‹ Essai sur la construction navale des peuples extra-européensChapitre 24 sur 126 · PINNACE · texte numérisé non relu

PINNACE

Parmi les navires destinés à l'usage spécial des Européens, le plus grand est la Pinnace, bâtiment plat à formes fines vers les extrémités, maté en Brick ou en Goélette, mais ayant le mal de l'arrière plus pelit que l'autre (pi. 3o). Sa construction , soignée et légère, ressemble à la nôtre; la plus grande partie de l'intérieur, consacrée au logement des passagers (pi. 29, fg. 1 et 2), est distribuée en vastes chambres meublées avec luxe et bien aérées. Au pont sont suspendus des pankas, espèce de planches pour éventer, qu'un Indien agite sans cesse : pour obtenir encore plus de fraîcheur, les fenêtres sont garnies de nattes de vétiver sur lesquelles on jette continuellement de l'eau, dont l'évaporalion, mêlée à l'air, procure une température humide, délicieuse dans ce climat. Tout, abord, est

disposé pour le bien-être des passagers, on écarte ce qui pourrait leur être désagréable, et d'autres bateaux portent les provisions elles domestiques. Un voyageur riche a coutume d'en fréter plusieurs, et les grands employés de la compagnie en emmènent ordinairement six, et quelquefois quinze, s'ils se fout suivre de leurs chevaux, de leurs équipages et de leurs tentes, où ils trouvent, chaque fois qu'ils s'arrêtent, toutes les commodités de l'habitation lixe la plus confortable. On ne saurait se faire une idée, en Europe, du luxe qu'étalent ces. pays et du nombre d'Indiens attachés au service d'un seul homme : pour un voyage sur le Gange, de Calcutta à Allahabal, par exemple, dont la durée est de deux mois et demi , un riche Européen monte une Pinnace comme celle de la pi. 3o, suivie d'une autre plus petite, de deux Budgerowsde grandeurs différentes, d'un Patilé, d'un Oolak et d'un Pulwar. Ces bateaux, que nous décrirons plus loin, coulent environ g,ooo fr., occupent plus de cent hommes d'équipage et portent un nombre égal de domestiques.

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