PÉROU
On a conservé au Pérou l'usage des radeaux construits par les anciens habitants , qui sont assez bien assortis aux localités pour être encore préférés à toute autre embarcation ; on en voit toujours un grand nombre à Guayaquil , descendant la rivière et naviguant sur la côte, ainsi que d'autres caboteurs qui n'offrent rien d'intéressant et ne sont que de petits navires européens mal construits. Les radeaux de Guayaquil, nommés Jangadas (/>/. 128, Jîg. 16, 17, 18, et pi. 129), sont en madriers d'un bois léger, appelé par les Espagnols balsa, d'où est venu le nom de Baise; c'est un bois grisâtre, poreux quoique d'un grain très-fin, et si léger qu'un enfant en porte sans peine un tronçon de 3 à 4 mètres de long sur on,,4o de diamètre. Pour former les radeaux , on équarrit grossièrement les madriers qu'on place les uns contre les autres, mais toujours en nombre impair, parce qu'il faut que celui du milieu a a soit le plus long ; on les attache avec des liures à des traverses b b du même bois, placées en dessus, qui supportent un pont c C de mauvaises planches , sur lesquelles on élève une cabane en joncs dd, couverted'un toit de chaume de cocotier ; les dimensions de cette cabane dépendent de la nature de la cargaison , disposée sur le pont et maintenue au besoin par une balustrade de piquets attachés aux côtés. Nous avons vu quelques Jangadas qui, ayant trois rangées de madriers serrés, dont deux longitudinales, et celle du milieu en travers, pouvaient porter de fortes charges; lorsqu'il faut que la surface où reposent les marchandises soit un peu élevée au-dessus de l'eau, on met quelques pièces en travers et on bâtit dessus un pont supérieur sur lequel on les entasse. On conçoit combien, par leur nature même , ces radeaux et leurs cabanes doivent éprouver de modifications, et la planche 129 montre ce qu'ils sont ordinairement.