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outre plusieurs roches , qui même forment quelquefois des terrains assez étendus , mais qui néanmoins sont subordonnés à l'une ou à Tautre de ces trois formations principales. Nous en donnerons la description dans la seconde section de cette partie. La siénite, le porphyre, la serpentine, le irap primitifs etc. , ne forment point de terrains particuliers et indépendants dans les Pyrénées. Ils ne s*y rencontrent qu'en couches subordonnées à d'autoes roches , dont ils ne sont le plus souvent que de simples anomalies.
Notions §. 55. Le terrain le plus étendu des Pyrénées est
fifénérsilcs
sur la celui de transition , les roches qui le composent sont compoai on ppiQçjpj^jçjjjgQ^ \^ êchiste argiUux f la grauwacke
*^^*" schisteuse, la grauwacke commune , et le calcaire^ transition. jj ^^^^^ q^g j^ formation de ce terrain a cchï-
mencé en général par le schiste argileux et la grauwacke , et qu'elle s'est terminée par le dépôt calcaire. J'ai dit en général ^ parce qu'on trouve des exceptions fréquentes à cette règle dans quelques contrées de ces montagnes. Au reste ces roches se trouvent toujours alternant les unes avec les autres en stratification parallèle. Dans la partie la plus ancienne de ce terrain , c'est-à-dire dans celle qui se trouve la plus rapprochée du terrain primitif^ c'est le schiste argileux et la grauwacke qui dominent ordinairement, et le calcaire leur est subordonné ; mais dans la partie moderne de ce terrain , c'est au contraire le calcaire qui est la roche
la (dos commune , et le schiste argileux lui est seulement intercalé en couches plus ou moins épaisêes.
Le8 autres roches de transition dont nous ferons mnetiou dans la description détaillée de ce terrain, sont toujours subordonnées , soit au schiste argileux , soit au calcaire ( §• 141 et suîv.) , et elles ne forment que des masses peu considérables.
Il est inutile d'observer que le terrain de transition repose immédiatement sur le terrain primitif, et qu'il recouvre indistinctement le granit , le $cki$te micacé ou le calcaire primitif.
§. 36. Le terrain secondaire occupe en général Notion* moins d'espace sur le versant septentrional, que le ^ suHa'^'' terrain de transition ; mais il paraît être plus abon- *^®'"^°"*'^" dant sur le versant méridional , si du moins j'en geco^arre. juge par les contrées que les circonstances m'ont permis de visiter du côté de l'Espagne.
Il est composé de trois formations particulières. Ces formations sont celles du grès rouge 9 du calcaire alpin , du calcaire du Jura, et en outre les trapps secondaires ou roches amphiboliques.
On reconnaît par le gisement du grès rouge , qu'il a été formé le premier dans cette nouvelle ^oque. Il fut déposé par cette mer tumultueuse qui bientôt après se peupla d'une foule immense d'êtrea organisés, qu'elle ne tarda point à ensevelir sous les dépôts énormes de calcaire alpin et de calcaire du Jura; car dans le grès rouge même nous ne
^8 !!• PARTIE. CONSTITUTION GÉOGNOSTIQUE. trouvons que peu de pétrifications Ces trois systèmes de roches se suivent et sont superposés l'un à l'autre dans Tordre dans lequel on vient de les nommer, eten stratification parallèle* Ils n'alterneat point entre;, eux , car le petit nombre de couches calcaires que Ton rencontre quelquefois dans legrès rouge, et celles de grès qui sont intercalées dans le calcaire , ne doivent pas être considérées comme formant djBS exceptions à cette règle. On remarque surtout que le grès qui se trouve dans le calcaire diffère du grès rouge proprement dit.
La superposition du calcaire alpin sur le grès rouge peut s'observer en plusieurs endroits , qu'on indiquera dans la description détaillée de ce terrain; mais quant à la superposition du calcaire du Jura sur le calcaire alpin, il m'a été impossible d'en saisir les limites. Ces deux terrains se confondent en quelque sorte , et paraissent passer insensiblement de l'un à l'autre. Au reste le calcaire du Jura n'est pas aussi bien caractérisé dans les Pyrénées qu'il l'est en Suisse et en beaucoup de contrées de la France.
Quoique la formation de grès rouge soit antérieure à celle de calcaire alpin , ce grès ne sert pas toujours de support au calcaire. On trouve plusieurs endroits où le grès rouge manque , et où le calcaire alpin repose immédiafement sur le terrain de transition , et même sur le terrain primitif.
Ce que nous venons de dire fait déjà présumer que le terrain secondaire se trouve en stratification
non parallèle sur le terrain de transition et sur le terrain primitif. En effet, c'est ainsi qu'on l'observe dans presque tous les endroits où la superposition* est visible. J'en excepte pourtant un seul point où il paraît qu'il existe un passage du terrain de transition au grès rouge, comme nous le verrons plus en détail dans la suite.
La quatrième formation particulière du terrain secondaire diffère de celles dont nous venons de nous occuper autant par son gisement que par la nature des roches qui la composent. Elleest principalement composée d'amphibole grenue ou d'amphibole compacte, etde grunstein commun ou degrunsteincompacte,qui par décomposition passe quelquefois à l'état de wacke. De vastes dépôts de gypse sont fréquemment associés à ces roches et paraissent même leur servir de supporten plusieurs endroits (Voy. la note §. 221.) Je n'entrerai pour le moment dans aucun détail sur ce terrain remarquable , dont je traiterai au long dans sa description particulière. Je me contenterai d'observer ici que sa formation est plus moderne que celle du calcaire alpin; car ce terrain singulier le recouvre toujours ; et comme on le voit aussi , sur divers points , superposé au terrain de transition çt même au granit, et que dans tous ces cas il est par rapport au terrain qui lui sert de base en stratification non parallèle , on est conduit à le considérer comme étant d'une formation indépendante de toutes les autres.
Ce terrain est très-commun dans les Pyrénées ,
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et se rencontre surtout vers le pied du versant septentrional de la chaîne.
Manière §• 37.L'un des objets qui méritent le plus Tattendes^teîwins tîon du géognoste , est sans doute la manière et pnncipaux j'^f jjç suivant lesquels les diverses roches et formalenrjonction. ^jQ^g gont supcrposécs et sc lient les unes aux autres. Ce n'est que par cette étude que nous pouvons espérer de parvenir un jour à une connaissance exacte de l'âge relatif des roches et des rapports qui existent entre les diverses formations répandues sur la surf ace du globe '.
' Le gisement des roches peut seul fournir les caractères essentieb pour reconnaître et pour distinguer les différentes formations des masses minérales qui constituent la partie solide du globe , et nous procurer les données pour juger de leur identité ou non-identité et de leur âge relatif. Leur structure , les minéraux qui les composent , et les corps organisés que plusieurs renferment y ne doivent être pour le géognoste que comme des caractères accessoires et pour iinsi dire subordonnés , malgré les secours importants qu'il en tire dans ces sortes de recherches.
Les observations de M. de Buch et de M. Hausmann sur la siénite de la Norwége; celles qui ont été recueillies sur un terrain analogue par M. Brongniart dans le Gotentin; les observations de M. Brochant sur le terrain de transition de la Tarentaire , et celles de M. de Bonnard sur ce terrain dans les montagnes du Harz, prouvent suffisamment que ni la structure , nt la composition des roches , prises isolément^ ne peuvent donner des indices certains sur l'âge relatif et l'identité des diverses formations. Les Pyrénées nous offriront des faits semblables, comme on verra dans la suite.
La présence des corps organisés est , il est vrai , le caractère Je plus essentiel d'après lequel on peut prononcer qu'une roche
Je me boroerai dans ce paragraphe à indiquer les observations de ce genre que j'ai eu occasion de faire sur les terrains principaux. Ce qui concerne les autres terrains, sous ce même rapport, se trouvera dans les descriptions détaillées que ]e donnerai de chacun d'eux.
Le terrain primitif supporte immédiatement le terrain de transition. Il en est recouvert ordinaire-
appartient à la classe des terrains secondaires ou à celle des terrains de transition. Mais , comme chacune de ces classes renferme plusieurs espèces de terrains , il faut panrenir à déterminer celle k laquelle cette roche se rapporte ; et , pour cela , il fiint que nous ayons auparavant réussi à bien distinguer ces terrains particuliers les uns des autres , à en fixer le nombre ^ qui est peut-être plus grand qu'on ne Ta cru jusqu'ici , et à déterminer leur âge relatif , et que nous ayons trouvé les moyens pour reconnaître leur identité ou non-identité dans les divers pays où on les observe. Or , c'est pour cette recherche importante , qui en quelque sorte doit atteindre l'un des buts de la géognosie , que la connaissance des corps organisés que ces terrains renferment ne me paraît pas être suffisante^
En effet y lorsqu'on prétend pouvoir distinguer les divers terrains secondaires l'un de l'autre et déterminer leur identité dans toutes les parties du globe par les pétrifications qu'ils contiennent, on suppose que chaque terrain contient certaines espèces de corps organisés qui lui sont propres et qui ne se trouvent pas dans un autre ; par conséquent , il faudrait admettre que le même terrain renferme dans tous les pays les mêmes espèces d'êtres organiques , hypothèse qui ne semble pas fondée sur un nombre suffisant d'observations , parce que les recherches que l'on a faites jusqu'à présent se bornent seulement à un très-petit nombre de pays , qui ne sont pas même assez éloignés l'un de l'autre pour permettre d'en tirer de^ conclusions générales. Ainsi il est très possible qu'un même
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ment en stratificaUen nonparallèle^ c'est-à-dire que les strates de l'un ne sont pas parfaitement parallèles aux strates de l'autse, quoiqu'en générallesens dans lequel Us s'inclinent soit à peu pires le même. Cependant cettedernière dispositionneprouye point une continuité de formation ; elle indique seulement que la surface sur laquelle le terrain de transition s'est déposé 9 et qui très probablement a dû
terrain contienne dans toute la France , peut-être dans toute TEurope , les mêmes pétrifications ; mais il n'en faudrait pas conclure que ces corps organiqfues dussent être également les mêmes dans le terrain analogue en Asie , en Afrique , ou dans une partie quelconque du globe éloignée de l'Europe. A en juger d'après la distribution actuelle des êtres virants sur la terre , il ne paratt pas possible ni même vraisemblable que jamais une esp'éce animale ou végétale ait vécu k la fois dans toutes les parties de Pim^edse océan^ qui , lors de la formation des roches secondaires , a dû couvrir la surface du globe.
L'identité ou là différence des fossiles ne peuvent donc servir , d'une manière générale , & prononcer sur l'identité ou la différence des divers terrains. Elles sont, ce me semble y également insufiisantes pour déterminer leur âge relatif, parce qu'il nous faudrait préalablement connaître l'âge ou l'époque relative de l'existence de ces corps organisés ; ce que nous ne pouvons déterminer précisément que par l'âge relatif des rocbes qtd les renferment ; il nous est donc impossible de tirer une conclusion en sens inverse ; nous sommes donc réduits à observer le gisement des roches pour déterminer leur âge relatif.
J'ajouterai enfin que nous ignorons également si un genre ou une espèce de corps organiques ne se sont pas éteints et ensuite reproduits à diverses reprises ; sans doute il est très probable que cela n'a pas eu lieu , mais néanmoins nous n'en sommes pas assurés , et ce ne sera que par des recherches purement géognostiques que l'on pourra parvenir dans la suite à constater ce fait.
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détarminer le sens de rinclinaison deji CQuehe^de ce terrain {f^oy.$. 49*) > ^^ai* * cette^oque paral*lèle aux 8trate» du terrain primitif.
Cependant , dans la vallie de Luehon^ il semble* rait qu'il existe un passage insensiUe du terrain primitif au terrain de transition. C'est acq^rès de la jolie cascade de Montauban y si sourent visitée par les baigneurs de Bagnèrei. Le schiste mieacé paraît passer insensiblement à un schiste argileux éyidemment de transition , lequel constitue les montagnes dont cette belle vallée est bordée à l'est. Mais je doute que ce passage ait lieu en efiet; ces deux roches y ont seulement la même incK* naison vers le nord , et présentent une si grande resseDgJ>lance entre elles qu'il est impossible de re* connaître et d'indiquer d'une manière précise la limite où l'une se termine et l'autre commence. Le même phénomène se retrouve encore en re-* montant la petite vallée de Gouroum , vers la mon* tagne de LabaUec^ formée de calcaire primitif et de schiste micacé» Au reste ce vallon , qui près de Bagnères aboutit à la vaUée de Larboust, est creusé en grande partie dans des roches qui ne sont que la continuation occidentale de celles de Momauban.
Le non-rparallélisme entre les strates du terrain primitif et ceux du terrain de transition peut s'observer en plusieurs endroits , dont j'indiquerai ici quelques uns. £n allant à jix^ dans la valUe de l'Jrriège^ on trouve, à quelque distance du pont
84 II' PARTIE. CONSTITUTION GÉOGNOSTIQUE. sur lequel passe le chemin , sur le côté droit de la rivière , au-dessous de la forge de Castelet, du gneiss qui incline au nord, et du schiste argileux de transition qui le recouvre et dont l'inclinaison est au sud. En montant sur le faite de la chaîne centrale, par la montagne de Toro au sud de Viella dans la vallée d'Arran, on trouve du schiste argileux et du calcaire s'inclinant au nord, tandis que le granité, qui y constitue le faîte et toute la pente du versant méridional, paraît s'incliner au sud. Le même phénomène se retrouve encore à la ikfaladetta , où on peut l'observer dans les escarpements qui bordent le profond ravin au pied du pic d*Albe. Le schiste micacé qu'on rencontre dans la vallée de Larboust^ au delà du petit bassin dans lequel tombent les eaux de la gorge à'Esquiery et de celle de Medassoles , s'incline vers le sud , et les strates du terrain de transition qui le recouvrent s'inclinent au nord ; etc.
Le terrain secondaire recouvre indistinctement et le terrain primitif et le terrain de transition.
Ce fait peut s'observer sur la montagne qui s'élève derrière Cir/;, ddiusl^ vallée deLuchon, et qui sépare cette vallée de] ceUe de la Barousse. On trouve ici du grès rouge qui recouvre à la fois du calcaire primitif, de la grauwacke et du schiste argileux qui alterne avec du calcaire de transition. Dans la vallée de la Cinca , on observe , en remontant vers le port de Bielsa^ que le grès rouge est superposé et au schiste argileux de transition et au granité; le même
phénomène se présente encore dans la partie supérieure de la vallée de Gistain^ où on trouve cette même roche superposée et sur le terrain de transition et sur le granité.
Cette disposition fait déjà présumer que le terrain secondaire doit se trouver superposé au terrain de transition en stratification non parallèle; et effectivement ce fait s'observe très bien dans la vallée de la Cinca.
Là, le schiste argileux de transition qui forme le sol de la vallée, à une demi-lieue au-dessous de la ville de BieUa^ incline d'environ soixante degrés au sud , tandis que les strates du grès rouge , qui en le recouvrant constitue le pied et la partie moyenne des montagnes dont cette vallée est bordée à l'est et à l'ouest, s'inclinent sous un angle d'environ vingt degrés au sud.
§. 38. Nous avons, jusqu'à présent, considéré Obserrations d'une manière générale les divers terrains des Py- ^ "or ^* rénées , sous le rapport de leur nature et de leur * ^* superposition. Il nous reste encore avant d'en- dwdSérents treprendre leur description détaillée à jeter un ^^^ coup d'œil sur la manière dont ces terrains sont ^J^"*®»' disposés dans la chaîne de montagnes qu'ils com« posent. Cette idée générale de la structure géologique de cette chaîne rendra la description de ses détails plus intelligible et plus intéressante. On prendrait une idée absolument fausse de la disposition des masses minérales qui composent les