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sant ainsi sans mesure leurs possessions territoriales t , et comme la culture des esclaves était moins chère que celle des hommes libres, et que d’ailleurs ils n’étaient pas exposés à partir dans les armées, ils les peuplaient d’une multitude d’esclaves achetés de toutes parts.
Plus tard, ces esclaves, affranchis comme nous l’avons vu, dans l’intérêt du crédit de
■ Les auteurs qui ont écrit sur l’Histoire Romaine ont assigné pour cause à ces agrandissements l’abus que les nobles avaient fait de leur pouvoir, et ont prétendu qu’ils s’étaient emparés par la force des domaines des petits propriétaires qui auraient été par là réduits à périr de faim et de misère ; il est bien à présumer que les patriciens, en possession de tous les pouvoirs , se sont laissés plus d’une fois entraîner à des injustices envers leurs voisins moins riches et moins puissants : mais il y a loin de là à l’extermination de toute la classe moyenne de Rome.
Nous venons de voir la véritable cause de la dépopulation qui se faisait sentir en effet à cette époque dans le territoire romain , et qui était le désir que
leurs maîtres, venaient à l’envi remplir le Forum et dominer les assemblées : un jour leurs clameurs interrompaient Scipion Émilien (i3o ans avant J.-C.) : « Silence, leur « cria-t-il, silence, faux enfants de l’Italie; « vos cris ne feront point que je vous crai- « gne, maintenant que vous êtes libres, moi « qui vous ai amenés à Rome enchaînés. »
A ces affranchis 1 se joignaient les habi-
chacun éprouvait de profiter pour sa fortune des conquêtes de la république.
On sent, du reste , que les injustices des patriciens dont nous venons de parler ont dû nécessairement donner lieu à de violentes déclamations de la part des démagogues du temps qui les ont encore exagérées-, mais il ne serait pas plus exact d’écrire l’histoire de l’aristocratie romaine sur ces déclamations , qu’il ne le serait de nos jours d’écrire celle de l’aristocratie anglaise sur la foi des discours d’O’Connell.
‘ I! n’est pas sans doute nécessaire de rappeler que nous entendons par ce mot les fils d’affranchis, car les affranchis eux-mêmes n’avaient aucun droit de suffrage.
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tants du Latium : Rome étant la source de toute richesse et de tout crédit, et les Latins pouvant seuls, sous certaines conditions , acquérir le droit de cité , l’Italie affluait dans le Latium, et le Latium dans Rome; souvent même le sénat était obligé de repousser les fraudes à cet égard , et l’on vit expulser à la fois plus de trois mille familles qui jouissaient sans titre des privilèges de la cité.
Ainsi, deux classes d’hommes étrangers à Rome y représentaient le peuple-roi , des Italiens et des affranchis : les uns et les autres étaient dévoués aux grands, les affranchis par les devoirs de la clientèle, et les Italiens par la crainte d’une expulsion et tous les avantages dont les nobles pouvaient disposer.
Mais en même temps les patriciens devaient trembler de voir leur puissance reposer sur ces indignes appuis , qui devaient nécessairement leur manquer , du jour où