‹ Essai, sur la constitution géognostique des PyrénéesChapitre 3 sur 36 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

vait dans ses leçons de géognosie; c'est-à-dire que j'ai classé mes idées et mes observations dans le même cadre dans lequel mon illustre maître rangeait les siennes.

J'ai suivi également la méthode wemérienne dans les descriptions oiryctognostiques , parce que , lorsqu'il ne s'agit pas de caractériser une espèce , mais seulement de décrire quelque variété ou quelque échantillon, cette méthode me paraît préférable à toutes les autres.

J'ai conservé les noms de roches de l'école allemande, ou bien leur traduction littérale en français, parce que ces noms sont encore aujourd'hui les plus connus et les plus généralement employés. Cependant je regrette d'avoir conservé le nom de calcaire alpin j (alpenkalk) pour désigner le zechsteiHy c'est-à-dire le calcaire dont la formation a immédiatement suivi celle du grès î*ougey parce que cette dénomination tend à affirmer comme positif un fait exti^êmement douteux , celui de Tidentité du zechstein avec le calcaire du versant septentrional des Alpes; car il me parait très probable que le calcaire des Alpes appartient aux terrains de transition ; par conséquent le nom de calcaire alpin, comme synonyme de celui de zechstein, devrait être entièrement supprime.

PRÉFACE. xj

Je me suis décidé à rédiger mon travail en français, par la considération que la plupart des personnes auxquelles il pourra offrir quelque intérêt comprendront probablement la langue française , et non pas également bien la langue allemande.

C'est en faveur de ce motif que j'ose réclamer rindulgence de mes lecteurs , qui s'apercevront à chaque page que j'ai écrit dans une langue qui n'était pas la mienne. Mon ancien et excellent ami , M. Brochant de Yilliers, a bien voulu prendre la peine de rectifier les locutions les plus vicieuses , et de faire disparaître les germanismes ; mais pour opérer ces corrections plus parfaitement, il lui eût fallu refondre tout le manuscrit.

Je dois encore rappeler que près de dix années se sont déjà écoulées depuis la rédaction de mes observations'; pendant ce temps la géognosie a

' J'ai commencé cette rédaction en 1810 : elle était avancée, au printemps de 181 3, jusqu'à la fin de la description du grés rouge. Les observations que j'ai faites pendant mes courses de 18 1 2 9 et la description du terrain du calcaire alpin et du terrain amphibolique secondaire, y ont été ajoutées depuis que j'ai quitté les Pyrénées. La publication de ce travail a été toujours retardée par les circonstances , et j'y aurais probablement entièrement renoncé, si quelques savants , qui s'étaient donné la peine de prendre connaissance de mon manuscrit , ne m'avaient pas encouragé à le faire imprimer. Le suffrage

xi) PRÉFACE,

fait de grands progrès dans toutes ses parties , surtout dans celle qui s'occupe du signalement et de la détermination des êtres organisés fossiles, principalement des espèces animales qui semblent caractériser certains terrains secondaires. Ne me trouvant plus sur les lieux, je n'ai pas osé appliquer dans mon travail les principes et les idées auxquelles on est parvenu dans les derniers temps. J'ai cru plus convenable de laisser subsister ma rédaction telle que je l'avais faite il y a dix ans, que d'y apporter des changements dont je n'avais plus le moyen de vérifier la justesse. Mon travail est donc l'exposé exact des idées que je m'étais formées de la structure des Pyrénées , à l'époque où je les parcourais.

bien honorable pour mot que l'Académie royale des sciences a daigné accorder à mon travail , et la manière flatteuse dont M. d'Aubuisson a bien voulu s'exprimer à son sujet dans son excellent Traité de géognosie*^ m'ont enfin décidé à le publier , quoique j'aie tout lieu de craindre que la bienveillance que M. d'Aubuissonm'a témoigné dés mon enfance , et l'întérét qu'il a conservé pour ma famille, ne l'aient rendu trop indulgent en ma faveur. Ce savant n'a fait au reste qu'augmenter les droits qu'il avait déjà acquis à ma reconnaissance , par les secours qu'il m'a prêtés dans mes recherches , particulièrement dans celles qui avaient pour but la détermination de l'espèce minérale que j'ai décrite sous le nom de pyroxène en roche,

* a vul. io-8, Paris 1819, chez F.-6. Levrault.

PRÉFACE. xiij

£n finissant , je dois payer un juste tribut de reconnaissance à toutes les personnes qui ont bien Toolu me faciliter mes courses et mes recherches, et en particulier à MM. Navarre , maire, et £tche- Ycrry, Juge de paix de la yallée de Baigorry; à MM. Paul Boileau, docteur en pharmacie, et Sengez, docteur en médecine, à Bagnères de Luchon; à M. Marchand, àSt-Beut;àM. Delort, à Ângoumer ; à MM. Vidal, Bois, et Rives, à St-Girons; à M. Vidal, curé, à Lacour ; à M. Osy, à Oust ; à MM. Mercadier, ingénieur en chef des ponts et chaussées, et lipkens, ingénieur du cadastre, à Foix ; à N. Gosse, à St^Paul ; à M. Matthieu Marrot, ingénieur des forges, à Saurat; à M. Bergasse de Lajiroule, à Rabat ; à MM. de Lafond et Boyer, à Tarascon ; à MM. Vergnies de Bouichères, à Viedessos' ; à M. Bugard , curé , à Saleix ; à M. Vamier,

' A Yicdessos , j'ai été accueilli avec une grande bienveillance dans la maison de feu M. Vergnies de Bouichères, avantageusement connu des métallurgistes par ses profondes connaissances dans l'art du traitement du fer à la méthode catalane, et révéré de ceux qui ont visité son pays, et qui tous ont reçu de lui cette hospitalité franche-dont j'ai été si souvent l'objet « et qu'on ne trouve guère que dans les Pyrénées. La mort a enlevé cet homme respectable à ses nombreux amis depuis que j'ai quitté la France; mais son souvenir reste gravé dans le coeur de tous ceux qui l'ont connu , et rien ne pourra me faire oublier les bontés que lui et

xiv PRÉFACE.

à Quillan; à M. Barrera, à Pradcs; à M. Xatard, maire de Pratsde MoUo; à MM. d'Aubuiâson, ingénieur en chef des mines, Camey, professeur de mathématiques, Marquet-Victor, professeur de physique, Vigueri , professeur en chirurgie , de Saget, de Marsac, Abadie et Perrière, à Toulouse , etc. Combien il m'est douloureux de penser que Tune des personnes qui ont le plus de droits à ma reconnaissance ne puisse plus entendre la faible expression des sentiments qu'elle a imprimés pour toujours dans mon cœur! M. le baron Picot de Lapeyrouse , célèbre auteur de là Monographie des Saxifrages et de V Histoire abrégée des plantes des Pjrrénées\ dont le nom est si souvent cité dans cet ouvrage, et dont les sciences ont dé-

tous les membres de sa digne famille m'ont témoignées. Feu M. Yergnies de Bouichéres m'a beaucoup aidé dans le travail que j'ai fait sur les forges à la catalane ; MM. ses fils m'ont fréquemment accompagné dans mes courses , et c'est à l'amitié de MM. Casimir et Victor Yergnies que je dois la facilité avec laquelle j'ai pu visiter les vallées espagnoles de Bénasque , de Gistain et de la Ginca.

' M. de Lapeyrouse s'était livré à l'étude de toutes les parties de l'histoire naturelle des Pyrénées , et en avait fait le sujet de plusieurs ouvrages et mémoires très connus par les naturalistes^ mais la ])otanique était celle dont il s^occupait par prédilection.

Page 1