ARCHIPEL PO-MOTOU
la couture g- g g, qui règne d'une extrémité à l'autre ; c'est à la partie inférieure h h que viennent se joindre les tètes de tous les bordages, disposés comme on le \o\l Jig. i. La couture, assez grossière, est formée de petits amarrages plats, sans diagonales, perçant les planches déjà maintenues par des chevilles à pointes perdues, et comprimant, à l'extérieur comme à l'intérieur, des bourrelets de filasse de coco, qui n'existent pas sur les écarts. Les bordages sont soutenus , en outre, par des couples auxquels chacun d'eux est joint par un amarrage, et, quand ces membres ne sont pas en un seul morceau, leurs parties, adaplées l'une sur l'autre, sont solidement liées. Les planches supérieures ont leurs extrémités attachées à une autre transversale ii {Jig. 7), qui, bouchant l'intervalle qui les sépare, est cousue par le bas avec la pièce pleine k k {jig- 8), qui t'ait la continuation de la quille, et est elle-même réunie à deux planches o i et o i {Jig- 2), attachées sur chacun de ses côtés, et assez étroites pour qu'il reste un espace vide entre elles et le prolongement de la quille ; dans la petite pirogue, cet intervalle sert de passage à l'un des barrots ronds qui unissent les deux bateaux, et qui partout ailleurs percent les bordages supérieurs, auxquels ils ne sont unis que par des chevilles plantées en dehors et en dedans; ils sont en tiges de cocotier, dont l'intérieur, toujours mou et spongieux, sèche et se creuse facilement; leurs parties saillantes soutiennent des planches a a et b h, sur lesquelles on peut marcher. Ces pirogues sont loin d'être symétriques , comme l'indiquent le plan et les sections verticales, dont le tracé a été fait avec soin par abscisses et ordonnées mesurées de décimètre en décimètre; elles prouvent combien il est inutile pour de pareilles constructions de pousser aussi loin l'exactitude, qui souvent n'a servi qu'à nous montrer des irrégularités qui ne frappent pas l'œil et ne peuvent être appréciées que le mètre et le compas à la main.
La jonction des deux pirogues est consolidée par un pont presque aussi long que la plus petite, formé de bordages attachés sur les deux plats-bords et soutenu au milieu par une planche o, placée sur les barrots {fig. 4) i les extrémités sont terminées par des rebords, et ce pont est traversé par deux bordages plus épais et plus longs que les autres, qui reposent sur les plats-bords ; ils ont au milieu un renflement avec une cavité c, servant à reposer le pied de chacun des mâts, qui sont tenus par six haubans amarrés aux bouts des barrots, et ont, en outre, chacun un étai ainsi qu'une corde, pour réunir leurs tètes. Nous avons vu de loin une de ces pirogues avec deux mâts de la même longueur, mais doubles comme une chèvre, et paraissant reposer sur le milieu de chacune ; ils étaient aussi retenus par des étais et par une corde joignant leurs sommets. Nous regrettons de n'avoir pu voir les voiles pour les mesurer exactement : il paraîtrait, d'après la description des naturels, qu'ils n'en ont qu'une, qu'on hisse sur l'un ou l'autre niât, suivant le bord que l'on veut courir; elle est triangulaire, à deux vergues égales, d'une longueur un peu moindre que celle de la petite pirogue, sur l'avant de laquelle son angle inférieur vient se iixer; elle est en nattes et en tout semblable à celle de Tonga-Tabou. Les naturels nous disaient aussi que lorsque le vent souillait trop violemment, ou que le temps, obscurci par les nuages, leur ôtait tout moyen de se diriger, il fallait souvent attendre longtemps avec la voile descendue, et qu'il était bien pénible alors de vider l'eau qui embarquait ou entrait par les coutures. Ils ont pour gouverner un long aviron en queue de poisson {fig- 10) , auquel est attachée une traverse qui le retient lorsqu'il est posé sur une des fourches dd, amarrées aux bouts de la grande pirogue. Leurs avirons, très-courts {Jig- 9), se fixent contre les barrots, sur le plat-bord; cependant, du coté de la petite pirogue, cela ne doit pas être possible à cause d'une haute planche/, cousue sur le bordage supérieur pour empêcher l'eau d'embarquer et assujettir un toit en feuilles de vacoa. Les habitants des Pô-Motou apportent ordinairement à Taïti de l'huile de coco, des nattes, et surtout des perles, dont plusieurs de leurs îles abondent. Ils sont très-habiles plongeurs; aussi les Européens commencent-ils à les employer à bord des petits navires qui parcourent leur archipel pour traiter avec eux : ceux qui étaient à Taïti nous furent utiles pour connaître la nature de nos avaries, et diminuer un peu la voie d'eau en enfonçant de l'étoupe dans les trous.
ARCHIPEL NOUKA-IIIVA. 137
Ils ont probablement, pour pécher dans les récifs, des pirogues plus petites, telles que celles (pi. 128, fig. 1 et 2) extraites du voyage du capitaine russe Ixotzebue, qui ne donne aucun détail sur leur construction , et n'en désigne pas même la grandeur; ou trouve, sur ces deux ligures, de l'analogie avec ce que nous avons vu jusqu'à présent, et il est probable que tous les bateaux des Pô-Motou se ressemblent beaucoup.
L'atlas hydrographique du voyage de la Coquille donne le dessin d'une pirogue double comme celle que nous venons de décrire, sur laquelle le commandant Duperrey nous a communiqué les détails suivants, extraits du journal de M. Lottin. — Sur le côté du vent, de la petite pirogue règne, dans presque toute la longueur, une espèce de chambre en vacoa n ri (fig. 4), d'environ o»,7'2 de haut, ayant la forme d'un quart de cylindre coupé suivant l'axe, terminé par des extrémités courbes , et percé de deux ou trois portes du côté plat tourné sous le vent. Les traverses qui unissent les deux pirogues les débordent de om,3o ; on y pose des planches qui aident à en faire le tour. Cette pirogue a deux mâts de bambou , qui, au lieu d'emplanture , tiennent sur le pont au moyen d'une espèce de fourche posée à plat; le bambou est découpé à moitié au-dessus de chaque nœud, sans doute pour y monter facilement; à o'",i5 ou o"',20 du mât, il y a une perche de la même longueur , parallèle et jointe par de petites traverses qui lui donnent l'air d'une échelle. Cette pirogue est peinte en carrés rouges et blancs de om,3o de côté; voici ses principales dimensions:
Longueur de tète en tête, i4",5o Largeur de chaque pirogue, r'",o5