayant les roches de transition , et à Tépoque où arrivèrent les premières ré? olutions qui changèrent la forme des anciennes montagnes primitives.

On observe ces brèches sur le spmmet des montagnes entre le port de Lherz et celui d*Aulu$ près de Vicdê$io$, dans les quartiers nommés, el Cap del portyPahumeroSj Girandos^ etc. ; à la montagne de Cola$ près de Portety à Roque^puo, Queou de Gaudiou, etc.

Il me reste encore à rapporter un fait rems^rquable que j'ai observé dans la vallée d^Erce. En allant du village d*Eree à celui d' A lUus par le chemin ordinaire , on traverse , à environ trois quarts d'heure au delà du village , plusieurs petits monticules arides, formés de calcaire primitif. Là, vers le point le plus élevé du sentier, on remarque une brèche calcaire à fragments anguleux , qui parait

poli. Les Romains y ont creusé une carrière immense , qui étonne par la hardiesse avec laquelle elle a été conduite. Ils ont également exploité le beau marbre blanc de cette contrée. Mais il est très probable qu'ils Font exporté, car on ne trouve dans tout le pays environnant aucun monument construit avec cesmarbre&«

TERRAINS PRIMITIFS. Cdcmre primiHf. a37 former une couche d'environ deux pieds d'épaisseur, intercalée dans le calcaire primitif, lequel est , en cet endroit , distinctement stratifié. Mais comme on ne Toit pas les tranches des couches , mais seulement leurs têtes , il serait possible que cette brèche ne formât point de véritable couche, mais un filon à peu près parallèle aux strates de la roche. Si elle formait en effet une véritable couche , ce serait un exemple remarquable de l'existence d'une couche de brèche dans un terrain primitif.

§. 109. Le terrain calcaire dont nous nous sommes entretenus jusqu'à présent, repose immédiatement sur le granité, vraisemblablement en stratification non parallèle. Quant au rapport d'ancienneté qui existe entre ce calcaire et le terrain de schiste micacé, on ne peut pas juger directement lequel des deux est postérieur ou antérieur à l'autre , parce que l'on. ne trouve pas ces deux tei^aips assez près l'un de l'autre pour pouvoir reconnaître lequel est superposé à l'autre. Mais quand on considère qu'il existe un passage insensible du granité au schiste micacé (comme il a été dit plus haut §^ 92 ), lequel indique évidemment que la formation du terrain de schiste micacé a suivi immédiatement celle du granité, et que Ton n'observe point un semblable passage du granité au calcaire, il est très raisonnable de présumer que la formation de ce calcaire est postérieure à celle du schiste micacé.

Si nous rappelons qu'il existe encore du calcaire

Fonnation

etftgc

relatif

da calcaire

primitif.

2i38 III* PARTIE. DESCRIPTION DES TEftEAINS. primitif ftubordoDDé au granité, et d'autre au schiste micacé, doDt nous avons donné la description lorsque nous avons traité de ces deux terrains, nous sommes obligés d'admettre qu'il e;^îste dans les Pyrénées trois formations de calcaire primitif bien distinctes et qui ont été déposées à des époques très éloignées les unes des autres.

La plus ancienne de ces formations est celle des couches calcaires intercalées dans le granité; Tient ensuite celle du calcaire subordonné au terrain de schiste micacé; et la plus nouvelle enfin est celle qui a constitué le terrain que nous venons de décrire.

ÉlévatioD

qae ce terrain atteint.

§. 110. Les montagnes que ce terrain constitue n'ont qu'une élévation moyenne. Les points les plus élevés du calcaire primitif sont : la montagne dite las Palumeros , au sud du part de Lhers; le Tue de Montbias^ à l'ouest du même port; le Picou de Geu entre la vallée d'Ustou et celle d'firce, et la montagne de Colas^ au nord de Portet. J'estime la hauteur de ces montagnes d'environ goo à looo toises au-dessus de la mer.

DiBpositiont générales

du terrain calcaire primitif.

§. i i 1 . Le terrain de. calcaire primitif est beaucoup moins étendu que ceux de granité et de schiste micacé. Il se trouve particulièrement dans la partie orientale des Pyrénëses; au moins je n'ai pas remarqué qu'il s'étende bien loin à l'ouest de la vallée de la Garonne. Il occupe un espace d'en-

TERRAINS PRIMITIFS. Cakaire primùif. %Z^

fiion viDgt-ciuq lieues de longueur, sur une lieue de large tout au plus. :

Il est le seul terrain de cesuH>Btagnes qui ne forme qu'une seule bafiNie^ sittiée au sud de la chaîne granitique, car }^ cherché en vain à le dé* couvrir au nord du granité.

Quant à sa position par rapport à la chaîne cen^ traie géographique, la bande de calcaire primitif se trouve complètement sur le versant septen^ trionaU et est plus rapprochée du faite que du pied de la chaîne. Elle s'étend de Test sud-est à l'ouest DordH)uest, comme toutes les formations des Pyrénées , et présente une grande régularité dans sa direction et sa continuité. Car unelfgne droite tirée d'une extrémité delà bande à l'autre passe par toutes les contrées dont le sol est formé de cette roche; et quoique cette bande soit fréquemment sillonnée et entrecoupée par des vallées transversales, on peut néanmoins la suivre parfaitement sur toute son étendue , comme on le verra dans le paragraphe suivant.

§. 112. La bande du terrain calcaire primitif Étendue s'étend depuis la petite vallée de Siguier près de celle de f^ccrfewos^ jusques un peu au delà de Saint- Béaty dans la vallée de la Garonne, sans présenter uQe^ interruption sensible.

De la vallée de Siguier , le calcaire passe , ai^rès du col de Lercouil, dans le vallon de Sem, où il

a4o IIP PARTIE. DESGEIPTION DES TERRAINS.

constitue en grande partie les montagnes situées à l'entrée de cette gorge '.

De là cette roche traverse obliquement la vallée de Ficdessos, et passe dans la petite vallée de Suc, après avoir formé la partie supérieure de la montagne de la Bouiehe. Dans la vallée de Suc , elle constitue presque tout le chaînon de montagnes qui sépare cette gorge de celle de Saleix et le port de Lherz de celui à'Aulus. Dans toute cette contrée , le calcaire repose évidemment sur le granité, et si Ton pouvait enlever le chaînon dont on vient de parler, la vallée de Saleix et celle de Suc ne formeraient qu'un seul vallon fort évasé et complètement creusé dans le terrain granitique.

La superposition de ces deux terrains peut encore être très bien observée auprès de la cascade de Sem, et à peu de distance du sentier à'Orus^ dans le quartier dit Porto-t-en-y , au Tauzal d'Escowr^ gais etc.

Le calcaire et le schiste argileux de transition recouvrent le calcaire primitif, ou plutôt s'appuient contre cette roche du côté du sud. On peut observer ce gisement en plusieurs points de cette con-

' Je ferai cependant remarquer que la montagne de Rancié, fameuse par w% riches mines de fer» n'est formée de cette roche que vers son pied du càié du nord-ouest; le reste de la montagne est du schiste et du calcaire de transition , qui renferme rénorme dépôt de minerai de fer dont nous donnerons la description dans le J. iSp.

TERRAINS PRIMITIFS. Calcaire primitif . ^\x trée , comtne à la montagne de Rancié, près de Sent (Voyez la note précédente ), à la montagne de la Boutehe^ à la roche de Saint Vincent^ etc.

Des extrémités supérieures de la vallée de Sakix et de celle de Sue , le calcaire primitif passe dans la vallée d'Eree^ la traverse obliquement entre le village à'Eree et celui à'Aulu$, et constamment supporté par le granité, il forme le chaînon de montagnes qui , depuis le col de la Trap;?^ jusqu'au vieux châteatide Mayabat^ sépare la vallée d'Erce de celle d^Ustou. Il traverse ensuite la vallée du Sallat, un peu audessus de SeiXy en se prolongeant vers le village de Sentenac^ où il renferme une quantité prodigieuse de cristaux de couzeranite. (§• io3.)

J'ignore s'il s'étend au delà sans interruption jusque daus la vallée de Castilbrij mais il y parait sortir du terrain de transition , auprès du village de Portetj où û est extrêmement répandu.

A Touest de Portet il traverse la vattée du Ger , un peu au-dessous de Couledoux; et on peut le suivre sans interruption jusqu'à Saint - Béat et à Cierp dans la vallée de la Garonne.

Il est très possible que ce terrain se prolonge depuis Cierp jusqu'à la vallée de la Barousse ; mais n'ayant pas visité Cette vallée , je ne puis rien assurer à cet égard.

J'ai trouvé sur la rive droite de l'Adour , auprès du pont de Pouzac^ danà la vallée de Campan, du calcaire blanc jaunâtre à petits grains , renfermant des cristaux de trémolithe et des lames hexaèdres

îi4a IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TBK&AIMS. de mica ov plutôt de talc , reposant mx du graaite. Il m'a paru être prioûtif et appartenir à la formatioa calcaire do^t dous nous sommes occu* péa dans ce chapitre, tl se trouYe , au reste , à peu pxès sur le prolongement occidental de la ligne de direction de notre bande de calcaire primitif; mais comme je n'ai examiné cette c<mtrée que rapidement, je n'ose rien décider sur les rapports géogoostiques de cette roche.

On obserre encore, du calcaire primitif ioMnédiatement superposé au granité en deux endroits de la vallée d'Arran^ savoir auprès du alliage d'^rtie$ , à une lieue et demie au-^dessus de Viellû^ et au pied de la montagne du Tin^o , dans la gorge 4<éserte que l'on passe lorsqu^on ta de yieUa m, pic d€ Pouis (§. 75.),,. près de la UtUadatui.

Ces deux dépôts calcaires ne foni Cependant pas partie de la bande principale; ils en sont asseiéloignéi^l au si|d , et se troufent à très peu de' distance du faîte de la chaîne centrale.

M. Palassoq m'a assuré ay.oîr trouvé du calcaire analogue auprès <le Gapai^^ au foQd de la

Forme eitérieure

des montagne!

de calcaire primitif.

%. 11 3. l^a formiB extérieure des montagnes qoe ce calcaire constitue n'offre rien de bien particulier, ^1.^ ressemble beaucoup à celle des montagoes granitiques » et Le;s, escarpements iM^^ont ni aussi çfitp ni aussi étendus qjue ceux de^ n?^ontsgoesdii ter^ rainxalçaire de transition etdu calcairesecondaire.

tBHHAINS FRIMITIFS. Calcaùv pnmiif. 243 Un phéDomène assez singulier que Von remarque dans ces montagnes est leur stérilité , qui e^t beau*^ conp plus grande que celle des autres terrains calcaires , et dont la cause paraît résider moins dans la déclivité des pentes qUe dans la nature et la composition chimique de la roche. L'absence complète de couches de substances argileuses doit y contribuer beaucoup , et en outre je crois aTOir remarqué que c'est surtout le calcaire bien hlanc et à très petits grains , c'est-à-dire celui qui passe à l'état de dobnde, qui est le mohis favorable à la végétation , observation qui a déjà été faite par des chimistes agricoles^ lesquels attribuent la cau^e de cette stérilité à la forte dose de magnésie que cette roche renfermie.

§. 1 14* Rappelons en peu de mots les fajts prin- Réramé. cipaux que nous venons d'exposer dans ce chapitre.

1 . Il existe un terrain particulier et indépendant de calcaire primitif dans les Pyrénées^ (§. 99.)

d. La structure de la roche calcaire qui fait la base de ce terrain est assez variée , mais elle est le plus souvent saccharoïde. (g. 100.)

3. Ce calcaire est ordinairement phosphorescent par la chaleur, (g. 101.)

4- Plusieurs variétés de cette roche exhalent par le frottement une odeur d 'hydro-sulfure. (§• 102.) . 5* On observe accidentellement mêlés avec ce calcaire , du quarz , de la trémolithe , de Tépidote,

!i44 HP PARTIE, DESCRIPTION DES TERRAINS, du côuzeranite (substance qui paraît être Dourelle) ^ de la macle , du talc , du mica , du fer sulfuré , et du fer oxidé brun compacte. (§. i o3.)

6. Ce calcaire est stratifié; mais les strates sont quelquefois si épais qu'où ne peut pas bien les reconnaitre, et ta roche parait alors être eb masse. (§. io4-)

7. Il renferme des couches de pyroxène ou d'augite , de grunstein commun et de grunstein compacte. (§. io5.)

8. Le terrain de calcaire primitif contient peu de mines ; ce ne sont que quelques couches et quelques filons de fer oxidé brun compacte, mêlé quelquefois de pyrites martiales , de pyrites cuivreuses et de cuivre vert puWérulent. (§. 106.)

9. Il recèle plusieurs grottes dont quelques unes sont très vastes. (§. 107.)

1 o. Les crêtes et sommités des montagnes de ce calcaire sont remarquables par les brèches calcaires fort anciennes dont elles sont ttès souvent formées. (§. 108.)

1 1 . La formation de ce terrain calcaire paraît être postérieure à celle du schiste micacé. (§. 109.)

1 2. La plus grande élévation que ce terrain atteigne est estimée de neuf cents à mille toises au-dessus de la mer. (§. 110.) '

i3. 11 constitue une bande très régulière d'environ vingt-cinq lieues de longueur, située* aunord de la chaîne centrale géographique et au sud delà chaîne granitique. (§. 111.^

TEEAAINS PRIMITIFS. Pyroxène en roche. 245

i4» Cette bande s'étend àe^xù^H vallée de Fie-

dessus jusqu'à celle de la Gai:onne , en trayersaat

les vallées d'Erce, d'UsUm % du Sallat^ de Çastillpn

etduCer. (§. na.) .

1 5. La forme extérieure des montagnes de cal^ caire primitif ressemble à oelle des montagnes gi:anitiqaes^ à l'exception qu'elles sont en général très stériles, surtout dans les lieux où le calcaire passe à l'état de dolomie. (§. 1 13.)

7°. Du pyroxène ou augite en roche.

$.115. Laroche dont nous allops nous occuper Notice dans les paragraphes suivants ne constitue pas un >>î^c>nqne terrain indépendant ; elle est subordonnée au ter- ^**** ~^***^' rain calcaire primitif, en stratification parallèle , mais interrompue.

J'ai cru convenable de séparer sa descriptioq de oelle du terrain auquel elle est subordonnée , et d'en traiter séparément (comme je l'ai annoncé plus haut, §. i,o5), parce que cette roche, encore très peu connue , m'a paru mériter une attention particulrère.

On en doit la jpremière connaissance à M. IL^elièvre, qui, dans une lettre à M. deLamétherie, ipsérée dans le Journal de physique du mois de mai 1787) fit part de sa découverte aux minéralogistes, en présumant que la roche en question était une variété de la chrysoUike* (Péridot.) ^

!i46 ni« PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAIlfS.

M. Pîeot de Lapeyrouse donna des détaila plus étendus, non seulement sur la nature de ce «ornerai , maSs grur son gisement, dans i^s Fragments mr la minérabgie des Pyrénées^ page 27. Ce naturaliste fit voir que ses earactères ne correspondent point à ceux de la chrysolithe, et il pensa qu'on devait le regarder eomme une variété d^épidote o«i pistazite.

M. de Lamétherie lui donna le nom de Iherzoliike , parce que M. Lelièvre 1 avait trouvé en abondance d^ps les piontagnes qui environnent le port et Y étang de Lherz *. Il en décrit une variété, celle dont la couleur est le vert d'émeraude ; danis sa Thé&rie de la terre , tome II , page 28 1 , et dans ses Leçons minénslogi^ues , tome II, page io6v

Les recherches que j'ai faites sur cette substance, auxquelles M. d'Aubuisson a pris une grande part> m'ayant conduit à reconnaître qu'elle ne constitue point une éëpèee minérale pi^rtieulière , et qu'elle

t Le port de Lken est un passa^ ou col , -^leW cPenviropi l)od loises Au-dessus de la mer, «u fond de la i^f^V^,vaHén\d^ Sue^ ramification de celle de Vicdessos, U se trouve sur le ^^aqieau de montagnes qui se détache de la chaîne centrale auprès du Montculm et de la pique d' Estais , à peu de distance à Pouest du port de Tabascain , et qui , en se prolongeant au nord , sépare la vallée de Vicdesâ^s d^ £plle d'^^'Otf*. Lie portde Lhen établit .une communication entre les l^abil^nts de Viçde^os et ceux ii^Erce et de Massât, et est assez fréquenté pendant presque toute Tannée. V étang de Lherz est un petit lac , d'ube eau sta gnante et bourbeuse , situé «tir le Versant occidental du port.

TUUBLAINS PEIMITIF& fyroxène en roohc 2^

se rapporte parfâitemeslau jfftoafim <m à Vangi^i j'ai du lui donner ce nom en i^efetant celui de Ihtutr zoUthe. Je la distinguerai des autres rariété» depy« rox^et eu Tappelatit pyroopme en roche, paice qu'elle se trouve dans les Pyrénées en masses si ^considérables qo'on ne peut s'empécliier de k re* garder comme une TÔritable roche.

La deactiption que je vais eo donner d'apîDès l'examen particulier que j'en ai fiait / prouvera qu'elle a tous les caractères du fyroxèm^ et l'o^ nion de M. Haûy, qui a bien voulu répéter mes observations et les a jugées exactes, leur servira de garantie.

§. 116. Le pyroxëne en roche est une substance homogène d'une texture grano-lamelleusequi dans certains morceaux passe à la texture schisteuse et d'une couleur ordinairement verte.

Voici sa description oryctognostique.

La couleur du pyroxène en roche est verte, Defcription

*- oryctogootti-

krime ou griu. ( Le vert est la coukus ordinaim «l qve

du pyroxène

le gris la plus rare.) Du vert d* olive elle passé^ar en de nombreuses nuances jusqu'au vert JCéfnéràuâè, tantôt clair , tantôt foncé , et souvent de la pluj^ grande pureté. Du gris verdâtre elle passe d'un, car té au brun rougeâfre et de l'autre au Jaune d*oci^. 11 ne se trouve qu'en masse ». Il est éclâtaht,

> Im fameuse ooUection de minéraux de M. k marquirdelMe à Paris , que soa aamnt pr<ipri#taire rend d'une grande naiUtë pnblique , en en peroiitttant l'aecée à tons ceux qpi s'oecàpent de Tétade de la minéralogie , poMéde un raoreeaa de sUatili

roche.

34B III! PAUTIE. DESGAIPTION DES XEftBAINS. quelquefois briUaat (schimmerod) d'un édatgras^ qui/ danfi certaines variétés, passe à Véctàt du diamant biem^vononcé.

Il est diviêible. parallèlement aux faces^ aux bases età la grande diagonale d*un prisme quadrangulaire oblique ^ et légèrement rhomboïdal^ dans lequel C incidence des faces latérales entre elles est à peu près de 92 et SSdegrés. Les clivagesou joints naturels parallèles aux faces latérales du prisme primitif sont ordinairement fort nets et faciles à obtenir ; les autres au contraire ne s'aperçoivent le plus souvent qu'à la lueur d'une bougie.

Sa cassure est donc /am^//^{i«^^ presque toujours à lames planes, suiy^Lïït deux clivages également faciles j se croisant sous un angle d'environ 92 degrés. Dans les autres sens elle est conchoïde ou très imparfaitement lamelleuse.

Il présente des pièces séparées grenues , à grains anguleux de moyenne grosseur et petits.

verdâtre, apporté, si je ne ïne trompe , par M. deDolomien, du port de Lherz , qui renferme des cristaux de pyroxéne d'un beau vert d'ëmeraude ; les cristaux sont trop petits et trop enfoncés dans la stéatite pour pouvoir bien reconnaître leur forme ; mais on observe sur quelques uns les faces obliques du biseau qui terminé les prismes du pyrcUéne.'

Je saisis cette occasion, de rendre un témoignage de reconnaissance et d'estime à Af. ^éipan , qui, l.or3.de mon séjour à Paris , était chargé particulièrement de la direction de ce cabinety pour l'Jbonnéteté et la complaisance extrême avec laqulfeUe il a bien voulu melaisser^tudier cette magnifique colle<^tion, et pour les observations et notes intéressantes qu'il a ey la bonté de me communiquer.

TERRAINS PRIMITIFS. P^mvène en roche. 249

Lorsque les grains deviennent si petits que Tœil ne saurait plus les distinguer» la roche parait compacte, comme on l'observe très souvent.

Il passe du fortement translueide à Vopaque.

D est assez dur; il raye le verre, et donne quelques étincelles au briquet. 11 est aigre, maigre au toucher, et donne une poussière grise tirant un peu au vert; sa pesanteur spécifique varie depuis 3,35o jusqu'à 3,333.

Quelques échantillons sont faiblement phosphorù/ues lorsqu'on les frotte dans l'obscurité avec une pointe d'acier.

Vacide nitrique nt le dissout point ; il se fond au chalumeau san^ addition avec la plus grande diffi** culte en émail verdâtre. Le borax le dissout facilement et forme avec lui un verre de la même cou* leur.

D'après l'analise chimique de M. Vogel , le pyroxène en roche est composé de :

Silice 455^^

Alumine 1,00

Chaux. . i9>5o

Magnésie J 16,00

Oxide de fer. 12,00

Oxide de chrome .' o,5o

Oxide de manganèse. . . 1 . une trace.

Perte 6,00

Ce chimiste distingué a donné .une descriptiou

a5o III* PARTIE. DESCRIPTION DES TBERAIITS. extrêmement intéressante des procédé» qu'il a employés pour foire cette analyse. Voyez le Journal des Mines, n"" igg, pag. 71 et suiv.

Le principe colorant n'est point uniformément répandu dans cette roche ; ses dÎTerses couleurs alternent de la manière la plus brusque ; ainsi on remarque fréquemment qu'une nuance se change tout d'un coup en une autre sur l'étendue d'une même lame , et qu'un grain diffère senMblemenI par sa couleur de celui qui se trouve à cdté, sans que l'on puisse reconnaître une différence dans ses autres caractères.

Cette diversité de couleur le fait prendre au premier abord pour une roche composée; aussi ai-fe toujours remarqué que le pypoxène d'un beau vert n'est pas aussi difficile à fondre que celui dont la couleur est grise ou brunâtre , et qu'il résiste en même temps beaucoup mieux à l'action de l'atmosphère que les autres variétés, comme je le dirai plus bas.

Il résulte de la description que je viens de donner de ce minéral , qu'il se rapporte exactement à Taugite ou pyroxène ; car il s'accorde avec ce dernier par sa division mécanique , sa pesanteur spécifique, sa dureté et sa manière de se comporter au chalumeau. Cette conformité se soutient jusque dans des modifications accidentelles , comme la séparation en pièces séparées grenues , si distinctes dans la variété granuliforme (coccolithe) , ainsi que les variations de couleurs , etc.

TIRAAINS PAIMITirS. Pyroxème eu roche. a5i

Le pyroxène en roche se dtstingue sufi&sâmment de V amphibole par son clivage, qui, dans ceiui*cî, a lieH softis tm an^le de \2{^^ \^ par sa plus grande dureté, par la plus grande difficulté à se fondre , etc.

De même on ne peut pas le confondre avec Yé^ pidote ou pistazite , car celui-ci se difise en prismes quadrangnlajres dont les an^es sont de 114*" t et 65* T ) ^^ îl ^st plus <lur et plus pesant.

Le péridot et Idi diatlagê sont les^substanoes minérales qui pi^sentent le plus de ressemblance avec le pyroxène en iH^cfae \ mais <^n les distingue assez facilennent , en ce que le clivage est également neft dans deux sens dans le pyroxène, ce qui û'h lieu ni dans )e péridot, oi dans la diallage, en ce qu'il est plus tendre et moins pesant que lé péri-^ . dot , et plus dur et plus pesant que la diallage

Cependant le pyroxène en roche ne se trohve pas toujours td que* je viens de le décrire. Il présente des variétés^ nombreuses, qni proviennent soit des modifications acddentel4es>dans sa struc^ ture, soit de l'association avec d^autres minéraux, qui le déguisent souvent dételle manière qu'on ne pourrait plus le reconnaître si on n'avait pas pu suivre lies divers-degrés de ce changement. -

* Ainsi lorsque les pièces séparées deviennent m petites qu'on ne peut plus Jes distinguer, la roche parait cmnpacte et perd de son édlat; les diverses couleur se confondent et produisent un vert sale qu'on n'observe pointdanslesgrainsbiencrtstaUins.

!»5a IIP PAflTIE. DESCEIPTION DES TERRAINS. Mioéraox S* ' ^ 7* ^^^ minéraux que j'ai trouvés mêlés ayec acc2^pa. le pyroxèoe en roche , sont : accSLn'tciic. *' ^u minéral ressemblant d'une manière frapicpyrôxènc ?^^^^ ^ 1^ gadolinite, de laquelle il est pourtant «n essentiellement différent.

roche.

Voici sa description oryctognostique :

Il est d'un ncdr parfait.

On ne le trouve que disséminé, en parties , rare* ment d'un volume bien sensible , et qui ne présentent aucune forme eristalliùe.

Il est très éclatant , d'un éclat vitreux.

Sh casêure est canchoïde; cependant dans certains échantillons on reconnaît une tendance à la cassure lamelleiue.

Il est opaque^ dur {rayant fortement le terre), aigre; il donn^ \xnt poussière d!un gris verdâtre et maigre au toucher j et il est facile à casser.

Le petit .volume des morceaux ne m'a pas permis de déteroûnér sa pesanteur spécifique.

Il n'agit point sur l'aiguille aimantée, pas même après avoir été cha^uffé , et n'acquiert non plus aucune électricité par la chaleur.

Il est indissoluble dans l'acide nitsique et infusible au chalumeau.

Il se distingue donc de la /oormu/ma. par 'SOD infusibilité, et en ce qu'il n'acquiert point d'électricité par la chaleur; de la gadoUnite^ en ce qu'il n'agit point sur l'aiguille aimantée et ne se dissout pas dans les acides , taudis que cette dernière forme avec eux une gelée épaisse. Enfin il se distingue

TERRAINS PRIMITIFS. Fjrroxène en roche. a55 de VaUanite par son iofasibilité et sa plus grande dureté ; outre cela , la couleur de ces trois substances avec lesquelles je viens de le comparer tire plus sur le brun.

Gomme cette substance parait être nouvelle, je proposerais de la nommer picotite. C'est un faible hommage que je rends à la mémoire de M. Picot de laPeyrouse , qui a tant contribué à faire connaître lUstoire naturelle des Pyrénées, dont il s'est occupé pendant toute sa vie. Je n'oublierai jamais les bontés dont il m'a honoré pendant mes longues stations à Toulouse, durant les quatre années que j ai employées à visiter les Pyrénées.

Ce minéral est répandu dans presque toute la masse du pyroxène en roche ; mais en trop petite quantité et en parties trop fines pour lui imprimer un caractère particulier ; c'est aussi par ce motif que je le place parmi les minéraux qui lui sont interposés accidentellement. i

2. amphibole lametleuse. On trouve ce minéral , quoi({ue rarement, dans le pyroxène en roche, d^ans les quartiers de montagnes de la vallée de Suc^ nommés Bedovietle^ Escourgat ^ Bernadaaze , etc.

3. Talc , stéatite et ollaire. Le talc ebt fort commun dans le pyroxène en roche. Je parlerai bientôt du changement que cette dernière roche subît en s'associant avec des minéraux talqueux.

La êtéatite s'y trouve souvent en croûtes superficielles d'un vert grisâtre, tantôt clair» tantôt foncé, très lisses et éclatantes.

a56 III* PARTIE. DESCRIPTION DES TËRRAIIf S.

§. \2\. J'ai déjà dit plus haut que le pyroxèûe en roche est fréquemment mélangé d'une plus ou moins grande quantité de talc.

Si la proportion de ce mélange est si considérable que le talc domine et que le pyroxène en soit entièrement pénétré , il en résulte une roche qui ressemble d'une manière frappante à la serpentine. On en trouve des morceaux qui ne diffèrent de la vraie serpentine qu'en ce qu'ils sont un peu moins tendres et que leur poussière est moins grasse au toucher. Cette légère difféi^ence pourrait mêmeeritièrement disparaître si le talc devenait eùcore plus abondant, et si le tnélange était encore plus intime; mais dans les parties les plus talqueuses, on recoonaît encore des parcelles de pyroxène et de picotite.

Je remarquerai ici que les roches que l'on a désignées sous le nom de serpentine dans plusieurs contrées des Pyrénées, notamment tlahs le département des Hautes-Pyrénées , n'appartiennent en aucune manière à cette sorte de pseudo-serpen^ Une ( que Ton me permette cette expression ) dont je viens de parleh Ce mélange de pyroxène et de talc ne s'est présenté à moi qu èiLapinouse, à Bedovielle, etc. ; dans la vallée de Suc; au lieu nomnaé Et-tot-de-hiodlifiàÉ , à peu de distance au sud-est de Portet; au -<?ôl dit Ei-Càurrets-de-PassacheU , sur la montagne de Colas , au nord du même village , et ati-deésns di/hanfieau de Lacas, commune de Couledoux, à la droite du chemin d'Jspet, dans la vallée de Ger,

TERRAINS PRIMITIFS. Pyroxhne en roche. %Sj §• 12a. Lepyroxène en roche est , comme nous GUement rayons dit §. io5, intercalé en couches dans le gé^'iê^° calcaire primitif ; on le rencontre dans les masses cette roche. calcaires qui , formant de vastes montagnes superposées inmiédiatement au granité , s'étendent depuis la vallée de Ficdes8o$,ddins le département de VArriége , jusqu'au delà de Sm.nt-Béat, dans la valléede la Garonne , et que nous avons décrites dans le chapitre précédent. Le pyroxéne s'y trouve en stratification parallèle ^ mais interrompue ^ c'est-àdire qu'il y forme des masses fort épaisses en proportion de leur étendue , ou plutôt des amas stratifiés (^liegende stocke). Plusieurs de ces amas se rencontrent à des distances plus ou moins grandes dans une montagne calcaire; ils y sont disposés l'un par rapport à l'autre, de manière qu'un plan pourrait les couper tous à la fois , et que ce plan est parallèle à la fois à leurs strates et à ceux du calcaire , comme aussi à la direction principale des roches des Pyrénées , savoir , de l'est sud-est à l'ouest nord-ouest. Leur inclinaison varie beaucoup , ainsi que celles des strates calcaires : elle m'a paru être en général de cinquante à soixante degrés vers le sud. Ces amas de pyroxéne sont d'une grosseur extraordinaire. Le plus considérable se trouve à V étang de Lherz , où il constitue la majeure partie des montagnes de cette contrée. Je l'ai poursuivi sur une longuetir d'environ cinq mille toises , depuis le planel de Bernadouze jusqu'au passage d'Erce , à l'ouest de l'étang. Son épaisseyr

est difficile à déterminer , mais je présume qu'elle surpasse trois cents toises.

Place §. 123. L'étendue et le volume des masses que

^eoper** composc le pyroxèuc en roche ne permettent pas ciâM?acation ^® ^"^ refuser une place parmi les roches propredèf n)chet. ment tlites. Son affinité pour le talc le lie en quelque sorte à la serpentine. Or, dans les systèmes dans lesquels les roches sont rangées d'après leur âge relatif et les rapports géognostiques qu'elles présentent entre elles , le pyroxène en roche devrait être classé entre la serpentine et le trapp primitif, roches qui, comme lui, sont si souvent subordon* nées au calcaire primitif.

Fonnition S' * ^4' Quaut à sa formation et à son âge rela-

** *^n®****^ tif , Je pyroxène en roche est contemporain du cal-

pyrozène cairc* primitif qui se trouve immédiatement su-

«>«*>«• perposé au granité. Or si ce calcaire parait être

postérieur au schiste micacé des Pyrénées, comme

nous l'avons dit plus haut (§. 109.) , le pyroxène

Test aussi ; néanmoins c'est une des roches les

plus anciennes.

§. 135. Je n'ai trouvé que deux dépôts princiod paux de pyroxène en roche dans les Pyrénées.

Le premier est dans les montagnes de la vallée 4e Ficdessos , département de Yuinnége , et l'autre dans celle de Poriei , entre la vallée de Ger et celle

TERRAINS PRIMITIFS. P^roxène en roche. aSg

de Betlongue ou Fatlonguej département de la Haute^aronTie.

Dans la vallée de Vicdenot , on le trouve, en prenaier lieu , dans le quartier nommé la terre de Sem , sur la montagne de Rancié. Là il n'a que peu d'épaisseur, ainsi que le calcaire qui le renferme. Aussi ne s'étend-il pas loin à l'ouest ; la vallée de Ficdesêos l'interrompt bientôt , et il ne reparait que sur le côté opposé de cette n^me ? allée , au pied de la montagne de Bouche , dans les quartiers dits Portot-en-y, et Lai^ouges. C'est l'endroit où l'on peut le mieux observer le gisement de cette roche , et où elle forme un amas énorme. Plus à l'ouest et vers le sommet de cette même montagne , dans le quartier nomméleplaneld'jàxj on en remarque un autre dépôt moins considérable. Il s'élève sur la pente rapide de la montagne , en forme de petit pic , et contraste si fort par sa couleur noire avec la blancheur du calcaire qui l'environne , qu'on l'aperçoit de très loin.

Du plancl d'Ax plus à l'ouest , le pyroxène est interrompu par la vallée de Suc ^ sut une longueur d'environ trois mille toises. On le retrouve dans le quartier de montagne nommé le planel de Fraiclùr' nède , petit plateau couvert de pâturages sur la pente des montagnes qui bordent au sud la petite vallée de Suc. Ici le pyroxène forme des masses considérables. Lés quartiers principaux de montagne^ de cette coûtrée , occupés par le pyroxène , sçnt Bedoviel, Lapinouse et une partie du planel de Ber-^ nadouze, à l'ouest de celui de Praickinede.

a6o IIP FAETIE. DESCRIPTION J[>BS TERRAINS.

De Bernadouzeie pyfOKéne se proloage jusqu'au delà de Vétangde Lherz en occupant un espace très étM^du. Au delà, il pacait:«e terminer à la vallée d'Erce^\, oà \e raioherclké en; Tàin, qjioique le calcaire y soft très répandui

Voici' l'ordre (jbinsi lequel les roches' se suiveat dans celte contrée i

JjegMf^ite, pâssantMtaotÔt au^gneiss.y tantôt au schiête t^ca^é ^ qni est recouvert ^ yraiBèmblaible*mènt fen iStrâiificatioHffuviparaUèks par le calcaire; Lecideàire primitif n^ài renferme le pyréxèBe.en roche et âer* couches fort con^dérables de .gnin^ stein commun et de grunstein compacte (§. io5.)y comme on robservedane la gorge qui conduit du villa ffe de SfaUeip'9iWpon (col) dàmâme^nom ;

Epfl» ^e calcfaire prittiitif est irtooufvert^^ en ê&aitjflmHèn non parallèle j par le calcaire de tran*^ nii^ii qui alternie atec du schiste argileux et de la brèche calcaire. .

Le second dépât depyroxène eu roche q^e )*ai observé clans les Pyvén^ées^ ^st aux^iepyirons du vdlage de Parut , daûs la Valbngae. Là je tt'en ai tMki¥é^4^ détint ttolas^; l'un est à trèsipeu «de dîsr tancfe au sud-e^tj dn vâ^lage , dans le quartier vdc mentughes^omiiié 'BPHfot^-^Siê^inô^^ ici le py*< roxène est chargé «de tak?r l'autre se trouve sut la montaigne^ C(7k^au"aordM>uosjb du village, et forme même une part{^ tle sa crêtes Cet amas est d*ufne très gn^nde étendue $ il fovmt toute la partie de la èrèee q«ii se trouve entre le col de Pma^

TEHKAINS PMMITIFS. Pyroxène en mche. ' a6i (àeu , et le col de Pabûnei^os ; et^ de là plus au nord , les quartiers nowmxk^ oomlme de Hérèche ^ et counmi0 de GoumeW. Il est méine possible qu'il s'étende plus loin, soit à T^st du jeolde Pa§a$'ekeUy soit à J'ouest de cdlui de P^lifmeroê ^ câais on ne peut le poursuivre , parce qu>'i} se 4dch^rfr deux endroits sous cette bfèehe cftloairetqui a été décrite pl^s hs^ul;« (§«108.)

Dans cette49>t^trée9 PordredluM ilequiâl des poches sont superposées lef^ unes auK autres est Je même que dans les m/ontagnea de la vallée de Fwiesêos.

Le pyroxène en roche ôfe trouve encore^auprès du hameau de Lacus, commune de CoidedoUxy et en blocs détachés sur le chemin de PorM k l'église de CouUdoux i dans ' le quai^er nommé la wrreée-la Ruho.

§• 1 â6. On ne trouve pas le pyroxène en nasses aase^ grandes 'pcurqu'on puiase juger de la ^forme que les montagnes prendraient s'il fes^ tonst^àit àkii seulJGe^dndanf^ ^ur. la montagne sdeC^^/a^el sur le > plateau < qui porte l'étkng' de Lherz^^ il iformb des -monticules isses arrondisses couverts kh grande partie par du gaix>n> Au sud de l'étang i\ s'élève au contraire en rochers escarpés et' fort arides,- formant ainsi l'enceinte méridionale* db bassin qui contient l'étang; ' •

Forme extérieure

des montagnes

qu'A constitne.

§. 137. î On aperçoit au pîed des rochers 'dont Brèches CD vient de parleîr^ une quantité extraofdifkalïie^d^ ^cnîo^he"*^

3621 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, blocs de cette roche » dont les arêtes sont très bien conservées. Ils forment un énorme monceau qui occupe tout Tespace entre cette muraille et Tétang. Au pied de ces éboulements , principalement au bord de Tétang et à fleur d*eau , on observe de très jolis poudingues.

Ce sont des fragments très anguleux de prroxène de toutes grosseurs , depuis celle de plusieurs pieds cubes jusqu'à celle d'un grain de sable , agglutinés par un ciment calcaire, d'un très beau blanc.

Souvent les espaces entre ces fragments ne sont pas entièrement remplis; et alors de jolis cristaux de chaux carbonatée tapissent les parois de ces vides.

Les fragments sont très altérés à leur surface ; ce qui fait présumer qu'ils ont été long- temps exposés à l'action de l'atmosphère avant de s'être agglutinés.

Mais on ne trouve pas seulement des poudingues à fragments de pyroxène ; on en rencontre encore beaucoup qui renferment également des fragments de calcaire primitif. Sur la sommité du port de Lherz, on voit de gros blocs de ces poudingues descendus de la montagne nommée Laspaloumères qui borde le col au sud. Ces brèches y font partie de celles dont on a fait mention. (§. loi^).

Lorsque le calcaire qui sert de ciment est intimement mêlé de parties très fines de pyroxène , il prend un aspect tel, qu'on croirait au premier abord voir du pyroxène compacte.

TEKRAINS PRIMITIFS. Pyroxène en roche. a63 Les poudingues ne présentent aucune apparence de stratification. Us sont en masses informes adossées aux escarpements.

J'en ai pourtant remarqués, à peu de distance à Textrémité orientale de Tétang, qui semblaient au premier abord être intercalés dans le pyroxène en roche, et en être contemporains.

Mais en les examinant attentivement, on reconnaît que les fragments ont rempli une large fente, dans laquelle ils ont été agglutinés par Tinfiltration des eaux chargées de molécules calcaires.

§• 128. Il résulte des observations que j'ai été à Réramé. même de faire sur le pyroxène en roche, et que je viens de rapporter :

1. Que le minéral connu jusqu'à présent sous le nom de Iherzolithe est une variété du pyroxène. (S- ii5 et S- 116.)

2. Qu'il est mêlé accidentellement avec d'autres substances minérales, qui déguisent quelquefois sa nature au point qu'on a de la peine à la reconnaître. (§. 117. )

3. Qu'il s'altère bien moins que les autres roches. (§. 118. )

4- Qu'il est stratifié, mais que, par suite des nombreuses fissures dont il est ordinairement traversé, il est souvent difficile de reconnaître et de déterminer les vraies fissures de stratification. (S* < 19*)

5. Qu'il ne renferme ni couches étrangères, ni gîtes particuliers de minéraux. ( §. lao. )

ïi64 UV PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS.

6. Qu'il prend souvent un aspect analogue à celui de la serpentine en se mêlant intimement avec létale. (§. 131.)

7. Que sa grande étendue lui assigne un rang parnott les rocbes, et que son affinité pour le talc semble indiquer sa place entre la serpentine et le trapp primitif/ avec lesquels il a d'ailleurs quelques rapports par son gisement. ( §. 122. )

8. Qu'il se rencontre en $tratificaiiori parallèU mais interrompue dans le calcaire primitif. (§Ji23.)

9* Enfin qu^il «st bien plus répandu dans les Pyrénées qu'on ne l'avait cru jusqu'à présent.

8*. Trapp primitif.

Remarone S- "9- J'^î déjà dit plus haut ( §. 34-) quc le

*^8^k ^^PP primitif n'est point dans les Pyrénées le

nsement résultat ^V^^ formation indépendante , que

des par conséquent il ne constitue pas dans cette

PyrénéM. \ , ^ . ,. . ,.,

cname un terram particulier, mais qu il y est toujours intercalé dans d'autres terrains , en forme de couches ou d'amas subordonnés. Nous avons donné déjà la description des couches de trapp interposées dans le granité ( §. 66.) et dans le calcaire primitif ,(§.io5.). Quant à celles que Ton découvre dans le terrain de schiste micacé» nous nous sommes contentés d'en faire mention ( §. go bis.)^ parce que ces couches de trapp? ayant une grande étendue et présentant beaucoup de carac-

TERRAINS PRIMITIFS. Trapp primitif . 365 tères et d'accidents remarquables, leur descrip^ tion aurait trop interrompu celle du terrain de schiste micacé; nous nous proposons mainteniint de les décrire avec quelques détails.

Les roclxes trappéennes dont il va être question se rencontrent dans les montagnes de schiste micacé qui s'étendent depuis le pie d*jirbizon jusqu'à IdLvallée deCauterezj enbordant au ^ud l^valtée du Bastan; je désignerai leur ensemble sous le nom de montagnes de Baréges^ parce que ce lieu, si célèbre par ses eaux minérales, en est très rapproché*

Ces roches alternent dans ces montagnes avec des couches de schiste micacé, de schiste argileux, de calcaire et de quarz , dont l'épaisseur varie beaucoup; c'est tantôt le cféhiste, tantôt le trapp, tantôt le calcaire qui domine; Cependant le plus ordinairement ce sont les schistes micacés et les calcaires qui présentent le plus d'éteûdue.

S- i3o. Les roches trappéennes les plus com- Roches

. . . trappéennes

munes de ces montagnes sont le grunstem com" des pacte et le feldspath compacte. L'une et l'autre s'y ™**'^^"^®' trouvent en couches dont l'épaisseur varie beau- "•^«■* coup ; et elles alternent soit entre elles, soit avec des couches de schiste micacé, de schiste argileux et de calcaire.

Le grunstein compacte est d'un vert noirâtre très foncé , qui quelquefois passe au noir bleuâtre. Sa cassure est compacte , écailleuse et même conchoîde. L'aspect scintillant que cette roche présente, lors-

a66 IIP PAKTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS.

qu'on la regarde au soleil, provient sans doute d'un mélange de parties fines cristallisées d'amphibole.

Le feldspath compacte est communément gris de cendre^ et passe souvent par de nombreuses nuances au noir grisâtre ^ ou au gris verdâtre^ et même au vert de montagne clair. Ces diverses couleurs alternent ensemble en veines , depuis une ligne jusqu'à quelques pouces d'épaisseur, et donnent à la roche un aspect rubanné.

Il est moins transparent sur les bords que le feldspath compacte de Pissevache en Vallais, mais il est un peu plus fusible au chalumeau. Cette roche affecte quelquefois une structure schisteuse, et se délite en forme de dalles à peu près comme l'ardoise; aussi sert- elle au même usage, dans plusieurs villages de la vallée du Bastan. Il paraît qu'eDe doit cette structure schisteuse à des lames ou plutôt à des couches extrêmement minces de talc argentin qui y est intercalé, tantôt pur, tantôt mêlé avec du calcaire. ^

Lorsque des cristaux d'autres minéraux sont implantés dans ce feldspath compacte , il prend alors une structure porphyroïde. Les minéraux qui se trouvent ainsi disposés dans cette roche , sont ordinairement de l'amphibole , du feldspath laminaire, du grenat, du quarz, etc.

Les autres roches trappéen nés qu'on observe dans ce chaînon de montagnes , sont du grunstein schis* teux et de l'amphibole schisteuse (hornblendeschiefer ) ; mais elles sont moins communes que

TERRAINS PRIMITIFS. Trapp primitif. nôy

les deux précédentes. Le grunstein schisteux est très souvent décomposé, terreux et onctueux au toucher.

Le trapp amygdaloide et la variolite paraissent manquer totalement dans ces montagnes; du moins je ne les y ai jamais rencontrés , ni dans aucune autre contrée des Pyrénées , à l'exception de quelques fragments d'amygdaloïde, roulés par le Sois^ ton y rivière de la vallée de Soûle; je les décrirai en traitant du trapp secondaire auquel ils paraissent se rapporter.

des

montagne!

de

Baréges

renferme.

§. i3i. Le trapp primitif dont il s'agit ici, et le ninéranz calcaire avec lequel il alterne fréquemment , sont qo^îe^Iipp les deux roches des Pyrénées dans lesquelles on observe le plus grand nombre de minéraux étrangers et d'espèces peu communes. Ces substances minérales s'y trouvent , soit en cristaux ou en masses de forme irrégulière , empâtées dans la roche , soit en petites couches ou veines alternant avec elle, soit enfin en petits filons et tapissant les parois des fentes. Les deux premiers gisements indiquent que la formation du minéral étranger est contemporaine avec celle de la roche; les substances au contraire qui forment les gangues des filons et qui tapissent les parois des cavités , sont nécessairement d'une origine plus récente que celle de la roche.

Mais comme on observe que le même minéral , qui se trouve en forme de cristaux empâtés ou de

368 Iir PARTIE. DBSCRIPTION DES TERRAINS. veines dan3 Tintérieyr de la roche ', remplit ^ale» ment les filons et fecçuvre les parois des fissures, on ne peut pas s'empêcher d'en déduire la conséquence qu'il j a des filons et des fentes extrêmement anciennes , et qui ont été formées à l'époque où la roche était encore environstéadu même fluide dans lequel les mol^écules des substancea minérales dont elle est formée ou q^^elle empâte se aont eris** talltsées.Les filonsde gmnite^ns legranit6(§. 72. ), etlesfissuresdOntlesparoissonttapisséesdetDurma- Une (§. 67.) , nous ont déjà offert un fait semblable.

Nous allons décrire tous ces minéraux qui se trouvent soit dans les roches trappéennes des montagnes de Baréges^, soit dans Iç calcaire qui akeme fréquemment avec elles.

1 • Le quarz. Ce minéral se rencontre asseK sour vent disséminé en petits grains dans les diverses variétés de trapp du pic d*Ayre^ de campana de la Vaque i du cou d^Espada^ etc. Ces grains seniblent quelquefois prendre des formes régulières.

Dans la partie occidentale du pic d'Ereslids , on trouve dans ces mêmes roches* des cavités et des lentes ouvertes dont les parois^sOnt tapissées de cristaux de qua.rz limpide ou d^ cristal de roche; lear forme est toujours :1e , prisme hexaèdre ter-

1 «TenteDcls , avec M. Brochai^t de Yilliers , par veines , non de petits filons qui traversent en tous sens une roche , mais des couches minces communément peu étendues , et qui , jkir conséquent y lorsqu'elles soni trés^rapproGhé^s les ânes des autres^ donnent un aspect rubanné à la roche. .

TERRAINS PRIMITIFS. Trapp primitif . 269 miné par an poiotemen^t à six faces. Ces cristaux simtcommunémeiit très r.éguliers et assez gros; mais je n'en ai jamais vu d'un volume aussi con-* sidérable qu'un grand nombre de ceux que l'on trouve en Suisse. Ils sont communément d'une transparence bien supérieure à ceux du Saint'»' Gothard , et renferment (j^elqu^fois des flocons de chlorite , des cristaux àciciilaires d'épidote 1 d'am^ phibole i et des fibres d'asbeste et d'amianthe ; j'aivu des échantiltons d'une beauté rare; on y a méine trouvé du fort beau quarz-agate chatoyant couûu 8OUB le n6m'd*mld$chat

2. Le grenat; €e minéral est, asscK commun daa8>e>ertaines contrées du terrain trappéen desenfironB^et^iir^^.^ Il est^res(;^e toujours cristallisé eo dodécaèdre rhomboidaux parfait». Les cris-* taux /quoique en général très nets, sont ordinaire* ment petits ou de moyenne grosseur; ils sont implanté^, in,dîstipctement çt dans le feldspath compacte et dans le calcaire; cependant on. observe que ceux qui se trouvent dans le calcaire sont plus gros que les autres.

Ces grenat sont. remarquables par la variété de leur couleur; on en trouve de rouges, de faunes, de blancs et de noirs. Les grenats blancs et noirs sont les plus rares ; les blancs sont tantôt blancs jaunâtres, et dans ce cas peu transparents ; tar^tôt blancs grisâtres , et passant alOM par difiEéreBtes nuances de gris au noir grisâtre. Les blancs grisâtres sont quelquefois fortement translucides. Les cris-

a^o IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, taux noirs sont toujours un peu grisâtres et jamais d'un noir aussi parfait que les grenats de Frascati^ dits mélanites , desquels ils se distinguent encore par leur cristallisation , qui , dans ceux-ci» se rapporte presque toujours à la variété émarginée de Haûy , tandis que la forme des cristaux des Pyrénées est la variété primitive. Ceux-ci présentent en outre une netteté de cristallisation qu'on n'observe point dans le grenat de Frascati, et qui est également rare dans les autres variétés de ce minéral. Les cristaux noirs sont ordinairement petits , très rarement de moyenne grosseur; ils sont implantés dans le calcaire gris foncé à très petits grains» et dans le feldspath compacte avec lequel ce calcaire alterne fréquemment en couches peu épaisses '. Cette variété de grenat se trouve principalement dans la partie orientale du pic d'Ereslids; j'en ai

* On doit la découverte du grenat noir des Pyrënëes k M. Ramond. U l'ayait observe au pic tTEreslids, et en a donné une description très intéressante insérée dans le Journal des Mines, no 44 > P^g* ^^ ^t suiv.« et f^ojrages au MontrPerdu, p. 56. M. Yauquelin en a fait Fanalyse sur des échantillons que M. Ramond lui avait envoyés. (Voyez le même numéro du Journal des Mines, pag. 671.) D'après l'analyse de ce célèbre chimiste \e grenat noir du pic d'EresUds est composé de

Silice 4^.

Alumine 16.

Chaux 20.

Ozide de fer ... , 16.

Eau et matière volatile 4*

Perte i.

Total 100.

TERRAINS PRIMITIFS. Trapp primitif . a^i trouvé de beaux échantillons dans un couloir qui descend de cette montagne dans la gorge d'Escoubou$^ à environ dix minutes de distance du premier lac d*Escoubou$. On en trouve encore au pic d'Ise , à celui de Caubère , et même , d'après ce que Ton m'a assuré, au pic nommé eau d'Espade, près du col de TourmaleL

Je présume quun minéral noir grisâtre, en masse, à cassure conchoîde et peu éclatante, dur, donnant des étincelles sous le choc du briquet , al*

Ce savant a fait également l'analyse chi grenat rouge et a trouve pour résultat :

Silice 5a.

Alumine ao.

Chaux 7.7

Qxide de fer 17.

Perte 3.3

Total 100.

D'après les expériences de M. Ramohd , les cristaux noirs exposés à la flamme du chalumeau perdent promptement leur couleur et se fondent en bouillonnant avec autant et même plus de facilité que le grenat rouge , et donnent un émail sensiblement vert et buUeux.

Les grenats blancs se fondent également en bouillonnant » mais encore avec plus de facilité que les cristaux noirs^ et produisent un verre dont la couleur se fonce à proportion que les bulles diminuent.

Les cristaux blancs et noirs se distinguent encore des cristaux rouges par leur pesanteur spécifique , moindre de prés de moitié. Elle est pour les cristaux noirs a,5oo. Yojez le mémoire de M. Ramond cité ci-dessus^ p. 568.

Les divers caractères par lesqueb ce grenat se distingue des autres variétés ont engagé M. Werner & en faire une sous-es{>èce particulière sous le nom de PyrénéHe»

37a m* PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, ternant ici quelquefois avec le feldspath compacte et le calcaire renfermant les grenats noirs , pourrait bien être du grenat noir en masse.

3. Le ffidspatk. Outre que le feldspath entre essentiellement dans la composition des roches trappéennes 9 il se trouve encore d'une manière accidentelle dans le trapp de Baréges^ savoir, en forme de cristaux tapissant les parois des crevasses et fentes dont ces roches sont traversées.

Les variétés de cristallisation que j'y ai observées se rapportent au feldspath binaire, f. diti' traèdre , f. bibinaire^ et au feldspath quadridécimaL Les cristaux bibinairet et quadridécimaux sont communément accolés deux à deux par leurs faces larges ; on observe souvent que les faces libres de ces cristaux sont toutes hérissées de petites pointes pyramidales du même minéral, ce qui n'est, au reste , qu'use imperfection dans la cri&tallisation. Ce feldspath est blanc jaunâtre- et blanc grisâtre; il passe rarement à l'état d*adulaire. Les cristaux sont de moyenne grosseur et forment des groupes irréguliers, accompagnés souvent d'amianthes de chtorite, etc.

Les fentes et les cavités qui renferment ces crist^^ se rei^çpatrent au/?tc d'Ereslids, ^upic d'I$e, et dans le quartier, de montagne nommé Zanuusoyé, entré le pic d*Arbi:i^n et celui de eau d'Efpade.

4* Vaxinite. Cette belle substance minérale se trouvé aussi dans le terrain trappéen des montagnes

TERRAINS PRIMITIFS. Thxpp primitif. 375

de Baréges^ on la rencontre soit en cristaux , soit en masses amorphes.

L'axinite cristallisée est devenue extrêmement rare ; je n'en ai point trouvé moi-même , mais j'en ai vu dans la collection de M. Picot de Lapeyfouse de très beaux échantillons que ce savant avait apportés du pic d^EreslidSj où il a découvert cette substance, lors d'un voyage qu'il y fit en 1782, avec le célèbre Dolomieu. Voyez la description détaillée qu'il en a donnée dans le Journal d^ physique , tom. XXYI, pag. 4^1. Les cristaux se rapportaient aux variétés primitives équivalente et amphihexahdre.

Ils sont de moyenne grosseur, de la même couleur que ceux du Dauphiné, tirant cependant un peu plus au brun, et d'une belle transparence. Ils forment de fort belles druses avec des cristaux d'épidote , de prehnite , de quarz limpide et des fibres d'amiante. Il parait qu'ils se trouvent dans des poches ou àes fentes , car j'ai vu plusieurs de ces échantillons dans lesquels on remarque des fragments de grunstein schisteux et d'amphibole schisteuse très décomposée , agglutinés pajr de l'amiante et de l'axinite.

L'axinite en masse n'est pas aussi rare ; j'en ai ramassé plusieurs fois dans les éboulements du pic d'Ereslids , soit vers la gorge d'Escoubousy soit vers celle de Lienz.

M. Picot de Lapeyroùse a encore observé de l'axinite ailleurs dans le même terrain , au cirque

a74 in* PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS. d'Arec ou éArbizon^ vers le pied du côté oriental du pic d'Arbizon. i

5. La trémoKthe ou amphibole blanche^ Ge minéral se rencontre rarement dans le cal(^iè|ii|m alterne avec les roches trappéennes. t ? ;.

6. Vépidote. On a trouvé de très beacrx cristaux d'épidote réunis en faisceaux au pic d^Ereslids et au pic d'Ise.

7. htj^roxène. C'est l'espèce minérale que Ton rencontre le plus rarement dans ce terrain. Moimên^ je n*en ai point trouvé , mais j'ai vu un échantillon de cette substance dans la collection de M. de Drée; il a été apporté du pic d^Ereslids par Dolomieu. Je crois en avoir vu un autre cristallisé du même lieuj dans la collection de minéraux de M. Alluaud , à Limoges ; enfin je dois à la complaisance de M. Faujas de Saint-Fond un très beau morceau de pyroxène des environs de Baréges rapporté, si je ne me trompe, également parDolom'eu.

Il est cristallisé en prismes presque rectangulaires ayant les bords latéraux tronqués ; la terminaison n'est pas bien caractérisée. Ces cristaux sont de moyenne grosseur, confusément entassés les uns sur les autres ; leur surface est raboteuse , et leur couleur noir-verdâtrc. Il parait que cette substance s*est formée dans des cavités ou des fentes; mais l'échantillon que j'en possède ne permet pas de reconnaître la nature de la roche à laquelle il a été adhérent.

Si La prehnite. On rencontre quelquefois de la

TERRAINS PRIMITIFS. Trapp primitif. a^ô prebûitè lamelleusc dans les roches trappéennes destnôfitdgnes de Buréges. Elle est communément cristaDIsée en tables quadrangulaires un peu obli* quafill^d^ tantôt parfaites (p. rhomboïdale) ^ tantôt ayant les bords obtus tronqués (p. hexagonale.) Les cristaux sont petits > et tantôt aggrégés par les faces latérales en forme de gerbe , tantôt entrela^ ces cônfnsément les uns dans les autres , et formant alors des druses cellulaires. Leur couleur est ordinairement le blanc jaunâtre et le blanc verdâ^ ^e , rarement le vert de pomme pâle. Ils sont souvent souillés de chlorite terreuse.

Lorsque les cristaux tabulaires de prehnite sont très petits et fort minces , ils forinent la variété à laquelle M. Picot de Lapeyrouse avait donné le nom de koupholite^ et qu'il a découverte le premier au pie d'Ere$iid$. La prehnite s'y présente en très petites lames d'un blanc jaunâtre, agglomérées et entrelacées confusément les unes dans les autres, de manière à former une masse cellulaire ou plutôt spongieuse très légère et extrêmement fragile.

J'ai vu chez M. Picot de Lapeyrouse une belle série d^échantillons dans lesquels on reconnaissait parfaitement le passage de la koupholite la plus parfaite à la prehnite la mieux prononcée.

Cette substance se trouve dans des fentes du feldspath compacte ; ou bien elle forme des nids dans le calcaire , comme dans le ravin de Riotimaou^ sur le chemin de Luz à Gèdre , un peu plus haut

aye IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, que Saint'Sauveur j sur la rive droite dq Gave. Il est très difficile de réussir à en recueillir des échantillons à cause de sa grande fragilité. En effet , dès qu'elle a été mise à découvert par un éboulement ou par les travaux des chaufourniers de Rioumaouj elle se dégrade promptement , et se réduit en poussière.

g. La êtitbite. Ce minéral n'est pas bien rare dans le terrain trappéen des montagnes de Baréges. Il se présente en forme de petits filons de deux à six lignes d'épaisseur dans le grunstein schisteux et dans le feldspath compacte. Il est alors en masses d'un blanc jaunâtre , d'une cassure parfaitement lamelleuse, et d'un éclat nacré bien prononcé; mais on le rencontre aussi cristallisé en prismes rectangulaires qui sont, ou parfaits (s. primitive) , ou tronqués sur les angles ( s. épointée) , ou arrondis sur tous les bords latéraux ou seulement sur deux bords opposés, (s. arrondie).

Ces cristaux sont communément petits et très petits ; ils sont quelquefois réunis en groupe , mais plus communément ils se trouvent^épars survies parois des fentes vides. On en trouve dans le ravin de Rioumaouy au picd^Ayre^ à celui d'Ereslids , de Caubère j etc.

10. LUdocrase. Ce minéral se trouve , et dans le feldspath compacte , et dans le calcaire du terrain iTdip^éendeBaréges.Vidocrase queVon observedans le calcaire présente des cristaux de quatre à six lignes de longueur et de deux à trois lignes d'épais-

TERRAINS PRIMITIFS. Trapp primitif. 277 seur y qui' se rapportent aux variétés périoctaèdre et unibinaire.

Ces cristaux sont ordinairement très neta, et implantés dans du calcaire à petits grains , blanc-* grisâtre , renfermant des grenats dodécaèdres.

Cette variété se trouve au cirque d^Arec^ au pied du pic d'Arbizon ; au pic d'Ise ; et M. de Lapey* rouse l'a aussi observée à la Peyrkre de Cauterez. On observe encore Tidocrase sous une forme peu commune à cette espèce, savoir, sous celle de rosettes d'une à deux lignes d'épaisseur, et de un à un demi*pouce de diamètre , toutes composées de rayons très bien prononcés. Ces rosettes sont appliquées sur les strates du feldspath compacte en séparant ainsi un strate de l'autre. Cette variété est très rare. Elle a été découverte par M. Picot de Lapeyrouse , au cirque d'Arec.

11. Vharmotome. La découverte de cette substance intéressante dans les Pyrénées est due encore à M. Picot de Lapeyrouse, qui l'a trouvée, en 1786, au pic d'Ereslids. Mais il n'en a jamais recueilli qu'un seul échantillon, et j'ignore si on en a retrouvé depuis. C'est un morceau de quarz blanc accompagné d'une trace de galène, sur lequel sont accolés quelques cristaux d'harmotome de trois lignes de longueur, et d'une ligne et demie d'épaisseur; ils se rapportent à la variété cruciforme et ressemblent tout-à-fait à ceux du harz.

12. Le mica. Le mica est fréquemment disséminé en petites lames , dans les roches trappéennes

378 Iir PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAllSS. des montagnes de Baréges, surtout dans le grun^ stein schisteux.

i3. Le taie. Le talc endurci et le talc stéatiteux, sont également très communs dans ce terrain. On les trouve dans les roches trappéenes , et dans le calcaire qui léà. accompagne» soit disséminés , soit en veines. plus ou moins étendues* . Le tatc--chlorite forme assez souvent des nids considérables. dans le calcaire et dans le trapp; il remplit quelquefois les cavités qui contiennent les . cristaux de quairz, d'axinite, d'q>idote , etc. , et ces substances en sont souvent pénétrées. . Il est quelquefois d'une grande pureté et d'un beau vert de pistache.

On trouve de la chlorite principalement dans la partie occidentale du pic d'Ereslids; en outre aux picsdeCaubèreetd*Ise; à ceijx deCau^ d'Espade, etc. i4- L'asbeste. L'asbeste dur et l'amiante ( asbeste flexible) sont également très communs aux environs de Baréges. Ils forment des nids et des veines dans le trapp^et se trouvent aussi dans le oalcaiie accompagné et mêlé de talc.

fJ'ai trouvé sur le côté occidental, et à mi-hauteur du pic d!fireslids ,de très beaux échantillons 4'^^beste tressé^ connu sous le nomade iiége fossile.

L'asbeste et l'amiante accompagnent fréquemment let cristal de roche, le feldspath cristal*

lise, etc. rr.

ib. Vamiantoïdû de !V1^ Haûy, ou byssçlite^ de M. de Saussure^Ce minéral, regardé par M. Cor-

TËRAAJNS PRIMITIFS. Trapp primiUf. 1179

dier comme une yariété capillaire de Tampbir bole , se rencontre en très beaux échantillons au pic d'£reslids. Il recouvre l'enveloppe des cristaux de quarz et de feldspath; on en trouve aussi qui est engagé dans du spath calcaire '. Il est d'un brun jaunâtre et &t& filamens déliés sont très flexibles et élastiques.

16. Le fer sulfuré ordinaire et \t fer sulfuré fer^ rifere. Ces deux (espèces de pyrites sont a^sez souvent disséminées dans \ts diverses roches trappéennes et dans le calcaire qui alterne avec ^es.

1 7. Le graphite* On observe quelquefois dans le calcaire du Cau d'Espade^ despies d'Isej d'Breêlids^ et surtout dans celui de /{eoe<ma(7a> des lames de^raphite extrêmement petites, disséminées en grande quantité, qui donnent un aspect noirâtre à la roche, laquelle serait blanche sans ce mélange. A fiioumaou le graphite se trouve même sur les parois des fissures, et j forme. souvent des surfaces lisses et luisantes, analogues à celles que Ton rencontre quelquefois dans les mines de cobalt j de plomb sulfuré ou d'autres substances métalliques.

. 1 8. Enfin le nickel arsenical. Ce minéral a été dé-

■ On trouye assez souyent au Pic d'EresUds et dans d'autres lieux des environs de Baréges, de la chaux carbonatée laminaire, dans laquelle les stries parallèles à la grande diagonale du rhombe , que M. HaUy appçUe^ des joints summnérairçs, som extrêmement prononetfe$ ; j'enposs^. un ëobantililcm^ians lequel on observe des fibres d'amiante disposées dans le sens dç^ ces joints.

a8o IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, couvert dans le calcaire de Rioumaoupdir MM. Gîllet de Laumont et le Lièvre /inspecteurs généraux au Corps royal des mines '. Son gisement est actuellement obstrué par les débris de la carrière de pierre à cbaux qu'on y avait établie. Il Tétait déjà avant mon arrivée dans les Pyrénées; mais, d'après les échantillons que j'ai vus dans la collection de M. Picot de Lapeyrouse , il paraît que le nickel arsenical n'y formait point un filon, mais une veine d'environ neuf lignes d'épaisseur. Il n'est pas toutà-fait pur, mais visiblement mêlé de parties calcaires et de cobalt gris. Le calcaire qui le renferme est blanc-grisâtre à petits grains.

Tels sont les minéraux vaîiés que l'on a trouvés jusqu'à présent dans les roches trappéennes des montagnes de Baréges. Certes il est peu de contrées qui, dans un espace aussi borné que celui que ce terrain occupe , offrept un aussi grand nombre d'espècesminérales.

Cependant, pour ne pas donner de fausses espérances à ceux dont le but principal est de recueillir des échantillons précieux pour enrichir leur collection ^ je dois les prévenir qu'ils sont extrêmement rares dans les montagnes de Baréges *.

straUficatioii C, 1 32. Dans les roches qui constituent le ter-

des ^ ^

roches de ce terrain. » Ramond , V<yyages au MorU-Perdu, pag. ao6.

> Je recommande aux personnes qui visitent cette contrée dans le but d'en étudier la constitution minëralogique et géognostique , de prendre pour guide le nommé Pontis de Pontis.

TERRAINS PRIMITIFS. Trapp primiHf. 281 rain trappéen des montagnes de Baréges, on distingue parfaitement les différentes couches et même les strates dans lesquels ces couches se sousdivisent.

La roche qui présente Ta stratification la mieux prononcée ( en exceptant toutefois les roches essentiellement schisteuses ) est le feldspath com* pacte.

La stratification j est d'autant plus visible , que les divers strates se distinguent communément l'un de l'autre , par une teinte différente de couleur comme il a été déjà dit plus haut. (§. i3o.)

Les contournements, sinuosités et autres accidents de stratification si communs dans les autres terrains des Pyrénées, se rencontrent également dans celui-ci.

§. i33. Les diverses roches qui composent ce Couches terrain ne renferment point de couches étrangères, à moins qu'on ne veuille prendre pour telles les petites veines de grenats, d'axinîte^ d'amiante et autres que l'on y observe quelquefois, et dont nous avons donné la description plus haut. (§. i3i.)

§• 134. Je n'ai pas connaissance que l'on ait ^çteîwfn.* jamais découvert de mines dans ce terrain , excepté la petite veine de nickel de Riouniaou et les pyrites sulfureuses qui quelquefois sont disséminées dans ces roches. (§. i3i.)

Formation

et âge relatif

da

terrain

trappéen

des

montairnes

de

Baréges.

Sa disposition générale.

aSa IIP PARTIE. DESCRIPTION PES TERRAINS.

§. i35. Nous avons déjà annoncé pUis haut (§. lâp.) que les proches tiappéenoes des monta* gnes de.Baréges ne constituent point un terrain indépendant , mais qu'elles sont subordonnées au schiste micacé 9 et qu'elles alternent en couches avec toutes les rocbes, qui, composent ce ter* rain.

Cependant il parait qu'elles appartiennent à la période la plus ancîeniie;delaformiation de schiste micacé ; car il n'est pas douteux que la masse de schiste micacé qui se trouve sous le trapp dont la description nous a occupés dans ce chapitre 5 et qui le sépare du granité ^ est beaucoup moins puissante que celle dont il est recouvert. La bande trappéenne , pour me servir de cette expression , se trouve même si près du granité qu'elle le touche en quelques points » comme cela parait avoir lieu au pic d'EresUds.

Lorsque nous indiquerons les localités de ce terrain , nous ferons mention des protubérances granitiques qui l'avoisinent sur quelques points.

§. i36. Les terrains trappéens des montagnes de Baréges forment dans le schiste micacé, une bande dont l'épaisseur est peut-être d'up quart^de lieue en certains endroits. Cependant je dois rappeler cç que j'ai déjà di^t^, que cette bapde n'est pas formée uniquement de roches trappéennes, mais qu'elle présente plutôt un assemblage de couches

TERRAINS PRIMITIFS. Tfnpp primitif. a83

de schiste micacé , de echisteargileux , de calcaire, de schiste sih'ceux, de quarz, de feldspath compacte , de gransteia compacte , de grunstein schis* teux, etc., dont j'ai désigoé Fensemble sous le nom de terrain trappéen des montagnes de Baréges. Ces roches forment une espèce de chaînon qui , dans un^ direction parallèle à celle de la chaîne principale des Pyrénées, s'étend depuis la vallée d'Aure jusqu'à celle de Cauterez.

Un grand nombre de gorges et de petites vallées qui descendent de Néouvielte pour aboutir à celle du JBastan. et à la grande vallée de Baréges ellemême , ont rompu la continuité du chaînon et l'ont changé en une file de pics et de montagnes plus ou moins isolées ; toutes les montagnes qui bordent la v(^llée du Bastan^u sud , font partie de ce chaînon.

Il est situé sur le versant septentrional des Pyrénées, à la distance d'envirop trois lieues et demie en ligne droite du faite de la chaîna centrale géographique.

Il se trouve également au nord de la chaîne granitique, mais il en, est très peu éloigné; car il parait, même qu'il la touche ei;i plusieurs ppints comme on l'^cdlt plus baut.

§. 137. Le terrain trappéen , dont il s'agit ici , a Étendue une étendue beaucoup moindre que le schiste mi- localités, ca^é auquel il est subordopné. Il ne s'étend que depuis la vallée d'Aure jusqu'à celle de Cauterez^

aS4 m* PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, sur une longueur d'environ quatre lieues , en décrivant presque un demi-cercle autour de la protubérance granitique de NéouvielUj qu'il laisse à peu de distance au nord. Il se comporte donc , par rapport à sa direction, exactement comme le schiste micacé de cette contrée. (§. 94, bis.)

La bande trappéenne se trouve en premier lieu au pic d*Arbizony et surtout dans la partie de cette montagne nommée la Houle d' /trbizon.

* Elle passe de là au pic de Cau d'Espade, à la naissance de la vallée du Bastan^ en formant vraisemblablement .une partie des pics de Bastan et de Bastanet situés entre ceux de Caud*Espade^ et d*Ar^ bizon.

Depuis le pic de Cau d'Espade elle continue à l'ouest en suivant au sud la vallée de Bastan dans toute sa longueur , et en laissant à très peu de distance au nord les montagnes granitiques d'Aiguectuse et d'Escoubens, de Lienz^ etc., qui toutes font partie de la protubérance granitique de Néouvielle. ( §. 74. )

Elle forme en grande partie le pic de Campana delà Vaque; ceux de Caubère , d'Ise, d'ErestidSf d'Ayre, et vraisemblablement aussi le pic de Bergons^ au sud de la petite ville de Luz.

Auprès de Rioumaou^ elle traverse la grande vallée de Barégesy et passe dans celle de Cauterez où elle parait finir, précisément au même point où le terrain de schiste micacé se termine. ( §. 94 bis. )

Foime

des

montagnes

que ce terrain compose*

TERRAINS PRIMITIFS. Trapp primitif . a85 Du moins je ne Tai pas retrouvée dans les vallées situées à l'ouest de celle de Cauterez.

§. i3d. Les montagnes formées de ces roches présentent communément des pentes très roides , interrompues par des escarpements, sillonnées par une multitude de ravins et jonchées de débris , qui cependant se recouvrent promptement de gazon. Elles se terminent tantôt en arêtes , tantôt en pics communément hérissés de rochers aigus et très escarpés. Enfin ces montagnes se trouvent dans un état de ruine ou de dégradation très frappant, occasioné principalement par les nombreuses fissures dont le trapp et le calcaire sont tra?ersés, lesquelles favorisent singulièrement TaclioD destructive des eaux, et provoquent des éboulemeots fréquents , surtout à l'époque du dégel.

§. iSg. Je terminerai ce chapitre par un aperçu Résumé, très succinct des faits principaux qui y ont été rapportes.

1. Il n'existe point de terrain de trapp primitif indépendant dans les Pyrénées ; toutes les roches tmppéennes primitives qu'on y observe sont subordonnées à d'autres terrains ; la partie du terram de schiste micacé, qui se trouve entre la ra/- ^^ d'Aure et celle de Cauterez , contient la masse Ja plus considérable de trapp primitif, laquelle cependant est divisée en couches qui alternent avec toutes les roches qui entrent dans la composition du terrain de schiste micacé. (§• 129. )

a86 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS.

2. Les roches trappéennes de cette contrée sont, le feldspath compacte , le grunstein compacte , le grunstein schisteux , et l'amphibole schisteuse. (§. i3o.)

3. Ces trapps contiennent un grand nombre de minéraux étrangers; quarz, feldspath, grenat, axinite, trémolithe, épidote, pyroxène, prehnite^ stilbite,harmotôme, idocrase, mica, asbeste, amiantoïde, fer sulfuré, graphite, nickel arsenical et cobalt gris. (§• i3i. )

4. Toutes l'es roches de ce terrain sont très distinctement stratifiées , et leurs couches présentent souvent des inflexions et des courbures bizarres.

5. On n'y a pas encore observé de couches étrangères. (§. i33. )

6. Il ne contient pas non plus de minerais métalliques. (§. 134.)

7. Le terrain trappéen (fes montagnes de Baréges, est subordonné à celui de schiste micacé , et paraît appartenir à la période la plus ancienne de cette formation. ( §. i35. )

8. Il forme une bande dans le schiste micacé situé dans la partie occidentale des Pyrénées , à une grande distance au nord de la chaîne centrale géographique, et à une distance très petite au nord de la bande de granité.

Il s'étend de Test à Touest à peu près parallèlement à la direction principale des Pyrénées. (§.i36.)

TERRAINS PRIMITIFS. Trapp primitif . 287 g, La bande trappéenne s'étend depuis la vallée d'Jure^ jusqu'à celle de Cauterez, en longeant la vallée du Bastan au sud. La longueur de cette bande peut avoir environ cinq lieues » et son épaisseur moyenne à peu près un quart de lieue. ( §. 137.)

10. Enfin les montagnes que ce terrain constitue» sont en général escarpées , et dans un état frappant de ruine et de dégradation. (§. i38. ) •

9**. Schiste siliceux j quarz et gypse primitif.

§. i4o. Le schiste siliceux primitif qui , dans Le

1 1 ifn A r schiste

quelques pays de 1 Europe, est extrêmement re- sUiceux, pandu , et constitue peut-être un terrain particu- ctîe*gyip»e, lier, est assez rare dans les Pyrénées; il y est tou- "poînt^dc* jours subordonné au terrain de schiste micacé. Il prii^\°f s'y rencontre en couches communément alternant ^^"^^^if^^^ avec des couches de schiste argileux et de calcaire. lesPyrénées.

Le quarz primitif est également subordonné au schiste micacé et au granité , et en général très peu abondant : comme tout ce qui concerne ces deux roches a été rapporté dans les descriptions que j'ai données du tertain granitique et de celui de schiste micacé , je ne m'y arrêterai pas actuellement.

Quant au gypse primitifs on n'en a point découvert jusqu'à présent dans les Pyrénées.

a88 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERBAINS.

§. i4i. De toutes les classes de terrains que Ton observe dansles Pyrénées, celle c^es terrains de transition est sans contredit la plus étendue. En général, à l'exception d'un petit nombre d'endroits, ils constituent le faîte de toute la chaîne centrale, et le plus souvent ils forment encore les montagnes moinsélevées et moins redoutables, dont les vallées françaises sont bordées à leur entrée au pied du versant septentrional. On les rencontre, sans aucune interruption, d'une extrémité delà chaîne à l'autre; car ils longent ou ils environnent les vastes protubérances primitives qui s'élèvent de lèu r sein comme des îlots. Leur épaisseur extraordinaire est proportionnée à leur étendue en longueur. IlsufBt, pour s'en convaincre, de parcourir quelques vallées transversales, lesquelles coupent, sous un angle plus ou moins droit , la direction des couches de ces roches. Malgré la forte inclinaison des couches , qui s approche le plus souvent de la verticale, on traverse une étendue de cinq à six lieues et au-delà , sans quitter le terrain de transition. Je ne prétends pas néanmoins en conclure que ce terrain ait une aussi grande épaisseur. Ce serait une grande erreur de prendre pour la mesure exacte de l'épaisseur d'un terrain l'espace parcouru dans une vallée qui coupe à angle droit ses couches , même en les supposant

TERRAUiS DB TRANSITION. sSg

rerticales ; car led couches formeDt souvent des plis et des inflexions en grand , comme elles en forment si fréquemment en petit ; il arrive de là qu'une ligne droite^ tirée dans le sens de l'épaisseur des couches , peut traverser autant de fois la même couche que celle-ci forme de contourne-^ meots.

Mais 9 abstraction faite de l'augmentation appa<^ rente d'épaisseur qui peut être le résultat des si-^ Duosités des couches , il est certain que l'épaisseur réelle du terrain de transition des Pyrénées est extrêmement considérable.

Je ne crois pas me tromper de beaucoup eti admettant que ce terrain constitue les deux tiers de toute la chaîne.

Quant à la disposition générale du terrain de transition dans ces montagnes, je traiterai en dé^ tàilcet objet intéressant dans le paragraphe i63« Pour le moment, je me contenterai de rappeler en peu de mots l'aperçu général que j'en al déjà donné plus haut (§• 4^0' ^fii^ de rendre plus intelligibles les différents faits qui vont être exposés.

Le terrain de transition forme deux bandes d'une grande épaisseur , qui , en longeant au nord et au sud la chaîne ou bande granitique, s'éteiKlent d'une extrémité des Pyrénées à l'autre. Elles se touchent et se confondent quelquefois dans les espaces que les protubérances du terrain primitif laissent entre elles (§. 4^0 » ^^ comme^ dans la partie orientale/ o/ des Pyrénées , la bande granitique est située entiè

ago IIP PAKTIB. Dfi»CaiFTION l>SS TERRAINS, rement sur le versant septentrional de ces montagnes , il en résulte que les deux bandes de ter* rain de transition se trouTent aussi sur le versant septentrional. La bande septentrionale constitue les montagnes de la partie inférieure des yallées françaises. Celle qui est au sud du terrain primitif compose presque tout le faîte de la chaîne centrale. Dans la partie occidentale des Pyrénées, où la bande primitive présente moins de régularité, et où les protubérances qu'elle forme sont plus écaN tées les unes des autres , les bandes du terrain de transition sont aussi moins régulières , et elles se touchent et se confondent plus souvent que dans les montagnes situées à Test de la Garonne.

La direction principale de ces deux bandes est parallèle à la direction principale de la chaîne granitique , et par conséquent à celle de toute la chaîne des Pyrénées.

Composition §. \l^a, Lcs deux bandes du tertdin de transition

du terrain .«.ri. • % 11

de ne sont pomt formées d une seule rocbe ( elles en renferment au contraire plusieurs espèces qui présentent des variétés nombreuses, que nous allons indiquer bientôt.

Ces roches sont disposées par couchés ou par bandes , dont plusieurs ont une étendue extiéme^ ment considérable. Cependant je ne crois pas qu'il y ait une seule de ces bandes particulières qui se prolonge sans interruption d'une extrémité à l'autre de la chaîne.

TERRAINS DE TRANSITION. !igi

Quoique quelques unes de ces roches aient une étendue si considérable qu'elles forment en quelque sorte des terrains particuliers , on ne peut pas dire néanmoins qu'il y en ait une seule qui constitue un terrain indépendant , car elles alternent toutes entre elles : telle roche qui domine dans une contrée se trouve subordonnée dans une autrci et il n'est guère douteux que ces roches n'appartiennent toutes à une seule et même formation. Il résulte de là que ces roches ou terrains ont les plus grands rapports entre eux et qu'ils présentent en commun un grand nombre de phénomènes.

C'est d'après cette considération que je ne donnerai pas une description particulière de chacun d'eux, ce qui exigerait des répétitions trop fréquentes , et nuirait à la clarté et à l'intelligence de l'ensemble.

Je me contenterai de donner seulement la description des variétés principales' de chacune de ces roches , et des accidents particuliers qu'on y observe, et ensuite je rapporterai les phénomènes qu'elles présentent en commun.

Les roches qui composent essentiellement le terrain de transition des Pyrénées , sont le schiste argileux n le calcaire , la brèche calcaire ^ le guarzj la grauwacke commune et la grauwacke schisteuse.

J'ai nommé ces roches non dans Tordre de leur superposition , mais dans celui de leur plus grande fréquence; car. comme elles alternent toujours

aga IH- PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, ensemble, on ne peut établir entre elles un ordre d'antériorité de formation.

Elles passent très souvent Tune à l'autre „ 6t pré^ sentent des variétés nombreuses , parmi lesquelles nous indiquerons celles qui méritent le plus l'attention du géognoste , soit par leur fréquence, soit par ta singularité de leur structure*

dl*schute S* *43- Le schiste argileux compose avec le calile^ûrit^n. ^*^^® '^ majeure partie du terrain de transition ; les autres roches leur'sont subordonnées: mais je n'oserais pas décider laquelle de ces deux roches domine dans ces montagnes ; je ne suis pas éloigné de croire que l'une est aussi répandue que l'autre. Cependant il m'a paru que le schiste argileux se trouvait en plus grande abondance dans la bande méridionale du terrain de transition que dans celle qui longe la chaîne primitive au nord.

Le schiste argileux présente des variétés très nombreuses , dont je n'indiquerai que quatre des plus communes, toutes les autres n'étant le plus souvent que de simples modifications de celles-ci et pouvant y être rapportées. Je les décrir«ii dans l'ordre de leur fréquence, en commençant par celle qui parait être la plus répandue. Je les désignerai par les noms de schiste argileux ordinaire, schiste argileux ardoise , schiste argileux micacé, et schiste argileux terreux.

'^»*« §. i44- !*• Le schiste argileux ordinaire est noi-

ordinaîre. râtrc , grisâtre ou verdâtre , à feuillets très minces.

T£ARAINS D£ TRANSITION. agS

un peu onduleux , quelquefois fibreux, plus ou aïoins dur , se laissant rarement fendre en dalles grandes et minces, mais se délitant spontanément en fragments pseudo-rhomboïdaux irréguliers.

Cette variété de schiste argileux m'a paru être la plus commune. Ou la rencontre dans toutes les parties des Pyrénées.

On n'y observe guère des paillettes de mica, ni des grains de quarz , que lorsqu'elle se trouve dans le voisinage de la grauwacke schisteuse , avec la-r quelle elle alterne fréquemment.

Elle est constamment plus duré que les autres variétés. Cette plus grande dureté provient sans doute des parties tantôt calcaires, tantôt siliceux ses , dont elle est presque toujours intimement mêlée.

Elle passe même très souvent soit à l'état de calcaire schisteux et de calcaire compacte , soit à celui de quarz schisteux et de quarz compacte, variété de quarz particulière au terrain de transition, et qui sera décrite ci-après. C'est surtout dans la vallée de Baigorry , en allant de Saintr Etienne à la Fonderie , que l'on observe fréquemment le passage du schiste argileux au quarz com,pacte.

La variété verdâtre a quelquefois beaucoup de rapport avec le schiste à aiguiser , et l'accompagne communément. On en rencontre un peu au delà 4e Fiella, sur le chemin du port de Viella, dans la vallée d'Arran ; auprès d*Jleu , dans une gorgç

394 in* PAETU. DESCRIPTION DES TERRAINS, latérale de la vmilée de Soutan; auprès du hameau dit Pam-de-la^Tdule , dans la .valiée du Saltéi; daus la vëUée d'Estaubé, yers le port Fiel; dans la vaUée d*Aure , eutre SainV^Ijiry et Trumi$ai^ ^ue, etc.

Schitfte $• 1 4^* ^''* Le schiste argileux ardoise est noir gri^

*I3ôiM? sâtre, gris verdâtre et gris cendré j à feuillets minces communémeDt plans, j^u éclatant^ rarement scintillant, tendres se laissant facilement fendre en dalles grandes et minces , et mêlé fréquemment de faUUttes de mica.

Cette variété est également très commune. Elle alterne souvent avec du calcaire compacte et avec les autres variétés de schiste argileux ; on la trouve aussi dans la grauwacke. Ce dernier gisement s'observe au pied de la Maladetta , et principalement dans les montagnes qui bordent le plan A'Aigouaillut.

Elle est quelquefois mêlée de parties calcaires si fines, qu'on ne les reconnaît que par reffervescence qu'elles produisent avec les acides.

Elle fournit d'excellentes ardoises, eton l'exploite pour cet usage dans beaucoup d'endroits. Les ardoisières les plus considérables , et qui fournissent Tardoise la plus estimée, sont principalement celles de Lahassère , dans la petite vallée de VOussouet, près de Bagnères en Bigarre; de Laruns^ dans la wilUe d^Ossau; de Genos, dans la vallée de Louron; A'ArrotU , dans celle de Castitton , etc.

TEMUJNS DE TRANSITION. 396

§, 1 46. 3\ Le »$hi$t$ argilem^ micacé est gris noirâr gchûie tre et grw vcrdâtre^ à feuillets peu proooncés^ mais ^clTJé! toujours onduleuxj plus ^for que la variété précér dente, fûTtem^iluisani^ne se dîyisajat poiot ep dalles mioces^ et mêlé de beaucoup de nUca ou de talc. .

Ce schiste a une ressemblance frappante avec certains schistes micacés primitifs ; il est presqu^e entièrement composé de mica ^dont on ne peut reconnaître la structure , ou plutôt le mode d V grégatlon , qu'avec le secours de la loupe* Ojci i)bserve alors qu'il présente un assemblage de petites lames , qui , en se recouvrant mutuellement comme des écailles 1 s'étendent dans le sens de la stratification de la roche , en formant des feuillets absolument semblables à ceux du schiste micacé pjrimitif. Cet arrangement fait présumer que le mica n'a point préexisté à la formation de la roche , ma^s qu'il lui es(t c<^ntemporain 9 et que son n^da de formation est analogue à celui des schistes primîr tih. Cependant on^observe quelquefois de petites paillettes de mica argentin confusément dispersées dans la roche, qui pourraient hien être antérieures à sa formation.

Nous avons dit plus haut que les feuillets de cette variété de schiste argileux sont communément plissés et ondulés. Ces ondulations sont souvei^ très petites et extrêmement rapprochées les une# des autres , et conune elles s'étendent toutes 4ans le même sens , elles dooneut à la roche un aspect rayé et même fibreux. Le schiste argileux quicom-

ag6 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, pose le pic Dommé Tue de Mauberme et MaU de Boulard^ dans la vallée de Ca$HUoh , présente fi^équemment cet accident.

La Yariété de schiste argileux que je vieris de décrire est très répandue dans lc3 Pyrénées, et 11 parait quelle fait partie des roches les plus an-» ciennes du terrain de transition.

On la rencontre principalement dans les montagnes qui forment la crête des Pyrénées, depuis \t port de Merensou deHospitala, auprès des sources de Vjàrriégej jusqu'au delà du port de la Hourquette à l'ouest du Tue de Mauberme.

Elle alterne avec d'autres Tariétés de schiste argileux, comme aussi ayec de la grauwacle, du quarz compacte et du calcaire grenu. Le calcaire compacte que Ton observe dans cette roche, sur le chemin du port d'Ustou^ un peu 'au delà du quartier de montagne nommé le Serrât de Diou, dans la gorge d' Ause$$Q, contient des entroques. J'ai encore observé le même accident sur le revers méridional du port d'Orle^ sur le chemin et à pen de distance de Notre-Dame de Montgarry, dans la vallée de Paillas.

Schiite S* *47' 4*^- Le schiste argileux terreux est noirâ-

îeSeu" trey grisâtre ow jaunâtre^ à feuillets très imparfaits^ à cassure plutôt conchoîde et /^r^a«^que schisteuse, mat, tendre y s'altérant flsicileméiàt à l'iair^ se délitant spontanément en plaques rondes en forme de disque , et renfermant assex cuvent du sable quar^

TEE&AINS DE TRATÏSITION. 297

juux^ des paillettes de micaj et quelquefois du fer réDiforme oa géodique.

Cette Yadété fait eo quelque sorte le passage du schiste argileux à l'argile schisteuse et même à la terre glaise. Elle .ne serencootre que dans les couches les plus modernes, du terrain de transition, dans celles qui se trouvent les plus voisines du grès roDge et du calcaire. alpin. Je ne l'ai jamais observée dans la bande m^ridiQuale du terrain de traiisition , mais elle est très, commune dans la partie de ce terr^ain qui est située vers le pied de la chaîne .du côté du nord.

Ainsi onJa rencontre en grande abondance iun peu au delà de l'entrée de la vuUée.du Sallat, surtout sur la rive ^uche.dela rivière^ en allant du Tillage de ta Cave à Sairit-Girons^

On l'observe en beaucoup d'endjfoits plus ou moins rapprochés du pieddelachaine, comme par exemple à Betharam^ à l'entrée de la vallée de Ba^ rige$\ puis entre Assort et Bruges et au delà, vers le Bourdatat de Loubie; on la rencontre encore, toujours altei-naut avec du calcaire compacte ^isâlre et plus ou moins terreux, aux environs d^O- Uron dans le lit du Gave , si toutefois ce calcaire fait encore partie de ce terrain , ce dont je ne suis I^as bien assuré.

§. 148. Plusieurs de ces schistes, surtout la va- Schwte mté n"" i> lorsqu'ils alternent en couches minces avec des cauches également minces de calcaire»

99S IIP PAILTII. DESCRIPTION DliftT£RRAINS. présentent le même accident singulier que l'on remarque dans les schistes rubannén de plusieurs endroits dé la Tarentaîse eo Savoie , mais particulièrement du reehtr de la Magdelaine proche de MouHers^ où j'ai eu occasion de les observer moi-^méme en 1 808. Ce sont de petits filons de detn à quatre lignes d'épaisseur, d'un calcaire fibreux que l'on prétend être de Tarragonite, lesquels tra- Tersent perpendiculaifemeot les couches de schiste, sans cependant traverser les couches ou Feuillets calcaires^ Il en résulte que ces petits filons calcaires forment sur la surface de chaque échantillon du schiste argileux de petites bandes blanches parallèles,d'ouest venu le nom de s^A⣀5ru^ann^qu'on a donné à ces schistes. M. Brochant a donné une description fort exacte des schistes rubannés de la Tarentaise dans son mémoire sur le terrain de transition de cette contrée K Tout ce qu'il en dit w rapporte parfaitement à nos schistes des Pyrénées,

f Joumdd deé Mimes, n» i57,ptig«543L GettâdescripUttii edt tri^inWnessanjtfi, e% â'^ppliquc trqj^ ^ep aux^lûsteg rubtim^s des Pyrénées, pour que je puisse m'empécher de la transcrire iciy n'étant pas susceptible d'un extrait :

« CTest ici le Heu de dire un mot sur la disposition exlraordî^ • naire ^e prégenCent ces schistes rubamtésJbts 8{tirfaoes d« Imns «feuillets sont fibreuses ; les filons blancs les ^Y<i:8€nt pcrpeiivdiculairement dans toute leur épaisseur; leur direction est légalement perpendiculaire & la direction fibreuse des schistes; «ces filons sont parallèles entre eux et très rapprochés, souvent »à deux centimètres de distance; letu* largeur dans les schistes »dt la MagdekiDe se va jamais au ddà de «piatre k tms{ nâHu

î transitioD»

TBREAINS DE TRANSITION. . 999

à II différence seulement que les filooft cakairei» 60Dt en plus petit nombre et moins rapprochés les uos des autres que ceux des schistes de Moutiers, ce qui les rend moins agréables à VœiU

Où rencontre de ces schistes rubannés au pie de Ltrdj dans la vatlée de Caetillon; au port de Bina$^ (lue 9 dans la partie des montagnes de la vallée de Héêêj dite VEau de^^iH^U etc.

§. 149. Le calcaire de transition est peut-être ^'jjj*^ aussi répandu que le schiste argileux , surtout dans calcaire la bande septentrionale du terrain de transition.

11 présente des variétés extrêmement nombreuses, que Ton peut cependant rapporter à trois prin-

«m^tres; leur masse est un calcaire fibreux blanp dont les «fibres sont dirigées comme les libres du schiste.

«Mais ce qui est très remarquable , c'est que «es filons ne tra- "Tfrsentfamaîsles couches ou i^uilitts de calcerit^ gi'émi ou de •potnfingue ct^eaire qui sépara l«s feuillets «les schistes. On «peut compter quelquefois dans IVpaisseuf d'un dédmétrc jus- •qi^ six coacbes différentes» ahematÎTement de oakanre et de «schiste. Tous les schrstessont coupés par les fiions biancs parai- »'flfes , et aucun calcaire n'eii présente fes plus liîbles traces.

*0h peut supposer que lors de la formation de ces roches il >j eut im retrait dans les schistes argilo-calcatres , et qu*îf n'y >ni eut point dlins les calcaires, dont la structure orîstalline leur »<J«inâit Une plus grande force de cohésion. Le retrait smtît la ««Krection perpendiculaire aux feuillets , parce que c'était celle «de la moindre résistance. H survit également la direction per- ■pcndicuWre avx fibres , peuV^tre parce que , dans Pétat de *<^88iccation imparfaite où elles étaient alors , leur gonflement «1q empêchait de se séparer latéralement. Au reste , quelle •qu'en soît la cause, il est de ftiit que cette direction de retrait

3oo IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, cipales , dont les autres ne sont que de simples modifications. On peut les désigner , en raison de leur structure, par les noms de calcaire compacte, de calcaire schisteux , et de calcaire grenu.

Nous donnerons dans les paragraphes suiyants la description détaillée de chacune de ces variétés.

compî!^ S- *5o. i\ Le calcaire compacte est commHnément d'un gris cendré ou d'un gris noirâtre, rarement blanchâtre ^Jaunâtre, rougeâtre ou verdâtre; tantôt il présente une seule de ces nuances , tantôt plusieurs à la fois, en formant un dessin veiné , flambé ou tacheté; sa pâte est fine , la cassure est conchoïde, passant tantôt à Yécailleuse, tantôt

M perpendiculairement aux fibres , a lieu dans toutes les sràir •stances fibreuses,

»Le fluide qui est venu pénétrer de nouveau toute la masse du Mscbiste, par suite des dépôts successifs d'autres coudies,t} »pour ainsi dire, filtré à travers les Shres , et a déposé à leur ex- »trémité une matière calcaire très pure et blancbe , ce qui « «donné à ces petites veines calcaires la structure fibreuse. Cette » formation explique très bien le partage que Ton observe i»au milieu de ces filons blancs et perpendiculairement aux » fibres; souvent même il y a plusieurs lignes de séparation «semblables , mais toujours en nombre impair, ce qui donne «toujours un nombre pair de couches fibreuses dans le filon. «Cette régularité, qui a été déjà décrite par M. Gillet deLau- « mont, suppose plusieurs retraits successifs.

«Ces filons blancs sont ordinairement très prolongés sur les «feuillets des schistes, mais quelquefois ils se resserrent et finis* «sent par se fermer, ce qui s'accorde très bien avec l'idée qW «l'on a des effets d'un retrait qui agît toujours inégalement. i^

TERRAINS DE TRANSITION. 5oi

i la terreuse]; mat ou faiblement brillantj^ymXoat lorsqu'il passe à Vét^t^ de ^calcaire grenu; susceptible de recevoir un beau poli, et traversé sourent par des filons de spath calcaire qui se croisent en tous sens.

Le calcaire compacte, dont la couleurdominante est le gris , est le plus commun. On le rencontre dans toutes les vallées creusées dans le terrain de transition. Les montagnes de la partie inférieure de la vallée de Vicdessos^ celles de la partie moyenne de la vallée du Sallat^ aux environs de Saint-Girons^ les montagnes à l'entrée de la vallée d*Aspe et celle à'Ossau , sont composées presque entièrement de calcaire compacte gris.

Il contient très souvent des parties argileuses très fines et du sable quarzeux, que Ton reconnaît par le dépôt qu'il forme en le dissolvant dans Tacide nitrique. On remarque encore dans cette rocbe de Toxide de fer disséminé par places , ce qui lui donne un aspect tacheté; on en trouve aussi à l'état pulvérulent, sous forme d'enduit sur les parois des fissures.

Le calcaire rouge est peu commun ; il est toujours subordonné au calcaire gris. On n'en trouve jamais de grandes masses d'une teinte égale , mais il est presque toujours flambé ou tacheté de jaune, de gris et de blanc, et souvent traversé par des feuillets de schiste argileux, qui le font passer à Tétat de calcaire schisteux. On trouve du beau marbre rouge à Cierpj à l'entrée de la vallée de Lu-

3oi IIP PARTIB. DBSGEIPTION DBS TERRAINS. chorif et à Camous et Beyrède^ dans la vaUéêd'Awre. Ce que nous tenons de dire du calcaire rouge se rapporte également à celui dont la couleur est f erdâtre , excepté qu'il est encore plus rare.

Calcaire g^ i^i^ 2*. Le cûlcaire êchisieux est gritàtre^

rougeâtre ou verdâtre , tantôt compacte j tantôt grenu, traversé par des feuillets argileux , de manière à présenter une structure schisteuse et à être susceptible de se fendre en dalles plus ou moins épaisses.

Cette variété se rencontre particulièrement dans les montagnes calcaires qui contiennent beaucoup de couches de schiste argileux ou de grauwacke.

Celle dans laquelle la pâte calcaire est grenue est plus rare que le calcaire schisteux à pâte corn* pacte. Sa couleur est toujours le blanc grisâtre, le gris cendré ou le gris noirâtre. On en observe près A'Antignac^ dans la vallée de Luchon, au port de Montgary et à la plaine de Berrette , au fond de la vallée d'Arran, au revers méridional du port d'OrU, et ailleurs.

Le calcaire schisteux , dont la pâte est compacte, se rencontre presque dans toutes les contrées. Les feuillets schisteux sont communément de la même couleur que le calcaire ; ils sont tantôt planes , tantôt plissés en dififérents sens. On remarque très souvent une structure fort singulière dans le calcaire schisteux à feuillets onduleux ; les courbures et les sinuosités que ces feuillets décrivent , au lieu d'être

TERRAIN» DE TRANSITION. 3o9

parallèles entre eUe$ » s'éloignent et a'approefaent alternativement au point de se confondre , de ma-* mèfo que les parties calcaires que ces feuillet» schisteux enveloppent, présentent de petites masses irrégulièrement ovoïdes et aplaties^ et que les feuil-i lets offrent un dessin en ionne de réseau sur la tranche de la roche. Dans ce cas , la structure schisteuse de ces calcaires se change en une espèce de structure grenue, car la roche présente de$ pièces séparées ovoïdes^ agglutinées par du schiste argileux. Le grand axeBe ces petites masses ovoïdes s'étend presque toujours dans le sens de llnclinai*' son des strates.

M. Brongniart, dans son mémoire sur la CUusi'^ ficadon <teê rochei mélangées, déligne cette structure parle nom de ttructure entrelacée^ ^^yg" daline \

Le calcaire amygdalin gris se trouve dans presque toute la chaîne des Pyrénées. Ceux dont la côufeur est rouge brunâtre , ou vert de montagne sale, ou blanc grisâtre , jaunâtre , rougeâtre ou verdâtre y sont les plus rares.

Les environs du hameau de PontHle-Ua-^Taule > au delà de Seiw^ dans la vallée du Sallat, sont trè« riches en marbre amygdalin rouge et vert qui ^ anciennement, a été un objet d'exploitation. Il est moins remarquable par la vivacité de ses couleurs et la beauté du dessin, que par la régularité

* Journal des Mines, «« 199, pag. a^.

3o4 IIP PARTIE. DESCMPTÎON DES TERRAINS, de sa structure et de sa stratification. Il est divisé en strates très réguliers de quatre pieds à huit pouces d'épaisseur, dont l'inclinaison s'approche de la verticale. 11 contient asseï souvent deû couches de schiste à aiguiser ytrt (wetMchiefer). On en observe plusieurs en suivant le chemin de la vallée d'Usiou.

Ce calcaire se rencontre aussi dans la petite Wlée d'Esbint.

Le pic dit la Roque de Balamj qui domine le fond de la vallée de Beimale, en est composé en grande partie; il y est d*un gris ou d'un blanc verdâtre^ ou d'un rouge sale. Les environs de Montferrier^ de Montségury et beaucoup d'autres lieux du département de VArriége^ contiennent de ce marbre. On le trouve aussi dans les environs de Lei^ près de Saint-Béat et à Cierp , où il est exploité* De ce point on peut le suivre jusque dans la vallie de la Barromse; et je présume que le marbre que l'on exploite à Catnous et Béyrède^ près de Saratir colin , et celui d'Espiadet , dans la vallée de Cam* panj font partie de la même bande.

Le calcaire amygdalin d*Espiadet est très connu souslenomde marbre deCampanoumarbre-campan, Il a été exploité, ainsi que celui de Béyrède^ pour la décoration du château de Versailles et d'autres édifices bâtis par Louis XIV. Les vastes carrières que l'on y a établies sont situées à peu près au fond de la vallée 4e Campan, dans le quartier de montagnes nommé Espiadet^ au pied du chaînon

TERRAINS DE TRANSITION. 3o5

qui borde à Test le bassin verdoyant de la prada de Saint-Jean. Ce marbre jparait former, dans le calcaire gris compacte, une immense couche qui est divisée en strates d'un à quatre pieds d'épaisseur.

On observe deux variétés principales de ce marbre , Tune rouge et l'autre verte. La première est communément d'un rouge de sang, rarement d'un rouge de chaire elle parait être particulière aux strates inférieurs. Cependant elle alterne aussi avec le calcaire vert, dont la couleur est un vert de montagne sale ; les marbres des deux variétés sont communément flambés de jaune , de blanc et de gris, et sont eu général d'une grande beauté. Les feuillets de schiste argileux , dont ce marbre est entrelacé, ont ordinairement la couleur des parties calcaires qu'ils enveloppent. Cependant j'ai vu du marbre rouge dont les feuillets schisteux étaient verts.

Les parties argileuses ne permettent pas de donner à ce marbre un poli bien vif ni surtout bien égal ; elles le rendent aussi plus susceptible de se dégrader que d'autres marbres, ce quji fait qu'on ne peut guère l'employer pour des ouvrages exposés aux intempéries de l'air. Les feuillets argileux attirent peu à peu l'humidité , s'altèrent , s'amollissent , les parties calcaires se détachent les unes des autres , et toute la masse finit pour ainsi dire par s'égrener. Les pyrites, disséminées quelquefois dans les feuillets schisteux, contribuent encore vraisemblablement à accélérer cette dégradation.

5o6 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS.

Le calcaire de Campan contient des traces de corps organiques (des entroque$)y comme il sera dit ailleurs. ($• 160.)

Le calcaire amygdalin rouge et vert se rencontre encore dans la partie supérieure de la vallée d'Oueilf aux environs du village de Bourgs dans la vallée d*£$taubés surtout dans les montagnes qui se trouvent «ur la droite du fayin qui descend du Port" Vieux.

Le terrain de transition ^u versant méridioDal des Pyrénées contient aussi cette espèce de calcaire ; j'en ai observé au fond de la gorge de Sahun, dans la vallée de l*Essera, à peu de distance au nord du sentier qui conduit de Bénasque au village de SaitH'Jean, dans la vallée de Giitain.

Calcaire §. i5a. La troisième variété principale du cal* caire de transition est :

3*. Un calcaire grenu à petits grains blanchâtre&9 grisâirei et noirâtre$ j tantôt d'une seule nuoMce^ tantôt flambé j veiné ou tacheté , et contenant souvent des feuillets argileux.

L'existence du calcaire grenu dans le terrain de transition est un phénomène remarquable, qui prouTe que les roches intermédiaires ne sont pas toutes de simples dépôts de détritus de roches préexistantes^ mais qu'il y en a plusieurs dont le mode de formation est absoliunent analogue à celui des^ roches primitives. Le quarz^ le feldspath compacte, le trapp, certains schistes argileux et plu-

TEUAIMS DE TRANSn ION. 3o7

sieurs roches à structure cristalline découvertes dans le terrain de transition d'autres pays , rendent également nécessaire d'admettre qu'il se formait des dépôts chimiques pendant la formation du terrain intermédiaire '•

Le calcaire grenu est en général beaucoup moins répandu que le calcaire compacte. Il y 6 cependant des contrées où on le trouve en très grande abondance.

Il ne forme jamais à lui seul des montagnes entières ; il est toujours subordonné , soit au schiste argileux , soit au calcaire compacte , au milieu des* quels on le trouve intercalé en couches d'une épais* seur très variable.

Il est rare de le trouver parfaitement grenu ; le même échantillon offre par places des parties grenues et des parties compactes.Néanmoins on en rencontre (surtout parmi les variétés blanches) qui ont la plus grande ressemblance avec le calcaire grenu primitif, et il n'y a que son gisement qui puisse le faire reconnaître pour du calcaire de transition.

On observe à peu de distance au-dessus du hameau de Géîeu > sur la droite du chemin à'Jlrudy

« Au reâte , ce phénomène de l'existence de roches à strac* iure cristalline, telles que le calcaire grenu et autres, dans le terrain de transition , n'est nullement particulier aux Pyrénées. On en a observé dans plusieurs autres contrées , notamment dans les Alpes. ( Voyez le ifiémoire , déj& cité, de M. Brochant sur la TarentaîM. Joum, dês Mims, n* iSj. )

5o8 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, à LarruiiSj dans la vallée d'Ossau, un calcaire grenu à petits grains , d'un blanc grisâtre ou jaunâtre; il alterne avec du schiste argileux et du calcaire compacte gris, contenant quelques madrépores ^ des entroques et quelques corps marins d'une forme OYoïde que je crois être des coquilles bivalves.

Ce calcaire grenu ne m'avait d'abord offert aucune trace de corps organisés ; cependant après eu avoir examiné un grand nombre de blocs accumulés au pied du rocher escarpé d'où ils s'étaient détachés , j'ieus le plaisir d'en rencontrer un qui contenait une multitude de corps marins , parmi lesquels je reconnus des ammonites d'un à deux pouces de diamètre. Le calcaire qui contenait ces débris organiques était à petits grains , passant par places à l'état compacte et d'un blanc grisâtre. Le beau calcaire grenu d'un blanc extrêmement pur que l'on trouve auprès du village de Loubie , dans la même vallée , forme également des couches dans le schiste argileux de transition ; mats j'ignore s'il contient aussi des pétrifications.

J 'ai trouvé , entre les villages de Larbiou et de Bédousy à l'entrée du beau bassin de BédouSy sur la rive droite du Gave de la vallée d'Aspe, un calcaire blanc jaunâtre et grisâtre à petits grains, et à grains de moyenne grosseur, assez dur et renfermant de petits cristaux de pyrites martiales. Le sol n'y est pas assez à découvert pour bien reconnaitreson gisement; mais, comme toutes les autres roches de cette contrée sont particulièrement du

TERRAINS DE TRANSITION. Sog

calcaire gris compacte , renfermant assez sourent des empreintes de ^coquilles bivalves et des entroques , et comme ce calcaire grenu se trouve exactement sur le prolongement occidental de celui de Géteu, n'en étant sépare que par le chaînon de montagne qui s'élève entre les deux vallées , je ne suis point éloigné de croire qu'il ne fa^se partie do la même bande. Les rochers calcaires qui , au-dessus de Larruns , encaissent le Gave d'Ossati et forment ce défilé sauvage et pittoresque nommé le Hourat, offrent en plusieurs endroits du calcaire blanc grisâtre , mais presque compacte.

On trouve encore, entre Larruns et Géteu, du calcaire grenu d'un gris de fumée très foncé, traversé par une multitude de petits filons de chaux carbonatée ferro-manganésifère (braunspath).

Ces filons sont très rapprochés les uns des autres, se croisent en tout sens et n'ont guère au delà de six lignes d'épaisseur.

Les vallées d^Ossau et d'Aspe ne sont pas les seules contrées des Pyrénées qui offrent du calcaire grenu de transition. On en rencontre encore ailleurs; par exemple, dans beaucoup d'endroits de la vallée d*Estaubé, surtout à la montagne de Coumélie. Le calcaire blanc et gris veiné à très petits grains qui compose les rochers escarpés de la Penna Blanca de Héas^ au pied desquels on passe en allant de Gèdre au port d^Aquilla par la montagne de Campbng, m'a paru appartenir au terrain de transition. Les montagnes qui dominent

3io IIP PARTIE. DESCEIPTIOK DES TBERAINS. '

* au nord-ouest le vallon élevé dit tasEspes$iere$ près

deGavarnie^ sont formées de grauwacke schisteuse, ^ de schiste argileux contenant des empreintes vé* gétales, de calcaire compacte et de calcaire blanc grisâtre à petits grains renfermant une espèce de corps marins qui ressemblent beaucoup aux madrépores. Ces mêmes roches constituent aussi le terrain de transition, qui, en s'appuyant sur la penteseptentrionale del^Maladetta, forme la partie supérieure de la vallée de l'Esséra. La montagne par laquelle on descend dnport deBénasque dans cette vallée, con* siste presque entièrement en un calcaire à petits grains, veiné de blanc et de gris assez semblable à la dolomie, et comme elle, présentant quelquefois des parties qui sont friables parla seule pression du doigt. La couleur de cette roche a donné le nom àlamontagnequi en est formée, car on Tappelle Pennablanca (montagne blanche). Ce calcaire a une très grande étendue dans le sens de sa direction ; car on peut le suivre à Touest jusqu'au fond de la vallée dite Astosde Bénasque, au pied du revers méridional du portd'Ooj d'où il paraît passer dans Isivallée de Gislatn. Vers Test, il s'étend p2iT\eportdelaPicade]uS' qu'au delà des montagnes de la petite vallée d'Jrtigue TelUnej et je ne suis pas éloigné de croire que le calcaire blanc et gris veiné, tantôt compacte, tantôt à petits grains , que Ton remarque dans la partie supérieure de la vallée d'Arran, aux environs de Salardun, est la continuation de celui de la Penna blanca. La plaine de Berret, où la Garonne et la

TERRAINS DK TRANSITION. 3ii

Pipguera Paillairesa, prennent leur source, et les montagnes qui environnent la chapelle et le ba^ meau de Notre-Dame de Montgarri offrent fréquemment cette roche. Le faite de la chaîne centrale au^ ' près du port de Sallau est composé d'un calcaire blanc-jaunâtre à petits grains, passant sourent à l'état compacte.

Avant de finir ce paragraphe, je remarque!^ que le calcaire grenu de transition appartient en général aux couches les plus anciennes de ce terrain , car il est communément subordonné au schiste argi*leuxouà la grauwackeschisteuse,rochesqui,comme nousl'avons ditplushaut, dominent dans la période la plus ancienne de la formation intermédiaire^

§. i53. La troisième roche qui entre dans la Brèche composition du terrain de transition est la brhche ^ ^"^* calcaire. Elle est toujours subordonnée à d'autres roches, ordinairement au calcaire compacte, rarement au schiste argileux.

Elle est composée de fragmenté calcaires^ tantôt arrondis^ tantôt anguleux^ auxquels se mêlent quelquefois des fragments de granité, de gnei$$, de schiste argileuxj de trapp, dequarz, de schiste siliceux, de pierre lydienne, etc. , agglutinés par un ciment de cal' eaire compacte, et souvent sablonneux.

Les fragments calcaires forment la partie constituante principale de ces brèches; les fragments de granité, de gneiss, de schiste micacé, et de trapp, y sont rares; ceux de schiste argilçux et de diverses

3i3 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, variétés de quaiz, surtout de pierre lydienne \*j rencontrent assez fréquemment.

En examinant la nature des fragments calcaires de ces brèches on acquiert aisément la certitude qu'ils ne peuvent pas être les débris de montagnes calcaires primitives.

Ils présentent communément un calcaire compacte ^e différentes nuances de gris, absolument analogue au calcaire auquel ces brèches sont subordonnées ,, et qui les environne. La même observation se rapporte aussi aux fragments de certaines variétés de schiste et de quarz que Ton reconnaît être absolument étrangères au terrain primitif et appartenir exclusivement à celui de transition. Ea outre la forme de la majeure partie des fragments calcaires et de ceux de schiste siliceux, lesquels ont conservé leurs angles aigus et leurs arêtes vives, ne permet pas de présumer qu'ils aient été amenés de loin. Ces faits, que l'on a occasion d'observer dans toutes les brèches intermédiaires des Pyrénées, concourent à prouver d'une manière évidente que la formation du terrain de transition a duré pendant un espace de temps fort considérable; qu'une partie de ces roches avait été déjà complètement achevée pendant que l'autre se formait encore; et que le même fluide dans lequel ces roches se produisaient, détruisait une partie de son propre ouvrage, pour en employer les débris à former de nouveaux dépôts. :

Les brèches calcaires forment des couches d'une

TERRAINS DE TRANSITION. 3i3

épaisseur très variable dans le calcaire de traasitioû, très rarement dans le schiste argileux. Mais on rencontre assez souvent, au milieu de ces brèches, des couches de schiste argileux de trois à douze pouces d'épaisseur, lesquelles présentent un phénomène singulier^ et qui parait être assez constant; les feuillets argileux dont ces couches se composent, sont plissés en zig-zag extrêmement aigus, quoique les couches elles-mêmes ne participent point à ces contournements, et soient parfaitement planes et droites.

Cette structure indique une agitation dans le fluide qui déposa les brèches et les couches schisteuses, agitation trop faible pour influer sensiblement sur la formation régulière des couches entières, et principalement sur le mode d'agrégation des parties grossières dont se composent les brèches, mais suffisante pour empêcher les parties fines et légères du schiste, de se réunir en feuillets réguliers et parallèles au plan de leur couche.

Ce phénomène se remarque presque dans toutes les couches d^ schiste argileux intercalées dans des brèches. On l\>bserve d une manière très prononcée auprès de la forge de la Vexanelle , près de Vicdestos.

Là, en suivant le chemin qui conduit au village i'Ausat^ on rencontre des couches de brèches calcaires, de un à quatre pieds d'épaisseur, intercalées dans un calcaire compacte, d'un gris foncé. Ces brèches y contiennent des couches de schiste argi-

5i4 m* PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, leux, de deux à dix pouces d'épaisseur, dont les feuillets sont plissés sous des angles si aigus , que leurs plans sont presque perpendiculaires sur les plansqui limitent leur propre couche, ainsi que sur ceux des couches de brèche qui les renferment.

Comme c'est le calcaire de transition qui a fourni la plus grande partie des matériaux dont ces brèches se composent, elles se ressentent de la monotonie de teintes et de couleurs qui caractérise la roche aux dépens de laquelle elles ont été formées. Les fragments et le ciment sont communément gris ou d'un jaune sale; les seules brèches qui, par la variété et la viracité de leur couleur, méritent d'être citées, sont celles que l'on trouve intercalées dans le calcaire compacte des environs de Sarancoliîh notamment près de Camou et de Pey. rède dans la vallée d'Aure.

Cette contrée, déjà riche en beau marbre coloré, contient encore des brèches qui participent de l'élégance des roches qui les environnent. Une pâte calcaire assez homogène et abondante, d'un beau rouge de sang flambé de jaune et de blanc, sert de ciment à des fragments anguleux ou arrondis d'un calcaire compacte jaune, ou d'un rouge pâle, et quelquefois tacheté de vert et de gris. Ces brèches sont susceptibles de prendre un beau poli, et j'en ai vu de grandes tables fort belles chez M. Picot de Lapeyrouse; mais ce travail exige de grandes précautions , à cause du peu de cohérence que les fragments ont avec le ciment , et des fissures

TERRAINS DE TRANSITION. 5i5

imperceptibles à Tœil dont ces roches sont fréquemment trayersées.

§. i54* lia quatrième roche, qui joue uo rôle Qaars dans la composition du terrain intermédiaire, est ^™^ une variétéde quarz, que M. Brochant, après Tavoir obserrée dans le terrain de transition de laTareàtaise, a désignée parle nom de quarz compacte pour la distinguer des autres variétés de cette substance*

Le quarz compacte des Pyrénées est tantôt par, tantôt mêlé de paillettes de talc et de mica y ou de feuillets de schiste argileux^ quelquefois contournés.

Cette variété de quarz, lors même qu'elle est sans mélange, se distingue par l'ensemble de ses caractères extérieurs de toutes les autres variétés de quarz. Sa couleur est d'un gris de cendre clair passant tantôt au blanc jaunâtre et au blanc rougeâtrcj tantôt ;m grisverdâtre.W ne se trouve qu'flmorphe. Sa cassure est peu raboteuse, s'appro^» chant tantôt de la cassure unid tantôt de ïécail^ leuse^ Il présente souvent des pièces séparées, gre^ nues , à grains extrêmement petits. Il est mat , rarementp^fi éclatant^ peu translucide sur Us bords. Ses fragments sont indéterminés , à bords peu aigus. Il se divise naturellement par des fissures accidentelles en fragments pseudo - rhomboïdaux irréguliers. II est dur, aigre, difficile à casser, et médiocrement pesant; a,355-^â,4^^'>U ^^ ^^^^ point d'effervescence avec Tacide nitrique.

* Sa peMmVBur spécifique « été délerminée sur det échanlil*

5i6 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS.

La structure grenue que cette roche affecte fréquemment lui donne quelquefois une ressemblance frappante avec certains grès à ciment quarzeux, que Ton rencontre dans les terrains basaltiques parmi d'autres roches analogues.

On observe quelquefoi3 dans cette roche des cavités alongées dans le sens de la direction et de Tinclinaison de la couche, et dont la plus grande longueur n'excède guère une toise; leur largeur est rarement au delà de trois pieds. Les parois sont rarement recouvertes de très petits cristaux de quarz commun, passant à Tétat de cristal de roche '; le plus souvent elles ne sont que simplement raboteuses, et il paraît que dans ce cas ces cavités sont dues à des veines de schiste argileux , qui, après avoir éprouvé une décomposition cQmplète, ont été entraînées par les eaux.

loDS pris sur les montagnes (VOlfyrandoi et de Baigoura'dans la voilée de Ba^ony,

* II paraît cependant que ces cavitës contiennent quelquefois d'assez beaux cristaux; on a trouvé des cristaux de quarz , d'une belle transparence et de trois pouces de longueur et un pouce dVpaisseur, sur le revers méridional d'une montagne noininée Mail de cristal (rocher de cristal), située au fond de la vallée du Gêr, i peu de distance au sud-ouest de la montagne de Crabêre. Je n'ai pas visité moi-même ce lieu , dont on dit l'accès extrêmement difficile; mais je présume que ces cristaux tapissent les parois des cavités d'une couche de quarz compacte , parce que j'ai rencontré à peu de distance à l'est de cette montagne , â Crabère, au tue de Serrauto et au pic de Lard, du quarz formant des coucbes peu épaisses dans le schiste argileux de transition, et qui était plus blanc et plus transparent qu'il ne l'est ordinairement.

Le quarz compacte est toujours subordonné au schiste argileux, et y forme des couches d'une épaisseur considérable. Le calcaire de transition contient aussi , il est vrai , quelquefois des couches de quarz, mais c'est plutôt du quarz commun, du schiste siliceux , et de la pierre lydienne que du quarz compacte. Cependant j'ai vu auprès des anciens travaux de la mine de plomb de Mimort^ près du hameau de Betmajou^ dans la vallée duSallat, une puissante couche de quarz blanc grisâtre, passant à l'état de quarz compacte , intercalée dans le . calcaire de transition.

Ces couches quarzeuses> étant moins sujettes à se dégrader que les schistes argileux qui les renferment, donnent lieu à des arêtes escarpées, semblables à des murailles ; cela a lieu surtout, lorsque l'inclinaison de ces couches s'approche de la verticale. Les montagnes de la vallée de Baigorry présentent fréquemment cet accident.

Le quarz n'est pas répandu d'une manière égale dans toute la chaîne des Pyrénées.

On le rencontre plus fréquemment dans la partie occidentale que dans les montagnes situées à l'est de la Garonne. C'est surtout dans la vallée de Baigorry qu'il parait être le plus répandu. Le défilé long et étroit qui, auprès du village d'Itzassu, forme l'entrée de cette riante vallée , est en entier creusé dans du quarz compacte. C'est la masse la plus considérable de cette roche que j'aie eu occasion-

9i8 IIP PARTIE. DESCRIPTION DBS TERRAINS.

d'observer. Elle y constitue uo petit chaînoo de montagne qui s'étend de Touest à Test , et qui est coupé par la Nive^ dans la direction du sud au nord. Cette énorme couche de quarz compacte est divisée en strates très réguliers d'un à quatre pieds d'épaisseur, s'inclinant d'environ 75"" au nord. Ce quarz est très mélangé de paillettes de mica et de talc , et passe par l'interposition de feuillets argi* leux à l'état de schiste argilo-quarxeux.

On rencontre encore de ces couches de quarz, intercalées dans le schiste argileux, dans beaucoup d'endroits de la vallée de Baigorry^ comme par exemple dans l'étranglement de la vallée entre Eihaxi et Bidarrey, à la montagne de Baigourà, remarquable par la magnificence de la vue dont on )Ouit de son sommet, laquelle embrasse au sud toutes les Pyrénées occidentales , et se perd vers le nord dans la mer de Biscaye. Les monta^ gnes nommées Harietta Boustancelhay, Ispeyco Lipaa Hausaj Atarça, OUyrandoy, Mounhua^ etc., toutes faisant partie des deux chaînons qui bordent la vaUie de Baigorry à l'est et à l'ouest , contien- Dent de c^ couches quarzeuses , qui dans beaucoup d'endroits forment des groupes de rochers d'une forme grotesque.

Ces couches de quarz ont été très pernicieuses à l'exploitation des mines de cuivre de Baigonry) parce qu'elles coupaient communément les filons, 00 les comprimaient en les rendant abiolament stériles.

TERRAINS DE TRANSITION. dig

On rencontre également des couches de quarz dans d'autres yallées , connue dans celles d'O^^au ^ A'Azun^ à'Aure j etc.

En allant de la vallée d'Aure dans celle de Bariges par le part de Cambiel^ on observe dans les ny)Dtagnes qui dominent le port de chaque côté, du quarz compacte intercalé en couches très puis* santés dans le schiste argileux , et remarquable pir sa structure parfaitement grenue , qui le rend absolument semblable au grès à ciment quarzeux. Ce quarz est d*un blanc jaunâtre, contenant par places de petits cristaux de pyrites, qui, par leur décomposition, produisent At» taches ferrugi-* oeuses.

%. i55. La cinquième roche qui entre dans la onmwacke composition du terrain de transition des Pyrénées, ^®™™'"*** est la grauwacke commune.

C'est une roche arénacée ou a^lomérée^ formée de fragments , communément arrondis , de granité, de quarz , de feldspath , plus rarement de schiste argileux et de schiste siliceux, ou pierre lydienne^ agglutinés par un ciment argileux , qm^ lorsqu'il domine , c'est-à-dire bcB^ie les frag^ ments ne sont pfts trop rapprochés les uns des autres , présente on réritable schiste argileux*

Le dmeol est d'un gris foncé ^ très rarement nmfdltre et ferrugineux^ Les fragments sont eom- Wttément fort petits ; ceux dont la grosseur atteint cette d'onenoix sont peu communs; et ce n'est

5ao IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, que dans un seul endroit , à Angoumer (auprès de la couche de schiste argileux qui contient le dipyre; voyez §. i58.) , que j'ai observé de la grauwacke dans laquelle les fragments avaient jusqu'à six pouces de diamètre. Je n'ai jamais rencontré dans les Pyrénées de la grauwacke semblable à celles de la Savoie et du Bas-Yalais , ou des environs de Yalorsine , de Salvan , d'outre-Rhône , etc. , dans lesquelles les fragments ont si souvent un volume très considérable et dont le ciment est presque toujours du schiste micacé ou du gneiss.

La grauwacke commune est peu répandue dans ces montagnes. Elle est toujours subordonnée au schiste argileux et à la grauwacke schisteuse, et appartient , par conséquent y à la partie la plus ancienne de ce terrain. On ne la trouve que dans le voisinage de la bande primitive, et particulièrement sur la pente ou au pied des plus hautes protubérances granitiques. C'est ainsi qu'elle se présente dans le terrain de transition qui recouvre la pente septentrionale de la protubérance granitique du port de Viella, dans la vallée d'Arran; on l'observe très bien , soit en allant de la ville de Fiella, soit à ce port , soit à celui de Poui$ , au-dessus du cb$ de Tore et au pied de la pique Fourcanato. Ce même terrain, en continuant vers l'ouest, où il couvre une partie de la pente septentrionale de la Maladettay et ensuite le revers méridional du massif granitique de Crabioules eideClarabide^ contient sur toute cette étendue des couches de giguwacke

TERRAINS DE TRANSITION. 32i

commune. Od en obsenc également auprès du pic du midi d'Ossau , soit au plateau dit la plaine de Bias 9 soit à celui dit la plaine de la Brous* nette.

Le terrain de transition du port de Gavarnie^ quoique n'étant point dominé par des sommités granitiques , renferme aussi de la grauwacke commune ; mais il est possible que le <;alcaire aJpin du Taillon , et en général de tout le Marboré , qui domine cette contrée, enveloppe un noyau primitif et en occupe la place.

§• 1 56. La sixième roche intermédiaire est la grauwacke schisteuse. Elle a la même composition que la grauwacke commune^ et elle ne s'en distingue que par les proportions relatives de ses éléments et par sa structure. D'abord les fragments de roches agglutinés dans la grauwacke schisteuse sont beaucoup plus petits qu'ils ne le sont dans la grauwacke commune ; leur ciment est aussi plus abondant , et présente un véritable schiste argileux qui a comniuniqué sa structure feuilletée et schisteuse à toute la roche dont il forme le principal élément. Il résulte de là que la grauwacke schisteuse se laisse facilement fendre en dalles quelquefois grandes et minces» propriété dont la grauwacke commune ne jouit points La multitude de grandes paillettes de mica et de talc , disposées dans le sens des feuillets , doit aussi nécessairement contribuer à rendre cette roche plus fissile,

Grauwacke schisteuse.

5aa m- PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS.

On peut la considérer oryctognostîquement comme une roche intermédiaire entre la grauwacke commune et le schiste argileux.

Elle est ordinairement d'un noir grisâtre , quelquefois bleuâtre , ou d*un gris verdâtre , très rarement rougeâtre , et contient souvent des parties fines d'anthracite, de fer sulfuré et des empreintes végétales. (§. 160.)

La grauwacke schisteuse appartient, en général, à la première période et à la période moyenne de la formation du terrain de transition. Elle est toujours subordonnée au schiste argileux ; cependant on la rencontre quelquefois, intercalée dans le calcaire de transition , blanc et grenu (§. 162. ), comme à la Penna blanca de Benasque , au plan d'Aigouillat^ à Notre-Dame de Montgarry ^ etc- Cette roche est beaucoup plus répandue et forme des couches plus épaisses et plus nombreuses que la grauwacke commune. Elle se trouve non seulement dans tous les lieux où on observe la grauvracke commune, comme on Ta indiqué dans le paragrapheprécédent, maisaussi danspresquetoute la partie du terrain de transition qui est voisine du terrain primitif.

«ubîTiSon- S* ^ ^7* ^^ terrain de transition est donc essentiellement composé de schiste argileux , de calcaire , de brèche calcaire , de quarz compacte , de grauwacke commune et de grauwacke schisteuse. Mais ces diverses roches renferment encore

Couches

trangèr

iiboraoi

nées.

d'autres substances minérales , soit intercalées sous forme de couches et de veines , soit enveloppées sous celles de cristaux et de grains ou de petites masses irrégulières , soit enfin les traversant sous forme de filons.

Nous allons décrire dans ce paragraphe les substances minérales qui sont subordonnées à ces roches sous forme de couches. Plusieurs d'entre elles ne sont que des variétés remarquables ou, si Ton veut, des sou^-espèces de quelques unes des roches principales, telles que le schiste alumineux^ le schiste à aiguiser , le schiste argileux graphique , le schiste siliceux et la pierre lydienne.

1. Le schiste à aiguiser , (s. coticule ou s. nava^ cutaire). Cette variété remarquable du schiste argileux se distingue des autres par sa dureté, qui est plus grande , et surtout par sa texture qui est moins feuilletée. Il en résulte que sa cassure n'est pas bien schisteuse , mais qu'elle passe tantôt à la cassure écailleuse ou inégale , tantôt à la cassure conchoide. Le schiste à aiguiser parait être , en général, un mélange intime de parties très fines d'argile et de quarz ; mais on trouve aussi dans les Pyrénées certains schistes à aiguiser qui contiennent en outre du feldspath, ou pour mieux dire, qui semblent être imprégnés de feldspath compacte. Cette variété se fond assez facilement au chalumeau en un émail d'un brun clair ; elle est plus dure et translucide sur les bords. Elle forme le passage minéralogique du schiste argileux au feldspath

au

5^4 III* PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, compacte ; et en effet on trouve aussi ces trois roches alternant entre «lies.

Le schiste à aiguiser ordinaire est d'un gris de cendre , ou d'un gris jaunâtre , quelquefois veiné. Sa pâte est peu fine , et je n'en connais point qui soit propre à fournir de bonnes pierres à rasoir. Ceiu i qui contient du feldspath compacte est d'un gris verdâtre , quelquefois d'un vert de montagne sale et rarement veiné. La pâte en est plus fine et plus dure , et je crois qu'on pourrait s'en servir pour la fine coutellerie.

Le schiste à aiguiser forme des couches peu épaisses, et est constamment subordonné au schiste argileux.

Il est commun dans les Pyrénées. On l'observe auprès du Plan de Lauzê, dans la partie supérieure de la vallée de Ficdessos; dans les quartiers de montagned nommés le Tal de Cotoy, au-dessus à'Aulu$ , dans la vallée d'Erce ; à Aleu , dans U vallée de Soudan , où l'on en fabrique des pierres à faux ; au pont de la Taule et dans toute la partie de la vallée du Sallat , comprise entre ce hameau et le village de Confient; dans cette contrée la variété feldspathique est très conmiune ; elle l'est également aux environs de Viella , dans la vallée £At^ tan; on l'observe presque au sortir de la ville , en suivant le chemin du port; enfin les montagnes entre le port de la Picade et celui de Bénasque, dans la vallée de Luchon, celles du port Fiel, dans la vallée d'Estaubés la gorge qui conduit à la mon-

TERRAINS DE TRANSITION. «aS

tagoe de Liausaube , dans la vallée de Héas ; ,|a carrière d'ardoise de Ginas ^ dans la vallée de Louron, etc. , contieDoent des couches 'de schiste à aiguiser.

2. Le schiste alumineux. Cette roche qui ne parait être qu'uQ schiste argileux carburé , intimement mêlé de pyrites martiales plus ou moins dé*composées, lesquelles peut-être se rapportent 1^ plus souvent au fer sulfuré blanc de M. Haûy\i se rencontre en plusieurs endroits dans les Pyrénées.

Le schiste alumineux est constamment subordonné au schiste argileux « et y constitue des couches fort épaisses , mais peu prononcées , à cause du passage insensible qui existe presque toujours entre ces deux roches. Il se rapporte communément au schiste alumineux commun de M. Wernér*

J'ai observé ce minéral très bien ca^iactérisé et en grande masse en divers lieux , savoir : à Bauan et Semsat, dans la vallée de VArriége , où on a fait quelques essais d'exploitation qui cependant n'ont pas été continués ; vers le fond et sur la gauche du torrent à!Ause$so, qui conduit au port d'Ustou; à une demi-lieue à l'est de Rivernerty près de Saint- Girons; à Antras et à Mortis^ près de Sentinyà^tks» la vaUée de Castillon; à peu de distance à l'ouq^t de Bagnères de Luchon, sur la droite du ruisseau de la vallée de Larboust; au fond du vallon dit l*£aa de Maillet^ etc.

3. Le schiste à dessiner ou schiste argileux graphique. Ce minéral est rare dans les Pyrénées ; je

5îi6 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS.

ne l'ai observé que dans un seul endroit , savoir : auprès du village de Sentin , au fond de la vallée de Cantilbn \

Cependant j*aî vu des échantillons de cette substance , les uns venant de la gorge de Malivierna^ et les autres des environs de Castanèse, au sud-est de Bénasque. On en trouve encore , à ce que Ton m'a dit, auprès du col de ta Marmade, à l'est du Tabcj dans la vallée de l'Arriége.

Le schiste à dessiner à^Sentin forme une couche dans du schiste argileux fortement carburé; sa direction est vers 7 heures, et son inclinaison d'environ 76* au nord ; son épaisseur ne peut pas être déterminée d'une manière précise à cause du passage insensible qui existe entre les deux roches. Il est d'un beau noir, tirant un peu sur le brun et quelquefois sur le bleu ; sa pâte est très fine, et il se laisse couper facilement avec un couteau. On en trouve beaucoup qui sont excellents pour le dessin au crayon noir; il contient quelquefois des pyrites. On y observe aussi de petites cavités d'une forme cubique, qui ne sont que les cellules dans lesquelles des cristaux de fer sulfuré étaient logés. Ces cavités sont communément remplies de talc argentin , qui tapisse également les parois des fissures dont ce schiste est traversé.

Quant au schiste à dessiner de Maliviema, je

« Les habitants de cette contrée le connaissent sous le nom de . peyre-nère ( pierre noire) et les charpentiers et les meiinisicrs s'en servent ^n guise de crayons.

TERRAINS DE TRANSITION. 3!i7

présume qu'il doit avoii: un gisement semblable ; car le terrain de transition constitue en grande partie les montagnes qui entourent oette gorge sauvage , et j'y ai trouvé du schiste argileux noir, absolument analogue à celui qui, à Sentie, renferme cette substance.

4* L'anthracite. Ce minéral est rarement pur et en grandes masses dans les Pyrénées, Le seul endroit où je Taie observé , est au fond de la vallée de Héa$, à la naissance de la petite gorge de VEau de Maillet, au pied du port de la Ca$au; M* Rs^mond l'y avait déjà indiqué. D'après les expériences de ce naturaliste , cette anthracite est d'une grande pureté et ne contient presque pas de fer ' ; elle y forme plusieurs couches épaisses, intercalées dans du schiste argileux fortement imprégné de cette sub** stance.

On m'avait assuré qu'il existait une couche d'an^ thracite pure dans le quartier de montagne nommé Oyhansaharaj à l'est de l'ancienne fonderie de Baigorry; mais je n'ai pas pu la trouver, quoique j'aie visité à plusieurs reprises et examiné avec beaucoup de soin toute cette contrée.

Autant l'anthracite pure et en grande masse est rare dans ce^ montagnes , autant elle y est com-r mune à l'état de mélange intime avec le schiste argileux , la grauwacke schisteuse ou la grauwackç commune.

* Foy€igef au MorUrPerdu, pag. 239.

3a8 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS.

On la rencontre si fréquemment dans cet état , qu'il est inutile d'en indiquer les localités.

5. Le sckiête êilioeux. Cette roche et particu* liërcment sa variété noire, connue sous le nom de pierre lydienne^ forme des couches commîmes ment peu épaisses et souvent de simples rognons dans le schiste argileux, rarement dans le calcaire. Par suite dé la ressemblance de sa couleur avec celle de la roche qui le renferme et du peu d'ë-s paiàseur de ses couches , il est difficile de la le^ conilàître en place ditns son gisement; mais U grande quantité de morceaux de "schiste siliceux roulés et arrondis par les eaux, que l'on remarque dans presque toutes les vallées , prouve que cette roche est très répandue dans toute la chaîne des Pyrénées.

On observe, à la sommité du port de Peyre^Sourde, entre la vatléé de Larbou$tet celle de Lowron, une masse considérable de schiste siliceux. Elle est divisée en strates dé trois à six pouces d'épaisseur, très fendillée et traversée par de petits filons de quar£. Cette masse paraît être une couche fort épaisse intercalée dans le schiste arjgileux.

En allant à Confient j dans la loallét du Sattat, on observe, à très peu de distance au-dessus de Pont de la Taule ^ une couche de schiste siliceux d'environ huit pieds d'épaisseur.

Le calcaire gris compacte du gouffire de Saint- Antonij entre Foix et Tarascon, en contient également une couche de deux à trois pieds d'épaisseur.

6. Le fetdspath compacte. Ce miDéral se trouve, dans plusieurs contrées des Pyrénées ; il est d'un gris verdâtre et passe par de nonubreuses nuances, d'un côté au vert de montagne sale , et de l'autre au blanc jaui^âtre et au blanc grisâtre. Il est communément sali de parties argileuses et talqueuses, et il contient des grains de quarz , des paillettes de mica , et quelquefois de petits cristaux de fer sulfuré. Mais on en trouve aussi qui est exempt de tout mélange > et qui ressemble beaueoup à celui du Bas ^Valais, en Suisse. Il n'en di& fëre que par un plus grand degré de fusibilité ; il donne en général très facilement un émail blanchâtre ou brunâtre , selon qu'il est plus ou moins pur.

Il est subordonné au schiste argileux ; cependant je l'ai trouvé une fois dans la grauwacke commune et une autre fois dans le calcaire compacte, comme il le sera dit plus bas.

Il forme rarement des couches d'une grande épaisseur; elle est communément de trois à dix pouces; mais on observe toujours plusieurs de ces couches ensemble , séparées les unes des autres par des couches minces de schiste argileux , de schiste à aiguiser ordinaire , et de schiste à aiguiser feldspathique. (Voyez plus haut, n* 1.)

Lorsque le feldspath compacte se trouve intercalé dans le calcaire compacte , il n'y forme pas des .couches aussi régulières ; il y présente des veiûes souvent contournées et des masses irrégu-

35o IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, lières arrondies et aplaties, très rapprochées les unes des autres. •

Le schiste argileux qui se trouve entre le pont d'Àrros et Viella, dans la vallée d'Ârran^ contient plusieurs couches de feldspath compacte; on en observe encore dans la petite vallée qui conduit au port de Viella. En examinant les vastes éboulements qui recouvrent la partie supérieure de la gorge sauvage , par laquelle on passe en allant de VieHa au Cbs du Tora, j'ai observé, parmi de nombreux blocs de grauwacke commune détachés des rochers escarpés qui bordent ce vallon , des masses de feldspath compacte d'un vert grisâtre foncé , mélangé de grains de quarz et de quelques paillettes de mica argentin , lesquelles sont tellement adhérentes à la grauwacke , qu'il est impossible de douter que le feldspath ne forme des couches dans cette roche ; dans l'un de ces blocs j'ai remarqué un filon d'asbeste de six lignes d'épaisseur , qui traversait le feldspath et s'ar* rêtait com-plétement à la rencontre de la grau^^ wacke.

On rencontre, à peu de distance au-dessus du port de la Ptcade^ sur la droite du chemin, une roche, composée de feldspath compacte grossier et d'un peu de mica et d'amphibole, qui forme une couche courte et épaisse dans le schiste argileux de transition.

Les environs du Pont de la Taule et deConflent^ dans la vallée du Sallat,\es carrières d'ardoise de

Génot, dans la vallée de Louron, la montagne dite la Serre d'Azet^ entre cette Tallée et le vallon à*A' xety les montagnes du Port Viely dans la vallée d^Estaubéf etc. , renferment en plusieurs endroits des couches de feldspath compacte.

11 forme des amas fort considérables ou des couches courtes et épaisses (Uegende stocke ) dans le schiste argileux, vers la partie moyenne de la vallée d'Aspe. On les observe en allant de Bédous à Aydiu8.

Ce feldspath est d'un blanc jaunâtre ou grisâtre, divisé en strates souvent si minces, qu'ils donnent une structure feuilletée à la roche. Il est plus dur et plus difficile à fondre que celui dont la couleur est verdâtre, ce qui fait présumer qu'il contient une plus grande dose de silice. On y aperçoit souvent de petits grains de quarzfort transparents, des feuillets de mica, et de petits cristaux rectangulaires d'une substance blanche jaunâtre et éclatante, que je crois être du feldspath laminaire. Cette roche aurait été un véritable granité , si ses éléments avaient pu mieux développer leur tendance à se cristalliser '.

1 Je n'ai jamais observe du granité dans le terrain de transition qu'en fragments et en morceaux roules et empâtes dans les poudingues et lës brécbes. Cependant j'ai trouve auprès de La* bassère^ immédiatement derrière et au sud d'une grange ( la grange de Beyïe ou de Candet, suivant mon guide), une masse de granité aUong^de et arrondie , d'environ dix à douze pieds cubes de volume , empâtée dans du calcaire de transition pre&-

53a III* PARTIE. DBSCRIPTION DES TERRAINS.

Dans le ruissejau de Leê^ auprès de SaintrBiai\ j'ai trouvé un bloc de feldspath compacte, semblable à celui de Pissevache^ dans le Valaiss mais mêlé de grosses parties de calcaire blanc grisâtre à très petits grains. Ce bloc m'a offert un accident aussi intéressant que rare; en le cassant, j'ai reconnu des fragments d'entro^ùes à l'état de spath calcaire , soit dans le feMspath , soit dans les yeines calcaires. Parmi les échantillons que j'en ai recueillis, il en est un dans lequel on remarque un fragment d'entroque implanté dans le feldspath et qui est composé de six anneaux contigus ; sa longueur est de neuf lignes et son diamètre de trois lignes.

7. Le porphyre à base de feldspath. Cette roche n'est pas commune dans les Pyrénées ; elle présente une pâte grossière de feldspath compacte d'un gris jaunâtre , quelquefois Terdâtre, dans laquelle sont implantés de très petits cristaux de feldspath , des grains de quarz et quelques paillettes de mica.

Je. ne l'ai rencontrée que dans les rochers qui dominent le port de ta Picade, au nord , et dans

que compacte et d'un gris noirâtre . Le granité était àpetits graip^) abondant en feldspath très peu altéré, et contenait des cristaux de moyenne grosseur de cette substance.

L'existence du granité dans le calcaire et surtout en une masse si volumineuse et si isolée est déjà par elle-même un fait fort extraordinaire qui donne lieu de douter que ce granité soitd'une origine contemporaine à celle du calcaire ; et ces doutes se fortifient beaucoup lorsque l'on considère la forme arrondie de ce bloc de granité et le défaUt absolu de passago^d'une des roches à l'autre.

TBK&AINS DE T&ANSITION. 553

les entirons du pont à'Arro^, entre La$bordet et Aubertj dans la vallée d'Arran.

Dans l'un et l'autre endroit, ce porphyre est subordonné au schiste argileux.

8. Le grunOein cammàn. On observe une masse considérable de grunstein , composé de beaucoup d'amphibole lamelleuse et de peu dé feldspath compacte , tout près et sur la droite du chemin de Sent à Lereouil (vallée de Vicde$so$) ,dans le quartier de montagne nommé le TaiUeU Elle forme un vaste rocher en partie éboulé.

Cette roche se trouve à peu près sur les limites du calcaire primitif et du terrain de transition qui constitue la montagne de Rancié proprement dite. Mais il m'a été impossible de déterminer son gise*ment 9 et de reconnaître si ce grunstein fait partie du terrain primitif ou de celui de transition , ou s'il appartient peut-être à un système de formation particulière, que je présume beaucoup plus moderne, et dont il sera traité dans la suite. (§. âo3.)

Ce grunstein se retrouve encore plus loin, à environ un quart de lieue à l'est, sur le versant de la montagne, vers la petite vallée de Siguier; il y contient beaucoup de talc, ce qui le fait ressembler à la serpentine.

9. La stéatite endurcie. Cette substance, qui semble n'appartenir qu'au terrain primitif, se rencontre néanmoins dans le terrain de transition où elle constitue des couches assez étendues dans le schiste argileux.

334 m* PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS.

Je l'ai observée dans la. petite vallée (fAuses$o, ramification de la vallée (VU$tou, dans les quartiers de montagne nommés Escourgat, et Pla de Lauze.

Les couleurs de cette stéatite sont le blanc verdâtre, le vert de pomme clair, le gris verdâtre, le jaune d'ocre> et le brun rougcâtre clair. Elle est en général très pure, et ne contient que çà et là de petits grains de quarz, des paillettes de talc lamel* leux, et de l'ocre de fer. Elle forme des couches de six à quinze pouces d'épaisseur, intercalées dans du schiste argileux, qui alterne avec du calcaire gris de cendre à très petits grains, et avec du calcaire compacte, gris noirâtre. Ce dernier contient quelquefois des fragments épars d'entroques.

10. Le gypse. Le gypse que je crois appartenir au terrain de transition, se trouve à l'entrée de la petite vallée de Saurai^ entre le village d'jirrignac et celui de Bédillac^ près de Tarascon dans la vallée de l'Arriége. Il s'élève depuis le sol du vallon, des deux côtés, à une assez grande hauteur, surtout du côté du nord. Le ruisseau de Saurai s'y est creusé un passage étroit et profond.

Ce gypse s'étend sur la longueur d'une demilieue, et son épaisseur est proportionnellement fort considérable. La direction de toute la masse, est de l'ouest nord-ouest à l'est sud-est, presque parallèlement à celle du vallon; son inclinaison est vers le sud sud-ouest.

Ce gypse s'enfonce vers le sud sous le calcaire

de transition du pic de Soudour^ plus généralement connu sous le nom Atpic deBédillac.

Ce calcaire est d'un gris cendré, ou d'un gris noirâtre compacte, et renferme assez souvent des bélemnites , des ammonites et d'autres corps marins. On peut très bien reconnaître la superposition de ces deux roches dans le quartier dit /es Escoumes, à peu de distance au nord-est et au-dessous de l'entrée de la magnifique grotte de Bédillac.

Quant à la roche sur laquelle ce gypse s'appuie du côté du nord, je n'ose pas décider s'il repose immédiatement sur le granité qui constitue ces montagnes ou bien s'il en est séparé par une couche de calcaire, ou de quelque autre roche de transition, qui cependant ne peut avoir que très peu d'épaisseur.

Ce gypse est d'un blanc grisâtre ou jaunâtre, rarement verdâtre, et présente souvent de petites taches d'ocre de fer. Il est à très petits grains passant à l'état compacte. Cependant on remarque quelquefois dans certains échantillons cette texture imparfaitement lamelleuse, et cet éclat nacré qu'offrent la plupart des gypses épigènes^ c'est-àdire ceux qui ont été primitivement de la chaux sulfatée anhydre, mais qui par suite d'une altération spontanée ont pris une certaine quantité d'eau qui les rend susceptibles de se convertir en plâtre par la cuisson. Une multitude de lames de talc d'un blanc verdâtre sont disséminées dans toute la masse. Quoique ce talc ne forme point de vérita-

336 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TEREAINS. bles feuillets, tels qu'on les observe, par exemple, dans certains calcaires primitifs, je le crois néanmoins d'une formation contemporaine avec celle du gypse^ car ses lames présentent fréquemment une tendance très sensible à la cristallisation en prismes ou tables hexaèdres.

Ce gypse contient encore de petits cristaux de fer sulfuré, ordinairement altéré et passé à l'état d'hydrate. Ces cristaux ^ont fort nets, isolés, d'une à trois lignes de diamètre ; l'icosaèdre et le dodécaèdre pentagoûal sont les formes les plus communes, et le cube et le cubo-octaèdre les plus rares. On remarque encore dans cette roche des grains de quarz , et de petits rhomboïdes primitifs de spath calcaire très transparents.

Le gypse de la petite vallée d'Amave, à une lieue et demie à l'est de celui A' Arrignac^ est peutêtre de la même formation, car il lui ressemble beaucoup et se trouve sur la même ligne de direction. Mais comme je ne l'ai pas observé en place, je n'ose pas l'affirmer.

1 1 . Le fer hydraté et f lu.Ufer^athique. /Voyez §. 169.

Ces deux espèces de minés de fer, forment fréquemment des couches dans le calcaire de transition, mais je renvoie leur description au §. 169 qui traitera des gîtes de minerais dans le terrain Ac transition des Pyrénées.

dans les roches, intermédiaires*

§. i58. Les minéraux qui entrent accidentelle- Minéram ment dans la composition de diverses roches du accidentelleterrain de transition, sont en petit nombre. Voici "^"* ceux que j'y ai remarqués.

1. Le dipyre. Cette substance rare, qui jusqu'à présent n'a été observée que dans les Pyrénées, a été découverte en 1 786, par MM.^GîUet de Laumont et Lelièvre , aux environs de Mauléon , dans la vallée de Soûle ^ département des Basses-Pjrénées. Depuis, je l'ai encore trouvée en trois endroits différents des environs à'Angoumer dans la vallée de Castillonj département de l'Arriége.

Comme le gisement de ce minéral et les divers accidents qui l'accompagnent sont peu connus, je crois devoir donner ici la description de la manière dont il se rencontre dans ces différentes localités. Le dipyre, qui avait été découvert par les deux safanls que je viens de nommer, se trouve entre Mauléon et le village de LibarenSy sur la rive droite du Soison^ à très peu de distance au-dessous d'un moulin situé à Un petit quart de lieue au nord de Idbarens , dans un lieu nommé Lura. La roche qui contient ce minéral est presque à fleur de l'eau, et elle est inondée toutes les fois que le Soison s'élève au-dessus de son niveau moyen.

Ce dipyre est le plus souvent d'un blanc grisâtre ^trougeûtre^ rarement d'un gris de perle , d'un gris de fumée, ou d'unjaune d'ocre clair.

U est communément cristallisé , rarement en masse.

338 lir PARTIE. DESCMPTION DES TERRAINS.

Sa cristallisation est le prisme à quatre faces, rectangulaire , ayant les bords latéraux tronqués. {Dipyre périoctogone. ) On le trouve aussi, mais fort rarement, en prismes à quatre faces parfaits.

Les cristaux sont communément petits et allongés; il y en a qui sont presque aciculaires^ et ceuxlà ont quelquefois jusqu'à deux poucesde longueur.

Il présente, lorsqu'il est en masse, des pièces siparées f bacillaires j droites et minces, résultat de la réunion d'un grand nombre de cristaux par leurs faces latérales.

La cassure est imparfaitement lamelleuse^ à clivage quadruple, dont deux sont parallèles aux faces du prisme et deux aux diagonales.

Il est éclatant à l'intérieur et à l'extérieur, d'uo éclat vitreux.

Il esl transparent j dur (rayant le verre), aigre, médiocrement pesant. Sa pesanteur spécifique est d'après M. Haûy 2,63o6.

11 se fond aisément au chalumeau, avec un léger boursouflement, en émail un peu buUeux , et d'uo beau blanc.

D'après l'analyse de M. Yauquelin, ledipyrede Mauléon est composé de

Silice 60.

Alumine ii4*

Chaux. .10.

Eau 2.

Perte 4.

TERRAINS DE TRANSITION. SSg

Il est presque inutile de faire remarquer que les caractères que nous venons de rapporter ne s'appliquent à cette substance que lorsqu'elle est dans l'état de pureté parfaite et exempte de tout mélange.

L'altération spontanée, à laquelle le dipyre parait être très sujet, lui ôtedeson éclat, trouble sa transparence, rend sa cassure terreuse et diminue beaucoup sa dureté. Le talc, qui se mêle avec lui sous forme de petites lames, altère également son éclat et sa cassure lamelleuse, et le rend plus difficile à fondre.

Les cristaux de dipyre sont implantés dans deux espèces de roches; l'une est du calcaire, et l'autre, qui est celle dans laquelle il se trouve le plus communément, est une roche argilo-talqueuse, d'une pâte fine, onctueuse au toucher, de la consistance d'une glaise endurcie , d'un gris foncé , tirant tantôt au brun , tantôt au vert. Cette roche n'est autre chose qu'un schiste argilo-talqueux, d'une pâte très fine, qui se trouve à l'état de^ décomposition. Elle contient encore des nids et des veines de chlorite et de talc argentin rougeâtre et jaunâtre, l'un et l'autre à très petites écailles, et des pyrites sulfureuses, qui sont peut-être la cause de l'altération de cette roche.

C'est ordinairement dans ces masses de talc terreux €t friable que l'on trouve les plus beaux cristaux, et les masses baccillaires, mais toujours en petite quantité.

Les petits cristaux se rencontrent principalement dans le schiste décomposé ; ils y sont disséminés

34o IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, en grande abondance, et on trouve des places où la roche semble en être pétrie.

Le calcaire qui sert aussi de gangue au dipyre, comme il a été dit plus haut, est subordonné à ce schiste argilo-talqueux; il est ordinairement d'un jaune d'ocre, tirant sur le brun et tacheté d'ocre de fer.

Il est à petits grains, et un peu caverneux; mais je présume qu'il ne l'est que superficiellement, et que les petites concavités que l'on remarque sont dues à la destruction des parties ferrugineuses et à l'action de l'eau, dont il est fréquemment couvert par leSoison.ïl renferme peu de dipyre, toujours en cristaux très longs, mais fort minces. J'ai vu àParis, dans la collection de M. Brunn-Neergaard , un morceau de ce calcaire mélangé de dipyre, qui présentait un accident très intéressant; on y observait l'impression d'une portion de coquille qui semblait appartenir à la classe des bivalves.

Ce calcaire contient encore de petites lames de talc argentin, souvent d'une forme hexaèdre, et des cristaux .de quarz commun depuis six lignes jusqu'à deux pouces de longueur, et de deux à quatre lignes d'épaisseur.

Le dipyre qui se trouve dans les nids de talc est quelquefois accompagné de cristaux presque a ciculaires d'amphibole verte, se rapportant à la variété connue sous le nom de rayonnante asbestiforme.

Le schiste argileux dipyrifère , avec ses couches calcaires ferrugineuses, est intercalé dans un cal-

TERRAINS DE TRANSITION. 54i

caire de transition compacte, sensiblement argileux, distinctement stratifié, et alternant fréquemment avec du schiste argileux ordinaire. Cette partie du terrain de transition pourrait déjà appartenir à la dernière période de la formation intermédiaire; elle est très éloignée du terrain primitif; elle se trouve presque au pied des Pyrénées, et le calcaire qui ^n est la roche dominante est très argileux, et prend souvent cet aspect marneux qui semble caractériser en quelque sorte les derniers dépôts de cette immense formation.

Le dipjre s'observe encore dans la vallée de CasttUon, département de TArriége.

Je l'y ai découvert en trois endroits, aux environs du village A'Angoumer.

Il se rencontre au bord du Lés , sur la rive droite, à environ trois cents pas au-dessous de la forge d'^n^c^um^, vers le village de jLfi^mic.

Il y est disséminé en quantité prodigieuse, et sous forme de petits prismes octogones, arrondis aux extrémités, dans un schiste argileux très peu talqueux. Il est d'un blanc grisâtre , et n'a qu'une faible transparence, même lorsqu'il n'est point altéré. Les cristaux sont petits, à peu près de la grosseur d'un grain de blé, avec lequel on peut encore les comparer, à cause de leur forme presque cylindrique et arrondie aux deux bouts. Ils sont ordinairement si adhérents à leur gangue qu'on ne peut les en détacher sans les briser. Cependant on trouve quelquefois des morceaux dontonréus^à

34a III' PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, les séparer facilement : on peut alors très bien obserrer leur forme octogone.

Le schiste argileux qui les contient est d'un gris de cendre foncé, tirant un peu sur le brun. Sa pâte est très fine et compacte. Il a cotiseryé en général tou^e sa fraîcheur; mais, là où il se trouve altéré, il 9 pris le même aspect que celui de Mauléon, à Texception quHl est beaucoup moins talqueui. Il contient un peu de chlorite, mais seulement sous forme d'un enduit mince sur les parois des fissures. Je n'y ai remarqué non plus ni des veines de talc pur, ni du dipyre amorphe, ni des cristaux d'amphibole. Mais il renferme également des couches d'un calcaire blatic jaunâtre,; tacheté d'ocre de fer, dans lequel on observe assez souvent, comme dans le calcaire de Mauléon, des cristaux très longs et amincis de dipyre.

Ce schiste argileux forme une couche très puissante dans du calcaire de transition compacte, communément d'un gris de cendre clair, qui contient des couches assez épaisses de schiste argileux ordinaire, et de grauwacke commune.

Qn ^encontre aussi du dipyre auprès du hameau de Lotiringen, dépendant de la commune d'Angoumêr^ dans le lieu nommé la CoumedeLarrau. U est cristallisé en prismes octogones, remarquables par leur grosseur; ils ont de huit à quatorze lignes de longueur et de deux à trois lignes d'épaisseur : ce font les cristaux les plus gros que j'aie vus de ç.çtte substance. Ils sont d'un blanc jaunâtre

à Tintérieur, et recouverts à l'extérieur d'une pellicule plus ou moins épaisse , d'un jaune d'ocre foncé, qui paraît être- le résultat d'un commencement de décomposition spontanée. Ces cris* taux* de dipyre , associés avec des cristaux de moyenne grosseur d'amphibole commune, d'un Ycrt grisâtre, sont dispersés dans un caleaire grenu à petits grains, d'un jaune d'ocre, et piqueté d'une quantité innombrable de petites ta<dies brunâtres, qui, examinées à la loupe, présentent autant de petites cavités remplies d'oxtde de fer.

La terre végétale recoovre tellement ce calcaire qu'il est impossible de déterminer son gisement d'une manière exacte. II y a près de cet endroit des roches primitives ( granité et gneiss ) en place^ et des roches de transition ( schiste argileux, grauwacke commune et calcaire).

Comme ce calcaire est extrêmement analogue à celui qui se rencontre dans les schistes dipyjifères à Mauléon et à la forge d'Angoumer^ on a tout lieu de croire qu'il appartient à la même formation, et quil fait partie du terrain de transition.

Enfin letroîsîèmeendroîtoù j'ai observécette substance auprès d'^n^oum^r, est cette montagne aride située au nord du village, et quel'on appelle la Roque d'Angoumer. Elle est toute formée de calcaire de transition, qui y offre des variétés nombreuses, soit par sa couleur, soit par sa texture ; on y observe le passage et l'alternative du calcaire grenu d'un très beau blanc, avec du calcaire compacte, présen-

344 ni- PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, tant des teintes de gris très foncées. Ce calcaire contient assez souvent des bélemnites et des entrih quesj surtout vers la partie supérieure de la montagne. Le dipyre se rencontre très fréquemment daos cette roche, sous forme de cristaux aciculaires isolés, d'un blanc jaunâtre, rougeâtre ou grisâtre.

a. Vamphibole. Outre les cristaux d'amphibole qui se trouvent dans le calcaire et le schiste argileux dipjrifères, décrits dans l'article précédent, j'ai observé cette substance sous forme de petits prismes rhomboïdaux, implantés en grande quantité, dans un bloc de calcaire compacte gris de cendre , que j'ai trouvé dans les éboulements de calcaire de transition du Cirque de Troumouse.

3. La macle. On a vu (§. 89.) que cette substance existait dans le terrain de schiste micacé primitif des Pyrénées ; mais elle ne lui appartient pas exclusivement. Le terrain de transition la contient également , quqique en moins grande abondance.

J'ai trouvé la macle en trois différents endroits du terrain intermédiaire de ces montagnes; savoir, au Cirque de Troumouse^ vers le pied du port de la Canauj au fond de la vallée de Héas; auprès du hameau de Pradviely dana la vallée de Luchon; et entre Bénasque et le torrent de Malivierna, dans la vallée de VEssera.

Il est remarquable que, dans chaci^n de ces trois endroits, ce minéral se rencontre toujours dans un schiste argileux très noir, et contenant fréquemment des parcelles d'anthracite pure.

C'est à M. Ramond que Ton doit la découverte desmacles de la vallée deHéas\ Elles présentent toutes les variétés connues, à l'exception de la m(hnoehrome^{ pag. 196). Leur couleur est ordinairement d'un blanc jaunâtre ; cependant celles qui se rapportent à la variété circonscrite sont d'un noir grisâtre, à l'exception de la pellicule blanche qui les entoure^ Ces cristaux ont de quatre à sept lignes de longueur, sur une à deux lignes d'épaisseur et sont implantés dans un schiste argileux noir dont les fissures sont ordinairement enduites d'ocre de fer.

Les macles de Pradviel sont un peu plus grosses que celles de Héas^ mais en plus petit nombre : elles se rencontrent également dans du schiste argileux carburé. Elles sont d'un blanc iaunàtre, et présentent communément sur leur cassure transversale cinq petits rhombes noirs ^ dont l'un est placé dans le milieudu prisme,etles autres dans les quatre angles. ( Macle pentarhombique de M. Haûy.) jCelles que l'on trouve entre le torrent de Maliviema et la ville de Bénasque sont très minces et disséminées en quantité prodigieuse, dans du schiste argileux, plus noir et d'une pâte plus fine que celui qui les renferme, dans les deux endroits précédents. Elles se rapportent généralement à la variété téiragramme , c'est-à-dire qu'elles n'ont qu'un seul rhombe noir central , des angles duquel

' yojrages au MotU-Perdu, pag. 24 1 *

346 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, partent quatre lignes noires vers les angles du prisme.

4- Le quarz cristallisé. D'après les observations de M. Dardenne, professeur d'histoire naturelle à Saint-Girons, on trouve auprès d'£cA^7, au sud de Saint-Girons, des cristaux dequara implantés dans le calcaire de transition. I/échantillon que j'ai sous la main et que |e dois à la complaisance de ce naturaliste, présente un calcaire compacte d'un gris jaunâtre clair dan» lequel sont implantés un grand nombre de cristaux de quarz, d'un gris de fumée foncé, ayant la forme prismatique et pyramidale si ordinaire à cette substance. Ces cristaux ont de dix à dix-huit lignes de longueur sur deux à trois lignes de diamètre.

5. Le fer sulfuré ordinaire^ Rien n'est si commun que de trouver cette substance sous forme de petits cristaux ou de grains îrréguliers, disséminés dans les diverses roches du terrain de transition, particulièrement dans le sehiste ai]gi)eax. On la trouve aussi en masses ovoides de différentes grosseurs, plus ou moins comprimées , dans le schiste argileux ardoise, comme à Arront^ à Ijibasserre et anieurs. Ces masses de pyrites présentent quelquefois des croûtes concentriques enveloppant un noyau calcairo.

Lorsque le schiste argileux est entièrement mêle de pyrites, les surfaces de ces roches, qui , par leur position en surplomb, sontàl'abri delà pluie, et qui d'ailleurs ne sont pas mouillées par des filtrations,

sont quelquefois recouvertes par des croûtes de cette espèce d^alun , salie d'oxide de fer et de sulfate de fer» connue sous le nom de beurre de montagne. Cette substance est communément d'un jaune Isabelle, tacheté de brun. Les croûtes qu'elle forme ont la «urface raboteuse, souvent réniforme. Leur épaisseur est rarement au-dessus de cinq à six lignes. La cassure est imparfaitement lamelleuse, peu éclatante, d'un éclat de cire. Elle est très tendre, presque friable, et onctueuse au toucher* Sa saveur est astringente.

Ce beurre de montagne se rencontre fréquemment dans la vallée de Baréges et dans celle de CautC" rez , mais je ne l'ai vu dans aucun endroit en si grande abondance que dans le quartier de montagnes nommé Eêkurlegui, à une lieue et demie au nord-ouest de la fonderie de la vallée de Baigorry. On l'y trouve sur la surface des rochers, à l'entrée d'une excavation peu profonde que les habitants des contrées voisines x)nt faite en exploitant une petite couche de «an^citneou crayon rouge (rœthel), dont ils se servent pour marquer le bétail.

6. Le fer tutfuré ^/an^. Cette espèce de pyrite est plus rare que la précédente. Je l'ai tiouvée en petites masses arrondies dans du schiste argileux noir, au-dessous. du village d'£s(x?r,. dans la t)«//^ d'Aepe; sa cassure est fibreuse, et d'un jaune de bronze, plus clair que dans la pyrite ordinaire; elle s'effleurit facilement par le contact de l'air et de l'humidité. On en trouve également en forme de

petits ovoïdes aplatis, dans la carrière d'ardoise A^Arront dans la vallée de Castillan.

7. Fer hydraté épigène. Il est très commun dans le calcaire compacte. Il affecte communément la cristallisation du fer sulfuré ordinaire, et ne parait être que le résultat de la décomposition de ce dernier.

Page 1