BATEAU DE PÈCHE DONT LA CARÈNE EST EN ROTIN TRESSÉ
Le haut de ces bateaux, très-usités en Cochinchine (j)l. 45), est l'ait de deux planches formant chacune un des côtés, et réunies par des bancs saillants que tiennent des chevilles : à leurs extrémités elles sont cousues l'une à l'autre ou à une pièce de bois transversale, et ont, au bas, une ràblure intérieure, dans laquelle entre le rotin dont est fait le reste du navire. Les carènes ressemblent exactement à un panier; elles sont en lanières de rotin de om,oo5 de largeur, tressées à angle droit, très-serrées, formant quelquefois un tissu double dont chaque fil entre dans un des trous de la ràblure, où il est coincé, et cette jonction est souvent recouverte d'une latte fixée par des amarrages; elles sont rondes, à extrémités semblables, à cotés presque parallèles et plates dans les fonds , où elles sont rarement soutenues par des courbes intérieures. On les enduit d'un mastic grisâtre, élastique, poli et imperméable, dont nous regrettons de n'avoir pu connaître la compositiou, à cause de ses bonnes qualités; car il ramollit très-peu au soleil et ne s'écaille jamais. Ces carènes tresséessont indifféremment employées pour de petites pirogues de 4 à 5 mètres de long ou pour des bateaux de 20 mètres; quelquefois ces derniers ont un pont de planches sur lequel se trouve une cabane en joncs, et portent deux mâts tenus par des haubans en rotin reposant sur une grande plaque de bois pour ne point percer le réseau du fond. Les voiles sont à peu près semblables à celles du bateau de pêche dont nous allons parler.