Plomb sulfuré^ et 1 o. Zinc sulfuré
Ces trois substances se rencontrent quelquefois disséminées en petitsgrains dans le calcaire et dans le schiste argileux.
§. iSg. Les substances métalliques, si rares dans Dépôts les roches primitives et secondaires des Pyrénées,
de minenis i* r 1 1 1 .1 •
dans sont fort répandues dans tout le terram de transie temin ||qq i| jj»y ^ ^^^ j^ coutrée occupéc par ce terrain trtositioD. jj^pg laquelle on ne trouve au moins des indices de la présence de quelques minerais.
Mais ces gîtes de minerais , quoique nombreux, sont en général si peu abondants et ont si peu de continuité , que leur exploitation n'est point avantageuse, et que les personnes qui l'ont tentée se sont vues forcées de se désister de leur entreprise après avoir fait des sacrifices et des pertes considérables. Cependant il faut en excepter quelques mines de fer que l'on exploite avec le plus grand succès. Mous indiquerons plus bas quelle est la cause probable du peu de richesse de la plupart des dépôts métalliques des Pyrénées.
Je n'entreprendrai pas de donner la description de toutes les couches et filons mélalliques que j'ai eu occasion d'observer ; le récit serait extrêmement long et fastidieux , et il contribuerait peu à faire connaître la constitution géognostique de ces montagnes , qui est Tunique but de cet ouvrage. En outre la majeure partie de ces dépôts de minerais connus , a été indiquée avec beaucoup de soin par M. Palassou , dans son ouvrage sur la minéralogie des Monts-Pyrénées, et M. de Diétrich en a fait le sujet d'un ouvrage particulier, sous le titre de Description des gttes de minerais ^ des forges et salines des Pyrénées^ 2 vol. in-4*> Paris, 1786.
Je me bornerai à rapporter les phénomènes géognostiques que ces dépôts présentent en général, et à donner une description succincte de quelques uns des principaux.
Les dépôts métalliques ne se rencontrent dans' le terrain de transition des Pyrénées que sous forme de couches et sous celle de filons.
Les couches ont en général beaucoup plus étendues et plus abondantes en minerais que les filons, et elles sont les seuls gîtes qui aient donné lieu à des exploitations importantes et de longue durée; mais ces couches métallifères sont beaucoup moins fréquentes que les filons , et ne contiennent d'autres minerais que de la mine de fer, accompagnée quelquefois de différentes espèces de mines de manganèse et d'un peu de cuivre pyjiteux. Les minerais de fer que ces couches contiennent
55o IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, le plus fréquemment 9 sont : du fer hydraté camr pacte ^ du fer hydraté fibreux (hématite brune) et du fer spathiquê.
Ces couches sont subordonnées au calcaire de transition. On en trouve il est vrai quelquefois dans le schiste argileux « mais elles y sont si minces et ont si peu d'étendue qu'elles méritent plutôt le nom de veine$ que celui de couches.
De toutes les couches de mines de fer qui existent dans les Pyrénées , celle qui est la plus étendue, qui fournit le meilleur minerai, et qui a donné lieu à l'exploitation la plus importante, est celle de la montagne de Raneié, près du village de Sem, dans la vallée de Viedessos \
Elle est d'une épaisseur extrêmement considérable en proportion de son étendue en longueur et en profondeur ; elle forme par conséquent ce que l'on appelle en sllemsindliegender stock. Son épaisseur est très inégale ; il y a des endroits où elle est de plus de quinze toises, et dans d'autres elle offire à peine dfeux toises. On pourrait presque dire que
< La mine de Rancié alimente actuellement quarante-quatre Ibrges à la méthode catalane. On peut évaluer son exploitation annuelle à environ 275,600 quintaux» diaprés une nots que que M. Vergmer de Bouchérén a eu la complaisance de me communiquer. Je dois aussi une foule de renseignements précieux sur tout ce qui concerne cette mine à M. d'Aubuisson, ingénieur en chef au corps rojal des mines.
M. Picot de la Peyrouse a donné une description de cette mine , soit sous les rapports minéralogiques, soit sous ceux ^ l'exploiution , dans son ouvrage sur les mines et forges de fer du comté de Foix, pag. 16. «
TERRAINS DE TRANSITION. 55i
le gite de mioerai de la montagne de Rancié est composé d'uD grand nombre d'amas disposés tous sur un même plan. Ce gite est connu sur une hauteur verticale de 3dO toises par le grand nombre d'exploitations qui y ont été entreprises. Celle dite A uriettes^tnf onct d'environ aoo toises horizontalement dans la montagne, et l'exploitation de Craague d'environ i5o toises. Sa direction est de Test sud-est à l'ouest nord-ouest , et son inclinaison moyenne d'environ 18* au sud sud-ouest.
Cette couche est intercalée dans du calcaire compacte, ordinairement d'un gris de cendre foncé. Cette roche est souvent schisteuse et contient des couches de schiste argileux; on y observe fréquemment du marbre à structure amygdaline, dont nous avons donné la description dans le paragraphe i5i.
Les divers minerais et autres substances qui composent cette couche , sont , dans l'ordre de leur plus grande fréquence :
1 • Le fer hydraté brun compacte ( mine de fer brune compacte.)
Ce minerai forme la masse principale de la couche. U est d'un brun de gérofle foncé, tirant quelquefois sur le brun jaunâtre et le jaune d'ocre. Il est ordinairement en masse ; cependant on trouve quelquefois des morceaux qui présentent des formes imitatives , réniforme y uviforme, $ialactifarme , etc. U renferme fréquemment des cavités, depuis quelques pouces jusqu'à plusieurs pieds cubes. Ces ca-
55a IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, vîtes, quoique fort irrégulières, présentent néanmoins une forme allongée et aplatie , on pourrait presque dire lenticulaire, dont le grand axe est parallèle à la direction de la couche.
2. Le fer hydraté fibreux ou Vhématite brune. Il est extrêmement commun , mais il ne se trouve qu'en croûtes épaisses , recouvrant les parois des cavités dont le minerai compacte est rempli. Ses surfaces sont ordinairement réni formes^ ou présentent quelques autres formes imitatives. Elles sont tantôt lisses et d'un éclat métaUique, tantôt mates et comme veloutées par de l'oxide de manganèse pulvérulent d'un noir très pur qui contraste de la manière la plus agréable avec la couleur blanche des cristaux de spath calcaire , aplatis et réunis en groupes étoiles , dont ce minerai est quelquefois parsemé.
Les diverses espèces de mines de manganèse^ qui accompagnent quelquefois cette hématite sous des formes extrêmement variées , produisent des accidents d'une beauté rare.
Sa cassure est à fibres très fines , rarement grossières. Il présente quelquefois des pièces séparées baccillaires , droites , très minces , anguleuses et communément cunéiformes rxians ce cas la surface extérieure n'est point lisse , mais raboteuse ou comme chagrinée , et chacun de ces petits tubercules correspond à une pièce séparée. En considérant ce phénomène et surtout la manière dont le fer hydraté fibreux se trouve dans le fer hydraté corn-
TEERAINS DE TRANSITION. 353
pacte sous fonne de croûtes tapissant des cavités, on ne peut pas s'empêcher de croire que cette substance ne soit le produit d'une cristallisation imparfaite du fer hydraté compacte.
Le fer hydraté fibreux présente quelquefois une variété très curieuse , qui est le résultat d'un mélange accidentel avec du manganèse oxidé argentin.
Yoici sa description oryctognostique. Sa couleur est le brun rougeâtre clair, tirant quelquefois un . peu sur le rouge de cuivre. Il se trouve en massez réniformes de six à dix-huit lignes d'épaisseur, et dont la surface est grenue à très petits grains , quelquefois lisse. Il est peu éclatant à l'extérieur et dans l'intérieur, d'un éclat demi-métallique. Sa cassure est fibreuse à fibres peu fines , divergentes , et composée en grande partie de petites lames ou paillettes très minces.
Ses fragments sont cunéiformes à bords peu obtus. Il présente quelquefois des pièces séparées teslacées, courbes , concentriques. Il est opaque^ rarement translucide sur les bords. Sa cassure est brun^-rougeâtre clair, et peu éclatante, semi^durcy aigre y et s'approchant du pesant.
Il agit sur l'aiguille magnétique, lorsqu'il a été préalablement chauffé.
Cette variété d'hématite brune se rapproche beau* coup par ses caractères extérieurs et par son gisement de la substance que M.Ullman a décrite sous le nom de Lépidokrokit. Voyez Taschenbuch fur minéralogie, eic. de M. Léonhard, vol. g, p. 221.