C.OLFE DE SIAM
Au midi de la côte des Birmans se trouvent les îles presque inconnues de Nicobar et d'Adaman, sur lesquelles aucun voyageur ne donne de détails. La marche que nous suivons nous conduirait à parler maintenant des navires du détroit de Malacca ; mais, comme ils appartiennent spécialement aux constructions malaises, dont nous nous occuperons plus tard, nous passerons directement à ceux du golfe de Siam. Ils sont connus des Européens sous le nom de Jonques, et ressemblent beaucoup à ceux des Chinois, comme le fait voir la comparaison des pi. (\i et 43 avec celles relatives à la Chine : ils fréquentent Sumatra, Java, le détroit de Malacca, et mouillent tous les ans en grand nombre sur les rades de Sincapour, de Samarang , et surtout à Batavia, où ils arrivent aidés de la mousson.
C'est à leur bord qu'on trouve la voile chinoise, la seule de ces pays dont la surface puisse être réduite, et dont la disposition ingéuieuse, mais compliquée, sera détaillée plus loin. Les navires siamois ont le maximum de largeur placé au tiers, environ, à partir de l'arrière : leurs fonds sont très-plats, leurs formes arrondies et jamais rentrantes; l'avant, qui ressemble quelquefois à une large planche plate un peu oblique (pi. 42), repousse l'eau sans la diviser; sa partie supérieure est ouverte entre deux grandes planches relevées et peintes en rouge avec deux cercles excentriques, l'un noir et l'autre blanc, pour imiter la prunelle de l'œil. Le gouvernail est placé dans une fente par laquelle l'eau entre dans une chambre intérieure faite exprès pour la contenir. Tout dans la construction et dans la peinture de ces navires a taut de rapport avec ce que nous verrons en Chine, qu'il est inutile d'en parler ici, et les pi. .42 et 43 pourront y suppléer.
Les ancres sont en bois, attachées à des cables de rotin tressé à plat comme nos garcettes de ris : ce cordage, de 0m,i2 à o"',i4 de largeur, sur o™,oG à o'",07 d'épaisseur, est très-fort et très-léger ; mais ses avantages sont détruits par son extrême roideur, car il ne peut plier assez pour former un nœud ou être amarré : les Siamois sont obligés, pour le placer sur leurs Jonques, de le mettre sur les plats-bords, où les cercles qu'il décrit débordent le navire des deux côtés. Il ne peut être employé avec avantage que pour des usages lixes, pour des haubans ou des estropes par exemple, et rien alors n'égale sa durée et sa solidité : seulement le rotin a le défaut d'être très-contractable à l'humidité.
Les Jonques de Siam ont pour chaloupes des espèces de caisses allongées (pi. 42, sur le devant) avec des fonds plats, des côtés verticaux et presque parallèles, l'avant et l'arrière plats et un peu élancés. Les canotiers rament debout en poussant comme dans quelques ports de la Méditerranée, genre de nage qui ne se trouve plus qu'en Chine et dans les pays qui semblent en dépendre.
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