BATEAU DE CAL1CUT
Quoique la côte de Mahé soit fertile et très-peuplée, la navigation n'y a aucune activité, et ce n'est que plus au midi, vers Calicut, que l'on trouve de nombreux caboteurs : ils se servent, pour prendre leurs cargaisons, d'un bateau plat (pi. 16, Jig. 5, 6 et 7), formé de trois planches grossièrement cousues; les deux latérales sont jointes entre elles à l'une des extrémités, et, à l'autre, s'unissent a l'étrave. Ces bateaux n'ont point de bancs, se poussent à la gaule et marchent toujours sans voile.
Dans la rivière qui débouche près de Calicut, on voit de longues pirogues d'une seule pièce (pi. 16, Jig. 11, 12 et i3), dont les extrémités sont élancées, mais plates en dessous, ainsi que le milieu; elles sont couvertes d'un toit de nattes posées sur des supports courbes qui reposent sur le corps sans lui être liés, et le tout n'est maintenu que par une corde, qui va d'un côté à l'autre, en passant dans des œillets lixés à la pirogue et pressant des lattes II. Un homme donne l'impulsion avec une gaule en se tenant sur une planche supérieure p p, dont la longueur permet de marcher longtemps et d'acquérir beaucoup de vitesse, et un autre, assis derrière, gouverne avec une pagaie. Ces pirogues portent de fortes charges, tirent très-peu d'eau, vont vite et sont propres à remonter les rivières, dont elles peuvent parcourir les moindres branches.